LUTHER VANDROSS
Luther Ronzoni Vandross, né le à New York et mort le à Edison, est un chanteur et auteur-compositeur américain de R&B et de soul. Il a vendu plus de 25 millions de disques pendant sa carrière et gagné 8 Grammy Awards dont le meilleur chanteur R&B 4 fois. Il a gagné 4 Grammy Awards en 2004 dont celui pour la meilleure chanson de l’année pour Dance With My Father, coécrite avec Richard Marx.
Les débuts en tant que choriste
Luther Vandross est né le à Manhattan à New York. Il a commencé à être connu en 1972 quand il écrit Everybody rejoice (A brand new day) pour la comédie musicale The wiz. Mais la route vers le succès sera longue puisqu’il mettra une dizaine d’années à percer et une autre dizaine d’années à avoir un succès pop.
En 1974 il participe à l’album Young Americans de David Bowie (album sorti en 1975). Il fait partie des chœurs et écrit une chanson de l’album avec Bowie, Fascination. Ceci conduit à un contrat de choriste pour Atlantic où il chantera pour Bette Midler, Carly Simon, Barbra Streisand, Average White Band et Roberta Flack entre autres. Il chante aussi des musiques publicitaires pour la télévision durant la seconde moitié des années 1970.
Puis avec un petit coup de pouce de Donna Summer il crée le groupe Luther chez Cotillion. Deux albums sortiront dans l’indifférence générale : Luther en 1976 et This close to you en 1977. Après avoir chanté sur le premier album de Chic en 1977, sur C’est chic de Chic en tant que «special guest artist», sur l’album Hot butterfly de Bionic Boogie en 1978, sur Music box d’Evelyn King (1979) et comme choriste des Sister Sledge sur We are family (1979), il fait partie de Charme (sur l’album Let it in en 1979), de New York City Band (pour la B.O. du film Sunnyside) et surtout de Change. Pour ce groupe il chante The glow of love et Searching en 1980 et est choriste sur leur album de 1981. En 1980 il coécrit Welcome back sur le second album de Peter Jacques Band et participe aussi en tant que choriste à Fame, à l’album de Cissy Houston Step aside for a a lady, à celui de Chaka Khan Naughty et à l’album de Cher Prisoner.
Les premiers albums
En il sort son premier véritable album chez Epic. L’album intitulé Never too much est disque de platine, nº1 R&B deux semaines au classement US, n°19 pop et le single du même nom se classe nº1 R&B en faisant une entrée dans les boîtes grâce à un 12″. Vandross met en place un style de R&B chic qui ne variera guère avec les années. Il s’entoure aussi de musiciens auxquels il restera fidèle : Marcus Miller (basse), Nat Adderley, Jr. (claviers) et Cissy Houston (chœurs) entre autres. L’album se compose de sept chansons dont il assure la réalisation artistique. Il en a écrit six et la septième est une reprise de A house is not home.
Toujours en 1981 il réalise les arrangements des chœurs de cinq chansons de l’album I’ll keep on loving you de Linda Clifford. Il y chante aussi en tant que choriste.
Suit en 1982 Forever, for always, for love, nº1 R&B aux US et disque de platine. Les chansons sont de nouveau écrites ou coécrites par Vandross sauf la première, un pot-pourri contenant Having a party de Sam Cooke, et la troisième, Since I lost my baby, composition de Moore et Robinson pour les Temptations à l’origine.
En Angleterre ces deux albums ne sortiront pas dans leur intégralité mais seront remplacés par une sélection des deux intitulée Luther Vandross. Ils sortiront finalement en 1986 et 1987 respectivement. Toujours en 1982 il réalise un album intitulé Instant love pour Cheryl Lynn, il contient la reprise de Marvin Gaye et Tammi Terrell If this world were mine que Vandross chante avec Lynn.
Productions personnelles et réalisations extérieures
Il réalise en 1982 Jump to it pour Aretha Franklin, Anyone can see, le premier album solo d’Irene Cara, il participe à Suddenly de Marcus Miller en coécrivant une chanson (Be my love) et en étant choriste sur deux autres (Lovin’ you et Just for you), il chante comme choriste sur «So close» de Diana Ross, chanson dont il a réalisé les arrangements vocaux, et enfin il chante comme choriste sur You’ve Really Got a Hold on Me, chanson dont il a réalisé les arrangements vocaux et qui est une reprise de Smokey Robinson chantée par Bernard Edwards et Jocelyn Brown sur l’album Glad to be here d’Edwards.
Il sort son cinquième album en 1983, Busy body, qui est aussi disque de platine et nº1 R&B.
Enfin en 1984 il participe à la B.O. du film Choose me avec une chanson, «You’re my choice tonight (Choose me)», déclinée en plusieurs versions tout au long du film. Cette chanson est sortie sur l’album Love language de Pendergrass où elle est la seule réalisée par Vandross.
En 1985 il sort The night I fell in love, album charnière entre les trois premiers du début au son non encore dominé par les synthétiseurs et ceux qui suivront aux arrangements très marqués par leur époque. L’album se vendra très bien et sera double platine, en plus de l’habituel nº1 R&B.
Toujours en 1985 il chante She’s so good to me pour la B.O. du film Goonies. Là les arrangements chics laissant la prépondérance à la basse sont remplacés par la boîte à rythme. En sort l’album Touch me des Temptations avec Do you really love your baby qui est coécrite par Marcus Miller et Vandross qui y participe également en tant que choriste.
Son prochain album Give me the reason sort en 1986, Vandross a écrit ou coécrit tous les titres sauf Anyone Who Had a Heart, de Burt Bacharach et Hal David. Le premier titre de l’album, Stop to love (nº1 R&B et nº15 pop), a été remixé par Marcus Miller pour le maxi. Cette chanson passe à MTV et c’est la première fois qu’un clip vidéo de Vandross y est abondamment passé. L’album s’est classé nº1 R&B et nº14 pop et a été vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis (double album de platine). Il est aussi resté classé 53 semaines aux États-Unis.
En 1987 Luther Vandross réalise une chanson pour Diana Ross sur son album Red hot rhythm & blues en coécrivant et réalisant la ballade It’s hard for me to say.
La fin des années 1980 et la reconnaissance pop
Any love, sorti en 1988, est presque un disque entier de ballades à part le rythmé She won’t talk to me (nº3 R&B), sorti aussi en remix house de Keith Cohen en maxi. L’album s’est classé nº1 R&B et pour la première fois Vandross a réussi à transformer ce succès dans les classements pop avec un nº9 pop. L’album est un autre disque de platine pour le chanteur.
En 1989 il sort une double compilation The best of love (nº2 R&B, double platine). Elle contient deux inédits dont «Here and now». Cette dernière coécrite par David Elliott, le fils de Dionne Warwick, est une ballade devenue le plus gros hit pop de Vandross (disque d’or, nº1 R&B et nº6 pop fin 1989). Elle a aussi obtenu une récompense, la «best male R&B vocal performance» aux «Grammys» de 1990. L’autre inédit est Treat you right.
En 1990 il réalise Who do you love pour Whitney Houston, suivi l’année suivante de Docter’s orders, un duo avec Aretha Franklin.
En 1991 sort Power of love, son album le mieux vendu de tous (double platine et nº1 R&B). Il est réalisé par Vandross et Miller tandis que les chansons sont coécrites par Vandross et ceux que l’on retrouve tout au long de sa carrière (Miller, Vertelney, Adderley, Eaves et Anderson). Le single Power of love/Love power a été son premier Top 5 pop (nº1 R&B, nº4 pop, n°11 ventes de maxis, n°3 AC). Il est composé de deux chansons : Power of love écrit par Vandross et Miller couplé avec Love power une composition de Teddy Van pour le trio The Sandpebbles en 1968. L’album a obtenu la «best male R&B vocal performance» aux «Grammys» de 1991.
Cette même année, il participe au premier album solo de sa choriste Lisa Fischer, So Intense. Il réalise et arrange une partie du disque tout en participant aux arrangements vocaux et aux chœurs. Il écrit deux chansons avec Marcus Miller, Get back to love et Some girls. En 1992 il participe à la B.O de Mo’ money en chantant «The Best Things In Life Are Free» avec Janet Jackson (n°1 R&B, n°10 pop, n°3 club play et n°39 en ventes de maxis).
Suit en 1993 Never let me go, un album de platine. Cet album a la particularité d’être le premier lancé sur le label LV records, une association entre Luther Vandross et Epic. Si l’on excepte les reprises, les chansons sont écrites essentiellement par Vandross et Miller ou Vandross et Reed Vertelney (qui joue aussi des synthétiseurs). La réalisation est aux mains de Vandross et Miller.
En 1993 il participe aussi au film Meteor man de Robert Townsend. Toujours en 1993, Luther Vandross chante The Lady Is a Tramp avec Frank Sinatra sur son album Duets et il est un des choristes sur «Your love» de Diana Ross, chanson dont il réalise aussi les arrangements choraux.
En 1994 il sort Songs, un très gros succès composé uniquement de reprises (disque de platine). L’idée de faire un disque de reprises n’est cependant pas de Vandross mais de la maison de disques Epic qui le couple avec le réalisateur artistique Walter Afanassief, qui a travaillé avec la chanteuse à succès Mariah Carey. Le hit en est d’ailleurs Endless love, un duo avec Mariah Carey.
La fin des années Epic
En 1995 il sort This is Christmas, album de chansons de Noël, sur les dix chansons de l’album, sept sont des compositions originales écrites ou coécrites par Vandross.
L’année suivante il sort une compilation intitulée Greatest hits 1981-1995, avec une photo de pochette tranchant sur les précédentes et jouant sur un registre jeune où il arbore une paire de lunettes de rappeur, une grosse chaîne et un blouson métallisé.
En 1996 il sort Your secret love pour lequel il obtient une récompense, la «best male R&B vocal performance» aux «Grammys» de 1996.
En 1997 il sort The best of love, volume 2 : One night with you. Il s’agit d’une compilation de 15 titres dont quatre inédits. Les inédits sont trois balladettes (dont une de Diane Warren et l’autre de R. Kelly) et une chanson de danse lente moyenne de Jimmy Jam et Terry Lewis.
Après 15 ans et onze albums, Vandross met un terme à sa relation avec Epic.
I know
En 1998 il sort I know, sur le label Virgin, et fait réaliser quelques chansons par des hommes extérieurs à son équipe habituelle. Il s’agit de mixeurs à la mode comme Tony Moran (qui coécrit et coréalise le bon Religion), Little Louie Vega et Kenny Dope Gonzalez, avec à l’arrivée un disque beaucoup plus hip-hop que d’habitude. Mais l’ancien style est toujours présent et la chanteuse de jazz Cassandra Wilson et Stevie Wonder ne bousculent pas ses habitudes ni les choristes accoutumées comme Cissy Houston, Tawatha Agee et Lisa Fischer.
On trouve aussi Luther Vandross parmi les choristes sur «Say you love me» de Natalie Cole Snowfall on the Sahara (1999).
Les années 2000
Le succès de I know n’étant pas à la hauteur des espérances des deux parties, l’association avec Virgin ne durera pas et l’album suivant de Vandross sort chez J records en 2001. Il est paradoxalement intitulé Luther Vandross alors que ce dernier n’a coécrit que six chansons des quatorze de l’album et qu’il partage les fonctions de réalisateur artistique avec une demi-douzaine d’autres. Les choristes Cissy Houston, Tawatha Agee, Fonzi Thornton, Cindy Mizelle, Brenda White-King et le bassiste et arrangeur Marcus Miller sont toujours là néanmoins.
En 2002, il chante quelques couplets sur la chanson humanitaire de Michael Jackson What more can I give avec une pléiade d’autres stars. Toujours la même année, il chante en tant que choriste sur l’album Love and freedom de BeBe Winans et il arrange des chœurs de certaines chansons.
L’album suivant, Dance with my father, sort en 2003 en grande pompe médiatique. Vandross en a écrit et réalisé la majeure partie des chansons en s’entourant de vedettes du hip-hop et du rap comme Foxy Brown, Busta Rhymes et Queen Latifah. Cet album est l’occasion pour Vandross de recevoir quatre «Grammys» : «Dance with my father» est chanson de l’année et meilleure chanson R&B, «The closer I get to you» est meilleur duo R&B et l’album est meilleur album R&B.
En octobre de la même année il sort le disque enregistré en public Live 2003 at Radio City music hall. Il s’agit de son dernier album avant sa mort survenue en à la suite d’un infarctus du myocarde.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/22757-Luther-Vandross
CHAKA KHAN
Yvette Marie Stevens ( née le 23 mars 1953), plus connue sous son nom de scène Chaka Khan, est une chanteuse et compositrice américaine. Surnommée « Reine du Funk », sa carrière s’étend sur plus de cinq décennies , débutant au début des années 1970 comme chanteuse principale du groupe funk Rufus . Avec le groupe, elle a enregistré les tubes « Tell Me Something Good », « Sweet Thing », « Do You Love What You Feel » et le disque de platine « Ain’t Nobody ». Son premier album solo comprenait le tube R&B numéro un « I’m Every Woman » (qui est devenu un succès pop pour Whitney Houston ). Khan a connu un autre succès dans les charts R&B avec « What Cha’ Gonna Do for Me » avant de devenir la première artiste R&B à avoir un succès crossover avec un rappeur, grâce à sa reprise de « I Feel for You » de Prince en 1984. [ 5 ] Parmi les autres succès de Khan, on peut citer « Through the Fire » et une collaboration de 1986 avec Steve Winwood qui a produit un tube numéro un au Billboard Hot 100 , « Higher Love ».
Khan a remporté onze Grammy Awards , dont le Grammy Lifetime Achievement Award. Avec Rufus, elle a obtenu trois singles d’or, un single de platine, quatre albums d’or et deux albums de platine. Au cours de sa carrière solo, elle a obtenu trois singles d’or , trois albums d’or et un album de platine avec « I Feel for You » . Elle a également collaboré avec Whitney Houston, Ry Cooder , Robert Palmer , Ray Charles , Quincy Jones , Miles Davis , Chick Corea , Guru , Chicago , Joni Mitchell , Gladys Knight, De La Soul , Mary J. Blige , Ariana Grande et Sia . En décembre 2016, le magazine Billboard l’a classée 65e artiste de dance club la plus influente de tous les temps. Elle figurait à la 17e place du classement original des 100 plus grandes femmes du rock and roll établi par VH1 . Khan a été nominé trois fois en solo et quatre fois en tant que membre de Rufus featuring Chaka Khan pour son intronisation au Rock and Roll Hall of Fame , la première fois en 2012 avec Rufus. En 2023, Khan a été sélectionné dans la catégorie Excellence musicale.
Début de la vie
Yvette Marie Stevens est née le 23 mars 1953 à Chicago, dans l’Illinois, de Charles Stevens et Sandra Coleman. Elle décrit son père comme un beatnik aux prises avec une dépendance à l’héroïne. Elle a grandi dans le quartier de Hyde Park, un ensemble de logements sociaux difficiles du South Side de Chicago. Après le divorce de ses parents, alors qu’elle avait 10 ans, son père les a abandonnées pendant plus de cinq ans avant de revenir à la fin de son adolescence. Évoquant son éducation catholique, Khan l’a qualifiée de « terrible » et a confié avoir éprouvé un « grand soulagement » en la quittant. Sa sœur Yvonne est chanteuse sous le nom de Taka Boom, tandis que son frère Mark a formé le groupe funk Jamaica Boys et a été membre du groupe soul Aurra. Elle a deux demi-sœurs, Zaheva et Tammy.
Khan attribuait son amour de la musique à sa grand-mère, qui l’initia au jazz dès son enfance. Préadolescente, elle devint une passionnée de rhythm and blues et, à 11 ans, elle forma un groupe de filles , les Crystalettes, avec sa sœur Taka. À la fin des années 1960, Khan participa à plusieurs manifestations pour les droits civiques avec Connie, la seconde épouse de son père, une fervente militante du mouvement. Elle rejoignit le Black Panther Party après s’être liée d’amitié avec Fred Hampton , militant et natif de Chicago, en 1967. À 13 ans, lors d’une cérémonie de baptême, un prêtre babalawo yoruba lui donna le nom de Chaka Adunne Aduffe Hodarhi Karifi . Chaka signifie « femme de feu ».
En 1969, à l’âge de 16 ans, Chaka Khan fugue après que sa mère l’a violemment projetée contre un mur. Elle raconte : « Elle me tenait par le cou, plaquée contre le mur. Je ne sentais plus mes pieds dans le vide. » Elle quitte les Black Panthers et abandonne ses études secondaires, après avoir fréquenté les lycées Calumet et Kenwood (aujourd’hui Kenwood Academy ). Elle commence à se produire dans de petits groupes de la région de Chicago, notamment avec le groupe Lyfe de Cash McCall , dont faisait partie son petit ami de l’époque, Hassan Khan. Chaka et Hassan se marient en 1970.
Après le décès de Baby Huey en 1970, Khan fut sollicitée pour remplacer Baby Huey du groupe Baby Huey & the Babysitters. Le groupe se sépara un an plus tard. En 1972, alors qu’elle jouait dans des groupes locaux, Khan fut remarquée par deux membres d’un nouveau groupe appelé Rufus . La chanteuse principale, Paulette McWilliams , décida de quitter le groupe et proposa à Khan de les rejoindre. Le groupe attira l’attention du musicien Ike Turner , qui les fit venir à Los Angeles pour enregistrer dans son studio Bolic Sound à Inglewood, en Californie . Turner souhaitait que Khan devienne une Ikette ; elle refusa, déclarant qu’elle était « très heureuse avec Rufus. Mais l’attention d’Ike était certainement un atout. »
Carrière
1973–1978 : Début de carrière avec Rufus
En 1973, Rufus signe chez ABC Records et sort son premier album éponyme . Malgré une reprise enflammée de « Maybe Your Baby » de Stevie Wonder , extrait de son album acclamé *Talking Book* , et le succès modeste de la ballade « Whoever’s Thrilling You (Is Killing Me) », interprétée par Chaka, l’album passe inaperçu. La donne change lorsque Stevie Wonder lui-même collabore avec le groupe sur une chanson qu’il a écrite pour Khan. Ce titre, « Tell Me Something Good », devient leur premier grand succès, atteignant la 3e place du Billboard Hot 100 en 1974 et leur valant par la suite leur premier Grammy Award . Le succès de ce single et de son successeur, « You Got the Love », qui se classe 11e du Billboard Hot 100 et 1er du classement R&B, contribue au succès de leur deuxième album, *Rags to Rufus* , qui devient disque de platine avec plus d’un million d’exemplaires vendus. De 1974 à 1979, Rufus a sorti six albums certifiés platine, dont Rufusized , Rufus Featuring Chaka Khan , Ask Rufus , Street Player et Masterjam . Parmi les tubes du groupe durant cette période, on retrouve « Once You Get Started », « Sweet Thing », « Hollywood », « At Midnight (My Love Will Lift You Up) » et « Do You Love What You Feel ».
Le groupe s’est forgé une réputation grâce à ses performances scéniques exceptionnelles, Khan devenant la vedette incontestée grâce à sa voix puissante et à ses tenues de scène , parfois inspirées des Amérindiennes et dévoilant son ventre. La plupart des morceaux du groupe étaient écrits et produits par les membres eux-mêmes, à quelques exceptions près. Khan était également reconnue pour ses talents d’instrumentiste, jouant de la batterie et de la basse ; elle a aussi assuré les percussions au sein de Rufus. La plupart de ses compositions étaient des collaborations avec le guitariste Tony Maiden. Les relations entre Khan et le groupe, notamment avec le batteur Andre Fischer, se sont envenimées. Plusieurs membres ont quitté le groupe à chaque album. Khan est restée dans le groupe tout en signant un contrat solo avec Warner Bros. Records en 1978. Pendant que Khan travaillait sur ses projets solo, Rufus a sorti trois albums sans sa participation : Numbers (1979), Party ‘Til You’re Broke ( 1980) et Seal in Red (1983 ). En dehors de sa collaboration avec Rufus, Khan a assuré les chœurs sur le premier album du chanteur-compositeur Stephen Bishop , Careless (1976), sur les titres « Little Italy », « Save It For A Rainy Day » et « Never Letting Go ». L’album a été certifié disque d’or.
1978–1983 : Début de carrière solo et dernières années avec Rufus
En 1978, Warner Bros. Records sort le premier album solo de Khan , qui inclut le tube disco « I ‘m Every Woman », écrit pour elle par les auteurs-compositeurs-interprètes Ashford & Simpson . Le succès de ce single contribue à faire de l’album un disque de platine, avec plus d’un million d’exemplaires vendus. Khan participe également au tube de Quincy Jones « Stuff Like That », sorti lui aussi en 1978, dont Ashford & Simpson sont également co-auteurs, aux côtés de Jones et de plusieurs autres artistes. Ashford & Simpson interprètent le morceau avec Khan.
En 1979, Khan retrouve Rufus pour collaborer sur l’ album Masterjam , produit par Jones, qui inclut leur tube « Do You Love What You Feel », interprété en duo avec Tony Maiden. Malgré des relations parfois tendues avec certains membres du groupe, Khan et Maiden ont conservé une amitié au fil des ans. Toujours en 1979, elle chante en duo avec Ry Cooder sur son album Bop Till You Drop . Cette année-là, elle perfectionne ses talents de productrice et d’auteure-compositrice au studio Bolic Sound d’Ike Turner. Ils avaient prévu d’enregistrer ensemble. [ 26 ] En 1980, tandis que Rufus sort Party ‘Til You’re Broke , toujours sans Khan, elle publie son deuxième album solo, Naughty , dont la pochette la représente avec sa fille Milini, âgée de six ans. L’album contient le tube disco « Clouds » et la ballade R&B « Papillon ».
Toujours en 1980, Chaka Khan fit une apparition dans le film « The Blues Brothers » , avec John Belushi et Dan Aykroyd , en tant que soliste d’une chorale d’église . En 1981, il sortit deux albums : « Camouflage » chez Rufus et son album solo « What Cha’ Gonna Do for Me », certifié disque d’or. La même année, il participa à trois titres de l’album concept de Rick Wakeman , « 1984 » . En 1982, il publia deux autres albums solo : « Echoes of an Era » , aux sonorités jazz, et « Chaka Khan » , un album éponyme plus funk /pop . Le titre « Be Bop Medley », aux accents jazz, figurait sur ce dernier et valut à Chaka Khan un Grammy Award, ainsi que les éloges de la chanteuse de jazz Betty Carter, qui appréciait particulièrement son scat .
En 1983, après la sortie du dernier album studio de Rufus, *Seal in Red* , sur lequel Khan ne figurait pas, le chanteur est revenu avec Rufus pour un album live, * Stompin’ at the Savoy – Live* , incluant le single studio « Ain’t Nobody », qui devint le dernier succès du groupe dans les charts, atteignant la 22e place du Billboard Hot 100 et la première place du classement Hot R&B, tout en se classant dans le top 10 au Royaume-Uni. Après cette sortie, Rufus se sépara définitivement du groupe.
1984–1996 : Succès en solo
En 1984, Khan sort son sixième album studio, « I Feel for You » . Le titre éponyme , premier single extrait de l’album, avait été initialement écrit et enregistré par Prince en 1979 et avait également été interprété par The Pointer Sisters et Rebbie Jackson . La version de Khan comprenait un solo d’harmonica de Stevie Wonder et un rap introductif de Grandmaster Melle Mel . Ce fut un succès fulgurant, avec des millions d’exemplaires vendus aux États-Unis et au Royaume-Uni, qui contribua à relancer la carrière de Khan. « I Feel for You » domina non seulement les classements R&B et dance américains, mais connut également un grand succès dans les charts pop américains et atteignit la première place au Royaume-Uni. La chanson se classa troisième du Billboard Hot 100 en décembre 1984 et y resta pendant 26 semaines, jusqu’en 1985. De plus, elle atteignit la première place du classement Cash Box . Elle s’est classée cinquième au palmarès Billboard de 1985 et a valu à Prince le Grammy Award de la meilleure chanson R&B la même année . Outre son succès radiophonique et ses ventes importantes, le clip vidéo de Khan entouré de danseurs de breakdance dans un décor urbain a été largement diffusé à la télévision et a contribué à asseoir sa notoriété dans la culture populaire.
Parmi les autres singles qui ont contribué au succès de l’album « I Feel For You », certifié platine, figuraient « This is My Night » et la ballade « Through the Fire », cette dernière ayant également figuré au classement Adult Contemporary . Khan a participé au tube numéro un de Steve Winwood en 1986, « Higher Love ». La même année, un duo avec Robert Palmer était prévu pour la chanson « Addicted To Love ». Cependant, son manager a refusé de le sortir, ne souhaitant pas surcharger le marché de ses titres. Elle a néanmoins été créditée pour les arrangements vocaux dans le livret de l’album , et la chanson est devenue un succès international. Après le succès de l’ album « I Feel For You » , Khan a sorti « Destiny » en 1986 et « CK » en 1988. Elle a connu un nouveau succès à la fin des années 1980 avec un album de remixes , « Life Is a Dance: The Remix Project » , qui s’est classé dans le top 10 des ventes d’albums au Royaume-Uni. De ce fait, elle se produisait régulièrement au Royaume-Uni, où elle conservait un public fidèle . En 1986, Khan a chanté aux côtés de Luther Vandross, Cissy Houston et d’autres artistes sur le single « Underground » de David Bowie , extrait du film Labyrinth (1986).
En 1990, elle participa à un autre grand succès en collaborant avec Ray Charles et Quincy Jones sur une reprise new jack swing de « I’ll Be Good to You » des Brothers Johnson , titre figurant sur l’ album « Back on the Block » de Jones . La chanson atteignit la 18e place du Billboard Hot 100 et la 1re place du classement R&B, valant par la suite à Khan et Ray Charles un Grammy Award de la meilleure performance vocale R&B par un duo ou un groupe. Khan fit son retour en 1992 avec son premier album studio en quatre ans, « The Woman I Am » , qui connut un succès grâce aux titres R&B « Love You All My Lifetime » et « You Can Make the Story Right ». À la même époque, elle interpréta également un duo avec Peter Cetera sur la chanson « Feels Like Heaven », qui connut un succès plus modeste.
Khan a également contribué à des bandes originales et travaillé sur un album faisant suite à The Woman I Am , intitulé Dare You to Love Me , qui fut finalement abandonné. En 1995, elle et le rappeur Guru connurent un succès avec le duo « Watch What You Say » au Royaume-Uni. La même année, elle interpréta une reprise R&B contemporaine du classique « My Funny Valentine » pour la bande originale du film Waiting to Exhale . En 1996, après la sortie de sa compilation Epiphany : The Best of Chaka Khan, Vol. 1 , Khan quitta brusquement Warner Bros., affirmant que le label l’avait négligée et n’avait pas sorti Dare You to Love Me .
1998–2016
En 1998, Chaka Khan signe un contrat avec le label NPG Records de Prince et sort l’album *Come 2 My House * , suivi du single « Don’t Talk 2 Strangers », une reprise d’un titre de Prince de 1996. Elle part ensuite en tournée avec Prince, partageant l’affiche. En 2000, elle quitte NPG et publie son autobiographie, *Chaka! Through The Fire*, en 2003. L’année suivante, elle sort son premier album de reprises jazz en vingt-deux ans, * ClassiKhan* (2004) . Elle reprend également « Little Wing » avec Kenny Olson sur l’album *Power of Soul: A Tribute to Jimi Hendrix *.
En 2006, Khan était l’une des chanteuses invitées de l’ album All My Friends Are Here d’ Arif Mardin , qui retraçait l’œuvre de toute une vie, et elle est également apparue dans le documentaire qui l’accompagne, The Greatest Ears In Town . Elle a interprété une partie vocale jazz pour « So Blue », composé par Mardin dans les années 60, avec des paroles écrites pour le projet par Roxanne Seeman .
Après avoir signé chez Burgundy Records , Khan a sorti Funk This , un album que de nombreux critiques ont qualifié de « retour en force » , produit par Jimmy Jam et Terry Lewis & Big Jim Wright. L’album comprenait le tube « Angel » et le duo avec Mary J. Blige , « Disrespectful ». Ce dernier titre s’est hissé à la première place du classement des singles dance aux États-Unis, valant aux chanteuses un Grammy Award, tandis que Funk This a également remporté le Grammy du meilleur album R&B . L’album s’est aussi distingué par les reprises de Khan de « Foolish Fool » de Dee Dee Warwick et de « Sign o’ the Times » de Prince . En 2008, Khan a participé à l’ adaptation théâtrale de La Couleur Pourpre à Broadway , interprétant le rôle de Mme Sofia face à Fantasia Barrino (Celie).
En 2002, Chaka Khan a fourni des chœurs pour l’interprétation de « Misti Blu » par sa sœur Taka Boom , une collaboration avec le groupe de musique électronique britannique amillionsons.
En décembre 2004, Khan a reçu un doctorat honorifique en musique du Berklee College of Music lors de l’investiture de son président, Roger H. Brown.
Dans une interview de 2008, Khan a déclaré que, contrairement à d’autres artistes, elle était très optimiste quant aux changements actuels dans l’industrie du disque, notamment le téléchargement de musique . « Je suis ravie que les choses évoluent et que les artistes – et non les maisons de disques – aient davantage de contrôle sur leur art. Mon ancienne maison de disques (Warner Bros.) possède des archives remplies de mes enregistrements inédits que le public mérite d’entendre. Parmi eux, l’enregistrement original de « Addicted to Love » de Robert Palmer – dont ils ont retiré ma voix ! Nous travaillons actuellement à récupérer ce titre (et d’autres). » [ 31 ] En 2009, Khan est partie en tournée avec les chanteuses Anastacia et Lulu pour la tournée Here Come the Girls .
En 2009, Khan a participé en tant que chanteuse invitée au titre « Alive » sur l’album Drum ‘n voice 3 du batteur de jazz Billy Cobham . En 2010, elle a prêté sa voix à « Soul Survivor » de Beverley Knight , a collaboré avec Clay Aiken sur une chanson pour la série jeunesse Phineas et Ferb , et a figuré en tant qu’artiste invitée sur « One More Try » et sur une reprise de sa chanson « Through the Fire » du huitième album studio de l’auteure-compositrice-interprète nippo-américaine Ai , The Last Ai . Khan et Ai ont toutes deux remporté le Prix spécial de la collaboration internationale aux Billboard Japan Music Awards 2010 pour ces deux titres. Khan continue de se produire à guichets fermés, tant aux États-Unis, son pays d’origine, qu’à l’étranger.
Le 19 mai 2011, Khan a reçu la 2 440e étoile sur le Hollywood Walk of Fame, sur une portion d’Hollywood Boulevard à Los Angeles. Sa famille était présente lors de la remise de cet honneur, ainsi que Stevie Wonder , auteur de son premier grand succès, « Tell Me Something Good ». Le 27 septembre 2011, le comité du Rock & Roll Hall of Fame a annoncé que Khan et son ancien groupe, Rufus, étaient nommés conjointement pour y entrer. C’était leur première nomination, treize ans après leur éligibilité. Le groupe a été nominé notamment grâce à la réputation exceptionnelle de Khan, qui a mené de front sa carrière solo et ses années avec Rufus. Récemment, Khan a réenregistré sa chanson « Super Life » sous le titre « Super Life : Fear Kills, Love Heals » avec Eric Benet , Kelly Price et Luke James en hommage à Trayvon Martin , un adolescent tué le 26 février 2012. De nombreuses célébrités ont également participé à l’enregistrement, dont Loretta Devine , Terry Crews , Eva Pigford et le journaliste Kevin Frazier .
Le 6 décembre 2012, Khan s’est produite lors d’un concert de charité au profit des Forces de défense israéliennes (FDI). Les FDI avaient initialement invité Stevie Wonder ; cependant, suite à une campagne de lobbying réussie menée par la Campagne américaine pour mettre fin à l’occupation israélienne, Wonder s’est retiré et a été remplacé par Khan, qui a permis de récolter 14 millions de dollars pour les FDI. Ce soutien contrastait avec son soutien antérieur au Black Panther Party, qui avait publiquement soutenu la Palestine.
Le 27 juillet 2013, Chaka Khan a été honorée pour les 40 ans de la signature de son premier contrat d’enregistrement : l’avenue Blackstone, entre la 50e et la 51e rue (où se situe son ancien lycée, la Kenwood Academy), a été rebaptisée « Chaka Khan Way ». Le 28 juillet, la ville a proclamé cette journée « Journée Chaka Khan ». Elle s’est produite au pavillon Pritzker du Millennium Park ce même jour. En août 2014, Chaka Khan a été la marraine de la 85e édition du défilé et pique-nique annuel Bud Billiken, dans sa ville natale de Chicago.
Le 27 août 2015, Khan a été annoncée comme l’une des célébrités participant à la 21e saison de Dancing with the Stars . Elle a été associée au danseur professionnel Keo Motsepe . Khan et Motsepe ont été le premier couple éliminé de la compétition le 21 septembre 2015. En juillet 2016, elle a annulé ses prochains concerts et est entrée en cure de désintoxication .
En juin 2018, elle a sorti un nouveau single intitulé « Like Sugar », en collaboration avec Switch, membre du groupe Major Lazer . Elle a ensuite fait la promotion du single dans l’ émission d’Ellen DeGeneres . « Like Sugar » figure sur son album Hello Happiness , sorti en 2019. L’album est paru le 15 février 2019 et est son premier album en douze ans.
Khan a été Grand Maréchal du défilé du Tournoi des Roses de Pasadena 2019 le 1er janvier 2019 à Pasadena, en Californie.
En octobre 2019, Khan a été honorée lors du déjeuner « Power of Women » organisé par Variety pour son soutien à Little Kids Rock. Parmi les autres personnalités honorées figuraient Mariah Carey , Jennifer Aniston , Brie Larson , Awkwafina et Dana Walden . En novembre 2019, Khan a collaboré avec Ariana Grande sur la chanson « Nobody » de la bande originale du film Charlie’s Angels .
En 2020, Khan a participé à la troisième saison de The Masked Singer sous le nom de « Miss Monster ». Elle a été éliminée et démasquée lors du troisième épisode.
Khan a été invitée à chanter l’hymne national lors du NBA All-Star Game 2020. Son interprétation a été fortement critiquée sur Twitter, suscitant des comparaisons avec celle de Fergie en 2018.
En mai 2021, Khan a participé à la finale de la saison 19 d’American Idol , où elle a interprété un medley de ses tubes avec les candidats. En juin 2021, elle a collaboré avec le youtubeur et artiste Todrick Hall sur son album Femuline pour la chanson « Fabulosity ». En novembre 2021, Khan a participé à un duel Verzuz avec la chanteuse Stephanie Mills , au cours duquel les deux artistes ont interprété des titres de leurs discographies respectives. En juillet 2022, Khan a annoncé son nouveau single « Woman Like Me », qui est sorti le 29 juillet.
En 2023, Rolling Stone a classé Khan au 29e rang de sa liste des 200 plus grands chanteurs de tous les temps.
En 2023, Chaka Khan a été intronisée au Rock & Roll Hall of Fame et a reçu le prix d’excellence musicale. Lors de la cérémonie, elle s’est produite aux côtés d’artistes tels que Jazmine Sullivan , Common, Sia et HER . De plus, elle a interprété « I’m Every Woman » avec Sia .
En 2024, Chaka Khan a collaboré avec sa sœur, Taka Boom , et leur frère, Mark Stevens, sur le single « Misti Blu Two ». Ce morceau, sorti par le groupe de musique électronique britannique amillionsons, est une version réimaginée de la précédente interprétation de Taka Boom de « Misti Blu ».
vie personnelle
Khan a été mariée deux fois et a deux enfants : une fille, Indira Milini, et un fils, Damien Holland. Son premier mariage, avec Hassan Khan, a eu lieu en 1970, alors qu’elle avait 17 ans ; le couple a divorcé peu de temps après. La naissance d’Indira Milini est le fruit d’une relation entre Chaka Khan et Rahsaan Morris.
Khan épousa son second mari, Richard Holland, en 1976. Ce mariage aurait provoqué une rupture entre Khan et plusieurs membres de Rufus, notamment Andre Fischer. Holland souhaitait qu’elle atténue son image scénique sexy, ce qu’elle refusa. Après leur séparation en 1979, Khan travailla en studio avec Ike Turner , qu’elle décrivit comme une « véritable source d’inspiration et un catalyseur, tant sur le plan émotionnel qu’à d’autres égards », durant cette période difficile. Holland demanda le divorce en 1980, invoquant des « différends irréconciliables ».
Au sommet de sa gloire en solo au milieu des années 1980, elle a fréquenté un instituteur de la région de Chicago . Après leur séparation, Khan s’est installée en Europe, d’abord à Londres, puis a acheté une résidence en Allemagne. Elle a vécu un temps en Allemagne « dans un petit village de la vallée du Rhin » et également à Mannheim .
Khan se définit comme spirituelle et n’appartient à aucune organisation religieuse. Elle a vivement critiqué son éducation catholique, la qualifiant de religion « négative ». Elle a déclaré : « J’ai reçu une éducation catholique très stricte et le catholicisme est terrible ; c’est à cause de lui qu’il y a eu l’esclavage. La messe tous les matins à sept heures pendant le Carême. Quelle horreur ! Quel soulagement quand j’ai enfin compris dans quoi j’étais impliquée et que j’ai quitté tout ça ! »
Khan est végétalienne , affirmant avoir adopté ce régime pour perdre du poids et lutter contre l’hypertension artérielle et le diabète de type 2.
Khan a lutté contre la toxicomanie et l’alcoolisme, ayant abusé de la cocaïne, de l’héroïne, de médicaments sur ordonnance et d’alcool. Sa consommation de drogue a cessé en 1999, à la fin de la quarantaine. En 2016, elle et sa sœur sont entrées en cure de désintoxication pour une dépendance aux médicaments sur ordonnance qu’elle avait initialement pris suite à une blessure. Elle a également connu des périodes de rechute et de rechutes dans l’alcoolisme jusqu’en 2005, date à laquelle elle s’est déclarée sobre .
En 2006, son fils Damien Holland a été accusé de meurtre après la mort par balle de Christopher Bailey, âgé de 17 ans. Khan a témoigné en sa faveur. Holland a affirmé que le coup de feu était accidentel. Il a été acquitté au pénal et reconnu coupable au civil.
Bien qu’elle ait chanté aux conventions démocrate et républicaine de 2000 , Khan affirme qu’elle est plutôt « une personne à tendance démocrate ».
Khan a été présentée dans un épisode de Celebrity Ghost Stories en 2013 , dans lequel elle a raconté l’histoire d’un homme de l’ombre qui l’a suivie en tournée pendant des années, jusqu’à ce qu’elle rencontre un ange gardien qui l’a exhortée à changer de vie ou à mourir.
Khan a été intronisée comme membre honoraire de la sororité Zeta Phi Beta en novembre 2020.
Khan est un cousin du chanteur Lou Rawls .
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/17035-Chaka-Khan
BJORK
Björk, de son nom complet Björk Guðmundsdóttir (/ˈpjœr̥k ˈkvʏðmʏntsˌtoʊhtɪr/), est une musicienne, chanteuse, autrice-compositrice-interprète, productrice et actrice islandaise, née le 21 novembre 1965 à Reykjavik.
Remarquée pour sa voix couvrant trois octaves et sa personnalité excentrique, elle a développé un style musical éclectique au cours de ses quatre décennies de carrière, s’inspirant des musiques électronique, pop, punk, jazz, alternative, expérimentale, trip hop, classique, traditionnelle et avant-gardiste. Considérée comme « La Reine de la pop expérimentale », elle est l’une des pionnières les plus influentes des musiques électronique et expérimentale.
Björk commence sa carrière musicale à l’âge de 11 ans puis participe à plusieurs groupes. Sa renommée internationale commence à 21 ans en tant que chanteuse du groupe de rock alternatif The Sugarcubes. Après la séparation du groupe en 1992, la chanteuse commence sa carrière solo avec l’album Debut en 1993. Il est suivi par Post (1995), Homogenic (1997), Vespertine (2001), Medúlla (2004), Volta (2007), Biophilia (2011), Vulnicura (2015), Utopia (2017) et Fossora (2022). Ses albums sont marqués par de nombreuses collaborations et des influences musicales variées.
Plusieurs albums de Björk ont atteint le top 20 de l’US Billboard 200. En 2015, son total de disques vendus à travers le monde est estimé à plus de 20 millions d’exemplaires. Trente-et-un de ses singles ont atteint le top 40 dans différents pays, dont vingt-deux rien qu’au Royaume-Uni, à l’instar de titres comme It’s Oh So Quiet, Hyperballad, Venus as a Boy, Army of Me ou encore Bachelorette. Les différentes distinctions reçues au cours de sa carrière incluent l’ordre du Faucon, l’ordre du Mérite, cinq Brit Awards et seize nominations aux Grammy Awards. Par ailleurs, elle fait partie de la liste du Time 100 des cent personnalités les plus influentes au monde en 2015 et Rolling Stone la désigne en 2023 comme étant la 60e « plus grande chanteuse » et la 81e « plus grande compositrice ».
Björk a joué dans quelques films dont Dancer in the Dark (2000) de Lars von Trier, pour lequel elle remporte le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2000 et est nommée pour l’Oscar de la meilleure chanson originale pour I’ve Seen It All.
Artiste engagée, Björk défend par exemple des causes environnementales en Islande.
Biographie
Enfance et premiers groupes (1965-1984
Björk Guðmundsdóttir est née le 21 novembre 1965 à Reykjavik où elle grandit aux côtés de sa mère, la militante Hildur Rúna Hauksdóttir (1946-2018) qui proteste contre le développement de la centrale hydroélectrique islandaise de Kárahnjúkar, et de son père Guðmundur Gunnarsson, un dirigeant syndical et électricien. Elle a également trois frères et trois sœurs. Ses parents divorcent à sa naissance et la jeune Björk déménage avec sa mère dans une communauté intentionnelle hippie. Son beau-père est Sævar Árnason, l’ancien guitariste du groupe Pops. Björk déclare « Mon arbre généalogique remonte sur 1 200 ans et on n’y trouve que des Islandais », mais sa mère évoque une lointaine ancêtre irlandaise. À six ans, elle s’inscrit au Barnamúsíkskóli de Reykjavik, une école de musique où elle étudie le piano et la flûte et découvre de grands compositeurs comme Jean-Sébastien Bach, Gustav Mahler et Claude Debussy, mais elle développe un goût pour la musique d’avant-garde de Karlheinz Stockhausen ou d’Arnold Schönberg. La chanteuse commence dès lors à créer de la musique à partir des ronflements de son grand-père. Après un récital scolaire au cours duquel elle chante I Love to Love de Tina Charles, ses professeurs décident d’envoyer un enregistrement de la chanson à la station de radio RÚV, alors seule station de radio islandaise. L’enregistrement est diffusé au niveau national et un représentant de la maison de disques Fálkinn, après l’avoir entendu, propose à Björk un contrat d’enregistrement. Elle enregistre à 11 ans avec l’aide de son beau-père son premier album Björk qui sort en Islande en décembre 1977. Il est tiré à 5 000 exemplaires et devient disque d’or dans son pays. Il contient des reprises en islandais (dont une chanson des Beatles, Fool on the Hill, qui devient Alfur Út Úr Hól) et quelques compositions de la jeune chanteuse.
Son adolescence est marquée par la diffusion de la musique punk rock en Islande. À cette période elle forme le groupe punk entièrement féminin Spit and Snot. En 1980, elle forme un groupe de jazz fusion, Exodus, en collaboration avec le groupe JAM80, et obtient en même temps son diplôme de l’école de musique. En 1982, elle forme avec le bassiste Jakob Magnússon un autre groupe, Tappi Tíkarrass (qui peut se traduire par « Bouche le cul de la salope » en français). Ensemble ils sortent l’EP Bitið fast í vitið en août 1982 puis l’album Miranda en décembre 1983. Le groupe est présenté dans le cadre du documentaire Rokk í Reykjavík où Björk fait la couverture de la VHS. À peu près à la même époque, Björk rencontre le guitariste Eldon Jónsson et le groupe Medusa, qui comprend également le poète Sjón, avec qui elle entame une très longue collaboration et forme le groupe Rokka Rokka Drum. Elle décrit son passage au sein de Medusa comme « une magnifique université organique D.I.Y. : fertilité extrême ! ».
Björk apparaît en tant qu’artiste sur Afi, un morceau du disque Örugglega de Björgvin Gíslason en 1983.
En raison de l’arrêt imminent de l’émission de radio Áfangar, deux présentateurs, Ásmundur Jónsson et Guðni Rúnar, demandent à des musiciens de jouer en direct pour la dernière radiodiffusion. Björk se joint à Einar Melax (du groupe Fan Houtens Kókó), Einar Örn Benediktsson (de Purrkur Pillnikk), Guðlaugur Kristinn Óttarsson et Sigtryggur Baldursson (de Þeyr), et Birgir Mogensen (de Spilafífl) pour participer au concert. Au cours de cette expérience, le groupe étoffe une musique influencée par le rock gothique et Björk commence à développer sa façon de chanter — ponctuée de hurlements et de cris. La nouvelle formation se produit durant le concert sous le nom de Gott kvöld, puis décide de continuer sous le nom de Kukl (signifiant « sorcellerie » en islandais). Une connaissance de Björk leur donne accès à son studio pour enregistrer et sortir leur premier single en 1983. Leur première grande performance a lieu lors d’un festival en Islande où ils sont présentés par le groupe punk anarchiste britannique Crass, dont la maison de disques, Crass Records, leur offre un contrat d’enregistrement. The Eye sort en 1984, suivi d’une tournée de deux mois en Europe, qui comprend une performance au Festival de Roskilde au Danemark, ce qui fait de Kukl le premier groupe islandais à jouer au festival. Pendant cette période, Björk publie en 1984 Um Úrnat frá Björk, un livre de poèmes coloriés à la main.
Le deuxième album de Kukl, Holidays in Europe (The Naughty Nought), sort en 1986 peu de temps avant la séparation du groupe en raison de conflits personnels. Björk continue de collaborer avec Guðlaugur dans une formation appelée Elgar Sisters et certaines des chansons enregistrées finissent en faces B des singles solos de la chanteuse.
The Sugarcubes et projets parallèles (1985-1992)
En 1986, Björk joue son premier rôle dans le film à petit budget Quand nous étions sorcières réalisé par Nietzchka Keene, dont l’histoire s’inspire du conte du genévrier des frères Grimm. La chanteuse y incarne le personnage de Margit, une jeune fille dont la mère a été tuée car elle pratiquait la sorcellerie. La première du film a lieu en 1991 au festival du film de Sundance et ne sort en France qu’en 2019.
La même année, Einar Örn et Eldon, ancien membre du groupe Kukl, forment le collectif artistique Smekkleysa qui a pour but d’être à la fois un label et une maison d’édition de livres. Plusieurs amis, notamment Melax et Sigtryggur de Kukl, ainsi que Bragi Ólafsson et Friðrik Erlingson de Purrkur Pillnikk, se joignent au sein du collectif et forment un nouveau groupe dans le seul but est de gagner de l’argent. Ils s’appellent d’abord Þukl, mais la publicité les présente sous le nom de leur ancien groupe : Kukl. Lors d’un concert en soutien au groupe islandais Stuðmenn, ils se nomment Sykurmolarnir (« Sugarcubes » en anglais). Leur premier single, Einn mol’á mann, sort le 21 novembre 1986 et est accompagné par les chansons Ammæli (Birthday) et Köttur (Cat).
À la fin de l’année 1986, repéré par le label One Little Indian, le groupe se renomme The Sugarcubes et devient vite, à son époque, le groupe islandais le plus célèbre au monde. Leur premier single en anglais, Birthday, sort au Royaume-Uni le 17 août 1987 ; une semaine plus tard, il est déclaré single de la semaine par Melody Maker. Les Sugarcubes signent également un contrat de distribution avec Elektra Records aux États-Unis et enregistrent leur premier album, Life’s Too Good, qui sort en 1988. Le mensuel rock le plus important de la fin des années 1980 Best met le groupe en couverture et publie un article de plusieurs pages sur eux : « À mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique, leur rock sans renier Siouxsie [and the Banshees] et les B-52’s, [fait] souffler une incomparable fraîcheur d’alcool de menthe sur nos sens blasés, par la monotonie d’une production techno-uniforme et sans surprise ». Après la sortie de l’album, Eldon et Björk divorcent peu après la naissance de leur enfant, tout en continuant à jouer dans le groupe. L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires dans le monde. Björk participe en tant que choriste aux albums de Megas : Loftmynd (1987), Höfuðlausnir (1988) et Hættuleg hljómsveit & glæpakvendið Stella (1990).
Au cours du dernier trimestre de 1988, les Sugarcubes effectuent une tournée en Amérique du Nord qui est bien accueillie. Le 15 octobre, le groupe participe à l’émission Saturday Night Live. Björk interprète seule la chanson de Noël Jólakötturinn sur la compilation Hvít Er Borg Og Bær. Le groupe interrompt sa carrière à la suite du manque d’accueil de Here Today, Tomorrow Next Week ! (1989) et de la longue tournée internationale le promouvant. Lors de cette période, Björk commence à travailler sur ses projets solo. En 1990, elle fait les chœurs sur Gums de Bless. La même année, elle enregistre Gling-Gló, un album de standard du jazz chanté en islandais, avec le groupe de jazz Tríó Guðmundar Ingólfssonar. Il est l’album de la chanteuse qui s’est le plus vendu dans son pays natal jusqu’en 2011. Björk fait également les chœurs sur l’album ex:el de 808 State, avec qui elle cultive son intérêt pour la house music. Elle chante sur les chansons Qmart et Ooops, qui sort en single au Royaume-Uni en 1991. Elle chante également sur la chanson Falling, sur l’album Island de Current 93 et d’Hilmar Örn Hilmarsson. La même année, elle rencontre le harpiste Corky Hale, avec qui elle fait une session d’enregistrement qui aboutit à un titre sur son futur album Debut.
À ce moment, Björk décide de quitter le groupe pour poursuivre sa carrière solo après avoir réalisé le troisième album des Sugarcubes qui sort en 1992 sous le nom de Stick Around for Joy, et la tournée promotionnelle que le contrat du groupe prévoyait. Björk participe à deux morceaux de la bande originale du film Remote Control (connu sous le nom de Sódóma Reykjavík en Islande). Les Sugarcubes se séparent après avoir donné un dernier concert à Reykjavik en 1992 et le magazine Rolling Stone les qualifie de « plus grand groupe de rock à émerger d’Islande ».
Debut et Post (1993-1996)
En 1993, Björk s’installe à Londres pour poursuivre sa carrière en solo. Elle y travaille avec Nellee Hooper, producteur de Massive Attack, et le joueur de tablas Talvin Singh. Leur collaboration aboutit au premier succès international de la chanteuse en solo, Human Behaviour, un morceau dansant basé sur un rythme de guitare samplé à partir de Go Down Dying d’Antônio Carlos Jobim. Dans la plupart des pays la chanson passe peu à la radio mais finit par gagner en popularité à la suite de la diffusion de son clip, réalisé par Michel Gondry qui devient très vite un collaborateur fréquent de Björk, sur MTV. Ce clip est nommé dans la catégorie « Best Music Video-Short Form » aux Grammy Awards de 1994. Son premier album solo, Debut, sort le 5 juillet 1993 et reçoit de nombreuses critiques positives ; il est nommé album de l’année par le magazine NME et devient disque de platine aux États-Unis. Debut représente un pas en avant dans la carrière de Björk, qui lors de son adolescence et du début de sa vingtaine était connue comme chanteuse dans de nombreux groupes ; ainsi le titre de l’album signifie le début de quelque chose de nouveau. Debut contient un mélange de chansons que Björk a écrites depuis son adolescence, ainsi que des titres plus récents écrit avec Hooper. L’album s’oriente vers de la dance music, de la house music et varie dans son instrumentation. Un des singles de l’album, Venus as a Boy, comporte un arrangement de cordes influencé par Bollywood. Elle reprend le standard du jazz Like Someone in Love accompagné à la harpe, et la dernière chanson, The Anchor Song, est chantée avec un ensemble de saxophones.
Lors de la cérémonie des Brit Awards de 1994 Björk interprète une version minimaliste de la chanson (I Can’t Get No) Satisfaction des Rolling Stones en compagnie de la chanteuse de rock alternatif britannique PJ Harvey et remporte les prix de la « meilleure artiste solo féminine internationale » et « révélation internationale ». Le succès de Debut (comptant 350 000 exemplaires vendus en France et plus de 4 millions dans le monde) lui permet de collaborer avec de nombreux artistes. Elle travaille avec David Arnold sur Play Dead, le thème du film The Young Americans de 1993 (qui est présent en tant que titre bonus sur une réédition de Debut), participe à deux chansons pour l’album Nearly God de Tricky, apparaît sur le titre Lilith de l’album Not for Threes de Plaid et coécrit la chanson Bedtime Story pour l’album du même nom de Madonna en 1994. Björk joue également la même année un rôle non crédité de mannequin dans le film Prêt-à-Porter de 1994.
Dès 1994, Björk retourne en studio pour composer et enregistrer Post en collaboration avec Nelle Hooper, Tricky, Graham Massey (du groupe 808 State) et le producteur de musique électronique Howie Bernstein. Assuré par le succès de Debut, Björk continue à rechercher des sons différents et s’intéresse particulièrement à la danse et à la techno. Les productions de Tricky et Howie B apportent également des sons de type trip hop/électronique sur des morceaux comme Possibly Maybe et Enjoy. L’influence de ces producteurs et de son ami Graham Massey inspire à Björk des titres aux rythmes industriels comme Army of Me. It’s Oh So Quiet, la reprise du titre de Betty Hutton qui devient le plus grand succès de la chanteuse, a beaucoup participé à stimuler les ventes de l’album. Puis, en novembre 1996, paraît un album de remix des titres de Post, intitulé Telegram, qui contient un titre inédit réalisé en collaboration avec Evelyn Glennie : My Spine.
Le disque sort le 7 juin 1995, et rencontre un succès considérable. Il est classé à la 7e place de la liste des « 90 meilleurs albums des années 90 » et en 75e place dans la liste des « 100 meilleurs albums entre 1985 et 2005 » du magazine Spin. Post et Homogenic, son successeur, sont placés par la suite dans la liste des « meilleurs albums des années 90 » de Pitchfork Media, respectivement en 21e et 20e place. En 2003, le magazine Rolling Stone classe l’album en 376e place de sa la liste des « 500 plus grands albums de tous les temps ». Pendant cette période, la presse exalte l’excentricité de Björk en renvoyant d’elle une image de « lutin », un qualificatif qu’elle affronte par la suite avec ses nouveaux albums. Ses clips vidéos lui permettent de toucher un plus large public, ce qui permet à Post de classer plusieurs de ses singles au Royaume-Uni et d’obtenir un disque de platine aux États-Unis. De plus, l’opus et le single It’s Oh So Quiet reçoivent une nomination chacun à la 38e cérémonie des Grammy Awards. Björk contribue à l’album collaboratif d’Hector Zazou, Chansons des mers froides (1995), en interprétant la chanson traditionnelle islandaise Vísur Vatnsenda-Rósu. En 1996, la chanteuse interprète le Pierrot lunaire du compositeur autrichien Arnold Schönberg, avec l’orchestre de l’opéra de Lyon dirigé par Kent Nagano, au Verbier Festival en Suisse. Elle refuse de faire enregistrer la prestation afin de laisser la vedette aux chanteuses spécialisées dans ce répertoire.
Homogenic et Dancer in the Dark (1997-2000)
Après une longue tournée en 1996, la chanteuse décide de rentrer chez elle à Maida Vale à Londres avec le besoin urgent d’écrire de nouvelles chansons. Elle invite alors l’ingénieur du son Markus Dravs à travailler avec elle dans son studio. Le rythme du processus de création est freiné car Björk échappe à un attentat, la police londonienne ayant intercepté un colis piégé à l’acide qu’un fan lui avait destiné, ce qui génère chez les médias un vif intérêt pour la chanteuse qui décide de quitter Londres pour s’installer en Espagne afin d’enregistrer en toute intimité une grande partie d’Homogenic, qui voit le jour le 20 septembre 1997.
Björk travaille avec les producteurs Mark Bell de LFO et Howie B, ainsi qu’avec Eumir Deodato. Homogenic est considéré comme l’une des œuvres les plus expérimentales et extraverties de Björk, avec des rythmes éléctroniques qui reflètent le paysage de l’Islande, allant des poétiques paysages enneigés aux chaotiques paysages volcaniques, notamment avec la chanson Jóga qui fusionne un ensemble de cordes avec des beats électroniques rock. Björk déclare que pour Homogenic, elle n’a gardé que les « trois bruits essentiels, les trois bruits qui existent depuis la nuit des temps — les plus forts : la respiration, le cœur qui bat et les nerfs qui frémissent » afin de créer un album islandais. Pour ses textes Björk commence à écrire de manière plus personnelle, déclarant : « J’ai réalisé que j’étais arrivée au bout de mon extraversion. Je devais rentrer chez moi et me chercher à nouveau ». Avec cet album, la chanteuse rompt avec l’image « elfique » qu’on lui a donnée afin de montrer l’image d’une femme mature, que cela soit par le biais de ses textes, de ses compositions ou de la pochette d’album la montrant comme une geisha futuriste.
L’album est certifié disque d’or dans six pays dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et le Japon, et devient disque de platine en Europe. L’album est soutenu par plusieurs singles, Jóga, Bachelorette, Hunter, Alarm Call et All Is Full of Love , dont les vidéoclips sont diffusés sur MTV. Les clips de Bachelorette et d’All Is Full of Love, réalisés respectivement par Michel Gondry et par Chris Cunningham, recevront chacun une nomination aux Grammy Awards[31]. Cette dernière chanson devient le premier single DVD à sortir aux États-Unis, ce qui ouvre la voie à d’autres artistes dans l’inclusion des vidéos et d’autres éléments multimédia dans leurs singles.
En 1999, le réalisateur Lars von Trier demande à Björk d’écrire et de produire la musique de son prochain film Dancer in the Dark, une comédie musicale dramatique sur une jeune émigrée tchèque et mère célibataire nommée Selma qui, sur le point de devenir aveugle, s’évertue à réunir les fonds nécessaires afin de payer l’opération qui permettra à son fils, atteint de la même infirmité, d’y échapper. Le réalisateur Lars von Trier lui demande finalement d’envisager de jouer le rôle de Selma, proposition que Björk refuse à plusieurs reprises. Celle-ci finit par accepter car le réalisateur menace de laisser tomber le film et la bande originale déjà entièrement composée par la chanteuse. Le tournage commence début 1999 et le film est présenté en 2000 au 53e Festival de Cannes. Le film reçoit la Palme d’or et Björk obtient le Prix d’interprétation féminine pour son rôle. La chanteuse rapporte que le tournage et la vie de plateau lui ont été très désagréables ainsi que fatigants physiquement et émotionnellement au point qu’elle s’est juré de ne plus jamais jouer. En effet, le tournage est marqué par de nombreux conflits entre elle et le réalisateur. L’actrice française Catherine Deneuve, avec qui la chanteuse partage l’affiche, explique que « c’était une épreuve pour elle de se retrouver devant tout ce monde. Björk ne jouait pas, elle se contentait d’être. Parfois, elle ne supportait plus la pression que lui imposait de vivre ainsi son rôle et elle fuguait comme une écolière. Bien sûr, j’étais parfois déroutée, découragée. Je l’ai beaucoup protégée. Elle est unique et, je pense, extrêmement timide, elle est habituée à travailler dans un univers intime ». Malgré les problèmes occasionnés par le tournage, Björk déclare plus tard avoir toujours voulu faire une comédie musicale dans sa vie, et que cela s’est réalisé avec Dancer in the Dark. La bande originale qu’elle a créée pour le film est sortie sous le titre Selmasongs. L’album comprend un duo avec Thom Yorke de Radiohead intitulé I’ve Seen It All, qui est nommé pour l’Oscar de la meilleure chanson originale et est interprété aux Oscars 2001, sans Yorke, dans la « robe-cygne » conçue par Marjan Pejoski. En 2017, à la suite du mouvement MeToo, Björk déclare avoir été harcelée sexuellement par le réalisateur lors du tournage.
Vespertine et Greatest Hits (2001-2003)
En 2001, Björk publie Vespertine, qui initialement devait s’appeler Domestica, un album intimiste et introverti abordant des thèmes personnels, comme la vulnérabilité et la sexualité, fait de microbeats, réalisés avec des sons du foyer, d’un orchestre à cordes, de boîtes à musique, d’un chœur et chanté de manière très douce. Pour cet album, Björk collabore avec le groupe expérimental Matmos, le DJ danois Thomas Knak et la harpiste Zeena Parkins. Les paroles trouvent diverses sources d’inspiration, notamment chez le poète américain E. E. Cummings pour la chanson Sun In My Mouth, du cinéaste indépendant américain Harmony Korine et l’avant-dernière pièce de la dramaturge anglaise Sarah Kane : Manque. Pour la promotion de Vespertine, elle se rapproche de nouveaux collaborateurs comme les graphistes de M/M (Paris) ou le duo de photographes Inez Van Lamsweerde et Vinhood Matadin. Pour coïncider avec la sortie de l’album, un livre éponyme de prose et de photographies est publié. Björk se lance dans le Vespertine World Tour. Les concerts ont lieu dans des théâtres et des opéras afin d’avoir « la meilleure acoustique possible ». Elle s’accompagne de Matmos, Parkins et un chœur inuit, qu’elle avait rencontré lors d’un voyage au Groenland avant la tournée. Vespertine devient à sa sortie l’album de Björk qui s’est vendu le plus rapidement à ce jour, avec deux millions d’exemplaires écoulés à la fin de l’année 2001.
Trois singles sont extraits de l’album : Hidden Place, Pagan Poetry et Cocoon. Le clip vidéo de Pagan Poetry, réalisé par Nick Knight, connaît à sa sortie un niveau de controverse élevé sur MTV en raison d’images crues montrant des piercings, des scènes de rapports sexuels non simulés tirés de séquences personnelles de la chanteuse, et Björk s’exposant seins nus. À cause de son contenu le clip se voit interdit d’antenne sur la chaîne. En 2002, il est diffusé en version non censurée dans le cadre d’une émission spéciale de fin de soirée sur MTV2 intitulée « Les 20 vidéos musicales les plus controversées ». Le clip de Cocoon met en scène Björk dans un body moulant, lui donnant l’impression d’être nue, et ses tétons sécrètent un fil rouge qui finit par l’envelopper dans un cocon. La vidéo est réalisée par l’artiste japonaise Eiko Ishioka et est également interdite par MTV. La même année, Björk est invitée à enregistrer Gollum’s Song pour le film Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours, mais elle décline l’invitation en raison de sa grossesse ; la chanson est alors enregistrée par une autre Islandaise, Emilíana Torrini.
En 2002 sort le coffret Family Tree proposant une sélection de nombreux titres restés inédits (comme Mother Heroïc) ainsi que des versions inédites de ses morceaux (comme une version de Birthday des Sugarcubes, chantée en islandais, ou encore Fulgar un titre de Kukl), y compris son travail avec le Quatuor Brodsky. En parallèle à ce coffret, est édité Greatest Hits, une rétrospective de ses dix années de carrière solo, à laquelle s’ajoute le titre inédit It’s In Our Hands qui se classe en 37e place des appa britanniques. Les morceaux sont choisis par les fans eux-mêmes, par le biais d’un vote organisé sur le site Internet de la chanteuse. Greatest Hits sort aussi en version DVD, sous le titre de Greatest Hits, Volumen 1993-2003, et regroupe l’ensemble de sa vidéographie. Sur ce DVD figure le clip réalisé par Lynn Fox pour Nature Is Ancient, ainsi que le clip de Spike Jonze pour It’s In Our Hands, où elle apparaît enceinte. Elle donne naissance à sa fille Isadora Bjarkardottir Barney le 3 octobre 2002. Björk et le Quatuor Brodsky enregistrent en 2001 Prayer of the Heart, une composition écrite pour elle par le compositeur John Tavener, qui est joué en 2003 pour une exposition de la photographe américaine Nan Goldin. Toujours en 2003, sort le coffret Live Box, composé de quatre CD contenant des enregistrements live de ses albums précédents et d’un DVD contenant une vidéo d’un titre de chaque CD. Chacun des quatre disques est ensuite publié séparément à un prix réduit.
Medúlla et Drawing Restraint 9 (2004-2006)
Le 30 août 2004, Björk sort Medúlla (signifiant « moelle » en latin). Au moment de sa conception, Björk décide que l’album serait entièrement fait de voix humaine (bien que parfois manipulée et déformée). Cette intention initiale est modifiée, bien que la majorité des sons de l’album soit créée par des chanteurs, afin de pouvoir inclure une programmation électronique et occasionnellement quelques instruments de musique. Björk fait appel aux talents vocaux de la chanteuse inuite Tanya Tagaq, du beatboxer hip hop Rahzel, du beatboxer japonais Dokaka, du rockeur avant-gardiste Mike Patton, du batteur/chanteur de Soft Machine Robert Wyatt et de plusieurs chorales[102],[103]. Elle s’approprie à nouveau un texte d’E. E. Cummings pour la chanson Sonnets/Unrealities XI. La chanteuse de R’n’B Beyoncé doit apparaître sur l’album, mais la collaboration ne peut pas se faire en raison de problèmes d’emplois du temps. À sa sortie, Medúlla devient son album le mieux classé aux États-Unis, atteignant la 14e place. Cet album constitue une rupture dans la carrière d’une chanteuse qui jusque-là s’accompagnait toujours de formations musicales petites ou grandes, allant de l’octuor à l’orchestre symphonique. La chanteuse avoue lors de diverses interviews s’attendre à un refus du public face à ce changement radical. Au contraire, son album s’est finalement beaucoup vendu.
Le même mois que la publication de l’album, Björk interprète la chanson Oceania lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été de 2004 à Athènes. La performance est marquée par le déploiement de sa robe sur 900 m2 afin de révéler une carte du monde couvrant tous les athlètes olympiques et des images du clip, réalisé par Lynn Fox, sont diffusées sur écran géant. Cette chanson est écrite spécialement pour l’occasion et fait appel aux talents du beatboxer Shlomo et d’un chœur londonien. Peu de temps après, une version alternative de la chanson circule sur Internet avec des chants supplémentaires réalisé par Kelis. Cette version figure à l’origine sur le single promotionnel Oceania, diffusé sur les ondes radio, et devient plus tard accessible au public en tant que face B du single Who Is It qui est suivi début 2005 par Triumph of a Heart, ces deux singles se classent respectivement à la 26e place et à la 31e place des charts britannique. Fin 2004, une vidéo pour le potentiel single, Where Is the Line, est filmée en collaboration avec l’artiste islandaise Gabríela Friðriksdóttir. Il s’agit à l’origine d’une séquence d’un film d’installation artistique des deux artistes, mais celui-ci est uniquement publiée sur le DVD Medúlla Videos.
En dehors de quelques représentations, aucune tournée n’est programmée pour promouvoir Medúlla. En juin 2004, elle explique dans une interview pour le magazine Rolling Stone qu’« à chaque album que j’ai fait, au moment où je le terminais, j’étais encore très inspirée, et je pensais pouvoir réaliser encore un album en cinq minutes ; alors, je voulais juste savoir si c’était seulement une fantaisie ou si c’était vrai ». De plus, la chanteuse déclare qu’il aurait été trop difficile de jouer les chansons en live.
En 2005, Björk collabore avec son partenaire Matthew Barney sur le film d’art expérimental Drawing Restraint 9, une exploration sans dialogue de la culture japonaise. Le couple apparaît dans le film, jouant deux invités occidentaux sur un baleinier industriel japonais qui se transforment finalement en deux baleines. Elle est responsable de la bande originale du film, sa deuxième après Selmasongs. Le film est réalisé à l’occasion du 60e anniversaire commémorant les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. Björk y utilise des instruments traditionnels japonais. Drawing Restraint 9 contient une chanson interprétée de nombreuses fois en concert et qui, jusque là, n’avait donné d’autres titre que Nameless avant d’être nommée Storm dans l’album.
Björk apparaît également dans le documentaire Screaming Masterpiece (2005), qui se penche sur la scène musicale islandaise. Le film présente des images d’archives des Sugarcubes et de Tappi Tíkarrass, ainsi qu’une conversation avec la chanteuse. La même année, elle reçoit le « Inspiration Awards » lors des Annual Q Magazine Awards en octobre 2005, des mains de Robert Wyatt, avec qui elle a collaboré sur Medúlla. En 2006, Björk est nommée aux BRIT Awards dans la catégorie « meilleure artiste solo féminine internationale » et fait remastériser en Dolby Digital 5.1 surround sound ses trois premiers albums studio solo (Debut, Post, Homogenic), ses deux bandes originales (Selmasongs et Drawing Restraint 9) pour publier sa discographie dans le coffret Surrounded, sorti le 27 juin 2006. Vespertine et Medúlla étant déjà disponibles en 5.1 sous forme de DVD-A ou de SACD sont également inclus dans le coffret dans un format reconditionné. Les DualDiscs sont également sortis séparément. L’ancien groupe de Björk, les Sugarcubes, se reforme exceptionnellement pour un concert unique à Reykjavik le 17 novembre 2006. Les bénéfices du concert sont reversés à l’ancien label du groupe, Smekkleysa, qui, selon le communiqué de presse de Björk, « continue à travailler sans but lucratif pour l’amélioration future de la musique islandaise ».
Volta (2007-2010)
En 2007, Björk reprend la chanson The Boho Dance de Joni Mitchell pour l’album A Tribute to Joni Mitchell. Le réalisateur et ancien collaborateur de la chanteuse Michel Gondry lui propose de jouer dans son film La Science des rêves. Son rôle est ensuite donné à Charlotte Gainsbourg à la suite d’un refus de la chanteuse. La même année la chanteuse prête sa voix au personnage d’Anna Young dans le film d’animation islandais Anna and the Moods (2007) de Gunar Karlsson, aux côtés de Terry Jones et Damon Albarn.
Son sixième album studio, Volta, sort le 1er mai 2007. L’album bénéficie de la contribution du producteur de musique hip-hop Timbaland aux percussions et arrangements musicaux, de la chanteuse Anohni du groupe Antony and the Johnsons pour les morceaux The Dull Flame of Desire et My Juvenile, du poète Sjón, du programmeur de rythmes électroniques Mark Bell, du maître de la kora Toumani Diabaté, du groupe congolais de mbira Konono N°1, du joueur de pipa Min Xiao-Fen et, sur plusieurs chansons, d’un ensemble islandais de cuivres exclusivement féminin. L’album utilise également le Reactable, un nouveau synthétiseur à « interface tangible » de l’Universitat Pompeu Fabra de Barcelone, qui est joué sur Volta par Damian Taylor. L’album est enregistré au Studio 4 du Manhattan Center Studios, en Islande et en Jamaïque.
Le premier single de l’album, Earth Intruders, sort en version numérique le 9 avril 2007 accompagné d’un clip réalisé par Michel Ocelot, connu pour des films d’animation comme Azur et Asmar ou Kirikou et la Sorcière, et devient la deuxième entrée de la chanteuse au Billboard Hot 100 aux États-Unis. Volta débute à la 9e place du Billboard 200 albums, devenant ainsi son premier album à se classer dans le top 10 américains, avec 43 000 exemplaires vendus en une semaine. L’album atteint également la 3e place des charts français avec 20 600 albums vendus la semaine de sa sortie et la 7e place des charts britanniques avec 20 456 exemplaires vendus. Le deuxième single de l’album, Innocence, sort le 23 juillet accompagné d’un clip vidéo choisi à l’issue d’un concours organisé sur le site officiel de la chanteuse. Le 1er janvier 2008, Declare Independence sort dans un coffret comprenant deux vinyles 12″, un CD et un DVD contenant le clip réalisé par Michel Gondry. Wanderlust sort dans un format similaire, avec un court-métrage réalisé par Encyclopedia Pictura tourné en 3D stéréoscopique. Le cinquième single de l’album est The Dull Flame of Desire interprété avec Anohni.
Björk lance le Volta Tour, une tournée de dix-huit mois où elle joue dans de nombreux festivals et marque son retour en Amérique latine après neuf ans d’absence, jouant à Rio de Janeiro, São Paulo, Curitiba, Guadalajara, Bogotá, Lima, Santiago et Buenos Aires. En janvier 2008, elle retourne en Australie et en Nouvelle-Zélande pour la première fois depuis douze ans, dans le cadre des concerts organisés pour le Big Day Out. Elle donne à l’occasion un concert unique à l’Opéra de Sydney pour le festival de Sydney. Sa musique est présente dans le documentaire Horizons : The Art of Steinunn Þórarinsdóttir (2008) réalisé par Frank Cantor. Dans un communiqué publié sur son site officiel, la chanteuse annonce la sortie de Voltaïc le 20 avril 2009 (reporté plus tard à la mi-juin) ; un coffret limité publié chez One Little Indian Records. Celui-ci se compose d’un DVD contenant plusieurs enregistrements réalisés lors des concerts à Paris et Reykjavik, d’un album live enregistré à l’Olympic Studio de Londres, d’un troisième disque contenant The Volta Videos et les vidéos du concours, tandis que le quatrième disque est le CD The Volta Mixes.
En mai 2010, l’Académie royale suédoise de musique annonce donner à Björk le Prix Polar Music aux côtés d’Ennio Morricone Un mois plus tard, elle annonce sa collaboration avec Dirty Projectors pour un EP commun, intitulé Mount Wittenberg Orca, qui sort le 30 juin, afin de collecter des fonds pour la conservation de la faune marine. En septembre 2010, Björk sort The Comet Song pour la bande originale du film Les Moomins et la chasse à la comète. La même année, elle joue en duo avec sa compatriote islandaise Ólöf Arnalds sur une chanson intitulée Surrender du nouvel album d’Arnalds, Innundir skinni, puis interprète un duo avec Anohni sur l’album Swanlights d’Antony and the Johnsons. Le 20 septembre 2010, Björk interprète sa version de Sombre Dimanche lors de la commémoration du styliste Alexander McQueen dans la cathédrale Saint-Paul de Londres. Le 7 décembre, la chanteuse publie Trance une chanson inédite pour la bande originale d’un court-métrage To Lee, with Love réalisé par Nick Knight en hommage à McQueen, avec qui Björk collabore à de multiples reprises.
Biophilia (2011-2014)
Björk apparaît dans Átta Raddir, l’une des émissions télévisées de Jónas Sen, diffusée le 27 février 2011. Les émissions sont produites par le Service national de radiodiffusion islandais[149]. Dans l’émission, Björk interprète huit chansons, dont Sun in My Mouth, qui n’a jamais été jouée en live auparavant.
Björk lance sur iOS l’application Biophilia en juillet 2011, publiée sur Android en 2013, qui se divise en dix autres applications pour chaque chanson du prochain album. Le projet a pour but « d’explorer le fonctionnement du son, l’étendue infinie de l’univers, des systèmes planétaires aux structures atomiques » en expliquant le lien entre la musique et la science et marque des collaborations éducatives avec des élèves de 10 à 12 ans. Le Conseil chargé de l’éducation de Reykjavik introduit le programme dans toutes les écoles de la ville au cours des trois années suivantes. L’application est présentée lors de spectacles spécialisés, dont la première a lieu à Manchester au Royaume-Uni lors du Manchester International Festival le 30 juin. Il s’agit de la première partie du Biophilia Tour, qui fait le tour du monde pendant deux ans. Ce projet est annoncé comme ambitieux et expérimental utilisant dans la formation instrumentale la bobine de Tesla et des instruments créés pour l’occasion comme un « gameleste » (un mixte entre un gamelan et un célesta) et des « gravity harps » (plusieurs pendules assemblés transmettant les mouvements de la Terre à une harpe. L’album, également titré Biophilia, sort le 10 octobre 2011, et est le premier album à sortir sous une série d’applications interactives. Les morceaux sont en partie composés avec l’aide d’un iPad.
En juin 2011, le premier single de Biophilia, Crystalline, sort accompagné d’un clip signé Michel Gondry. La chanson utilise principalement le gameleste. Le deuxième single, Cosmogony, qui sert d’« application mère » pour toutes les autres, sort le 19 juillet, suivi de Virus et Moon en août et septembre 2011. Une version live de Thunderbolt, filmée au Manchester International Festival, est publiée en tant que vidéo musicale sur YouTube le 2 novembre. Le 6 mars 2012, une vidéo musicale promotionnelle sort pour Hollow présentant une exploration tridimensionnelle des molécules de Björk ainsi que son complexe moléculaire basé sur un scanner de la tête en s’inspirant des œuvres du peintre italien Giuseppe Arcimboldo et est réalisée par l’animateur biomédical Drew Berry. Un clip vidéo pour Mutual Core est commandé par le Musée d’art contemporain de Los Angeles et est réalisé par Andrew Thomas Huang. La vidéo est publiée le 13 novembre 2012 sur la chaîne YouTube du musée.
Fin 2012, Björk regroupe l’essentiel des titres de son album sur un album de remix intitulé Bastards, comprenant ceux de Death Grips ou du musicien syrien Omar Souleyman. En 2013, Björk participe à un documentaire de Channel 4 aux côtés de David Attenborough intitulé Attenborough and Björk: The Nature of Music, dans le cadre de la saison du programme Mad4Music, qui met en relief les interactions entre l’Homme et la musique, en se concentrant sur la biophilie, et l’impact de la technologie sur la musique et son devenir. Le documentaire produit par le britannique Lucas Ochoa fait aussi participer le scientifique Oliver Sacks. Ochoa déclare au magazine NME que « suite à l’idée révolutionnaire initiée par Björk l’année dernière, nous sommes ravis d’être en mesure de documenter ce voyage incroyable avec elle, elle est indéniablement l’une des figures les plus emblématiques de la culture populaire et fait évoluer les limites comme aucun autre artiste ». En 2014, les applications Biophilia sont les toutes premières applications à être introduites dans la collection permanente du Museum of Modern Art. En juin, Björk enregistre des samples vocaux pour le groupe de rap Death Grips, qu’ils utilisent sur les huit chansons de Niggas on the Moon, la première partie de leur double LP, The Powers That B. À la fin de l’année, le film du concert Björk : Biophilia Live sort dans le monde entier et est projeté dans plus de 400 cinémas.
Vulnicura (2015-2016)
Pour son neuvième album studio, Vulnicura, Björk travaille avec les producteurs Arca et Haxan Cloak. Le 18 janvier 2015, quelques jours seulement après avoir été annoncé, et deux mois avant sa sortie prévue en mars, l’album fuite sur Internet. Afin de sauver les pertes potentielles de ventes dues à ce problème et pour permettre aux fans d’écouter l’album dans une qualité supérieure, il est publié à l’international le 20 janvier 2015 sur iTunes. Vulnicura (qui signifie « guérir les blessures ») est une analyse de sa rupture avec son ancien partenaire, Matthew Barney, prenant la forme d’un récit de 9 mois avant et 11 mois après leur séparation, et comporte des paroles qui sont émotionnellement brutes par rapport aux préoccupations abstraites de son album précédent. Björk explique qu’il s’agit d’« un album plus traditionnel que Biophilia en ce qui concerne l’écriture. Il traite de ce qui peut arriver à une personne à la fin d’une relation. Il parle des dialogues que nous pouvons avoir dans nos têtes et dans nos cœurs, des processus de guérison ». Sa sortie est positivement comparée aux albums récents de Madonna et de Beyoncé, la première ayant également publié son album sur iTunes après une fuite, et la seconde voulant révolutionner la manière dont les albums sont publiés et consommés. Björk entame sa tournée mondiale en mars 2015 en résidence au Carnegie Hall avec comme accompagnement l’ensemble Alarm Will Sound, Arca à l’électronique (remplacé par Haxan Cloak pour les dates en festivals) et le percussionniste Manu Delago. Après avoir terminé sa résidence new-yorkaise, la tournée continue en Europe avant de s’achever en août 2015.
Du 8 mars au 7 juin 2015, Le Museum of Modern Art de New York accueille une exposition rétrospective retraçant toute la carrière de Björk de Debut à Biophilia ; cependant, certains éléments provenant de Vulnicura sont inclus bien qu’ils n’avaient pas été annoncés auparavant. La rétrospective est divisée en quatre parties : les instruments de Biophilia (la bobine Tesla, l’orgue contrôlé par MIDI, le gameleste et les harpes de gravité) sont exposés dans le hall du musée et joue automatiquement tout au long de la journée, l’installation vidéo commandée par le MoMA, Black Lake, réalisée par Andrew Thomas Huang, qui consiste en deux montages complémentaires de la vidéo Black Lake projetés dans une petite salle avec quarante-neuf haut-parleurs dissimulés dans les murs et le plafond, une salle de cinéma présentant la plupart des vidéos musicales de Björk, toute restaurées en haute définition, et l’exposition itinérante Songlines qui présente les carnets de notes, les costumes et les accessoires de la chanteuse tout au long de sa carrière. Un livre intitulé Björk : Archives, documentant le contenu de l’exposition est publié en mars et est suivi par le clip vidéo de Black Lake. Des vidéos pour Lionsong (qui est joué dans la salle de cinéma de l’exposition), Stonemilker (une vidéo en réalité virtuelle en 360 degrés), Family et Mouth Mantra sont également produites pour l’album, ainsi qu’une série de remixes en trois parties disponibles numériquement et sur des vinyles en édition limitée. En décembre, une application appelée Stonemilker VR sort pour les appareils iOS, avec un mixage exclusif de la chanson, similaire à celle exposée au MoMA plus tôt dans l’année.
Le 2 octobre 2015, la chanteuse annonce Vulnicura Strings, qui sert de compagnon purement acoustique à Vulnicura. Celui-ci présente des arrangements de cordes supplémentaires avec l’intégration d’une viola organista, un instrument à cordes unique joué sur un clavier conçu par Léonard de Vinci. Il est publié le 6 novembre en CD et en numérique et le 4 décembre en vinyle. Une semaine plus tard, Vulnicura Live est annoncé en format double CD et double LP vendus exclusivement par les magasins de disques Rough Trade. Le set est épuisé en ligne cinq jours après avoir été annoncé, mais des quantités limitées sont mises à disposition en magasin à Londres et à Brooklyn. Chaque format est limité à 1 000 exemplaires chacun, ce qui en fait l’une des sorties physiques les plus rares de la carrière récente de Björk. Le CD est sorti le 13 novembre 2015 et les vinyles picture disc sortent une semaine plus tard. Le 7 décembre 2015, Vulnicura est nommé pour le Grammy Award du « meilleur album de musique alternative ». Le 15 juillet 2016, une édition « commerciale » standard de Vulnicura Live sort en reprenant les mêmes performances mais nouvellement mixées et avec un artwork différent. Une version deluxe de l’album live est publiée le 23 septembre. Une nouvelle interprétation de Come to Me de l’album Debut est également incluse dans le coffret 7-inches for Planned Parenthood en soutien à l’organisation de santé des femmes.
Björk lance Björk Digital (en) en juin 2016, une exposition en réalité virtuelle présentant toutes les vidéos réalisées pour Vulnicura jusqu’à présent, y compris la première mondiale de Notget, réalisée par Warren du Preez et Nick Thornton Jones, à Carriageworks pour le Vivid Sydney 2016 à Sydney en Australie. Elle anime la soirée d’ouverture en tant que DJ et fait de même lorsque l’exposition se rend le 29 juin au Miraikan de Tokyo au Japon. Pendant la résidence au Miraikan, Björk devient la première artiste à entrer dans l’histoire en participant à la première diffusion en direct de réalité virtuelle au monde diffusée sur YouTube. Elle interprète en live la dernière chanson de l’album, Quicksand, et les images sont intégrées à l’expérience VR Quicksand. Björk Digital parcourt le monde en passant par Londres, Montréal, Houston, Los Angeles et Barcelone.
Utopia et grandes tournées mondiales (2017-2021)
Le 2 août 2017, Björk annonce sur ses réseaux sociaux la sortie imminente d’un nouvel album. L’annonce coïncide avec une interview pour le numéro de couverture du magazine Dazed, paru à l’automne 2017, dans laquelle la chanteuse parle du nouvel album. Le single principal, The Gate, sort le 15 septembre accompagné d’un clip vidéo signé par l’artiste visuel Andrew Thomas Huang. Le jour de cette sortie, Björk déclare, lors d’une interview avec Nowness, que le titre de l’album est Utopia. Le 15 novembre, le deuxième single extrait de l’album, Blissing Me, est publié[215],[216], tandis que le lendemain, la chanteuse explique sur Mixmag que le nouvel opus est teinté de flûtes et de bois.
Utopia sort le 24 novembre 2017. La chanteuse le décrit comme étant son « album Tinder » et déclare qu’« il s’agit de cette recherche [de l’utopie] — et du fait d’être amoureux. Passer du temps avec une personne que vous appréciez est le moment où le rêve devient réel ». Björk ajoute que son album précédent représente « l’enfer — c’était comme un divorce ! », déclarant : « Nous sommes donc [ici] au paradis. L’utopie. Nous avons fait l’enfer, nous avons gagné des points ». L’album est produit avec Arca, avec qui elle a collaboré sur Vulnicura. L’opus se présente comme un album de musique avant-gardiste et de folktronica entremêlant flûtes, chants d’oiseaux et instruments électroniques, et où la chanteuse imagine aussi une issue aux problèmes politiques et environnementaux. Deux clips vidéos supplémentaires sont publiés en 2017 : Utopia et Arisen My Senses, qui pour le dernier sort avec un EP de remix en édition limitée. Utopia est nommé pour le « meilleur album de musique alternative » lors de la 61e cérémonie annuelle des Grammy Awards, devenant la quinzième nomination aux Grammys de Björk.
Le 22 mai 2018, Björk est l’invitée musicale principale de l’émission Later… with Jools Holland, sa première participation à la production de la BBC depuis 2011. Lors de sa prestation elle présente quatre chansons, comprenant un arrangement pour flûtes de The Anchor Song, tiré de Debut (1993), avant de se lancer dans l’Utopia Tour, une brève tournée européenne, jouant dans plusieurs festivals de musique européens durant la saison estival. Le 12 novembre, Björk annonce le lancement de Cornucopia, une nouvelle production de concerts centrée sur son album Utopia « où l’acoustique et le numérique se serreront la main ». Ce spectacle théâtral est réalisé en collaboration avec Lucrecia Martel. La chanteuse est accompagnée par une chorale islandaise de plus de cinquante chanteurs, un ensemble de sept flûtes, une harpiste, une section de percussions, de l’électronique et aussi un certain nombre d’instruments sur mesure, qui sont mis en œuvre dans la conception d’une scène au son multicana. La tournée débute en mai 2019 dans la salle The Shed à New York qui décrit Cornucopia comme le « concert mis en scène le plus élaboré de Björk à ce jour ». Le spectacle en résidence se rend ensuite au Mexique et en Europe. À la suite des représentations, Björk publie des vidéos musicales pour Tabula Rasa et Losss, toutes deux réalisées par Tobias Gremmler et utilisées pour la toile de fond pendant les spectacles. Le 16 août, Björk annonce le Utopia Bird Call Boxset, un coffret destiné à célébrer la fin du cycle de l’album, comprenant quatorze appeaux imitant divers cris d’oiseaux et une clé USB contenant l’album, des vidéos musicales et des remixes, ainsi qu’une piste instrumentale inédite, Arpegggio. Le 6 septembre 2019, deux remixes de Features Creatures sont publiés comme singles numériques, l’un par Fever Ray et l’autre par The Knife.
Le 26 avril 2019, les neuf albums de Björk sortent en format cassette, tandis que le 6 septembre, Vulnicura sort dans les boutiques numériques en réalité virtuelle. Le 27 septembre, Björk surprend le public en participant à la performance d’Arca Mutant;Faith, en présentant en avant-première la chanson Afterwards, incluse plus tard sur KiCk i. En 2020, Björk s’associe à Microsoft pour lancer le projet Kórsafn pour l’hôtel Sister City de New York, dans lequel l’intelligence artificielle fait combiner des échantillons de chœurs de ses albums en réaction à l’environnement extérieur et aux conditions météorologiques. La même année, elle joue le rôle de Seeress dans le film The Northman de Robert Eggers, qui sort au cinéma en avril 2022. Le 3 mai 2021, elle est annoncée comme productrice exécutive de Monk in Pieces, un film documentaire sur la vie et la carrière de la compositrice américaine Meredith Monk ; il est présenté à la Berlinale 2025. Le 17 juillet, sort à l’occasion du Record Store Day un picture-disc, en édition limitée, comprenant le single Cosmogony dans sa version originale tirée de Biophilia (2011) et dans une seconde version chantée par le Hamrahlíð Choir.
Fossora (depuis 2022)
Dans la continuité de la tournée précédente, Björk annonce en février 2020 le lancement de Björk Orkestral, une tournée qui célèbre les plus grands titres de sa carrière et réarrangé de manière symphonique. Celle-ci se compose alors de six concerts qui doit la faire passer le 9 juillet 2020 au Blue Dot Festival de Berlin et à la Seine musicale de Boulogne-Billancourt les 17 et 20 juillet. En raison de la pandémie de Covid-19, toutes les dates sont reportées jusqu’en 2021. Entre le 11 octobre et le 15 novembre 2021, Björk joue quatre spectacles en direct du Björk Orkestral au Harpa à Reykjavik, chaque concert présentant plusieurs chansons de ses neuf albums studio. Ces quatre concerts sont récompensés aux Icelandic Music Awards 2022 en tant qu’« événement musical de l’année ». De nouvelles dates sont ajoutées à cette tournée ainsi que pour le Cornucopia, également suspendue précédemment en raison de la pandémie. La musicienne fait voyager son Björk Orkestral en Amérique du Nord et du Sud, en Europe et en Asie. Lors de ses participations au festival Coachella en avril 2023, les morceaux de la chanteuse sont accompagnés par une chorégraphie réalisée par 864 drones dans le ciel.
Entre fin 2021 et début 2022, Björk donne une série d’interviews dans lesquelles elle annonce avoir terminé son dixième album studio tout en révélant avoir été inspirée par ses soirées pendant la pandémie. Elle révèle au Los Angeles Times qu’il y a des éléments « folk-acoustique » dans ce nouvel opus, et que chaque morceau mélange des styles calmes et sombres avant de devenir dansants. Elle ajoute qu’elle s’est concentrée sur le thème du corps et des saisons, « une sorte de proximité avec les choses viscérales ». L’album est officiellement annoncé lors d’une interview avec The Guardian le 19 août 2022. La compositrice déclare que son nouvel album s’appelle Fossora (signifiant « personne qui creuse » en latin). Il est décrit par celle-ci comme un « album champignon » sur le retour aux sources, renforcé par l’isolement imposé par la pandémie de Covid-19 et certains événements personnels, comme la disparition de sa mère et le fait de devenir grand-mère. La chanteuse déclare que la réalisation de cet album « c’est comme creuser un trou dans le sol. Cette fois-ci, je vis avec des taupes et je m’enracine vraiment » où elle voulait « juste atterrir sur la planète Terre et enterrer mes orteils dans le sol ».
Fossora sort le 30 septembre 2022, précédé par quatre singles : Atopos le 6 septembre Ovule le 14 septembre, Ancestress le 22 septembre (tous les trois accompagnés de clip vidéo) et Fossora le 27 septembre. L’album contient des chansons dédiées à sa mère (Ancestress et Sorrowful Soil), une chanson folklorique du XIXe siècle écrite par Látra-Björg Einarsdóttir, ainsi que les participations du sextuor de clarinettes basses Murmuri, de Kasimyn du Gabber Modus Operandi (coproduction des beats gabber), de Émilie Nicolas, de Serpentwithfeet et de ses enfants Sindri Eldon et Ísadóra Bjarkardóttir Barney. L’opus devait également comporter la contribution d’Arca, comme pour Vulnicura (2015) et Utopia (2017), mais en raison de la pandémie Björk n’est pas en mesure de lui rendre visite à Barcelone ou de l’accueillir chez elle. Le 2 décembre, un clip vidéo pour Sorrowful Soil est publié. Fossora est nommé dans la catégorie « meilleur album de musique alternative » aux Grammy Awards et remporte le même prix ainsi que celui de la « meilleur direction d’enregistrement de l’année » aux Icelandic Music Awards. Un clip vidéo pour la chanson éponyme à l’album sort le 30 mars 2023. L’album est très bien accueilli à sa sortie et se retrouve dans la liste des meilleurs albums de 2022 de plusieurs magazines ; notamment dans le top 10 du New York Times et Line of Best Fit.
En septembre 2022, Björk se lance dans le podcasting avec Björk : Sonic Symbolism qui, selon un communiqué de presse, la présente « discutant des textures, des timbres et des paysages émotionnels de chacun de ses albums » avec ses amis l’écrivain Oddný Eir et le musicologue Ásmundur Jónsson ; les trois premiers épisodes du podcast, qui se concentre sur Debut, Post et Homogenic, sont diffusés pour la première fois le 1er septembre. À l’occasion du Record Store Day en 2023, la musicienne publie en édition limitée des vinyles pour les remixes d’Atopos par Sideproject et d’Ovule par Shygirl et Sega Bodega, ainsi qu’une réédition de Mount Wittenberg Orca (2009) réalisé avec Dirty Projectors. Björk réalise un remix pour la chanson Woe (I See It From Your Side) de Shygirl qui sort sur Nymph_o le 14 avril 2023. Le 16 juin, Björk reçoit un doctorat honorifique de l’Université islandaise des arts pour son travail dans la musique. Fin août, la chanteuse remporte lors des AIM Awards 2023 le prix de la « meilleure performance live ». Le 1er septembre, marque le lancement à Lisbonne de la seconde édition de la tournée Cornucopia qui comprend l’intégration des titres de Fossora, d’un ensemble de clarinettes, un son ambiophonique et une chambre de réverbération sur un morceau. Le 6 septembre 2023, la chanteuse publie le clip vidéo de Victimhood réalisé par Gabríela Friðriksdóttir et Pierre-Alain Giraud. 2023 voit également la sortie du film Fungi: Web of Life, un documentaire en 3D sur les champignons avec Björk comme narratrice. Le long métrage, réalisé par Gisela Kaufmann, Joseph Nizeti et Mike Slee, est principalement distribué dans les musées d’histoire naturelle.
En janvier 2024, Björk est nommée « citoyenne d’honneur de Reykjavík » par le conseil municipal de la ville. Cela fait d’elle la huitième personnalité à recevoir cette distinction. Au lieu de réaliser une cérémonie traditionnelle la ville décide d’édifier une statue de la chanteuse qui est en cours de réalisation par Gabríela Friðriksdóttir et le Musée d’art de Reykjavik. La chanteuse annonce participer à l’album Akoma, en chantant sur la chanson Borealis, de la musicienne Jlin. Celui-ci sort le 22 mars et comprend la participation d’autres musiciens comme Philip Glass ou le Kronos Quartet. La chanteuse organise de nombreuses soirées DJ mensuels au magasin de disques Smekkleysa de Reykjavik, qui était auparavant son label. Elle participe le 3 mars à la résidence parisienne d’Arca, The Light Comes in the Name of the Voice, et au Under the K Park de Brooklyn le 10 mai, pour une soirée avec ses derniers collaborateurs Sega Bodega, Shygirl, Eartheater, Mun Sing et JLin. En 2025, Cornucopia, un film réalisé par Ísold Uggadóttir montrant sa prestation à Lisbonne lors de la tournée du même nom, est diffusé en avant-première sur Apple TV+ dans le cadre de la série Apple Music Live. Le film est diffusé en mai de la même année dans les salles de cinéma, avec un son spatial Dolby Atmos, et sera présenté lors du Festival de Cannes 2025. Björk recevra à cette occasion le Humann Prize 2025, prix décerné par la fondation No More Plastic à des personnalités qui utilisent « leur influence et leur voix pour défendre des causes environnementales ou sociales, avec l’ambition de provoquer un véritable changement dans notre société ». Le 24 octobre 2025, Cornucopia sort en CD et DVD.
Vie privée
Lieux de vie, relations amoureuses et enfants
Lors de la formation des Sugarcubes, Björk est brièvement mariée au guitariste Þór Eldon avec qui elle a un fils, Sindri Eldon Þórsson, né le 8 juin 1986, le jour même de la formation du groupe. Le couple divorce avant la fin de l’année 1986, mais continue de travailler ensemble au sein des Sugarcubes.
Après la dissolution des Sugarcubes, Björk s’installe à Londres, où on lui propose immédiatement un contrat d’enregistrement. Elle entame une relation très médiatisée avec le DJ londonien Goldie, mais rompt avec lui en 1996. Elle a également eu une brève relation avec le musicien Tricky dans les années 1990. Pendant cette période, elle s’implique dans la scène trip hop à laquelle Goldie et Tricky sont associés. Elle connaît également une relation avec le photographe Stéphane Sednaoui. Björk commence également à travailler avec le créateur de mode Alexander McQueen. À la suite de son séjour à Londres, Björk prend un accent cockney dans les interviews qu’elle donne en anglais à l’époque.
À Londres, Björk se lasse de la vie publique et du harcèlement constant des paparazzis, notamment à cause de la tentative d’assassinat par Ricardo López et de ses relations amoureuses. Elle s’installe en Espagne après avoir reçu une offre de Trevor Morais, le batteur de sa tournée, qui possède un studio résidentiel à Marbella, en Andalousie, où elle produit Homogenic (1997).
À la fin des années 1990, Björk vit à New York, où elle rencontre l’artiste contemporain Matthew Barney. Le couple se lie et commence à vivre ensemble à Brooklyn Heights en 2000. Leur fille Ísadóra Bjarkardóttir Barney naît en 2002. Les deux séparent d’abord leurs travaux avant de collaborer sur le film d’art de Barney Drawing Restraint 9, un projet à long terme sorti en 2005 ; Björk joue dans le film et contribue à la bande originale. Le couple se sépare en 2013. À l’époque, la compositrice décrit cette rupture comme « la chose la plus douloureuse » qu’elle ait jamais vécue. L’album Vulnicura, et en particulier le titre Black Lake, décrivent la séparation et comment la chanteuse s’en est remise. Björk et sa fille résident la moitié de chaque année aux États-Unis et l’autre moitié dans deux résidences en Islande. Depuis 2022, elle ne vie plus qu’en Islande.
Le 27 juin 2020, Björk révèle au magazine islandais Fréttablaðið avoir un nouveau petit ami, « à moitié iranien et à moitié allemand, qui vit dans les Alpes ». Selon les rumeurs du magazine islandais DV en avril 2021, elle se serait fiancée avec le chef islando-gambien Alexander Jallow. En 2024, elle officialise sa relation avec le photographe Aleph Molinari.
Sexualité
Lors d’une interview en 2004, Björk déclare :
« J’ai toujours eu autant de femmes puissantes et créatives dans ma vie que d’hommes, et on pourrait probablement qualifier certaines de ces relations de romantiques. Je pense que tout le monde est bisexuel à un degré ou à un autre ; il s’agit simplement de choisir ou non de le reconnaître et de l’embrasser. Personnellement, je pense que choisir entre les hommes et les femmes, c’est comme choisir entre un gâteau et une glace. Il serait stupide de ne pas essayer les deux quand il y a tant de saveurs différentes. »
Attentat déjoué en 1996
Le 12 septembre 1996, un fan obsédé, Ricardo López, poste un colis piégé à l’acide à la résidence londonnienne de Björk avant de se suicider. Le paquet est intercepté par la Metropolitan Police Service. López laisse un film qu’il a réalisé montrant le processus de création de la bombe à l’acide qui était destinée à créer de sévères cicatrices sur le visage de la chanteuse ainsi que sur son torse. Les dix-huit premières heures de la bande vidéo exposent l’obsession de López pour Björk, la construction du dispositif, ses idées sur l’amour et d’autres sujets, ainsi que des remarques racistes envers l’ex-petit ami de Björk, Goldie. La vidéo se poursuit après l’envoi de la bombe et se termine avec une vue de López se rasant la tête, appliquant de la peinture sur son visage et se suicidant par balle face à la caméra. Cet événement est rendu public par des journalistes et provoque un intérêt médiatique autour de la chanteuse qui a temporairement interrompu les sessions d’enregistrement d’Homogenic.
Dans de rares commentaires publics sur l’événement, Björk se dit « très affligée » par l’incident et déclare : « Je fais de la musique, mais en d’autres termes, vous savez, les gens ne devraient pas me prendre trop au pied de la lettre et se mêler de ma vie personnelle ». Elle envoie une carte et des fleurs à la famille de López avant de partir pour l’Espagne afin d’enregistrer le reste de son troisième album loin de l’attention des médias. Elle engage également un service de sécurité pour son fils Sindri, qui est escorté à l’école par un gardien. La chanteuse compose le morceau So Broken (une face B de Jóga) à propos de l’évènement. Un an après la mort de López, Björk évoque l’incident lors d’une interview : « J’ai été très bouleversée par la mort de quelqu’un. Je n’ai pas pu dormir pendant une semaine. Et je mentirais si je disais que ça ne m’a pas fait peur. Que je puisse être blessée et, surtout, que mon fils puisse être blessé ». Par la suite, López est régulièrement appelé dans la presse le « harceleur de Björk ».
Problèmes avec des paparazzis
En février 1996, Björk arrive à l’aéroport international de Bangkok avec son fils de neuf ans, Sindri, après un vol long-courrier. Des journalistes sont présents, bien que Björk ait demandé à l’avance que la presse les laisse seuls, elle et son fils, jusqu’à sa conférence de presse. Alors que Björk tente de s’éloigner des paparazzis, la journaliste TV Julie Kaufman s’approche de Sindri et lui dit : « Bienvenue à Bangkok ! ». En réponse, Björk se jette sur Kaufman, la faisant tomber au sol et la poussant jusqu’à ce que la sécurité intervienne. Björk s’est ensuite excusée auprès de Kaufman, qui ne porte pas plainte. Sa maison de disques déclare plus tard que la journaliste avait harcelé Björk pendant quatre jours avant l’incident.
Le 13 janvier 2008, Björk attaque un paparazzi qui avait photographié son arrivée à l’aéroport international d’Auckland pour sa prestation prévue au festival Big Day Out. La chanteuse déchire alors le dos de la chemise du photographe avant de le jeter au sol. Ni le photographe ni son employeur, le New Zealand Herald, n’ont déposé de plainte, et la police d’Auckland n’a pas mené d’enquête plus approfondie.
Caractéristiques artistiques
Voix
Björk est une soprano ayant une tessiture de trois octaves allant de M à R . Sa voix est décrite comme étant à la fois « élastique », « forte », « organique », « authentique » et capable de faire des « saut[s] périlleux » de qualité, et est louée pour sa capacité à scatter et sa manière particulière de chanter qui comprend des passages gutturaux, de crier et de se laisser « guider par ses émotions ». Alex Ross du magazine New Yorker explique ne pas avoir trouvé « de voix semblable dans la musique classique ou dans la musique pop. Elle est immédiatement reconnaissable. Vous entendez une ou deux notes et vous savez que c’est Björk ». Dans une critique de sa prestation en direct au festival international de Manchester en 2011, Bernadette McNulty du Daily Telegraph déclare : « la jeune femme de 45 ans utilise encore les rythmes de danse électronique avec la passion d’une raveuse pur sang et le timbre élémentaire de sa voix est devenu plus puissant avec l’âge ».
Björk affirme n’avoir jamais pris de cours de chant, bien qu’elle ait fait partie du Hamrahlið Choir durant son adolescence, et que pour elle chanter est aussi facile que parler. Elle explique en outre : « L’Islande a probablement beaucoup influencé ma façon de chanter. Car j’ai passé beaucoup de temps dans la nature quand j’étais enfant. Ma façon de chanter a pris forme d’elle-même. […] Vous marchiez, il n’y avait pas de vent, et vous pouviez être silencieuse et chuchoter, vous vous faufiliez à côté de la mousse pour chanter peut-être un couplet. Puis vous vous leviez et couriez vers une colline pour chanter un refrain. Il fallait le faire assez fort parce que le temps était rude ». Njáll Sígurðson, historien des musiques populaires, explique que la façon de chanter de la chanteuse, qui alterne entre une voix parlée et une voix chantée, fait référence aux kveðamenn. Bien que chantant en anglais, Björk laisse percevoir son accent islandais comprenant des « r » roulés alvéolaires voisés, des « t » ou des « p » aspirés lorsqu’il se trouve devant un « l », ce qui s’intègre avec l’importance que la chanteuse donne aux bruits de souffle.
Fin 2012, la chanteuse est opérée d’un polype sur ses cordes vocales. Elle commente le succès de l’intervention après des années de régime strict et d’exercices vocaux pour prévenir les blessures vocales : « Je suis restée silencieuse pendant trois semaines, puis j’ai commencé à chanter et j’ai vraiment l’impression que mes cordes sont aussi bonnes qu’avant le nodule ». Cependant, dans une critique pour Biophilia, Kitty Empire de Guardian trouve qu’avant l’opération la voix de Björk sonnait avec force, commentant que sa voix était « spectaculaire et en flèche », en particulier sur la chanson Thunderbolt. Avec les mêmes idées, Matthew Cole de Slant Magazine ajoute que sa voix s’est « assez bien préservée » ; il note cependant que sa voix est devenue plus rauque et criarde, déclarant que « ce n’est que lorsque ses pyrotechnies vocales les plus dramatiques sont concernées qu’il y a une question de capacité physique ».
La National Public Radio compte Björk parmi sa liste des « 50 grandes voix » et MTV la place à la 8e position de son classement des « 22 plus grandes voix de la musique ». Elle est classée en 60e position dans la liste des « 100 plus grands chanteurs de tous les temps » et en 81e place des « 100 plus grands auteurs-compositeurs de tous les temps » par le magazine Rolling Stone, qui loue sa voix comme étant unique, fraîche et extrêmement polyvalente, s’adaptant à un large éventail d’influences et de genres.
Style musical
Au cours de ses trois décennies de carrière solo, Björk développe un style musical éclectique et avant-gardiste qui incorpore des aspects des musiques électroniques, de la dance, de la dance alternative, du trip hop, de la musique expérimentale, du glitch, du jazz, du rock alternatif, de la musique instrumentale, de la musique concrète et de la musique classique contemporaine. Dès ses débuts, sa musique fait l’objet d’analyse et d’un suivi minutieux, car la chanteuse défie constamment toute catégorisation dans un genre musical précis. Bien qu’elle se qualifie souvent d’artiste pop, elle est considérée comme ayant une « force créatrice expérimentale sans repos ». Selon Taylor Ho Bynum, du New Yorker, « aucune artiste contemporaine ne comble aussi gracieusement le fossé [entre l’expérimentation musicale et la célébrité pop] que Björk ». Son album Debut, qui mélange la musique électronique, house music, jazz et trip hop, est considéré comme l’un des premiers albums à introduire la musique électronique dans le courant dominant de la musique pop. Joshua Ostroff résume de manière générale sa vaste intégration de l’art et de la musique populaire en disant qu’« il n’y a pas de meilleur [mot] descriptif pour ce que fait Björk que l’art pop ». Le NME qualifie également ses productions d’« agenda pop constamment progressif ».
Au début de sa carrière solo, avec Debut (1993) et Post (1995), Björk explore les courants musicaux en vogue dans les clubs de Londres. Debut étant un album de house tandis que Post « puise dans le vortex d’énergie multiculturelle qu’était le Londres du milieu des années 90 où elle s’était installée, et où d’étranges hybrides tels que la jungle et le trip-hop étaient en pleine effervescence ». À partir d’Homogenic (1997), la compositrice souhaite retourner à ses origines en développant une « musique islandaise moderne ». Ainsi, comme cité dans le livre Jón Leifs and the Musical Invention of Iceland de Árni Heimir Ingólfsson, qui regroupe les caractéristiques de la musique traditionnelle islandaise, le style musical de Björk se caractérise par l’emploi de nombreuses quintes parallèles (comme sur Jóga, Unravel ou Freefall), l’utilisation de degrés musicaux faibles, l’emploi de mesures irrégulières ou de la modalité (notamment les modes dorien et locrien cité par Leifs). La chanteuse associe sur chacun de ses albums depuis 1997 des instruments acoustiques (des cordes dans Homogenic, Vespertine et Vulnicura, des cuivres dans Volta, des flûtes dans Utopia ou des clarinettes dans Fossora) avec des éléments électroniques. Cette idée vient du fait que l’Islande est un pays qui repose sur d’anciennes traditions et une modernisation rapide. Ainsi les éléments acoustiques font écho à l’éducation centrée sur les musiques savantes européennes que la chanteuse a reçue et les éléments électroniques à l’électricité et aux nouvelles technologies qui se sont développés dans son pays. La musique de Björk se caractérise aussi par une spatialisation des beats électroniques dans l’espace sonore symbolisant l’« essence volcanique » de son pays, créant ainsi « un espace sonore vaste ».
Son travail est décrit comme « explorant fréquemment la relation entre la nature et la technologie ». La nature a toujours été un élément central dans la musique de la chanteuse, puisque celle-ci va tenter de l’incarner par le biais des sons. Ce lien débute dès l’album Homogenic, dont elle veut que la musique soit liée à l’Islande en symbolisant « des volcans rugueux avec de la mousse douce qui pousse partout ». Pour son album Biophilia, développant le lien entre musique, nature et nouvelle technologie, elle explique que « la façon la plus naturelle de rendre la musique visuelle pour [elle] était de la comparer à des éléments de la nature. Ainsi, les formes des chansons sont comme des cristaux, les arrangements se multiplient comme des virus, les accords sont comme les strates des plaques tectoniques, le rythme comme l’ADN qui se réplique, les arpèges comme des éclairs, etc. Le son est assez abstrait et il est parfois difficile de l’expliquer et d’en parler, à moins de le comparer à quelque chose de visuel que tout le monde connaît ».
Björk utilise aussi dans sa musique de nombreux samples. On retrouve de nombreux emprunts à des pièces classiques comme la habanera de Bizet dans Bachelorette, le Boléro de Ravel dans Hunter, La Nuit transfigurée de Schönberg dans Hidden Place ou Ainsi Parlait Zarathoustra de Richard Strauss avec le remix de Cover Me. De nombreux autres samples provenant des musiques actuelles sont également utilisés comme Go Down Dying de Antônio Carlos Jobim sur Human Behavior ou When the Levee Breaks de Led Zepplin sur Army of Me.
Paroles
Les paroles de la chanteuse sont quasiment toutes écrites en anglais, souvent sans rimes, et ne suivent pas toujours la structure couplet/refrain de la plupart des chansons pop. Les quelques chansons de Björk chantées en islandais comme Komið ou Náttúra sont souvent incluses comme pistes bonus à ses albums, à l’exception des morceaux Vökuró sur Medúlla, qui est une œuvre de la compositrice islandaise Jórunn Viðar, et Fagurt Er í Fjörðum une chanson traditionelle présente sur Fossora. La glossolalie est aussi très présente dans ses chansons, notamment dans les albums Homogenic ou Medúlla, et ceci utilise de nombreux phonèmes proches de l’islandais. La plupart des chansons de Björk abordent des sujets universels comme l’amour, l’intimité, la sexualité, la vie, la mort, et évoquent « des émotions profondément ressenties, toujours tempérées par une pointe d’impertinence ». Les relations amoureuses sont le sujet dominant dans le catalogue musical de Björk puisque des albums entiers comme Vespertine, Vulnicura ou Utopia sont construits autour de ce sujet. La nature est aussi évoquée dans l’œuvre de Björk de par l’emploi d’un vocabulaire tournant autour de la « géographie islandaise », avec l’évocation de la mer et des volcans. À propos du processus de création des chansons de ses albums, la chanteuse déclare : « chaque album est comme une période de ma vie et j’essaie de trouver les chansons et de les rendre aussi diverses que possibles ; mais ensuite j’essaie de comprendre ce qui les unit toutes ».
Bien qu’écrivant la plupart de ses chansons, Björk a aussi mis en musique des textes de Fiodor Tiouttchev (The Dull Flame of Desire) ou E. E. Cummings (Sun in My Mouth, Sonnets/Unrealities XI). Elle a également travaillé avec le poète islandais Sjón qui est le parolier de quatorze chansons, comprenant certains de ses plus grands succès comme Oceania, Bachelorette ou I’ve Seen It All. Les chansons écrites par le poète traitent généralement de la nature et des mythologies du monde. Certaines pièces comme Isobel et Bachelorette font partie d’une trilogie (incluant le morceau Human Behavior écrit par Björk) étalant l’histoire d’un personnage sur plusieurs morceaux et rappelant les sagas islandaises.
Productrice et collaborations musicales
Björk est aussi reconnue pour être la productrice d’une grande partie des éléments électroniques présents dans sa musique. Elle explique avoir beaucoup appris de ses collaborateurs comme Mark Bell et Graham Massey, et ajoute : « ce que peut-être peu de gens savent, c’est que j’écris des beats depuis Debut. Et de plus en plus. La majorité des beats de Vespertine sont de moi ». La chanteuse explique avoir commencé à créer ses premiers beats électroniques quand elle était adolescente à partir de bruits de ronflement de son grand-père. Par la suite, son travail de production se caractérise par l’enregistrement et la modification de sons l’environnant, notamment ceux des volcans sur Homogenic et de bruits du logis dans Vespertine. Régulièrement, la chanteuse voit son travail attribué à ses collaborateurs masculins comme Matmos, ce à quoi elle répond : « je n’ai pas voulu parler de ce genre de choses pendant dix ans, mais je me suis dit : « Tu es une lâche si tu ne te lèves pas. Pas pour toi, mais pour les femmes » […] Par exemple, j’ai réalisé 80 % des rythmes de Vespertine et il m’a fallu trois ans pour travailler sur cet album, parce qu’il n’y avait que des microbeats — c’était comme faire un énorme travail de broderie. Matmos est arrivé les deux dernières semaines et a ajouté des percussions sur les chansons, mais ils n’ont fait aucune des parties principales, et ils sont crédités partout comme ayant fait tout l’album ».
La carrière musicale solo de la chanteuse est marquée par de nombreuses collaborations musicales. Dans un premier temps, Björk choisit avec attention les producteurs de musique électronique avec qui elle souhaite travailler, le premier étant Nellee Hooper (qui a produit des albums pour Sinéad O’Connor et Soul II Soul) sur Debut. Sur Post, la chanteuse recontacte Hooper mais afin « que l’album reste frais [musicalement] » celle-ci invite certains des producteurs les plus en vogues, comme Tricky, Graham Massey ou Howie B, à coproduire l’album avec elle[401],[402],[403]. Une grande partie de ces musiciens de trip-hop conduisent à associer la musique de Björk « à une musique électronique d’écoute plutôt qu’à une musique électronique de danse ». Par la suite la compositrice travaille avec Mark Bell, du groupe de techno britannique LFO, sur toutes ses sorties se trouvant entre de 1997 à 2012. Björk explique qu’elle et Bell ont une « relation musicale magnifique qui repose sur une grande confiance ». Elle loue aussi l’ego du musicien, déclarant à propos de ses chansons : « j’ai programmé certains beats, et il est venu ajouter juste le rythme qu’il fallait pour compléter le morceau. C’est très généreux et peu d’artistes électroniques sont aussi flexibles. Ils veulent prendre d’assaut votre chanson et la modifier pour en faire leur propre environnement ». Elle collabore par la suite avec la musicienne et productrice vénézuélienne Arca. Björk décrit alors leur collaboration comme étant « la relation musicale la plus forte [qu’elle ait] eue », la comparant à celle de Joni Mitchell et Jaco Pastorius lors des albums Hejira et Don Juan’s Reckless Daughter. « C’est [ce que cette synergie donne] quand deux personnes perdent leur ego », déclare la chanteuse qui loue les deux artistes. La chanteuse travaille tout au long de sa carrière avec d’autres producteurs comme le duo Matmos, Timbaland, Guy Sigsworth, Markus Dravs, Kasimyn ou Marius de Vries.
Ses collaborations se poursuivent au-delà des albums : pour presque chacune de ses chansons, Björk engage une horde hétéroclite de remixeurs pour les réinterpréter comme The Black Dog, 16bit, Sega Bodega, Shygirl ou Death Grips. Ces ainsi que des albums entiers dédiés aux remixes comme Telegram, The Best Mixes from the Album-Debut ou Bastards sont publiés. La chanteuse invite aussi tout au long de sa carrière différents interprètes et formation musicales à travailler avec elle. Ainsi, sa carrière est marqués par de nombreux duos comme avec Anohni, serpentwithfeet, Catherine Deneuve, Konono N°1, PJ Harvey, Thom York, Rosalía ou avec ses deux enfants Sindri Eldon et Isadóra Bjarkardóttir Barney.
Influences et héritage
Bien que Björk déclare être influencée par « tout », elle cite Stockhausen, Kraftwerk, Steve Reich, Brian Eno et Mark Bell parmi les personnes qui l’ont le plus influencée. Elle s’inspire également de compositeurs comme Arnold Schönberg, Richard Strauss ou Olivier Messiaen qui lui donne très tôt l’envie de s’« essayer à la composition d’avant-garde, créant des pièces à partir d’objets sonores trouvés, comme une cassette de son grand-père en train de ronfler ». Parmi les « auteurs-compositeurs-interprètes confessionnels » que Björk recommande, on trouve Abida Parveen, Chaka Khan, Joni Mitchell et Kate Bush, cette dernière ayant exercé une influence déterminante sur sa carrière. La chanteuse explique que Joni Mitchell l’a inspirée pour écrire ses propres chansons car elle a trouvé « très libérateur » que celle-ci « a[it] créé son propre [univers musical féminin] ». Lors d’une interview accordée à Pulse, on apprend qu’« une grande partie des premières influences de Björk étaient des livres (L’Histoire de l’œil de Georges Bataille, Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov) et des films (Tampopo, Star Wars, Le Tambour) disponibles à l’étranger. Mais si l’on parle de l’Islande, on touche au cœur de sa matière, à la source de sa vision de la vie ». En effet, à propos de son pays natal la chanteuse déclare :
« Je suis islandaise et mes racines sont ici. Le temps, les montagnes… […] Je ne m’efforce pas de faire les choses à l’islandaise, je reste juste fidèle à ce que je suis. Ma famille est islandaise depuis des siècles, et je suis née ici, avec toutes ces choses en moi. Avec ce visage, ce corps et ces influences. C’est tellement ancré dans mon subconscient que je n’ai pas besoin de me concentrer dessus. C’est très présent en moi. »
— Björk, 1997
Durant ses années d’études à l’école de musique, Björk s’intéresse très rapidement à l’avant-garde, à la musique classique et à la musique minimaliste, tout en devenant une « folle de jazz ». Bien que sa musique soit plus systématiquement tonale et qu’elle ait plus d’attrait pour le grand public, elle se considére comme redevable aux compositeurs d’avant-garde Karlheinz Stockhausen, Meredith Monk (avec qui elle devient amie et qui se considère comme la « mère esthétique de Björk »), Sun Ra et Philip Glass. Dans un article paru en 2008 dans The Guardian, Björk considère Stockhausen comme la racine de la musique électronique, écrivant : « il a déclenché un soleil qui brûle encore et brillera longtemps ». Au début de sa carrière, Björk cite également David Attenborough comme sa plus grande influence musicale, déclarant « qu’elle s’identifie à sa soif d’explorer des territoires nouveaux et sauvages ». Elle explique également qu’elle « [aime] découvrir des sons qu’[elle] n’avai[t] jamais entendus auparavant ».
Dès le début de la carrière de Björk, de nombreuses personnalités, comme Madonna, PJ Harvey, Renée Fleming, Jeff Buckley, Beyoncé ou David Attenborough, témoignent leur respect envers la chanteuse. Par la suite de nombreux artistes contemporains expliquent avoir été influencés par la compositrice, notamment Christine and the Queens, Kylie Minogue, Charli XCX, Aurora, Simone Simons, Tamino, Ellie Goulding, SZA, Lindsay Schoolcraft, Travis Scott, Caroline Polachek, Jeanne Added, David Longstreth, Loreen, Patrick Wolf, Youn Sun Nah, Arca, Solange Knowles ou Katy Perry. Amy Lee, du groupe Evanescence, explique que la chanteuse à beaucoup inspiré son groupe et que l’album Post est « l’un des plus grands disques de [sa] vie ». La chanteuse barcelonaise Rosalía déclare au magazine Pitchfork qu’elle « remercie Dieu pour l’existence de Björk » car elle a « ouvert la voie aux productrices ». Thom Yorke et Ed O’Brien de Radiohead expliquent avoir « été un peu envieux de la façon dont Björk a été capable de réinventer la musique ». Emily Mackay du magazine NME, à l’occasion des vingt ans de l’album Debut, trouve l’influence de la chanteuse dans la musique de M.I.A., Grimes, These New Puritans ou Tune-Yards expliquant que « c’est dans des artistes individuels fascinants comme ceux-là que vous trouverez l’influence [de Björk] ». Elle note aussi que son style dance-pop s’est répercuté dans la musique d’artistes comme Lady Gaga et Robyn. En 2015, le magazine Time la classe parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde. Elle apparaîtra aussi, imitée par la drag queen Katya, dans l’émission RuPaul’s Drag Race en 2016.
En octobre 2024, une nouvelle espèce de grand papillon est décrite aux États-Unis. Elle est nommée « Pterourus bjorkae » en l’honneur de la chanteuse.
Image publique
Au début des années 1990, Björk lance sa carrière solo au moment où toute une génération de musiciennes comme Tori Amos, PJ Harvey, Fiona Apple ou Lauryn Hill, imposaient leurs visions de la musique dans une industrie dirigée par les hommes. Avec ses deux premiers albums la chanteuse cultive une image excentrique, mignonne, enfantine lui valant des qualificatifs d’« elfe », de « lutin » ou d’« ovni » de la musique. À la suite de problèmes avec les paparazzis et de l’attentat déjoué en 1996, Björk abandonne son image mignonne au profit de celui d’une femme mature à la pointe de l’avant-garde et des nouvelles technologies, aux idées et conventions féministes, tout en parlant de sa propre sexualité et en gardant un lien étroit avec la nature. À la suite de ses innovations dans le monde de la musique, Björk est considérée et régulièrement appelée « La Reine de la pop expérimentale ».
Björk, au début de sa carrière solo, cherche à se créer une image l’éloignant de celle des Sugarcubes. Celle-ci expique : « Pour la première fois, c’était ma musique, mon bébé. J’étais donc très protectrice. Je venais de quitter l’Islande pour changer mes habitudes, tenter une musique qui n’avait encore jamais été faite. […] Je ne pouvais donc rien prendre à la légère. Pendant deux mois, je me suis assise face à ma télévision et j’ai regardé des milliers de vidéos ». C’est par ce moyen qu’elle découvre Michel Gondry, qui produira huit de ses clips vidéos, qu’elle contacte pour le clip de Human Behaviour et qui lancera la carrière des deux artistes. Ensemble, ils imaginent des clips vidéos qui racontent des histoires (notamment avec la trilogie Human Behaviour, Isobel et Bachelorette). Pour ses autres vidéo clips, Björk fait appel à de nombreux autres réalisateurs renommés comme Sophie Muller, Stéphane Sednaoui, Spike Jonze, Chris Cunningham, Michel Ocelot ou encore Jean-Baptiste Mondino. Elle fait aussi appel à des artistes qui ne sont pas habitués des vidéo-clips (certains n’avaient d’ailleurs jamais réalisé le moindre film avant) : Alexander McQueen, Nick Knight, M/M (Paris) (graphistes français), Eiko Ishioka (graphiste japonaise), Lynn Fox (collectif de graphistes), John Kricfalusi (animateur), Gabríela Friðriksdóttir, Viðar Logi, Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin (photographes).
Depuis le début de sa carrière solo, la chanteuse met en avant son goût pour la mode d’avant-garde, qu’elle porte notamment lors de ses apparitions en concert ou à la télévision, mais aussi sur les pochettes de ses albums. Elle rencontre de nombreux stylistes parmi lesquels Alexander McQueen, qui signe le kimono porté sur la pochette d’Homogenic et pour qui elle collabore pour une installation intitulée Angel, présentée à Avignon en 2000. McQueen et Björk collaboreront par la suite à plusieurs reprises, notamment avec des tenues créées pour certains concerts ou clips comme Pagan Poetry et Who Is It. De même, sur la pochette de l’album Post et pour la tournée du même album, elle porte des robes du créateur Hussein Chalayan, lequel a en outre participé au livre Björk. Elle rend également culte la « robe-cygne » conçue par Marjan Pejoski, qu’elle porte sur la pochette de Vespertine, durant la tournée de cet album et lors de la 73e cérémonie des Oscars en 2001. La robe est alors très critiquée pour son côté étrange et est considérée par plusieurs médias comme « le faux pas de la mode de l’année ». Björk et la « robe-cygne » marquent alors les esprits, la tenue est classée en 8e place du « Top 20 des robes les plus emblématiques du tapis rouge », est imitée par Ellen DeGeneres lors de la 53e cérémonie des Primetime Emmy Awards et apparaît dans un épisode des Simpsons. Au sujet de la mode, Björk clame que « les gens intellectualisent trop les vêtements, les prennent trop au sérieux » et regrette « cette tendance tacite de vouloir se subordonner à une sorte d’uniforme de police, de se conformer à un stéréotype ». Elle porte d’autres créations de Pejoski, dont une « robe lampion rose » lors de la remise des prix du Festival de Cannes 2000. Björk a également collaboré avec la marque japonaise Comme des Garçons, le duo néerlandais Viktor & Rolf, le couturier américain Jeremy Scott, le styliste italien Alessandro Michele de la maison Gucci ou encore le créateur Bernhard Willhelm, qui a signé la sculpture sur la pochette de l’album Volta. Elle travaille également avec la styliste d’avant-garde néerlandaise Iris van Herpen qui lui signe plusieurs tenues à partir de 2011, comme la robe de l’album Biophilia et la robe « Sphaera » que Björk porte à chaque fin de concert lors de la tournée Cornucopia. Lors des tournées Björk Orkestral et Cornucopia, la chanteuse porte sur scène de nombreuses tenues rappelant des éléments de la nature. La chanteuse fait réaliser à partir de Vulnicura plusieurs masques par James Merry, d’abord brodés puis imprimés en 3D ou faits avec du latex. Elle collabore également, depuis l’album Utopia (2017), avec la make-up artist et drag queen berlinoise Hungry pour lui donner un visage non humain. En 2024, elle apparaît pour la première fois en couverture de Vogue, pour l’édition scandinave d’avril et mai, avec une séance photo réalisé par l’islandais Viðar Logi.
Prises de position et autres activités
Opinions politiques
Les années que Björk passe chez Kukl la rapprochent du collectif anarchiste Crass. Bien qu’elle hésite depuis à être considérée comme une personnalité ouvertement politique, comme elle l’a indiqué sur son site Internet, elle soutient de nombreux mouvements de libération, y compris l’indépendance du Kosovo. Jusqu’aux années 2000, Björk reste discrète voire muette sur ses opinions politiques, qui n’apparaissent dans son œuvre qu’à partir de Medúlla (2004), dont la fin de la chanson Mouth’s Craddle fait référence à George W. Bush et Oussama ben Laden, qu’elle met implicitement dans le même lot.
À la fin des années 1990, elle participe toutefois à la série de concerts intitulée Tibetan Freedom Concert. Par la suite la chanteuse utilise sa chanson Declare Independence, tirée de Volta (2007), en faveur de l’indépendance de plusieurs pays. Le 2 mars 2008, lors de son unique concert en Chine, à Shanghai, aussitôt après avoir chanté la chanson et juste avant de quitter la scène, elle s’écrie « Tibet, Tibet, raise your flag! » (soit « Tibet, Tibet, lève ton drapeau ! ») en soutien au Mouvement international pour l’indépendance du Tibet. Le ministère chinois de la culture publie un communiqué par l’intermédiaire de l’agence de presse nationale Xinhua, dans lequel il déclare que Björk avait « enfreint la loi chinoise » et « blessé les sentiments du peuple chinois », et souligne qu’il va désormais renforcer son contrôle sur les artistes étrangers se produisant en Chine. En conséquence, la Chine interdit désormais à Björk de se produire sur son sol. Björk dédie aussi la chanson Declare Independence aux îles Féroé et au Groenland pour qu’ils se détachent du Danemark, ce qui provoque une petite controverse dans le premier pays cité. Après que Björk a dédié à deux reprises la même chanson au peuple du Kosovo lors d’un concert au Japon, son passage au festival EXIT en Serbie est annulé officiellement pour des raisons de sécurité. En 2014, Björk dédie le titre dans un post Facebook au peuple écossais à l’approche du référendum sur l’indépendance de l’Écosse. En octobre 2017, elle poste un tweet dédiant le titre à la Catalogne à l’occasion du référendum sur l’indépendance catalane.
En août 2012, elle soutient les membres du collectif punk féministe russe Pussy Riot qui ont été arrêtées à Moscou : « En tant que musicienne et mère j’aimerais exprimer mon désaccord féroce concernant leur emprisonnement dû à une protestation pacifique […] Les autorités russes devraient les laisser rentrer chez elles auprès de leurs familles et de leurs enfants ». Elle leur dédie la chanson Declare Independence lors d’un concert à Helsinki.
Dans l’album Utopia (2017), la chanteuse propose sa vision féministe et matriarcale d’un monde possible loin des mauvais côtés de la politique et des changements climatiques.
En 2022, elle explique avoir arrêté de vivre aux États-Unis à cause de la violence armée dans le pays.
En novembre 2023, pendant la guerre entre Israël et le Hamas, elle publie sur ses réseaux sociaux des messages remettant en cause l’occupation israélienne de la Palestine. En octobre 2025, la chanteuse participe, avec d’autres artistes comme Massive Attack ou Lorde, au mouvement No Music For Genocide qui exige que leur musique soit retirée des plateformes de streaming en Israël. Elle utilise également ses réseaux sociaux pour condamner la saisie par Israël d’une flottille humanitaire et pour exiger le « retour en toute sécurité » de son amie, la musicienne islandaise Magga Stína, qui, selon elle, a été « kidnappée » à bord du navire Conscience dans les eaux internationales. Affirmant qu’il est illégal d’empêcher l’acheminement de nourriture aux civils, elle a exhorté l’Islande à faire pression sur Israël et à suspendre ses relations commerciales avec ce pays.
Actions humanitaires
C’est après le désastre du tsunami dans l’océan Indien fin 2004 que Björk lance le projet Army of Me: Remixes and Covers afin de collecter des fonds. Ce projet a pour but de recruter par concours des musiciens et des fans pour remixer le titre Army of Me (1995). Parmi plus de 600 réponses, Björk et son coauteur Graham Massey sélectionnent les vingt meilleures versions pour figurer sur l’album. L’album sort en avril au Royaume-Uni et fin mai 2005 aux États-Unis. Mis sur le marché au début de 2006, l’album récolte 250 000 £ pour aider l’Unicef. Dans la continuité de ce projet, Björk effectue en février 2006 un voyage à Banda Aceh, pour se rendre compte du travail effectué par l’Unicef auprès des enfants victimes du tsunami.
Le 2 janvier 2005, elle participe au Live 8, série de concerts organisée pour faire pression sur les dirigeants du G8 pour qu’ils luttent contre la pauvreté en Afrique. Björk se produit alors au Japon, accompagnée de Matmos, un octuor japonais et Zeena Parkins, pour jouer huit titres, dont All Is Full Of Love. Do As Infinity, Good Charlotte et McFly se sont produits durant ce concert.
En septembre 2010, Björk verse tous les bénéfices de la chanson The Comet Song, tirée du film Les Moomins et la chasse à la comète, à l’Unicef afin d’aider les enfants victimes d’inondations au Pakistan.
Environnementalisme
Björk s’intéresse également aux questions environnementales en Islande. En 2004, elle participe au concert Hætta à Reykjavik, organisé pour protester contre la construction d’usines d’aluminium Alcoa dans le pays, qui font de l’Islande la plus grande usine d’aluminium d’Europe. Elle fonde l’organisation Náttúra, « qui vise à aider les entreprises islandaises à devenir plus durables et plus respectueuses de l’environnement, et à promouvoir d’autres façons d’utiliser les ressources de l’île, comme l’énergie géothermique ». En octobre 2008, Björk écrit un article pour le Times sur l’économie islandaise et donne son avis sur l’utilisation proposée des ressources naturelles pour sauver le pays de la dette. En collaboration avec Audur Capital, elle crée une collecte de fonds intitulé Björk pour soutenir la création d’industries durables en Islande.
En juin 2008, elle donne un concert avec le groupe islandais Sigur Rós pour sensibiliser le public sur l’utilisation des ressources naturelles islandaises et de l’énergie hydroélectrique et géothermique par les entreprises d’aluminium. Le 20 octobre 2008, Björk publie le morceau Náttúra, qui promeut la protection de l’environnement islandais, en collaboration avec Thom Yorke de Radiohead. Toutes les recettes de la chanson sont reversées à la Fondation Náttúra, qui a donné son nom à la chanson. En novembre 2008, devant le marasme économique subi par l’Islande en raison de la crise financière mondiale, elle prône l’adoption de l’euro par l’Islande, ce qui impliquerait l’adhésion de son pays à l’Union européenne. D’autre part, elle participe à la création d’un fonds d’aide destiné à relancer l’économie islandaise.
En septembre 2010, la société canadienne d’énergie renouvelable Magma Energy acquiert 98,5 % des actions de la société islandaise d’énergie géothermique HS Orka. Le 21 mai, Björk écrit une lettre ouverte au Reykjavík Grapevine appelant le gouvernement islandais à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour révoquer les contrats avec Magma Energy ». Soutenue par la Première ministre Jóhanna Sigurðardóttir, Björk lance une pétition en se produisant à la Nordic House à Reykjavik le 19 juillet. Elle est soutenue par l’eurodéputée Eva Joly.
En 2014, Björk participe à l’organisation Stopp, Let’s Protect the Park, un événement créé pour collecter des fonds et sensibiliser à la préservation de la nature islandaise. Cet événement comprend un spectacle au Harpa à Reykjavik, au cours duquel elle interprète trois chansons. Björk parvient ainsi à lever 35 millions de couronnes islandaises, et souhaite utiliser cet argent pour créer un parc national au centre de l’Islande.
Le 6 novembre 2015, Björk partage une vidéo sur sa chaîne YouTube dans laquelle elle appelle à une action mondiale pour sauver les hauts plateaux islandais de la destruction environnementale. Dans la vidéo, l’artiste exhorte « le monde à nous soutenir contre notre gouvernement » afin d’arrêter un projet de construction de centrales électriques sur les hautes terres islandaises.
En octobre 2023, Björk annonce s’associer à la chanteuse barcelonaise Rosalía et au producteur Sega Bodega pour sortir le 21 décembre 2023 la chanson Oral. Il s’agit d’une démo retravaillée écrite entre Homogenic et Vespertine. La chanson est destinée à soutenir les habitants de Seyðisfjörður contre la pisciculture intensive financée par la Norvège, qui menace de dégrader les écosystèmes locaux. Les recettes de cette chanson seront reversées à Aegis, une organisation environnementale que Björk a fondée avec d’autres activistes islandais pour mettre fin à l’élevage intensif de poissons qui détruit les fjords. La chanson est un soutien au film écologiste Laxaþjóð : A Salmon Nation, l’avant-première qui a lieu le 8 février 2024 à Reykjavik est suivi d’un débat et d’un concert.
Du 20 novembre au 9 décembre 2024, elle réalise avec l’artiste et photographe Aleph Molinari Nature Manifesto, une installation sonore immersive, à l’occasion du forum « Biodiversité : quelle culture pour quel futur ? » au Centre Georges-Pompidou à Paris. Il s’agit d’un « manifeste post-optimiste sur la nature », mêlant un texte de la chanteuse à des cris d’animaux disparus ou en voie de disparition et des paysages sonores naturels. La plupart des sons ont été produits et créés par Björk et Robin Meier Wiratunga à partir de logiciels de l’Ircam et d’intelligences artificielles. Le 14 novembre 2024, la chanteuse se joint à l’association BLOOM afin d’interpeler le président français Emmanuel Macron pour arrêter la pêche au chalut dans les aires marines protégées françaises et sanctuariser ces espaces marins.
Artistes soutenus
Tout au long de sa carrière, Björk a utilisé sa position et son influence pour aider à lancer de nouveaux artistes et groupes en les accompagnant dans leur carrière.
Le premier exemple est celui de la productrice de musique électronique d’origine iranienne Leila Arab, qui est d’abord recrutée comme claviériste et choriste lors de la première tournée internationale en solo de Björk en 1993, pour promouvoir Debut. En 1995, Björk recontacte Arab pour son deuxième groupe de tournée en soutien à Post. Cette fois, Arab a pour la première fois l’occasion d’expérimenter le mixage en direct depuis la scène plutôt que de jouer des claviers. Cette expérience constituera plus tard la base de la carrière musicale solo d’Arab, qui intégre le mixage de ses propres compositions et spectacles en direct. Elle sort ensuite trois albums en solo au cours des années 1990 et s’est produite pour des labels électroniques influents comme Rephlex Records, XL Recordings et Warp Records.
En 1998, Björk crée son propre label éphémère, Ear Records, qui opère sous l’égide de One Little Indian Records. L’unique artiste signé par Björk est son amie Magga Stína, qui enregistre son premier album solo sous la direction de Graham Massey (du groupe britannique d’électronique 808 State), collaborateur de longue date de Björk. L’album s’intitule simplement An Album et ne contient qu’un seul single, Naturally. En 1998, Björk invite Magga à assurer la première partie de son Homogenic Tour puis à contribuer en 2004 à la production de Medúlla. Magga continue de se produire et d’enregistrer en Islande.
En 2001, Björk découvre la chanteuse de gorge inuite canadienne Tanya Tagaq qui est ensuite considérée comme une invitée spéciale pour plusieurs dates de la tournée Vespertine. En 2004, Tagaq est invitée à collaborer à l’album a cappella Medúlla, en participant au duo Ancestors. La chanson figure ensuite sur le premier album solo de Tagaq, Sinaa (2005).
En 2004, Arab découvre le travail de l’artiste multimédia finlandaise Heidi Kilpeläinen, qui combine de la pop électro artisanale et lo-fi avec ses propres vidéos musicales autoproduites, qui se fait connaitre sous l’alter ego HK119. Leila parle rapidement du travail de HK119 à Björk, qui commence à la mentionner dans divers articles de presse et interviews. En 2004, Arab annonce que HK119 est son artiste préféré de 2004. HK119 est rapidement signé par le label de Björk, One Little Indian Records, qui sort son premier album en 2006. HK119 et Björk ont participé à une interview commune dans le magazine Dazed & Confused en 2006, dans laquelle Björk déclare à propos du travail de sa collègue : « C’est unique. Même si je vous donnais 3 millions de dollars, vous ne pourriez pas l’améliorer… Sa simplicité est sa force ». HK119 a ensuite sorti ses albums Fast, Cheap and Out of Control en 2008 et Imaginature en 2013, tous deux chez One Little Indian Records.
En 2009, Björk utilise son site web et diverses interviews pour promouvoir deux nouveaux groupes. Le premier est celui de sa collègue musicienne islandaise Ólöf Arnalds, qui est également membre du groupe de folktronica islandais Múm. En 2006, Arnalds sort son premier album solo Við Og Við en Islande. Lors d’une interview à la radio, Björk la mentionne parmi ses nouveaux groupes préférés et encourage One Little Indian Records à rééditer l’album au Royaume-Uni et en Europe en 2009. Björk fait également l’éloge des œuvres de l’artiste anglaise Micachu et du chanteur syrien Omar Souleyman. Plus tard, elle utilise son site web pour accueillir la première vidéo de Micachu, Turn Me Well, publiée par Rough Trade Records.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/1373-Bj%C3%B6rk
ANGIE BROWN
Angie Brown (née le 13 juin 1963) est une chanteuse et compositrice britannique originaire de Brixton , dans le sud de Londres.
Brown a collaboré sur le tube « I’m Gonna Get You » (1992) de Bizarre Inc. Elle a participé à plusieurs enregistrements avec Bizarre Inc. en tant que chanteuse principale, notamment sur le single « Took My Love » (1993). Brown a également été la chanteuse principale de « Beaten Up In Love Again » des Thrashing Doves en 1991.
Brown a joué dans le pont et le refrain du tube » Return of the Mack » (1996) de Mark Morrison. Brown a également chanté en chœur pour Grace Jones, Beverley Knight, Mark Morrison, les Rolling Stones, les Dirty Strangers, Happy Mondays, Kate Bush, Chaka Khan, Heaven 17, Neneh Cherry, Lisa Stansfield, Mola Mola, les Stereophonics et Fat Boy Slim.
Carrière
Années 1990
Brown est co-artiste sur le single à succès de Bizarre Inc « I’m Gonna Get You » (1992) et a joué sur un certain nombre d’enregistrements avec Bizarre Inc en tant que chanteur principal, notamment « Took My Love » (1993).
Brown est le chanteur principal du morceau « Rockin’ for Myself » de Motiv8 , classé parmi les vingt meilleurs au Royaume-Uni.
Brown a joué dans le pont et le refrain du single à succès « Return of the Mack » du chanteur britannique Mark Morrison. Elle est présentée comme une interprète jouant le rôle de la petite amie à la fois dans la sortie officielle du single et dans le clip officiel dans lequel le mannequin Susana Agrippa a mimé la section vocale principale de Brown. En août 2020, il a attiré plus de 200 000 000 de flux sur YouTube. Elle a également joué sur d’autres morceaux de l’album Return of the Mack, y compris le tube du top 20 britannique « Crazy ».
Brown a co-écrit et interprété le single « Disco Heaven » de 1999 avec Holly Johnson de Frankie Goes to Hollywood.
Années 2000
Brown a assuré les chœurs pour Midge Ure sur deux titres : « Beneath a Spielberg Sky » et « Somebody », extraits de l’album Move Me , sorti le 25 septembre 2000. En 2001, elle a enregistré des chœurs sur l’album IsityouIsitme du musicien pop danois Thomas Helmig, paru chez RCA / BMG (Danemark). En 2003, Brown a participé en tant que choriste à l’album You Gotta Go There to Come Back du groupe de rock gallois Stereophonics , chantant sur trois titres : « Jealousy », « High as the Ceiling » et le tube « Maybe Tomorrow ». Elle est également créditée comme choriste sur l’album éponyme du chanteur néerlandais Jamai Loman , sorti chez BMG (Pays-Bas) en 2003.
Années 2010
En 2014, Brown a été approché par le DJ britannique/canadien Kissy Sell Out , co-écrivant et chantant sur la sortie San City Record/ Vicious Vinyl et Carrillo Music « Deeper in Love ». Toujours en 2014, Brown est apparu dans un épisode de la troisième saison de The Voice UK , chantant une version en direct de » I’m Gonna Get You « .
La voix d’Angie Brown est présente tout au long du morceau « The Mack » du DJ suédois Nevada, Mark Morrison et Fetty Wap . La version de Nevada reprend les voix originales de Mark Morrison et Angie Brown, et y ajoute la voix du rappeur américain Fetty Wap . Le titre est sorti en téléchargement numérique le 23 septembre 2016. Il a été certifié double disque de platine en Australie, disque d’or aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande, et disque d’argent au Royaume-Uni, tout en figurant dans les classements musicaux de nombreux autres pays.
Années 2020
Brown a collaboré avec DJ Dougal et Ollie Jacobs sur un morceau sorti sur le label londonien Champion Records.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/42138-Angie-Brown
BEVERLEY KNIGHT
Beverley Knight (née Beverley Anne Smith , le 22 mars 1973) est une chanteuse, compositrice, actrice et animatrice radio anglaise. Elle a sorti son premier album, The B-Funk , en 1995. Fortement influencée par des icônes de la soul américaine comme Sam Cooke et Aretha Franklin , Knight a sorti neuf albums studio. Largement considérée comme l’une des plus grandes chanteuses soul britanniques, Knight est surtout connue pour ses tubes « Greatest Day », « Get Up! », « Shouda Woulda Coulda », « Come as You Are » et « Keep This Fire Burning ».
En 2006, Knight a consolidé sa transition vers le grand public en jouant dans la série télévisée musicale de la BBC Just the Two of Us , un rôle qu’elle a repris en 2007. Après la sortie d’un album compilation disque de platine en 2006, Knight a effectué une tournée au Royaume-Uni avec un Take That reformé . Elle a également animé l’ émission de BBC Radio 2 , Beverley’s Gospel Nights , qui explorait les origines et l’impact de la musique gospel . L’émission a duré six saisons jusqu’en 2009 et comprenait des interviews de stars telles que Michelle Williams et Shirley Caesar.
Knight est ambassadrice de nombreuses associations caritatives, comme Christian Aid , et s’est rendue dans des régions touchées par la maladie et la pauvreté pour sensibiliser le public. Militante active auprès d’organisations de lutte contre le sida, telles que la campagne Stop AIDS et le Terrence Higgins Trust , elle s’engage également activement contre les paroles homophobes dans la musique urbaine. Le samedi 15 août 2009, elle s’est produite en direct lors de la quatrième édition annuelle de la Black Pride au Royaume-Uni , à Regent’s Park . Le 4 décembre 2009, invitée par Sarah Jane Brown , épouse du Premier ministre de l’époque , Gordon Brown , Knight a interprété les deux chansons « Shouda Woulda Coulda » et « Gold » devant un public invité au 10 Downing Street, en soutien à l’ association caritative White Ribbon Alliance for Safe Motherhood Million Mums.
Après plus d’une décennie dans l’industrie musicale, Knight a été nommée membre de l’Ordre de l’Empire britannique en 2006 en reconnaissance de sa contribution à la musique britannique. En septembre 2005, Knight a été nommée docteur honoris causa en musique par l’ Université de Wolverhampton. Après avoir reçu de nombreux prix, dont trois MOBO Awards , Knight a reçu un Lifetime Achievement Award en 2004 aux Urban Music Awards à Londres. Knight a soutenu Prince pendant The Earth Tour: 21 Nights in London et s’est également produite lors des after-parties du concert.
En février 2008, Knight a été invitée à Los Angeles par Prince pour se produire lors de sa prestigieuse soirée post- Oscars , dans la demeure violette du chanteur, devant et aux côtés de stars comme Stevie Wonder. Elle a reçu une standing ovation de la part de stars comme Quincy Jones , notamment pour son interprétation de « Rock Steady ».
Knight a chanté lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Londres 2012. Sa performance a été saluée et une version enregistrée par Knight a atteint la 101e place sur iTunes , son premier single classé depuis « Soul Survivor » et son meilleur classement depuis « Beautiful Night » en 2010 et 2009, respectivement. En 2016, Knight a sorti son huitième album studio, Soulsville . En 2019, Knight a fêté ses 25 ans de carrière musicale avec la sortie de l’album live BK25 , enregistré avec le Leo Green Orchestra. Son neuvième album studio, The Fifth Chapter , est sorti en octobre 2023.
Knight a été nominée pour deux Laurence Olivier Awards de la meilleure actrice dans une comédie musicale en 2015 et 2022 pour ses performances dans Memphis et The Drifters Girl ; elle a remporté en 2023, lors de sa troisième nomination, le prix de la meilleure actrice dans un second rôle dans une comédie musicale pour Sylvia . Knight a fait sa première incursion dans le théâtre musical en septembre 2013, remplaçant Heather Headley dans le rôle de Rachel Marron dans The Bodyguard. En 2017, elle a fait ses débuts dans la pantomime à l’ Hippodrome de Birmingham dans le rôle de la fée marraine dans Cendrillon.
En 2025, Knight incarnera Rosetta Tharpe dans la production théâtrale Marie & Rosetta au Rose Theatre de Kingston upon Thames et au Minerva Theatre de Chichester
Biographie
1973–1993 : Enfance
Knight a fréquenté les écoles maternelles et primaires de Woodfield et la Highfields School de Wolverhampton. Née de parents jamaïcains , elle a grandi dans une famille pentecôtiste stricte où la fréquentation de l’église était un élément important de la vie familiale. C’est là qu’elle a débuté sa carrière de chanteuse. « La première fois que j’ai entendu de la musique, c’était à l’église. On interpellait souvent ma mère : “Allez, sœur Dolores. Chante avec nous !” Chanter était la chose la plus naturelle au monde. Je me suis demandé : est-ce que toutes les mères ne chantent pas avec les fidèles à l’église ? » Knight a chanté dans son église locale tout au long de son enfance, et son éducation musicale s’est poursuivie à la maison, où elle a souvent été exposée au gospel. En raison des convictions religieuses de ses parents, la musique profane était largement désapprouvée, mais des artistes comme Sam Cooke et Aretha Franklin ont joué un rôle important dans son enfance.
Knight a commencé à écrire ses propres chansons à l’âge de 13 ans ; cependant, ce n’est qu’à 17 ans qu’elle a commencé à prendre l’écriture et la performance au sérieux. Elle a commencé à interpréter ses chansons sur scène dans des clubs de sa ville natale. À 19 ans, elle a participé aux démos de Westley Jones, auteur-compositeur de Wolverhampton, signé chez Dome Publishing à Londres. Peter Robinson, directeur général de la maison, impressionné par sa voix, a demandé à Westley Jones de la présenter. Robinson et Jones, qui avaient découvert Knight grâce à des démos, ont également trouvé le nom de scène de Beverley Knight (d’après Smith), Peter ayant également signé avec une autre chanteuse de Jones originaire de Birmingham, Fiona Day. Elle tenait absolument à ce que ses études passent avant tout et à avoir un soutien financier, et a donc étudié la théologie et la philosophie au Cheltenham and Gloucester College of Higher Education (aujourd’hui l’ Université du Gloucestershire ).
1994–2000 : Premiers succès
Fin 1994, Knight signe un contrat d’enregistrement avec Dome Records, un petit label indépendant. Peu après, elle entre en studio pour écrire et enregistrer son premier album. La structure du projet est produite par le trio londonien 2B3, avec des beats additionnels de Don E (le cousin de Knight), Ethnic Boyz et le groupe de hip-hop Blak Twang . Klarmann/Weber , le duo auteur-compositeur-interprète allemand (Chaka Khan , Randy Crawford), contribue également à deux chansons. Le résultat est l’album The B-Funk , salué par sa maison de disques comme « le meilleur album soul britannique de tous les temps » lors de sa sortie en novembre 1995. Knight remporte ensuite deux Black Music Awards en 1996 (« Meilleur artiste R&B » et « Meilleur producteur » pour 2B3) et est nommée Meilleur groupe R&B par le magazine Blues and Soul , devançant de nombreuses stars américaines. Cependant, l’album n’a atteint qu’une place de 145 au classement britannique. Plusieurs singles sont sortis du projet, le plus célèbre étant « Flavour of the Old School », qui a atteint la 33e place en mars 1996 lors de sa réédition.
En février 1997, Knight quitte Dome Records après des désaccords et signe un nouveau contrat de quatre albums avec Parlophone , contrôlé par EMI . Après son retour en studio avec 2B3 et Don E et son association avec les nouveaux producteurs Dj Dodge et Carl McIntosh, Knight sort son deuxième album, Prodigal Sista , en août 1998. Atteignant la 42e place en Grande-Bretagne, le succès commercial de l’album s’avère bien supérieur à celui du premier. L’album se vend à 150 000 exemplaires en Grande-Bretagne et est certifié disque d’or en 1999. Il contient cinq tubes du top 40, dont les plus importants sont « Greatest Day », qui atteint la 14e place, et « Made It Back », produit par Dj Dodge, avec la star du rap américain Redman , qui atteint la 21e place.
Prodigal Sista a marqué un tournant dans la carrière de Knight. Le magazine Q a qualifié l’album de « triomphe non seulement de la vision musicale de Knight, mais aussi de la force de son caractère », tandis que le Times a remarqué : « Prodigal Sista est un plaisir à écouter – sa voix et ses harmonies complexes, conçues et interprétées par elle-même, peuvent vous couper le souffle. ». L’album a remporté trois MOBO (Music of Black Origin) Awards, « Made It Back » et « Greatest Day » remportant respectivement le prix du meilleur groupe R&B en 1998 et 1999, et Prodigal Sista celui du meilleur album.
2001–2005 : Percée grand public
Tout au long de l’année 2001, Knight retourne en studio pour écrire et enregistrer son troisième album. Elle est accompagnée d’un panel d’auteurs et de producteurs triés sur le volet, en grande partie par Kevin et Bev, originaires de Grande-Bretagne et des États-Unis, parmi lesquels James Poyser , Che Guevara, Derrick Joshua et Derrick Martin, D’Influence , Mike Spencer et Colin Emmanuel . Le résultat est Who I Am , sorti en mars 2002. Il est précédé de deux singles, « Get Up! » et « Shoulda Woulda Coulda », une première dans la mesure où il introduit Knight dans le monde de Nashville et l’un de ses fils les plus célèbres, Craig Wiseman, un géant de la musique country. Ce partenariat devient le single le plus réussi de Knight jusqu’alors, culminant à la 10e place du UK Singles Chart. Le succès des singles propulse l’album à la septième place du classement des albums, faisant de Who I Am son album le plus réussi commercialement à ce jour. Il a été réédité avec de nouvelles versions des singles « Gold » et « Shape of You (Reshaped) » et s’est vendu à 215 000 exemplaires en Grande-Bretagne, obtenant un certificat de vente d’or.
La réaction critique à Who I Am a été largement positive, The Guardian déclarant que « chaque chanson déborde de cette confiance coûteuse et raffinée qui échappe souvent aux prétendants britanniques, et elle chante avec l’assurance d’une artiste au sommet de son art », tandis que la BBC a remarqué : « Who I Am marque un changement de direction significatif pour cette chanteuse tenace de 28 ans, signifiant sa propre croissance personnelle en tant que véritable artiste et auteure-compositrice en développement… sur son œuvre la plus personnelle à ce jour, elle nous emmène dans un voyage intime où elle met son âme à nu avec une telle honnêteté brute que l’on a la nette impression qu’un processus de guérison est en cours ». L’album lui a valu deux nominations aux Brit Awards (« Meilleure artiste féminine », « Meilleur artiste urbain ») et a été nominée pour le Mercury Music Prize en 2002.
Après une tournée britannique en 2002, Knight se lance dans la création de son quatrième album et entre en studio à l’été 2003. Privée de l’architecte de sa chanson la plus populaire, sa nouvelle équipe artistique tente de séduire un public plus large, en faisant appel à des producteurs pop comme Guy Chambers et Peter-John Vettese , ainsi qu’à des producteurs R&B comme DJ Munro. Le résultat est Affirmation , sorti sur Parlophone en juin 2004. L’album entre dans les charts à la 11e place et est précédé du single « Come as You Are », une chanson rock/pop écrite et produite par Chambers. La chanson marque un son pop plus grand public qui aliène les fans de Knight, majoritairement urbains, et elle n’est pas bien accueillie par les radios urbaines. Néanmoins, elle devient son plus grand succès à ce jour, culminant à la neuvième place du classement des singles. La chanson a été suivie par deux autres singles, « Not Too Late for Love » et « Keep This Fire Burning », qui ont contribué à stimuler les ventes de l’album et ont valu à l’album un certificat de vente d’or en décembre 2004.
Les thèmes abordés tout au long de l’album, influencés par les événements dont elle avait été témoin au cours des deux années précédentes, ont marqué une étape importante dans la carrière de parolière de Knight. L’essence même du projet était centrée sur sa relation avec Tyrone Jamison – un homme homosexuel qu’elle décrivait comme son « âme sœur » et décédé d’une maladie liée au sida en 2003. Tout au long de l’album, les paroles de morceaux tels que « Remember Me » (« Un jour nous serons réunis, j’espère au moins que ce sera notre destin, alors pendant que tu te détendras dans les bras des anges, souviens-toi de moi, souviens-toi de moi ») et « No One Ever Loves in Vain » témoignent clairement de sa relation étroite avec Tyrone et constituent son œuvre la plus personnelle à ce jour.
Comparé aux éloges de ses albums précédents, l’accueil critique d’ Affirmation fut mitigé. La presse grand public, comme The Guardian, l’a félicitée pour sa diversification, tandis que la presse spécialisée dans la musique noire, comme The Voice et Blues and Soul, l’a accusée de trahir son indépendance et d’être manipulée par sa maison de disques pour l’éloigner de la musique urbaine. Ce qu’elle nie catégoriquement : « Tout ce que j’ai fait musicalement, je l’ai fait entièrement moi-même. J’écris mes propres chansons, je ne suis donc pas seulement une chanteuse à qui on peut facilement dicter ma conduite. »
2006–2008 : Consolider le succès
En février 2006, Knight consolide sa présence auprès du grand public en participant à l’émission musicale Just the Two of Us sur BBC1 . L’émission, mettant en vedette des célébrités en duo avec des chanteurs confirmés, dure deux saisons et se révèle relativement décevante en termes d’audience, avec une moyenne de 15 à 25 %. Néanmoins, elle permet à Knight de toucher un public plus large et de démontrer son talent en interprétant un éventail de chansons différent de celui pour lequel elle aurait été connue. La conquête de nouveaux publics est également un facteur déterminant dans la décision de Knight de rejoindre Take That pour leur tournée de retrouvailles. « Take That – The Ultimate Tour 06 », diffusé d’avril à juillet 2006, enregistre 270 000 billets vendus en moins de quatre heures au box-office, et Knight assure la première partie.
En mars 2006, Knight sort son cinquième album, une compilation regroupant la majorité de ses quarante meilleurs singles britanniques, intitulée Voice – The Best of Beverley Knight . L’album, certifié disque d’or moins d’un mois après sa sortie, devient son deuxième meilleur classement en carrière en entrant à la dixième place du classement des albums britanniques, puis à la neuvième un mois plus tard. Il est précédé du single « Piece of My Heart », une reprise du classique d’Erma Franklin rendu célèbre par Janis Joplin , qui entre à la seizième place du classement des singles, restant 11 semaines dans le top 75 des singles britanniques et devenant son single le plus longtemps classé à ce jour.
En octobre 2006, Knight enregistre son cinquième album studio, Music City Soul , à Nashville . Terminé en moins de cinq jours, l’album sort le 7 mai 2007 et présente des collaborations avec des musiciens tels que Ronnie Wood et Scotty Moore . Il comprend trois singles : « No Man’s Land », sorti le 16 avril 2007, « After You », sorti le 2 juillet 2007, et « The Queen of Starting Over », sorti le 15 octobre 2007. Cet album sera son dernier pour Parlophone.
Entre août et septembre 2007, Knight a assuré la première partie de Prince lors de sa résidence à l’O2 Arena et s’est produite lors des after-partys. De ce fait, elle a également été invitée à se produire à sa soirée des Oscars devant des stars de renom et a reçu une standing ovation de stars comme Quincy Jones .
2009–2010 : Devenir indépendant et 100 %
Le 23 mars 2009, Knight a annoncé sur son site web officiel qu’elle quittait Parlophone Records après 11 ans et qu’elle publierait de nouveaux morceaux sur son propre label, Hurricane Records. Knight a également annoncé la sortie de son sixième album studio à l’été 2009, plus contemporain que son précédent album de soul rétro, Music City Soul . Parmi les nouveaux auteurs-compositeurs et producteurs associés au projet figurent Jimmy Jam et Terry Lewis (qui ont déjà collaboré avec Janet Jackson, Usher et Mariah Carey) et The Rural, ainsi que ses anciens collaborateurs Guy Chambers et DJ Munro.
Le 31 mars 2009, Knight a confirmé la sortie de son sixième album studio en septembre sur son propre label, Hurricane Records. Dans un blog vidéo sur son site web, elle a déclaré : « Depuis un an, j’écris pour l’album. J’ai travaillé avec de nouveaux noms et d’anciens noms pour l’album. ». Elle a également confirmé qu’elle prévoyait une tournée pour promouvoir l’album plus tard cette année.
L’album s’intitule 100% . Le premier titre finalisé, « Every Step », est une collaboration de Knight avec les producteurs américains Jimmy Jam et Terry Lewis. Le premier single, « Beautiful Night », coécrit avec Amanda Ghost et produit par The Rural, est sorti la même semaine, le 7 septembre 2009, et s’est classé 17e au classement des albums britanniques. Le deuxième single, « In Your Shoes », a été diffusé sur BBC 1Xtra le 5 octobre. Le remix radio met en vedette le rappeur britannique Chipmunk .
En 2010, Knight a fait six apparitions en tant qu’invité dans l’émission phare d’ITV, Loose Women .
2011–2016 : Théâtre, Soul UK et Soulsville
En mars 2011, Knight a annoncé la sortie de son septième album studio plus tard dans l’année, un recueil de reprises de soul britannique. Elle a également annoncé un concert unique au Porchester Hall , à Londres, filmé pour son premier DVD live, qui sera inclus avec la sortie de l’album. Knight a confirmé que l’album s’intitulerait « Soul UK » lors du concert au Porchester Hall.
Le premier single extrait de l’album fut « Mama Used to Say », un tube enregistré à l’origine par Junior Giscombe . Le single est sorti le 27 juin 2011, suivi de l’album le 4 juillet. L’album a été le nouvel album le mieux classé au classement britannique la semaine de sa sortie, atteignant la 13e place. Trois autres singles sont sortis sur Soul UK : « Cuddly Toy » (initialement de Roachford ), « One More Try » (initialement de George Michael) et « Round and Around » (initialement de Jaki Graham ). Parmi les autres artistes dont les chansons ont été reprises sur Soul UK, on trouve : Soul II Soul ; Loose Ends ; Omar ; Jamiroquai , avec qui elle avait précédemment enregistré la chanson « Main Vain » ; Princess ; Lewis Taylor ; Heatwave ; Freeez ; et Young Disciples.
En 2013, Knight est apparu sur l’album 2013 de The Overtones , intitulé Saturday Night at the Movies , qui a atteint le top 5 des charts britanniques. Knight a participé à la chanson » Hit the Road, Jack « .
Le 9 septembre 2013, Knight a repris le rôle de Rachel Marron (jouée par Whitney Houston dans le film original de 1992 ) de l’interprète Heather Headley dans l’adaptation musicale de The Bodyguard. Knight a été nominée pour la meilleure reprise dans un rôle aux Whatsonstage.com Awards en conséquence. Son interprétation du rôle s’est terminée le 31 mai 2014.
Le 21 février 2014, il a été confirmé que Knight jouerait dans la nouvelle production du West End de Memphis au Shaftesbury Theatre , qui ouvrira ses portes le 23 octobre 2014, après des avant-premières à partir du 9 octobre 2014. En janvier 2015, les producteurs ont annoncé que Knight prolongerait sa représentation à Memphis jusqu’en juillet 2015.
En 2015, il a été annoncé qu’elle jouerait Grizabella dans la reprise de Cats au London Palladium. Elle a interprété une chanson de Cats dans le cadre du Royal Variety Performance 2015 .
Le 27 octobre 2015, il a été annoncé que East West Records avait signé Knight pour sortir son huitième album studio, Soulsville , qui est sorti le 10 juin 2016. L’album comprend un duo avec Jamie Cullum et présente des reprises de chansons soul classiques de William Bell et Judy Clay , Big Mama Thornton , Sam & Dave , Ann Peebles et Ben E. King , ainsi que quelques morceaux originaux co-écrits par Knight. À sa sortie, Soulsville a atteint le Top 10 du UK Albums Chart et du Scottish Albums Chart.
Knight est revenu au West End dans la comédie musicale The Bodyguard le 15 juillet 2016 pour une durée limitée de six mois.
2017–présent : BK25 , Sylvia , Le Cinquième Chapitre , Sister Act et Marie & Rosetta
Knight était l’un des artistes invités au BBC Prom en 2017, célébrant la soul de Stax Records . Aux côtés de Jools Holland , de son orchestre , de James Morrison , de Ruby Turner et de Sir Tom Jones , le spectacle a également accueilli certains des plus grands artistes vivants de Stax ( William Bell , Booker T. Jones , Steve Cropper , Sam Moore et Eddie Floyd ). Knight s’est produit cinq fois au cours du concert : « Sweet Soul Music » (avec Jones et Morrison, puis avec l’ensemble), « BABY », en duo avec Bell sur « Private Number » et Moore sur « Hold On, I’m Comin’ ».
En 2017, Knight s’associe à la chanteuse britannique Cassidy Janson et à l’actrice américaine Amber Riley pour former un supergroupe de comédies musicales , connu collectivement sous le nom de « Leading Ladies ». Leur premier album, Songs from the Stage , est sorti le 17 novembre 2017 et comprend des reprises de chansons de Cats , Beautiful et Rent, entre autres.
En 2019, Knight a été annoncée pour jouer le rôle de Faye Treadwell , la manager de The Drifters , dans la nouvelle comédie musicale The Drifters Girl , qui se déroulera dans le West End. En raison de la pandémie de COVID-19 , la production a reçu une ouverture retardée au Garrick Theatre en novembre 2021, après une diffusion limitée au Theatre Royal de Newcastle. Elle a reçu sa deuxième nomination aux Olivier Awards pour la meilleure actrice dans une comédie musicale en 2022.
Le 8 novembre 2019, Knight a sorti un album live, BK25 , enregistré en mai 2019 au Royal Festival Hall de Londres avec le Leo Green Orchestra. Cet album célèbre les 25 ans de carrière de Knight. En 2020, Beverley a été contactée par Pink Flamingo Films pour interpréter le générique du film de Noël indépendant britannique « The Loss Adjuster ». La chanson « A Christmas Wish » est sortie en novembre, accompagnée de plusieurs apparitions télévisées de Beverley et d’un clip vidéo primé, tourné dans le magnifique mais désert Noel Coward Theatre, pour nous rappeler comment la Covid avait interrompu les concerts. La chanson sort chaque année à l’approche de Noël. Le 13 novembre 2020, Knight s’est produite dans le cadre de l’événement BBC Children in Need 2020 en interprétant « Wish You Were Here » de Pink Floyd. Knight a donné un concert devant un petit public au London Palladium à l’été 2021, qui visait à tester de nouvelles mesures limitant la propagation du COVID-19 dans les théâtres. À partir de février 2022, Knight faisait partie du jury de Starstruck d’ ITV , une version relancée et reformatée de Stars in Their Eyes .
En octobre 2022, il a été annoncé que Knight reviendrait dans le West End pour jouer le rôle d’ Emmeline Pankhurst dans une comédie musicale inspirée du hip-hop, Sylvia , basée sur le mouvement des suffragettes et la vie de Sylvia Pankhurst. Knight est apparue dans un épisode du 13 janvier 2023 du Graham Norton Show pour promouvoir la production. [ 7 ] [ 6 ] Sylvia a été jouée de janvier à avril 2023 au Old Vic.
Français En juin 2023, Knight a annoncé la sortie d’un nouvel album studio, intitulé The Fifth Chapter , dont la sortie est prévue pour septembre 2023. Le premier single de l’album, « Last One On My Mind », est sorti le 9 juin 2023. Le deuxième single de l’album, « Systematic Overload », est sorti le 17 août 2023. Le 16 septembre 2023, Knight a interprété le single, parmi ses précédents succès, sur scène au Radio 2 in the Park , qui s’est tenu à Victoria Park, Leicester. The Fifth Chapter est sorti avec des critiques positives le 29 septembre 2023, et s’est classé au numéro 39 du UK Albums Chart.
En 2024, Knight a joué dans la version scénique du West End britannique de Sister Act .
En 2025 , Knight incarnera Rosetta Tharpe dans la production théâtrale Marie & Rosetta au Rose Theatre de Kingston upon Thames et au Minerva Theatre de Chichester.
Créativité et influences
Ayant grandi dans un environnement pentecôtiste d’origine jamaïcaine, Knight a vu la musique, et plus particulièrement le gospel, prendre une place centrale dans son enfance. Elle a intégré la chorale gospel de son église locale à seulement quatre ans et en est devenue la directrice musicale avant de la quitter à la fin de son adolescence. Son éducation musicale s’est poursuivie à la maison, où sa famille chantait souvent ensemble autour du piano et écoutait des morceaux de leurs artistes gospel et soul préférés, comme Sam Cooke .
En 2005, Knight a renoué avec son enfance en animant Beverley’s Gospel Nights , une émission de BBC Radio 2 consacrée au gospel. Proposant des interviews d’artistes tels que Shirley Caesar , Percy Sledge et Kelly Rowland et Michelle Williams , vedettes des Destiny’s Child , cette série en six épisodes explorait les racines du gospel et son impact sur la communauté noire. Le succès de l’émission fut tel qu’une deuxième série de six épisodes fut commandée et lancée en mars 2006. Elle proposait de nouvelles interviews d’artistes tels que Candi Staton, David McAlmont et Marvin Winans. La technique d’interview de Knight et sa capacité à amener ses invités à s’ouvrir et à aborder des sujets personnels tels que la violence conjugale et la dépression ont reçu des critiques positives et ont conduit le Radio Times à commenter : « La passion de Knight pour la musique est évidente, mais sa chaleur l’est tout autant, ce qui fait d’elle une rareté parmi les intervieweurs. »
Le premier artiste à marquer Knight fut l’un des véritables fondateurs du gospel et de la soul contemporains , Sam Cooke . Malgré sa mort prématurée en 1964, sa musique perdura et devint un élément essentiel de l’enfance de Knight :
Ma mère jouait Sam Cooke, et c’est la première voix que j’ai entendue sur disque. C’est la première voix qui a eu un impact direct sur moi, vocalement. Il me fait encore pleurer. Il prenait les histoires bibliques très simples avec lesquelles j’ai grandi et les transformait en une chanson de deux minutes et demie, avec une intensité et une passion que personne n’avait jamais entendues auparavant. Il a vraiment eu une influence majeure sur ma vie.
L’influence de Cooke se fait sentir tout au long de la carrière de Knight, qui a souvent interprété et enregistré ses classiques, dont le plus remarquable est « A Change Is Gonna Come ». Ce morceau, devenu emblématique du mouvement des droits civiques des années 1960, a figuré dans de nombreux concerts de Knight (généralement avec le concours du London Community Gospel Choir ). Elle en a même enregistré une version studio avec le musicien Jools Holland , qui figure sur son album Small World, Big Band Volume 2 .
Aretha Franklin a également eu une influence majeure sur l’enfance de Knight . Outre son hommage à Franklin lors du concert Music of the Millennium de la BBC en 1999, Knight a enregistré plusieurs de ses titres, notamment « Do Right Woman, Do Right Man » et « Think », tous deux sortis respectivement en face B des singles « Rewind (Find a Way) » et « Made It Back 99 ». C’est la voix de Franklin qui a le plus marqué Knight :
Aretha m’a appris mon phrasé et ma façon de transmettre mes émotions. Elle me fait pleurer, puis me plonge dans les affres de l’extase musicale – avec la même voix ! « I Never Loved A Man » fait mal, et l’ album Amazing Grace , symbole de mon enfance, restera gravé à jamais dans ma mémoire.
Knight a également enregistré des chansons d’autres artistes tels que Stevie Wonder (dont « Love’s in Need of Love Today » figure sur l’ album Hope de Warchild ) et Curtis Mayfield (dont « Hard Times » figure sur l’album Back in the Day de Courtney Pine ). Mais cette influence s’est également manifestée sur scène, où Knight intègre souvent des chansons de ses héroïnes telles que Nina Simone (« Feelin’ Good »), Chaka Khan (« I Feel For You » et « Sweet Thing ») et Billie Holiday (« God Bless the Child ») dans ses performances live.
Outre les pionniers de la soul et du gospel du milieu du XXe siècle, des artistes modernes comme Mary J. Blige et D’Angelo ont également contribué à façonner la vision musicale de Knight. Parmi ses contemporains, le plus marquant est Prince , qu’elle décrit comme l’un de ses héros : « Prince me rappelle l’époque où j’écoutais les prédicateurs quand j’étais enfant, qui racontaient une histoire pour illustrer un point… La première chanson que j’ai entendue de lui était « Little Red Corvette », quand j’avais neuf ans. Bien sûr, je n’avais aucune idée de ce qu’il chantait ; la sexualité est implicite et j’adore ça. » [ 69 ] L’influence de Prince, que Knight mentionne même sur les pochettes de ses albums Prodigal Sista et Who I Am , transparaît dans toute sa discographie, avec des chansons comme « Get Up ! », « Hurricane Jane » et « Supersonic » comparées à Prince pour leur mélange de funk et de soul.
Tout au long de son enfance, Knight a développé son expérience musicale en grandissant. Le gospel a mené à la soul, qui a mené au funk , qui a ensuite mené au R&B mais grandir dans les Midlands l’a exposée à de nombreuses autres influences : « Il n’y avait pas une immense communauté noire qui se serrait les coudes et n’écoutait que du reggae , du R&B ou de la musique strictement noire. Je trouve que Londres est un peu plus ségréguée. À Wolverhampton, les Noirs n’étaient pas aussi ségrégués et je pense que cela a eu un impact considérable sur mes influences musicales. ». Cette diversité est parfaitement illustrée par le quatrième album studio de Knight, Affirmation . Après une collaboration avec Guy Chambers , l’album avait une saveur plus grand public que ses précédents albums et était mené par le single « Come as You Are » à la guitare rock. Bien que la chanson soit devenue son single le plus populaire à ce jour, Knight a été largement critiquée par les radios et les médias urbains pour s’être trop éloignée de sa musique urbaine. Néanmoins, la chanson illustre l’effort déterminé de Knight pour ne pas se retrouver enfermé et « ghettoïsé ».
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/84774-Beverley-Knight
DUSTY SPRINGFIELD
Mary Isabel Catherine Bernadette O’Brien, née le à West Hampstead et morte le dans l’Oxfordshire, connue sous le nom de Dusty Springfield, est une chanteuse britannique. En quarante ans de carrière – de la fin des années 1950 jusqu’aux années 1990 –, elle a sorti de nombreux singles comme I Only Want to Be with You, You Don’t Have to Say You Love Me ou Son of a Preacher Man. Parmi ses albums, Dusty in Memphis sorti en 1968 devient un standard de la musique soul. Durant les années 1960, elle est l’une des plus populaires chanteuses britanniques. Sa voix sensuelle, de mezzo soprano, facilement reconnaissable ainsi que sa passion pour la musique soul américaine font d’elle l’une des principales chanteuses de blue-eyed soul. Elle se démarque également par son image inspirée des femmes des années 1950 notamment sa coiffure choucroute blonde ainsi que ses robes de soirée.
Biographie
Dusty Springfield, née dans le nord de Londres (quartier de West Hampstead), est le deuxième enfant de Catherine Ryle et Gerard Anthony O’Brien.
Née dans une famille irlandaise amatrice de musique, Dusty Springfield apprend à chanter avec sa famille. C’est en compagnie de Dionysius, son frère ainé de 5 ans, plus tard connu sous le nom de Tom Springfield, que Dusty et un ami firent leurs premiers pas dans la musique avec leur premier groupe : The Springfields. Ses premiers succès datent de sa collaboration dans le groupe The Springfields. Elle entame une carrière solo en 1963 avec I Only Want To Be With You, et sort son premier album solo en 1964. Son premier 45 tours (single) I Only Want to Be with You, sorti en 1963, a été un succès tant dans son pays qu’aux États-Unis où il a atteint le top 10. Dusty a été la première chanteuse britannique à atteindre les charts. Cette chanson a été adaptée en français sous le titre À présent tu peux t’en aller, qui fut un succès pour Richard Anthony et pour les Surfs.
Durant les années 1960 elle obtient plusieurs succès dont I Just Don’t Know What to Do with Myself, Wishin’ and Hopin’ ou The Look of Love écrites par Burt Bacharach et Hal David. Avec 18 chansons classées dans le Billboard Hot 100 de 1964 à 1970, elle fait partie de la British Invasion. Au Royaume-Uni, le magazine New Musical Express classe Dusty Springfield comme meilleure chanteuse britannique en 1964, 1965 et 1968 selon les votes du public. Elle est très présente à la radio et télévision anglaise. Elle utilise cette présence médiatique pour introduire la musique soul au Royaume-Uni. À son initiative, une émission spéciale de Ready Steady Go!, intitulée The Sound of Motown, permet au public britannique de découvrir les artistes de la Motown tels que Martha and the Vandellas, Stevie Wonder ou The Supremes.
Dusty Springfield atteint le sommet de sa carrière avec l’album Dusty in Memphis (1969), composé entre autres par Carole King, Michel Legrand, Randy Newman et Burt Bacharach, à qui elle doit quelques-uns de ses plus grands succès, dont Wishin’ and Hopin’ et I just don’t know what to do with myself, repris pour le film Le Mariage de mon meilleur ami, et le standard (They Long to Be) Close to You, immortalisé par les Carpenters, et Anyone Who Had a Heart ou The Look of Love, chanson du James Bond Casino Royale. Sur cet album enregistré comme son nom l’indique à Memphis avec la crème des musiciens soul de l’époque (Arif Mardin, qui collabora de nombreuses fois avec Chaka Khan), on retrouve Son of a preacher man, qui connut une deuxième vie grâce au film Pulp Fiction de Quentin Tarantino.
À la fin des années 1960, comme de nombreuses chanteuses pop, Dusty Springfield voit son image se démoder face aux changements du paysage musical tels que le Summer of Love et la popularité toujours croissante de la musique rock. Elle décide alors de se tourner vers la musique soul et part à Memphis afin d’enregistrer un album sur le label Atlantic Records. Comprenant 12 chansons dont quatre de Carole King, Dusty in Memphis sort aux États-Unis en 1968. Malgré des critiques élogieuses et le succès du single Son of a Preacher Man, l’album ne trouve pas grâce aux yeux du public. Il reste l’un des principaux albums de soul et en 2001, il reçoit un Grammy Hall of Fame Award.
Les années 1970 et 1980 sont plus difficiles pour Dusty Springfield. Elle connaît des problèmes de drogue et doit gérer la révélation de son homosexualité.
Elle part vivre aux États-Unis mais sombre peu à peu dans l’oubli. Après plusieurs tentatives de retour, elle retrouve le succès en 1987 grâce à plusieurs collaborations avec les Pet Shop Boys. Fans de Dusty Springfield, ils enregistrent d’abord avec elle le duo What Have I Done to Deserve This?, qui marque son grand retour dans les classements (N° 2 en Grande-Bretagne et aux États-Unis). Suivent le single Nothing has been proved (pour la musique du film Scandal de Michael Caton-Jones, en 1989), et finalement un album Reputation, emmené par In private, qui restera son dernier succès. Elle fait une apparition pour la série de la BBC French and Saunders go to the movies.
En 1995, il lui est diagnostiqué un cancer du sein. Elle meurt en 1999 des suites de cette maladie. Dix jours après sa mort, elle est introduite au Rock and Roll Hall of Fame.
Un film biographique devait être réalisé par Guy Ritchie, qui avait notamment utilisé Spooky dans la bande originale d’Arnaques, Crimes et Botanique, projet qui semble tombé dans les oubliettes. Un album en forme d’hommage est sorti de façon très confidentielle chez Klone Records, ainsi qu’une biographie signée Lucy O’Brien, parue en 1989.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/31260-Dusty-Springfield
BABYFACE
Kenneth Edmonds, également connu sous le pseudonyme de Babyface, né le 10 avril 1959 à Indianapolis, est un auteur-compositeur, producteur et chanteur américain.
Il a écrit et produit des centaines de tubes pour les plus grandes stars de la chanson du milieu des années 1980 à la fin des années 1990. Il est à l’origine de 125 hits classés dans le Top 10 du Billboard Hot 100 américain, dont seize numéro un, ainsi que de 42 numéro un au classement R&B. Il a par ailleurs remporté 12 Grammy Awards durant sa carrière.
Babyface a été l’un des pionniers du new jack swing dans les années 1980, style qui a façonné le son du R&B moderne.
Biographie
Sa carrière musicale démarre en 1977, quand il devient guitariste pour le groupe de Jazz/Funk Manchild. La même année, le groupe sort un single qui se classe à une place plus qu’honorable dans les charts américains. C’est Bootsy Collins, célèbre bassiste et chanteur du groupe funk Parliament/ Funkadelic, qui l’appelle Babyface pour la première fois, trouvant que l’artiste avait encore un visage de gamin.
Puis Babyface intègre le groupe The Deele à la suite de sa rencontre avec L.A. Reid en 1981. Leur collaboration fera d’eux le plus célèbre duo de compositeur-producteurs de la décennie. Après avoir sorti trois albums avec L.A. Reid, Street Beat, Material Thangz et Eyes of a Stranger, et à la suite de leur succès en tant qu’auteurs pour d’autres artistes, Babyface et L.A. Reid quittent The Deele en 1988 pour se consacrer à leur carrière de producteurs. Son premier album solo Lovers sort en 1986. Entre-temps ils produisent des tubes pour Bobby Brown, Pebbles, Karyn White, The Whispers, Sheena Easton, Paula Abdul, Johnny Gill, Whitney Houston…
Alors que Michael Jackson est à l’apogée de sa gloire après la sortie de son album Bad, L.A. Reid & Babyface se font remarquer en déclarant : « Michael Jackson est le meilleur chanteur de tous les temps, mais il n’a pas les meilleures chansons ! ». À cette époque, Michael Jackson voulait L.A. Reid & Babyface pour produire l’album Dangerous, mais c’est son frère Jermaine Jackson (qui à cette époque est en conflit avec son frère) qui s’est octroyé le premier les services du fameux duo de producteurs avec l’album You Said sorti en 1991 sous le label LaFace Records.
En 1989 L.A. Reid & Babyface fondent leur propre maison de disques sous le célèbre label LaFace Records. Ils commencent alors à composer et produire pour de nouveaux artistes et pour les plus grosses pointures de la musique noire américaine. En parallèle, Babyface sort son deuxième album Tender Lover en 1989. It’s No Crime, Tender Lover, My Kinda Girl et Whip Appeal seront ses quatre premiers tubes en solo dans les charts U.S., l’album sera double album de platine aux États-Unis.
Au début des années 1990 le duo de producteurs criblent les charts de tubes pour TLC, Toni Braxton, Boyz II Men, Whitney Houston, Paula Abdul, Outkast, Bobby Brown, Tevin Campbell, Aretha Franklin, Jermaine Jackson… Ils signent notamment leur premier numéro 1 au Billboard Hot 100 avec le tube I’m Your Baby Tonight de Whitney Houston. S’en suivra l’énorme succès du tube End Of The Road de Boyz II Men qui bat un record absolut aux États-Unis en restant classée 13 semaines numéro 1 en tête du Billboard Hot 100 et en pulvérisant le record de 11 semaines précédemment détenu par Elvis Presley.
En 1993, à la suite de divergence d’ordre artistique L.A. Reid et Babyface décident de mettre un terme à leur collaboration en tant que compositeurs/producteurs.
Babyface sort en 1993 son troisième album For the Cool in You (en) qui sera la dernière collaboration avec son acolyte L.A. Reid. La ballade acoustique When Can I See You (en) se classe dans les premières places des hit-parades pendant l’été 1993 ainsi que les singles For the Cool in You, Never Keeping Secrets et And Our Feelings. L’album sera triple platine aux États-Unis et sera nominé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure performance vocale masculine ». Lors de cette même cérémonie il remporte le Grammy du « Producteur de l’année ».
À la suite de la rupture avec son acolyte L.A. Reid, Babyface commence à composer et produire en solo pour les plus grands artistes de la musique, notamment : Carole King, Patti LaBelle, Chaka Khan, Aretha Franklin, Madonna, Janet Jackson,Faith Evans, Al Green, Beyoncé, Diana Ross, Toni Braxton, Michael Jackson, Michael Bolton, Paula Abdul, Eric Clapton, Tevin Campbell, Bobby Brown, Whitney Houston, Brandy, Mary J. Blige, Tamia, Shola Ama, Dru Hill, Fall Out Boy, Céline Dion, Mariah Carey, Vanessa Williams, Chanté Moore, En Vogue, Kenny G, Lil Wayne, P!nk, TLC, Ariana Grande, Bruno Mars et Phil Collins parmi bien d’autres.
Il remporte trois années consécutives le Grammy Award du producteur de l’année en 1995-1996-1997. Il détient le record du plus grand nombre de victoires dans cette catégorie, avec quatre. Il signe plusieurs tubes planétaires donc Take a Bow pour Madonna, I’ll Make Love to You pour Boyz II Men, Change the World avec Eric Clapton, True Colors avec Phil Collins, Whitney Houston et son tube Exhale, Mary J. Blige, Brandy, Mariah Carey…
En 1995, la bande originale du film Waiting To Exhale dans lequel le rôle principal est interprété par Whitney Houston, et entièrement composée par Babyface, est un énorme succès et se vend à plus de 10 million d’exemplaires à travers le monde.
En 1998, Babyface réussit à réunir les deux divas et rivales Whitney Houston et Mariah Carey le temps d’un duo pour la bande originale du film d’animation de Dreamworks Le Prince d’Égypte. When You Believe est composé par Stephen Schwartz mais Babyface retravaille le morceau et produit sa propre version avec sa signature sonore. When You Believe reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale lors de la 71e cérémonie des Oscars le 21 mars 1999. Avant d’interpréter la chanson cette nuit-là, Schwartz retire le nom de Babyface sur la nomination. Il fait cela car les ajouts de la version de Babyface n’apparaissent pas sur la version du film, il ne donne pas les crédits d’écriture. Cependant, si Babyface ne reçoit pas d’Oscar, Carey et Houston interprètent sa version, car elles se sentent plus familières avec celle-ci qu’avec la version du film plus académique. When You Believe connaît un immense succès en Europe et dans le monde en atteignant le top 5 en Belgique, Espagne, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Grâce aux ventes en Europe et aux États-Unis, la chanson reçoit beaucoup de certifications.
Pendant qu’il travaille sur son quatrième album solo The Day, il coécrit et coproduit avec David Foster, l’hymne Olympique The Power of the Dream (en) enregistré par Céline Dion pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.
En 1996, il sort l’album, The Day (en), qui est l’album de la consécration en tant qu’interprète. Le single en duo avec Stevie Wonder How Come, How Long est un succès international. Sur ce disque, il impressionne les critiques par ses talents d’interprète et par la qualité technique de ses arrangements et ses compositions. Un album plus acoustique avec un son pop/soul et des invités prestigieux comme Eric Clapton, Stevie Wonder, Boyz II Men et Mariah Carey.
En 1997, Babyface est nommé pour le nombre record de douze Grammy Awards. Il est alors a l’apogée de sa gloire et les plus grandes stars se bousculent pour avoir un titre produit par Babyface.
En 1997, Babyface et son épouse Tracey Edmonds créent leur propre maison de production pour la télévision et le cinéma Edmonds Entertainement Group. Ils produisent des comédies à succès telles que : Sould Food, Hav’plenty, Light It Up et Josie et les Pussycats ainsi que des séries et shows pour la télévision.
Après son album MTV Unplugged tiré de son concert live a New York (avec des invités prestigieux tels que : Stevie Wonder, Eric Clapton, Shanice, Marc Nelson, After 7) ainsi que son album de Noël Christmas with Babyface, il quitte son label Epic Records pour rejoindre L.A. Reid qui succède à Clive Davis à la présidence de Arista Records.
Babyface sort l’opus Face2Face le 11 septembre 2001. Pour la première fois de sa carrière, il fait appel a d’autres producteurs pour travailler sur plusieurs titres : The Neptunes, Heavy D., Tim & Bob ou encore Buckwild. L’album se démarque de ses précédents albums avec un changement de style dans sa façon de chanter, un phrasé plus syncopé et un son brut, plus urbain. Cet album n’est pas un gros succès, seule la ballade What If et le titre dansant There She Goes avec Pharrell Williams se classent dans les charts.
Après cet album, la carrière musicale de Babyface stagne un peu avec très peu de projets. L’arrivée d’une nouvelle vague de producteurs a succès tels que Pharrell Williams et Timbaland donne un nouveau son au R&B qui devient plus commercial et qui s’exporte à travers le monde entier.
En 2004, un nouvel album intitulé A Love Story2 disponible en téléchargement illégal sur Internet avant sa sortie, est avorté par sa maison de disques et ne sortira jamais. Seul le single The loneliness sortira sur les ondes radios. Entre soul, R&B et ambiances jazzy, l’album contient quelques perles comme My Boo (duo jazz avec la chanteuse Mycale), Makin’ Love ou Love Song.
Finalement, c’est en septembre 2005 qu’il revient sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé Grown & Sexy. Album typique R&B avec un son très années 1990 et plus minimal. C’est album reprend deux titres du projet A Love Story. Les deux singles tirés de cet album sont Sorry For the Stupid Things et le groovy Grown & Sexy.
Babyface divorce d’avec sa femme Tracy Edmonds après onze années de vie commune et deux enfants. Ils restent associés dans leur maison de production Edmonds Production Company.
En 2007, il enregistre son neuvième album studio intitulé Playlist. Cet album album acoustique est composé de 8 reprises Folk ainsi que de deux nouvelles compositions.
2013 – Le retour au premier plan
Le 17 août 2013, la chanson Hurt You qu’il interprète avec Toni Braxton est publiée. Elle représente les prémices de leur opus commun prénommé Love, Marriage and Divorce, qui sort le 4 février 2014. L’album se classe en tête des charts et remportera le Grammy Award du meilleur album R&B de l’année 2015.
Le 11 octobre 2013, Babyface est enfin honoré de son étoile le célèbre Walk Of Fame d’Hollywood et devient une légende vivante. Il reçoit la 2508e étoile. Puff Daddy, L.A. Reid, Stevie Wonder, Usher et Toni Braxton avaient fait le déplacement pour honorer leur ami pendant la cérémonie. Puffy poussera la confidence en avouant qu’il avait « conçu » deux de ses enfants sur des morceaux produits par Babyface : « And I want to thank you for Justin and Christian, I thank you. »
Babyface a réalisé en association avec Walter Afanasieff l’album Partners (Columbia) de Barbra Streisand. Sorti en septembre 2014, le disque se hisse en tête des ventes américaines. L’album est certifié disque d’or aux États-Unis en novembre 2014.
En parallèle, il produit la reprise Rolling In The Deep d’Adele pour l’opus Aretha Franklin Sings the Great Diva Classics d’Aretha Franklin.
Le 13 août 2015, un premier single de son premier album solo depuis 9 ans est dévoilé sur les ondes radios,We’ve Got Love. Prémisse de l’album The return of the Tender Lover (en) qui est un hommage a son album à succès sorti en 1989 Tender Lover (en) et qui sera composé de 8 nouvelles compositions.
En 2022, babyface sort son nouvel album Girls Night Out qui sera un album de collaborations avec la nouvelle génération de chanteuses R&B.
Vie privée
Il a deux enfants : Brandon Kenneth, né en 1994 et Dylan Michael, né en 1996.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/50703-Babyface
ASHFORD AND SIMPSON
Ashford and Simpson étaient une équipe de production-compositeurs américaine mari et femme et un duo d’enregistrement composé de Nickolas Ashford (4 mai 1941 – 22 août 2011) et Valerie Simpson (née le 26 août 1946).
Ashford est né à Fairfield, en Caroline du Sud , et Simpson dans le Bronx , à New York . Par la suite, sa famille a déménagé à Ypsilanti, Michigan , où il est devenu membre de la Christ Temple Baptist Church. Là-bas, il a chanté avec un groupe appelé les Hammond Singers (du nom du ministre fondateur, James Hammond). Plus tard, Nickolas a fréquenté et est diplômé de Willow Run High School à Ypsilanti, Michigan , avant de poursuivre sa carrière professionnelle, où il rencontrera finalement sa femme, Valérie. Ils se sont rencontrés à la White Rock Baptist Church de Harlem en 1964. Après avoir enregistré sans succès en duo, ils ont rejoint un artiste solo en herbe et ancien membre duIkettes , Joshie Jo Armstead , au label Scepter/Wand, où leurs compositions ont été enregistrées par Ronnie Milsap (« Never Had It So Good »), Maxine Brown (« One Step at a Time »), ainsi que les Shirelles , les Devinez qui , et Chuck Jackson. Une autre des chansons du trio, » Let’s Go Get Stoned « , a donné à Ray Charles un succès numéro un du R&B américain en 1966. Cette même année, Ashford and Simpson ont rejoint Motown , où leurs chansons les plus connues comprenaient » Ain’t No Mountain High Enough , » « You’re All I Need to Get By, » et » Reach Out and Touch (Somebody’s Hand) « . Ashford et Simpson ont écrit de nombreuses autres chansons à succès, dont » I’m Every Woman » de Chaka Khan (1978) et » Is It Still Good to Ya? « , à l’origine enregistré par le duo en 1978 et repris par Teddy Pendergrass en 1980.
En tant qu’interprètes, les duos les plus connus d’Ashford and Simpson sont » Solid » (1984) et » Found a Cure » (1979). Le duo a été intronisé au Songwriters Hall of Fame en 2002. Ils sont également récipiendaires du Pioneer Award de la Rhythm & Blues Foundation , du ASCAP Founders Award et du Grammy Trustee Award . Rolling Stone les a classés n ° 19 sur sa liste des 20 plus grands duos de tous les temps.
Carrière
Auteurs- compositeurs
Le duo a essentiellement eu deux carrières: l’une en tant qu’équipe d’écriture et de production à succès et l’autre en tant que chanteurs et interprètes eux-mêmes. Ils ont commencé leur carrière au milieu des années 1960, en écrivant pour des artistes tels que 5th Dimension ( » California Soul « ), Aretha Franklin ( » Cry Like A Baby « ) et Ray Charles ( » Let’s Go Get Stoned « ). Leur travail avec Charles les a portés à l’attention du chef Motown Berry Gordy .
En rejoignant l’équipe de Motown en 1966, Ashford and Simpson ont été jumelés avec le duo vocal Marvin Gaye et Tammi Terrell , et ils ont écrit et/ou produit tous les singles Gaye/Terrell sauf un de la fin des années 1960, y compris des succès tels que la version originale. de » Ain’t No Mountain High Enough « , » Your Precious Love « , » Ain’t Nothing Like the Real Thing » et » You’re All I Need to Get By « . Selon Gaye dans le livre Divided Soul , Simpson a fait la plupart des voix sur le dernier album qu’il a fait avec Terrell, Easy, comme un moyen pour la famille de Terrell d’avoir un revenu supplémentaire, car elle luttait contre une tumeur au cerveau finalement mortelle. Bien que Louvain Demps, chanteuse des Andantes , ait déclaré qu’elle avait vu Terrell enregistrer l’album, et Simpson est cité comme disant, dans un livre écrit par la sœur de Terrell, Ludie Montgomery, ce qu’ils ont vu, c’est qu’elle chantait les pistes guides de l’album, qui ont ensuite été remplacés par la propre voix de Tammi.
Ashford and Simpson ont écrit et produit presque toutes les chansons de trois albums des années 1970 pour l’ancienne Supreme Diana Ross , y compris son premier album solo Diana Ross ( » Reach Out and Touch (Somebody’s Hand) « ) et « Ain’t No Mountain High Enough », Surrender ( » Remember Me « ), et The Boss . Les trois albums ont été acclamés par la critique avec Diana Ross , son premier album en 1970, et The Boss étant certifié platine et « Surrender » certifié or.
Parmi les autres artistes de Motown avec lesquels Ashford and Simpson ont travaillé, citons Gladys Knight & the Pips (« Didn’t You Know You’d Have to Cry Sometime », et après Motown, ils ont écrit et produit pour ce groupe « Landlord », « Bourgie, Bourgie » , et « Taste of Bitter Love »), Smokey Robinson & the Miracles (« Who’s Gonna Take the Blame »), Syreeta Wright (« I Can’t Give Back the Love I Feel for You »), les Marvelettes (« Destination : Anywhere »), Martha Reeves & the Vandellas (« Tear It On Down »), les Dynamic Superiors (« Shoe, Shoe Shine »), Blinky Williams (« I Wouldn’changer l’homme qu’il est »), et les suprêmes avec les quatre sommets (duos originaux, plus la production d’une reprise à succès de « River Deep-Mountain High » de Phil Spector ).
D’autres artistes avec lesquels Ashford and Simpson ont eu des tubes étaient Teddy Pendergrass (« Is It Still Good to Ya »), les Brothers Johnson (« Ride-O-Rocket »), Stephanie Mills (« Keep Away Girls »), Chaka Khan, tous deux seule ( » I’m Every Woman » et » Clouds « ), et avec Rufus (« Keep It Comin' » et » Ain’t Nothin’ But a Maybe « ).
Interprètes
La carrière d’Ashford and Simpson en tant qu’artistes du disque a commencé au début des années 1960 au sein du groupe de gospel The Followers, avec qui ils ont enregistré l’album Gospel Meeting (sur Forum Circle), publié plus tard sous le nom de Meetin’ The Followers (sur Roulette Records ). Le LP contient leur voix ainsi que quatre compositions d’Ashford. En 1964, ils enregistrent « I’ll Find You », comme « Valerie & Nick ». Cela a été suivi par plusieurs singles obscurs enregistrés par Ashford sur les labels Glover, Verve et ABC , tels que « It Ain’t Like That » (enregistré plus tard par Martha Reeves & the Vandellas ), » California Soul « , et » Dead End Kids « Let’s Go Get Stoned ».
Simpson est apparu (avec Melba Moore ) dans le cadre du » Blood, Sweat & Tears Soul Chorus » sur le premier album du groupe Child Is Father to the Man en 1968. Après s’être concentré sur le travail avec d’autres artistes, Simpson était le soliste vedette sur les chansons. » Bridge Over Troubled Water » et » What’s Going On » sur les albums de Quincy Jones Gula Matari en 1970, et sa suite, Smackwater Jack .
Simpson a ensuite enregistré deux albums solo pour Motown : Exposed en 1971, et, l’année suivante, Valerie Simpson , qui comprenait le single « Silly, Wasn’t I », qui a ensuite été samplé sur » Best Friend » de 50 Cent de la film, Get Rich or Die Tryin’ . La chanson a également été échantillonnée par 9th Wonder sur » Silly Girl » de Murs dans l’album Murray’s Revenge . Ashford and Simpson ont présenté des sélections de chant des albums solo de Simpson dans l’ émission télévisée PBS Soul!, animé par Ellis Haizlip en 1971. En 1973, ils quittent Motown après que les albums que Simpson a enregistrés pour le label aient reçu une mauvaise promotion, et la société a refusé de sortir un album du duo enregistrant une collection de leurs chansons les plus célèbres pour d’autres artistes.
En 1974, Ashford et Simpson se sont mariés après avoir repris leur carrière en duo, avec l’ album de Warner Bros. Gimme Something Real sorti en 1973, suivi en 1974 par I Wanna Be Selfish . En 1975, Simpson a chanté des chœurs sur le hit numéro un de Paul Simon » 50 Ways to Leave Your Lover « , et en 1976, ils ont sorti Come As You Are . 1977 a vu la sortie de deux albums – So So Satisfied et Send it. Cela a été suivi par les singles à succès » Send It « , » Don’t Cost You Nothin ‘ » (1977), » It Seems To Hang On » (1978), » Is It Still Good To Ya » (1978), » Found a Cure » (1979), « Street Corner » (1982), et leur plus grand succès, » Solid « , sorti en 1984.
En 1978, ils ont été présentés comme chanteurs, avec Chaka Khan, sur le single à succès » Stuff Like That » de Quincy Jones ‘ Sounds … And Stuff Like That album et ont contribué à l’écriture de la bande originale de The Wiz . Le duo est apparu comme lui-même dans « Nocturne », un épisode de 1986 de la populaire série télévisée The Equalizer .
A lui tout seul, Ashford (avec Frank Wilson ) a produit le tube « I’m Gonna Make You Love Me », que Diana Ross & the Supremes a enregistré en collaboration avec les Temptations en 1968. Il est également apparu dans le film New Jack City ( 1991), en tant que révérend Oates, un ministre ordonné qui faisait partie de l’entourage de Nino Brown.
Les frères Simpson étaient également dans le milieu du disque : Ray Simpson a remplacé Victor Willis dans les Village People et leur frère Jimmy Simpson a produit le groupe GQ (qui a eu de gros succès avec « Disco Nights (Rock-Freak) » et « I Do Love You ». ), et était très demandé en tant qu’ingénieur de mixage à l’époque du disco.
Ces dernières années et la mort d’Ashford
Plus tard, Ashford and Simpson ont enregistré et tourné sporadiquement, et en 1996, ils ont ouvert un restaurant et une salle de spectacle , le Sugar Bar à New York, avec un micro ouvert le jeudi soir, où les interprètes comprenaient Queen Latifah , Vickie Natale et Felicia . Collins . Ashford and Simpson ont enregistré l’album Been Found avec la poétesse Maya Angelou en 1996. À cette époque, ils figuraient également en tant que disc-jockeys sur la station de radio new-yorkaise WRKS .
Le 16 août 2006, Playbill Online a annoncé qu’ils écrivaient la partition d’une comédie musicale basée sur le roman Invisible Life d’ E. Lynn Harris . En janvier 2007, avec Tina Turner, Mary J. Blige , Mariah Carey , Sidney Poitier , le réalisateur Spike Lee et le comédien Chris Rock , ils ont accompagné Oprah Winfrey lorsqu’elle a ouvert sa Leadership Academy for Girls en Afrique du Sud.
Ils ont été crédités pour l’écriture du CD Back to Black d’ Amy Winehouse en 2007 pour le single » Tears Dry on Their Own « . Le morceau est basé sur un extrait du hit Motown de 1967 de Marvin Gaye et Tammi Terrell » Ain’t No Mountain High Enough « . Ils avaient commencé à jouer leur numéro dans de petites salles intimes, telles que Feinstein’s au Regency à New York et la Rrazz Room à San Francisco, et en janvier 2009, ils ont sorti un CD et un DVD de leurs performances live intitulé The Real Thing . Le 22 juin 2009, ils ont fait une performance invitée lors d’une soirée au Tribeca Rooftop, New York, pour célébrer Virgin Atlanticla fête d’anniversaire de. Ils ont également fait leur première apparition à Tokyo, au Japon, en novembre 2009, et ont donné huit spectacles en quatre jours au Blue Note Tokyo.
Lors de l’investiture du président Barack Obama en 2009, Ashford et Simpson ont réécrit leur chanson, « Solid », en « Solid as Barack ». Ils le lui ont dédié lors de ses festivités inaugurales.
Ashford est décédé dans un hôpital de New York le 22 août 2011, quatre jours avant le 65e anniversaire de Valerie Simpson, des complications d’ un cancer de la gorge . Son publiciste , Liz Rosenberg, a déclaré qu’il avait subi une radiothérapie pour traiter sa maladie.
Simpson a sorti un nouvel album solo en juin 2012, intitulé Dinosaurs Are Coming Back Again , qui comprend également la dernière performance enregistrée de Nina Simone , un deuxième duo avec Roberta Flack et une version instrumentale de » Ain’t No Mountain High Enough « .
En 2014, Simpson a fait une apparition sur la chanson titre de l’ album A Couple Friends de Kindred the Family Soul.
En mai 2014, Simpson a reçu un doctorat honorifique en musique du Berklee College of Music.
Vie personnelle
Nick Ashford et Valerie Simpson ont eu deux filles, Nicole (née en 1975) et Asia (née en 1987). Nicole est diplômée de l’Université Wesleyan en 1997.
Récompenses et nominations
En 1969, Ashford et Simpson ont remporté trois BMI Awards pour les chansons « Ain’t No Mountain High Enough », « Ain’t Nothing Like the Real Thing » et « Your Precious Love ».
Ashford et Simpson ont été intronisés au Songwriters Hall of Fame en 2002. Ils ont également reçu le prix Pioneer de la Rhythm & Blues Foundation en 1999 et la plus haute distinction de l’ ASCAP , le Founders Award, qu’ils ont reçu en 1996.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/15875-Ashford-Simpson
WHITNEY HOUSTON
Whitney Houston née le 9 août 1963 à Newark (New Jersey) et morte le 11 février 2012 à Beverly Hills (Californie), est une chanteuse, actrice, productrice de musique et mannequin américaine.
Elle débute en tant que mannequin mais est révélée en 1985, par la sortie de son premier album intitulé Whitney Houston, vendu à 25 millions d’exemplaires dans le monde, certifié treize fois disque de platine et qui remporte trois no 1 dans le classement du Billboard Hot 100 : Saving All My Love for You, How Will I Know, et Greatest Love of All.
En 1987, elle sort son deuxième album : Whitney, qui génère quatre titres no 1 au Billboard Hot 100 : I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me), Didn’t We Almost Have It All, So Emotional et Where Do Broken Hearts Go. De ce fait, elle devient la première artiste féminine de l’histoire à obtenir quatre singles no 1 du même disque.
Avec ces sept titres issus de ces deux albums, Whitney Houston détient le record de singles consécutifs no 1 pour un artiste au Billboard Hot 100.
En 1992, elle fait ses premiers pas d’actrice dans le film Bodyguard, aux côtés de Kevin Costner, dont elle interprète la bande originale. Au box-office, c’est un énorme succès avec plus de 410 millions de dollars de recettes mondiales. Quant à la bande originale, elle se vend à 44 millions d’exemplaires, ce qui en fait la bande originale la plus vendue et un des albums les plus vendus au monde. Elle érige l’extrait I Will Always Love You, reprise de Dolly Parton, parmi les singles les plus vendus, et le plus vendu pour une artiste féminine, avec 20 millions d’exemplaires.
Après ce succès, Whitney enchaîne alors avec la même formule : bandes originales et films tels que : Où sont les hommes ? (1995) et La Femme du pasteur (1996). Le premier est un succès, quant au second, même si le film obtient une plus faible audience, il permet à la bande sonore qui l’accompagne de se vendre à 6 millions de copies et d’en faire l’album gospel le plus vendu au monde.
En 1998, elle revient avec un quatrième album studio dénommé My Love Is Your Love, qui comprend When You Believe en duo avec Mariah Carey, et qui sert de bande originale au long métrage d’animation Le Prince d’Égypte. Ce titre obtient une récompense pour la meilleure chanson originale lors de la 71e cérémonie des Oscars. Le disque, comprenant les singles Heartbreak Hotel, My Love Is Your Love, It’s Not Right But It’s Okay et I Learned From The Best, se vend à 13 millions d’exemplaires.
Après une compilation à succès en 2000 et quelques échecs commerciaux, elle revient en 2009 avec l’album I Look to You. L’opus, qui comprend les deux singles à succès suivants : I Look To You et Million Dollar Bill, arrive no 1 au top album au Billboard lors de la semaine de sa sortie, en se vendant à 464 000 exemplaires, et obtient aussi le succès en Europe.
Whitney Houston a également participé à plusieurs productions cinématographiques en tant qu’actrice telles que : La Légende de Cendrillon (1997) et Sparkle (2012) dont elle est également la coproductrice. Elle coproduit aussi les films Princesse malgré elle (2001), Les Cheetah Girls (2003), Un mariage de princesse (2006), Les Cheetah Girls 2 (2006).
Biographie
Enfance
Fille de John Russel Houston Jr. et Cissy Houston, choriste rhythm and blues renommée aux États-Unis, et cousine de la chanteuse Dionne Warwick, Whitney Elizabeth Houston grandit dans un environnement musical4. Enfant, elle chante dans l’église baptiste de Newark, la New Hope Baptist Church avec le souhait de devenir choriste comme sa mère. Elle chante son premier solo à l’âge de onze ans.
Elle se produit professionnellement pour la première fois dès son adolescence, comme choriste de Chaka Khan, Jermaine Jackson, Lou Rawls et des Neville Brothers. Elle apparaît également comme chanteuse principale sur le single de Michael Zager Band, Life’s a Party en 1978 ainsi que sur plusieurs chansons de l’album du même nom en tant que chanteuse principale ou choriste. À la même époque, Whitney fait du mannequinat, allant jusqu’à être en couverture de grands magazines américains comme Glamour et Seventeen en 1981.
Carrière
Début de carrière au sommet
En 1983, Whitney Houston signe un contrat avec Clive Davis, le président de la maison de disques Arista. Deux ans passent avant que ne sorte son premier album. Il s’intitule Whitney Houston, paraît début 1985 et génère trois singles classés numéro un : Saving All My Love for You, How Will I Know et Greatest Love Of All. Cet album connaît alors un succès considérable et atteint la première place aux États-Unis (où il est disque de diamant avec plus de treize millions d’exemplaires vendus), devenant ainsi la meilleure vente d’un premier album pour un artiste solo ; ce disque connaît également un grand succès international, avec près de vingt-cinq millions d’exemplaires vendus à ce jour. Whitney Houston passe les deux années suivantes en tournée (le Greatest Love Tour) pour la promotion de cet album.
D’autres succès suivent en 1987 et 1988 : le deuxième album, baptisé simplement Whitney (qui paraît en juin 1987), est, dès sa sortie, en première position du top albums américain — c’est la première fois qu’un tel exploit est réalisé par une artiste féminine. Pas moins de six singles sont extraits de ce disque, dont le hit international I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me), et c’est la première artiste de toute l’histoire à aligner sept numéros uns consécutifs au Top 40 américain, battant le record détenu précédemment par les Beatles et les Bee Gees.
En 1988, Aux trentièmes Grammy Awards, elle est nommée dans trois catégories, dont celle de l’Album de l’année ; elle remporte son second « Grammy » pour la meilleure performance pop d’une chanteuse pour I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me). Après la sortie de l’album, Whitney Houston embarque pour le Moment of Truth World Tour qui sera l’une des dix plus grandes tournées de cette période.
En 1988, elle enregistre un single pour les Jeux olympiques d’été à Séoul, intitulé One Moment in Time, qui atteint le Top 5 aux États-Unis, et le numéro un au Royaume-Uni et en Allemagne. Parallèlement, elle soutient des œuvres de charité, des organisations aidant les enfants et la jeunesse, et des organismes de lutte contre le SIDA.
En 1989, elle fonde la Whitney Houston Foundation For Children Inc., qui apporte son soutien aux enfants sans-abri et malades.
En 1990, paraît son troisième album I’m Your Baby Tonight qui connaît lui aussi un grand succès international, même s’il se vend un peu moins que les deux disques précédents. Il génère néanmoins deux tubes classés numéro un : I’m Your Baby Tonight et All The Man That I Need. Cet album marque également sa première collaboration avec le duo de producteurs L.A. Reid et Babyface qui confère un côté plus Urban-Soul à l’album. Babyface devient son auteur-compositeur-producteur favori : on le retrouve dans la plupart de ses futurs projets et dans tous ses albums.
Ses débuts la placent donc immédiatement au sommet, rejoignant d’autres artistes américains de la même époque qui connaissent eux aussi un succès considérable, comme Michael Jackson, Madonna ou Prince. Et les années qui suivent réservent encore à l’artiste d’autres moments de gloire.
La consécration
Durant les années 1990, Whitney Houston sort moins de disques que dans les années 1980. Sa carrière et sa vie sont cependant très actives : elle se tourne vers le cinéma, la musique de bande originale et met au monde une fille, Bobbi Kristina, le 4 mars 1993.
Son premier film Bodyguard (1992) avec Kevin Costner, engendre un chiffre d’affaires de plus de 410 millions de dollars au box-office. La bande originale de Bodyguard devient la deuxième musique de film la plus vendue dans le monde (plus de 44 millions d’exemplaires) après Saturday Night Fever, notamment grâce à la célèbre chanson I Will Always Love You (écrite et d’abord interprétée par Dolly Parton), qui devient l’un des plus grands hits de Whitney, se classant no 1 un peu partout dans le monde en 1992-1993. D’autres extraits de cette bande originale, tels I’m Every Woman et I Have Nothing, deviennent également des tubes internationaux atteignant le Top 10 dans de nombreux pays. Whitney Houston connaît ainsi la consécration alors qu’elle n’a pas encore 30 ans.
En 1995, sur sa lancée, elle joue dans Où sont les hommes ? (Waiting to Exhale), qui est un succès aux États-Unis tout comme la bande musicale originale, entièrement composée et produite par Babyface et qui comporte trois nouvelles chansons.
Le troisième film La Femme du pasteur (The Preacher’s Wife) (1996), comédie romantique, n’a pas le même succès. Mais la bande originale du film lui permet de retourner à ses racines gospel. Cet album comporte quinze nouvelles chansons dont quatorze écrites par Whitney ; plusieurs tubes en seront tirés dont Step by Step.
En 1997, elle interprète, aux côtés de Brandy et Whoopi Goldberg, le rôle de la fée-marraine dans le téléfilm La Légende de Cendrillon, dont elle est l’une des productrices.
Sa carrière musicale se poursuit avec la sortie de My Love Is Your Love en novembre 1998. C’est son premier album depuis huit ans : depuis 1990, Whitney Houston n’a enregistré que des chansons pour bandes originales de films. On y découvre un son différent, avec des titres écrits et produits par des musiciens produisant le son du moment : Rodney Jerkins, Babyface, Missy Elliott, Lauryn Hill, Wyclef Jean, Jerry Duplessis, Soulshock & Karlin. D’autres chansons de cet album correspondent à un style plus habituel (les balades de Diane Warren et David Foster). L’album est un succès, il produit cinq tubes (When You Believe — duo avec Mariah Carey —, Heartbreak Hotel, It’s Not Right But It’s Okay, My Love Is Your Love et I Learned From The Best), et se vend à l’époque à plus de treize millions d’exemplaires à travers le monde. Le titre When You Believe qu’elle interprète en duo avec Mariah Carey, extrait de la bande originale du long métrage d’animation Le Prince d’Égypte du studio DreamWorks, est un succès et remporte même l’Oscar de la meilleure chanson de film à la 71e cérémonie des Oscars en février 1999.
En 1999, elle apparaît aux côtés de Brandy, Cher, Tina Turner, Mary J. Blige et Leann Rimes, lors du concert caritatif Divas Live 1999.
Durant ces années 1990, Whitney Houston connaît encore un succès important et figure toujours parmi les chanteuses en vogue, mais les années 2000 se révéleront moins fructueuses pour l’artiste.
Déclin progressif
En 2000, Whitney Houston sort sa première compilation en deux disques sous le titre Whitney, The Greatest Hits. Cet opus comprend ses plus grands tubes dont If I Told You That qu’elle reprend en duo avec George Michael, et des inédits tels que Could I Have This Kiss Forever en duo avec Enrique Iglesias, Same Script, Different Cast en duo avec Deborah Cox ou encore Fine. La compilation est un succès international et se vend à 10 millions d’exemplaires dans le monde. Elle sera suivie en 2001 d’une nouvelle compilation intitulée Love, Whitney (une compilation de ses plus belles ballades).
Toujours en 2001, elle participe au concert des trente ans de carrière solo de Michael Jackson où elle interprète Wanna Be Startin’ Somethin’ avec Usher et Mýa. Mais cette prestation inquiète les fans de l’artiste et la presse ; en effet, Whitney Houston apparaît sur scène amaigrie et mal assurée dans son interprétation vocale, alimentant alors les rumeurs sur son état de santé. Elle sera, quelque temps après, l’invitée d’une émission de télévision américaine où elle tentera de s’expliquer sur sa situation.
En 2002, elle apparaît aux côtés de Céline Dion, Cher, Shakira, Anastacia et Dixie Chicks, pour le concert caritatif Divas Live : Las Vegas. En novembre de cette année, paraît son nouvel album studio intitulé Just Whitney accompagné de plusieurs singles, et contenant 11 chansons dont Whatchulookinat — contraction de What Are You Looking At? (« Qu’est-ce que tu regardes ? ») — et son remix de P. Diddy qu’elle interprète en featuring avec celui-ci. L’album ne connaît qu’un succès modéré.
En 2003, elle collabore au concert caritatif Divas Live : Divas Duets, aux côtés de Beyoncé, Chaka Khan, Mary J. Blige, Céline Dion et Shania Twain. À la fin de l’année 2003, la chanteuse sort son sixième album, One Wish: The Holiday Album, un disque ayant pour thème Noël (une première pour l’artiste), qui n’aura pas vraiment de succès.
En 2007, Sony Music sort en Europe la compilation The Ultimate Collection, comprenant les plus grands hits de sa carrière ainsi qu’un DVD de vidéoclips.
Dans un même temps, le titre It Isn’t, It Wasn’t, It Ain’t Never Gonna Be, interprété avec Aretha Franklin en 1989, est inclus dans la compilation Jewels In The Crown : All-Star Duets With The Queen d’Aretha Franklin.
Retour éphémère au succès
Prise par des problèmes d’ordre privé, Whitney Houston ne publiera son nouvel album studio I Look to You, orienté RnB, que plusieurs années plus tard, le 31 août 2009. Le premier single extrait est I Look To You. Le deuxième single sera Million Dollar Bill (écrit par Alicia Keys). Dès la première semaine, l’album se classe no 1 au prestigieux Billboard 200 avec 464 000 albums vendus, ce qui n’était plus arrivé depuis 16 ans. L’album est également en tête un peu partout en Europe.
Peu avant la sortie de son album, elle se produit dans un concert lors de l’émission Good Morning America où elle n’arrive pas à assurer vocalement l’ensemble de sa prestation. Une interview avec Oprah Winfrey est enregistrée courant septembre 2009. Durant celle-ci, elle interprète un morceau de son nouvel album I Didn’t Know My Own Strength (écrit par Diane Warren).
Elle se voit remettre le prix de la meilleure artiste internationale, lors des American Music Awards. Une distinction seulement décernée aux artistes dont le rang de superstar est reconnu mondialement. C’est donc la deuxième artiste féminine de l’histoire des AMA, après Beyoncé, à avoir reçu ce prix.
En décembre 2009, elle entame une tournée mondiale à travers l’Europe, l’Asie et l’Australie. Après un concert approximatif en Australie, la presse se déchaîne. Concert après concert, elle fait l’objet de mauvaises critiques au sujet de ses prestations vocales. On apprendra plus tard qu’elle souffrait d’une infection des cordes vocales, ce qui la conduira en mai 2010 à une brève hospitalisation à Paris.
Malgré cette mauvaise publicité, la chanteuse a prouvé à plusieurs reprises durant sa tournée, baptisée Nothing But Love, qu’elle possédait encore une grande partie des capacités vocales qui lui avaient valu le surnom de The voice.
En 2010, une réédition de son premier album Whitney Houston, The Deluxe Anniversary, comprenant de nombreux titres bonus et un DVD, sort dans les bacs.
Début 2011, paraît une compilation nommée The Essential Whitney Houston.
Le 23 septembre 2011, Whitney Houston confirme sa présence dans le film Sparkle. Elle doit être la productrice exécutive sur ce film, avec un scénario de Mara Brock Akil et réalisé par Salim Akil, pour y interpréter le rôle d’une chanteuse de Gospel et mère des trois membres des Supremes. Le tournage prend fin en novembre 2011 et le film sortira aux USA le 10 août 2012.
Projets inachevés
Après la parution en 2010 du livre de Terry McMillan, qui n’est autre que la suite du best-seller Où sont les hommes ? paru en 1992, Whitney Houston est pressentie pour reprendre son rôle de Savannah Jackson dans l’adaptation cinématographique du livre aux côtés d’Angela Bassett, Lela Rochon et Loretta Devine. Bien que ces dernières aient déjà signé pour le film, la participation de Whitney Houston reste incertaine, aucune annonce officielle n’ayant été faite.
Mort
Le 11 février 2012 dans l’après-midi, Whitney Houston est retrouvée inanimée par ses gardes du corps dans la baignoire de la suite 434 du Beverly Hills Hilton Hotel à Beverly Hills en Californie, où elle séjournait. Des médicaments sont retrouvés auprès d’elle et sa mort est confirmée peu après l’arrivée des ambulanciers. Des membres du personnel de sécurité de l’hôtel auraient vainement tenté de la ranimer avant l’arrivée des secours. Son corps est emmené le lendemain matin à la morgue.
Âgée de 48 ans, la chanteuse devait figurer le soir même parmi les invités du gala du producteur Clive Davis, soirée qui précédait la 54e cérémonie des Grammy Awards du 12 février. La star s’était d’ailleurs rendue aux répétitions du spectacle le 9 février.
Au début de ce gala, le rappeur LL Cool J déclare : « Aujourd’hui, on se demande comment faire face à un jour pareil ! À mon avis, la chose la plus adéquate à faire serait de commencer par une prière pour notre sœur Whitney Houston ». Il enchaîne ensuite avec une prière qui émeut toute la salle. Pour sa part, Jennifer Hudson rend hommage à Whitney Houston en interprétant I Will Always Love You, terminant sa prestation en chantant : « Whitney, we love you! » (« Whitney, nous t’aimons ! »).
Une noyade, provoquée par une maladie cardiovasculaire et la cocaïne, est à l’origine de sa mort. À ce moment, sa fortune est estimée à vingt millions de dollars.
En juin 2019, le DJ norvégien Kygo remixe la chanson Higher Love, reprise de Steve Winwood enregistrée en 1991, présente sur l’édition japonaise du troisième album de la chanteuse I’m Your Baby Tonight. En septembre, sept ans après sa mort, une tournée de Whitney sous forme d’hologramme est annoncée pour 2020.
Obsèques
Les obsèques de Whitney Houston ont lieu le 18 février 2012 à Newark en présence notamment de sa cousine Dionne Warwick, maîtresse de cérémonie, d’Alicia Keys, de Stevie Wonder et de l’acteur Kevin Costner. La famille souhaitant une cérémonie privée, une seule caméra est autorisée à filmer l’intégralité des obsèques placées sous le signe du gospel. Les proches de la diva lui rendent un ultime hommage durant près de quatre heures. R. Kelly interprète I Look to You et Alicia Keys Send Me an Ange. À la fin de la cérémonie, le cercueil de la chanteuse quitte l’église sur la chanson I Will Always Love You interprétée par Whitney Houston elle-même, suivi par sa mère, Cissy et sa fille Bobbi Kristina.
Elle est inhumée le lendemain dans la plus stricte intimité. Whitney Houston repose auprès de son père au Fairview Cemetery de Westfield (New Jersey).
Vie privée
Dans Whitney, le documentaire qu’il réalise en 2018, Kevin Macdonald révèle que la jeune Whitney Houston et son grand frère auraient été abusés sexuellement quand ils étaient enfants, par sa cousine et chanteuse Dee Dee Warwick, la sœur de Dionne Warwick. C’est ce qui expliquerait ses problèmes de drogue, initiés par son frère alors qu’elle était encore mineure.
En 1980, elle rencontre sa future assistante Robyn Crawford. Les deux adolescentes sont amies, mais des tabloïds basés sur des rumeurs prétendront qu’elles auraient entretenu une liaison qui aurait duré plusieurs années. L’entourage de la chanteuse et plus particulièrement sa mère, chrétienne pratiquante, n’acceptent pas cette relation supposée lesbienne par la presse à scandale. En 1983, Whitney met fin à leur amitié après avoir signé avec Arista Records de peur que cette relation ne nuise à sa carrière. Les deux femmes travailleront de nombreuses fois ensemble et resteront proches jusqu’au décès de la chanteuse.
En 1990, elle s’installe dans une villa à Mendham, une ville résidentielle du New Jersey. C’est durant cette même année qu’elle s’éprend du chanteur de new jack swing Bobby Brown, du groupe New Edition.
Le 18 juillet 1992, ils se marient devant près de huit cents invités. Elle reconnaît plus tard l’avoir fait pour de mauvaises raisons. Brown apporte un certain poids dans cette union, notamment trois enfants nés de deux précédentes relations. Ensemble, ils ont une fille, Bobbi Kristina Brown, née le 4 mars 1993 et morte le 26 juillet 2015.
L’année 2000 lui est difficile. Elle est arrêtée à l’aéroport de Hawaï aux États-Unis en possession de marijuana. Elle est incapable d’assister à une remise de prix aux Oscars. Il s’avère que c’est son mari, Bobby Brown, qui consomme de la marijuana, entre autres substances stupéfiantes. La prestation qu’aurait dû effectuer Whitney aux Oscars est réalisée par Faith Hill.
La relation particulièrement instable et violente que Whitney vit avec son mari Bobby, qui a en outre reconnu plusieurs adultères, la fait plonger dans la dépendance à la drogue ainsi que dans toute une série de scandales médiatiques.
En septembre 2006, elle décide de divorcer et annonce l’enregistrement d’un nouvel album (produit par Clive Davis, son ancien mentor), le premier depuis trois ans, qui doit marquer son grand retour sur le devant de la scène. Mais elle a perdu sa voix et, après quelques concerts catastrophiques, ce retour est annulé.
La chanteuse perd sa résidence d’Atlanta, saisie par l’administration fiscale américaine en novembre 2006, pour non-paiement d’une dette de 1,4 million de dollars. Elle conserve tout de même sa grande résidence de Mendham dans le New-Jersey. Bobby Brown, alors âgé de 38 ans, est arrêté en février 2007 pour un arriéré dans le paiement de la pension alimentaire de ses deux enfants (nés de précédentes unions).
Le divorce, prononcé le 24 avril 2007 après quatorze ans de vie commune, entraîne la vente des biens communs.
Elle suit un coaching intensif en vue d’un nouveau retour musical pour l’été 2009, avec la promotion de son album I Look To You. Ayant échoué à chanter ce qui était prévu à l’émission Good Morning America, la voix abîmée, ses efforts par la suite ne parviennent pas à éviter de mauvaises prestations sur scène, avec de plus huit concerts annulés et trois reportés. Souffrant d’infection des cordes vocales, elle est admise à l’hôpital de Neuilly-sur-Seine le 7 avril 2010.
Voix
Whitney Houston a un grand contrôle du souffle et des nuances, une voix très endurante et un belting puissant et « retentissant » sur toute la tessiture de sa voix. Selon l’entraîneur vocal Ron Anderson : « Elle a eu des problèmes dans le registre inférieur. Mais elle savait rester légère et ajouter les harmoniques en allant dans la partie basse de la voix et apporter la beauté à travers le registre supérieur. […] Personne ne peut rivaliser avec son changement de registre. Elle avait des aigus fabuleux. Elle les faisait sans effort la plupart du temps. Et même si parfois, elle forçait, c’était encore beau. […] Son contrôle du souffle vient sûrement du chant à l’église. Sa compréhension de comment elle peut déplacer son étendue vocale à travers le médium. Et quand elle voulait vraiment y aller, tout ce qu’elle avait à faire était d’ouvrir l’espace dans la gorge et elle partait. C’est de là qu’elle tient sa puissance. Greatest Love Of All est par exemple une chanson très difficile et elle l’exécutait parfaitement. Chaque gamme d’étendue vocale était impressionnante et émouvante ».
Elle orne la ligne vocale avec virtuosité, en faisant des glissandos rapides, des arpèges, des gammes ascendantes et descendantes, ainsi que des portandos et des piqués très rapides avec précision et aisance. Sa voix est d’une très grande agilité, ce qui lui permet de faire des mélismes très rapides tout en conservant justesse, dynamisme et plénitude et de passer d’un registre à l’autre sans difficulté. Elle a aussi une grande musicalité. Elle se sert des mélismes pour embellir la textualité et communiquer le flot d’idées musicales, « expire » les paroles pour les animer et mieux les exprimer, utilise de nombreux volumes pour mettre en évidence les périodes de climax et de résolution, possède un sens du rythme sans faille, l’oreille pour l’harmonie pour mettre en valeur la mélodie et le flot d’idées musicales et est très douée pour l’improvisation.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/30542-Whitney-Houston
ARETHA FRANKLIN
Aretha Louise Franklin, née le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee) et morte le 16 août 2018 à Détroit (Michigan), est une chanteuse, pianiste et auteure-compositrice américaine de soul, jazz, gospel et rhythm and blues. Elle est fréquemment surnommée « The Queen Of Soul » (« la Reine de la Soul »).
Militante des droits civiques aux côtés de Martin Luther King, femme de combat, diva et porte-parole de tout un peuple, Aretha Franklin est considérée comme la chanteuse afro-américaine la plus influente du xxe siècle. Ses albums I Never Loved a Man en 1967, Lady Soul en 1968 et Young, Gifted & Black en 1972 redéfinissent les codes de la musique contemporaine en popularisant avec Ray Charles la soul music mêlant R&B et gospel. On compte parmi ses plus grands tubes les chansons Think, (You Make Me Feel Like) A Natural Woman, I Say a Little Prayer, I Never Loved A Man, Ain’t No Way, I Knew You Were Waiting (For Me) en duo avec George Michael, Freeway of Love, Chain of Fools, Angel et Respect.
Chain of Fools devient une chanson de protestation contre la guerre du Viêt Nam parmi les combattants américains. Respect devient en 1967 un hymne féministe et le symbole du combat de la communauté afro-américaine pour sa liberté.
L’influence d’Aretha sur la musique contemporaine est grande, ouvrant la voie à d’autres grandes interprètes féminines, qu’il s’agisse de Patti LaBelle, Donna Summer, Natalie Cole ou encore Whitney Houston, Amy Winehouse, Mariah Carey, Mary J. Blige, Beyoncé, Adele ou Alicia Keys. Tom Jones, Elton John, Freddie Mercury, Prince, David Bowie et Luther Vandross notent aussi l’influence de la chanteuse sur leur manière de faire de la musique et de chanter. Aretha Franklin est en effet l’une des premières artistes à s’accompagner au piano et popularise le mélisme dans la musique contemporaine, technique qui consiste à chanter sur plusieurs notes une seule et même syllabe.
Elle est la chanteuse la plus classée dans l’histoire de l’industrie discographique américaine avec 112 titres placés dans les charts américains, dont vingt numéros 1 dans la catégorie R&B. Avec plus de 75 millions d’exemplaires vendus, elle reste aujourd’hui l’artiste féminine ayant vendu le plus de disques vinyles et, plus généralement, une des artistes ayant vendu le plus de disques.
Avec dix-huit Grammy Awards, Aretha Franklin est une des artistes les plus récompensées aux États-Unis. Elle est, en 1987, la première femme à intégrer le Rock and Roll Hall of Fame. Elle reçoit la médaille nationale des arts sous la présidence Bill Clinton et la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction pour un citoyen américain, sous la présidence George W. Bush. En 2009, elle chante à l’investiture de Barack Obama, premier président afro-américain des États-Unis. En 2010, le magazine Rolling Stone la place première au classement des meilleurs chanteurs de tous les temps. En 2019, le jury du prix Pulitzer lui décerne à titre posthume la récompense « pour sa contribution indélébile sur la musique et la culture américaine pendant plus de cinq décennies ». En 2020, le magazine Rolling Stone établit son classement des 500 meilleurs albums de tous les temps en collaboration avec trois cents professionnels de la musique. Aretha y place quatre albums : I Never Loved A Man (The Way I Love You) (13e), Lady Soul (75e), Amazing Grace (154e, album gospel le plus vendu de l’histoire) et Young, Gifted & Black (388e).
À sa mort sont salués son militantisme pour les femmes et la communauté afro-américaine, ainsi que son talent d’artiste.
Biographie
Enfance
Aretha Louise Franklin naît le 25 mars 1942 de Barbara (née Siggers) et Clarence LaVaughn « C. L ». Franklin. Sa mère accouche au domicile familial au 406 Lucy Avenue à Memphis. Son père est pasteur baptiste originaire de Shelby dans le Mississippi, tandis que sa mère est pianiste et chanteuse de gospel accomplie. Barbara et Clarence Franklin ont tous deux des enfants issus de relations antérieures, en plus des quatre enfants qu’ils eurent ensemble. Quand Aretha a deux ans, la famille déménage à Buffalo dans l’État de New York. Puis à l’âge de cinq ans, Aretha Franklin emménage à Détroit dans le Michigan, où son père prend la relève du pasteur de l’église baptiste New Bethel Baptist Church.
Le mariage du couple Franklin est houleux en raison d’infidélités de Clarence Franklin. Le couple se sépare en 19486. Barbara Franklin retourne à Buffalo avec le demi-frère d’Aretha, Vaughn, laissant à Clarence Franklin la charge des autres enfants. Après la séparation, Aretha se souvient rendre visite régulièrement à sa mère à Buffalo pendant l’été, qui vient de son côté souvent les voir à Détroit. Sa mère meurt finalement d’une crise cardiaque le 7 mars 1952, avant le dixième anniversaire d’Aretha. Plusieurs femmes, dont la grand-mère d’Aretha, Big Mama Rachel, et la légendaire chanteuse de gospel Mahalia Jackson se relaient alors pour aider les enfants Franklin. C’est à ce moment-là qu’Aretha apprend à jouer du piano. Autodidacte, elle joue à l’oreille. Son père s’amuse à la faire reprendre au piano les airs qu’elle entend à la radio. Rapidement, Aretha aiguise son style pour devenir une artiste et pianiste aguerrie. Elle fréquente l’école publique de Détroit, passant sa première année à la Northern High School, avant d’abandonner en deuxième année.
La popularité de son père devient très vite nationale. Les sermons du pasteur Franklin lui valent de devenir « l’homme à la voix à un million de dollars ». Il parvient en effet à gagner des milliers de dollars en devenant le premier pasteur à diffuser ses sermons à la radio quand il ne fait pas lui-même des tournées dans le pays entier et dans différentes églises du pays. C. L. Franklin, en plus d’être pasteur, est par ailleurs un fervent militant des droits civiques (Martin Luther King loge à son domicile quand il est de passage à Détroit). Son statut de célébrité lui vaut d’ailleurs la visite de diverses personnalités. Parmi les visiteurs récurrents figuraient la légendaire Clara Ward, James Cleveland et les membres des Caravanes Albertina Walker et Inez Andrews. Jackie Wilson et Sam Cooke se lient aussi d’amitié avec C. L. Franklin. Clara Ward devient l’amante du père d’Aretha de 1949 environ jusqu’à ce qu’elle meure en 1973, bien qu’Aretha « ait préféré les considérer strictement comme des amis ». Clara Ward a également servi de modèle à la jeune Aretha, lui donnant l’envie de devenir chanteuse.
Débuts dans le gospel (1954-1960)
À la mort de sa mère, Aretha Franklin commence à chanter en tant que choriste à l’église baptiste New Bethel Baptist Church, en commençant par l’hymne Jesus, Be a Fence Around Me. À 12 ans, son père commence à la diriger. Il l’emmène ainsi sur la route avec lui lors de ses tournées dites « gospel caravan » pour qu’elle se produise dans différentes églises7. Il la fait par ailleurs signer son premier contrat chez J.V.B. Records. Un équipement d’enregistrement est installé à l’intérieur de l’église baptiste New Bethel et neuf pistes sont enregistrées. Elle donne naissance à son premier enfant, nommé Clarence en l’honneur de son père, le 28 janvier 1955 avant de fêter ses 13 ans. Le 31 août 1957, à 15 ans, Aretha Franklin accouche d’un deuxième enfant nommé Edward Derone Franklin.
En 1956, J.V.B. sort le premier single d’Aretha Franklin, Never Grow Old, accompagné de You Grow Closer. Precious Lord (Part One) et Precious Lord (Part Two) suivent en 1959. Ces quatre titres, auquel s’ajoute There Is a Fountain Filled with Blood figurent sur l’album de 1956 appelé Spirituals. En 1965, Checker Records publie une seconde version de l’album qu’il nomme Songs of Faith ; celui-ci reprend les cinq titres de l’album Spirituals de 1956 auxquels sont ajoutés quatre enregistrements inédits. Si l’album n’est pas un succès commercial, il contribue à introduire Aretha Franklin dans le circuit gospel. En s’accompagnant au piano et en chantant ces negro spirituals, Aretha impressionne les plus grands chanteurs de gospel de l’époque notamment Mahalia Jackson et James Cleveland, proches d’Aretha et considérés encore à ce jour comme la Reine et le Roi du Gospel.
À cette époque, Aretha Franklin voyage occasionnellement avec The Soul Stirrers, le groupe de Sam Cooke. L’été, Aretha est souvent à Chicago et reste dans la famille de Mavis Staples dont le groupe familial The Staples Singers commence à se faire un nom. Selon le producteur de musique Quincy Jones, alors qu’Aretha est encore jeune, la « Reine Du Blues » Dinah Washington lui prédit qu’Aretha est « la prochaine ». À l’âge de 16 ans, Aretha Franklin part finalement en tournée avec le Dr Martin Luther King. Elle soutient l’action du pasteur et chantera pour lui en divers occasions notamment lors de ses funérailles en 1968.
À l’âge de 18 ans, Aretha confie à son père qu’elle aspire à suivre Sam Cooke et à enregistrer des musiques « profanes », R&B et pop, fait curieux pour l’époque où passer de la musique sacrée à profane n’est souvent pas accepté. Le Révérend C.L Franklin se montre compréhensif et encourage sa fille. Elle s’installe donc à New York dans l’espoir de décrocher un contrat avec une maison de disque. Son père participe en tant que manager à la production d’une démo de deux chansons. Cette démo tombe dans les mains de John Hammond, célèbre producteur de Columbia Records. L’homme, qui a découvert Billie Holliday dix ans plus tôt, voit immédiatement en Aretha une révélation. Celui qui découvrira à la même période Barbra Streisand et Bob Dylan signe donc Aretha en 1960. Aretha suit en parallèle des cours avec le chorégraphe Cholly Atkins pour préparer ses performances scéniques. Signer Aretha chez Columbia est pour John Hammond une victoire quand on sait les propositions faites au même moment par les labels RCA et Motown. En effet, Sam Cooke essaye désespérément de persuader le père Franklin de la signer sur son label, RCA. De même, le fondateur du label Motown Berry Gordy cherche à faire signer Aretha et sa sœur aînée Erma sur son label. C.L. Franklin estime que le label n’est pas encore suffisamment établi et refuse la demande de Gordy.
Le single d’Aretha Franklin Today I Sing the Blues sort en septembre 1960 et atteint le top 10 du classement des meilleures ventes R&B. Sa carrière musicale est enfin lancée.
Introduction au jazz chez Columbia (1960-1966)
En janvier 1961, Columbia publie le premier album jazz d’Aretha : Aretha : With The Ray Bryant Combo. L’album contient son premier single, Won’t Be Long, qui se classe au classement du Billboard Hot 100 et atteint la 7e place du classement R&B. Le succès est modeste mais encourageant pour la jeune chanteuse de 18 ans. Principalement produits par Clyde Otis, les enregistrements chez Columbia érigent Aretha en chanteuse de jazz dans la lignée de Sarah Vaughan, Billie Holiday et Ella Fitzgerald. Aretha y chante des standards américains, du jazz vocal, du blues, du doo-wop et du rhythm and blues. La même année, elle enregistre Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody. Le titre atteint le top 40 en Australie et au Canada. Fin 1961, Aretha Franklin est nommée « nouvelle star féminine » par le magazine DownBeat. En 1962, Columbia sort deux autres albums, The Electrifying Aretha Franklin et The Tender, the Moving, the Swinging Aretha Franklin. Si nombres de ses titres passent à radio, ses ventes de disques, elles, ne décollent pas.
Néanmoins, en 1962, lors d’une représentation au Regal Theater de Chicago, Pervis Spann, personnalité en vogue de la radio WVON, proclame Aretha Franklin « Reine de la Soul ». Le surnom fait date et devient le titre officiel d’Aretha Franklin. Elle est alors reconnue par ses pairs comme chanteuse de jazz et impressionne tant Etta James que Sarah Vaughan. Sarah Vaughan affirme d’ailleurs ne plus avoir jamais chanté Skylark après avoir écouté la version d’Aretha, qui lui paraît indépassable. En 1964, Aretha commence à enregistrer davantage de musique pop et se classe dans les dix premiers titres du palmarès R&B avec sa ballade Runnin’ Out of Fools début 1965. À la mort de la Reine du Blues Dinah Washington, Aretha enregistre un album hommage à la chanteuse, Unforgettable : A Tribute to Dinah Washington. Il est aujourd’hui considéré comme son meilleur album chez Columbia mais, à sa sortie, il apparaît en décalage par rapport aux succès de l’époque7. Quand l’Amérique subit la déferlante des Beatles et des artistes Motown, ce bel hommage à une artiste des années 1950 paraît dépassé et démodé. Par la suite, plusieurs de ses titres figurent dans les hit-parades en 1965 et 1966 : One Step Ahead et Cry Like a Baby, puis You Made Me Love You et (No, No) I’m Losing You.
Au milieu des années 1960, Aretha gagne 100 000 dollars par an grâce à de multiples représentations dans des boîtes de nuit et des théâtres. Toujours à cette époque, elle apparaît dans des émissions de rock-and-roll comme Hollywood A Go-Go et Shindig !. Ses performances télévisuelles sont saluées — on note le grand talent de cette jeune chanteuse s’accompagnant elle-même au piano et qui chante du jazz comme elle chanterait des cantiques gospel.
Cependant, si Aretha est massivement diffusée à la radio et qu’elle s’est fait un nom (et un prénom), ses ventes de disques sont faibles. John H. Hammond, directeur du label, déclare plus tard que l’erreur de Columbia est d’avoir oublié les racines gospel d’Aretha. Sa voix est jugée trop « noire » pour vendre autant que Barbra Streisand et ses chansons trop jazz pour la hisser comme chanteuse à la mode aux côtés de Dionne Warwick et Diana Ross. Aretha quitte finalement Columbia et rejoint Atlantic Records en 1966, célèbre label de Ray Charles et Solomon Burke, figures majeures de la soul des années 1960.
Ascension soul chez Atlantic (1967-1979)
En novembre 1966, son contrat pour Columbia expire et Aretha se tourne vers Atlantic Records. En janvier 1967, la chanteuse se rend à Muscle Shoals, en Alabama, pour enregistrer dans les célèbres studios FAME. Elle dira elle-même « je me suis assise au piano et les tubes sont arrivés ». Elle y enregistre la chanson I Never Loved a Man (the Way I Love You). Quand elle s’assoit au piano et commence à chanter, tout le studio reste bouche bée. L’enregistrement peut commencer. Aretha n’y passe finalement qu’une journée après une violente altercation entre son manager et mari Ted White, le propriétaire du studio Rick Hall et un joueur de cor. Les sessions s’arrêtent mais la chanson sort finalement le mois suivant et atteint la première place du classement R&B et la neuvième place du Billboard Hot 100. Pour la première fois de sa carrière, Aretha décroche un disque d’or et un 45-tours vendu à plus d’un million d’exemplaires. L’intuition de son producteur Jerry Wexler est de laisser Aretha s’exprimer librement et prendre le contrôle de la direction artistique de sa musique. Aretha choisit son propre répertoire, arrange les chansons elle-même au piano et gère ses choristes.
La réussite ne s’arrête pas là. Le 10 avril 1967, Atlantic commercialise un deuxième extrait de l’album, le doublé Respect/Dr Feelgood. Ce second 45-tours se révèle encore plus porteur que le premier. Respect se hisse à la première place des charts R&B et pop pendant 8 semaines. Le respect réclamé par Aretha trouve un écho immédiat dans la société américaine de l’époque. La chanson devient rapidement la chanson signature de la chanteuse, un hymne des droits civiques et un hymne féministe. Pourtant, la chanson est un emprunt à une première version du titre publié un an plus tôt par Otis Redding. En entendant la version d’Aretha, Otis Redding reconnait que sa chanson lui a échappé. Aretha réinvente complètement la chanson en scandant chaque lettre de R-E-S-P-E-C-T, elle rajoute par ailleurs un refrain chanté en arrière-plan par les chœurs avec l’expression très à la mode alors, « sock it to me ». Le titre à connotation sexiste quand il est chanté par Otis devient un hymne de force et de respect dans l’interprétation d’Aretha Franklin. « C’est un cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques » écrit Aretha dans ses mémoires. Le mouvement des droits civiques fait de la chanson un mantra et d’Aretha le symbole de la lutte pour l’égalité et la liberté. Le magazine Rolling Stone classe la chanson en position numéro cinq de son classement des plus grandes chansons de tous les temps. Le phénomène Aretha Franklin est lancé.
Le premier album d’Aretha pour Atlantic, I Never Loved a Man the Way I Love You, connait un immense succès tant commercial et critique. 1967 marque le début de la période d’or pour Aretha qui ne s’arrêtera qu’une décennie plus tard. Sur cette période, elle décroche une vingtaine de disques d’or et classe 8 albums en tête des charts R&B. Baby I Love You, (You Make Me Feel Like) A Natural Woman sont d’immenses succès. En 1968, Aretha sort les albums Lady Soul et Aretha Now, portés par les tubes Chain of Fools, Ain’t No Way, Think et I Say a Little Prayer. En février, Aretha décroche ses deux premiers Grammys, dont celui de la meilleure chanteuse R&B, catégorie inspirée par le succès d’Aretha. Elle remporte ce même Grammy huit fois d’affilée. Il est dès lors vite renommé Le Prix Aretha.
Son succès dépasse rapidement la sphère musicale. Le 16 février 1967 est déclaré Journée Aretha Franklin. Elle est alors reçue par son ami de longue date Martin Luther King Jr qui voit en elle une porte-voix majeure du combat pour les droits civiques américains. Aretha effectue peu de temps après sa première tournée en dehors des États-Unis en mai, notamment au Concertgebouw d’Amsterdam, où elle joue devant un public quasi-hystérique qui la couvre de fleurs sur scène. Elle fait par ailleurs une apparition remarquée à l’Olympia à Paris et y enregistre son second album live. La même année, elle fait la couverture du magazine Time, une première pour une artiste noire. En 1968, elle est la personnalité noire la plus connue derrière Martin Luther King.
Le succès d’Aretha ne faiblit pas au début des années 1970, période durant laquelle elle enregistre les numéro un Don’t Play That Song (You Lied), Spanish Harlem, Rock Steady et Day Dreaming.
Même si, au cours de sa carrière, elle refuse un certain nombre de chansons, dont certaines sont cependant devenues des succès internationaux — Son Of A Preacher Man de Dusty Springfield, This Will Be de Natalie Cole, Upside Down de Diana Ross —, elle enregistre finalement en 1970 une version de Son Of A Preacher Man, un an après celle de Dusty Springfield.
La formule des albums est la même que celle des années 1960 si ce n’est qu’Aretha écrit et compose davantage. Les albums Spirit in the Dark et Young, Gifted and Black sont une fois de plus des succès. En 1971, Aretha est la première artiste R&B à jouer au Fillmore West de San Francisco, et sort plus tard dans l’année l’album live Aretha Live at Fillmore West. En plein concert, elle aperçoit Ray Charles et l’invite sur scène. Ensemble, ils improvisent sur Spirit In The Dark, moment immortalisé sur le disque live. Ray Charles dira d’Aretha qu’elle est sa « seule vraie sœur », la seule chanteuse à qui on peut le comparer.
En 1972, Aretha revient à ses racines gospel et enregistre l’album Amazing Grace, dans lequel elle interprète lors d’un service des cantiques et standards comme How I Got Over de Mahalia Jackson. Elle y inclut des titres de Marvin Gaye et de Carole King, ayant à cœur de montrer que musique sacrée et pop ne sont pas antinomiques. Le disque est enregistré sur deux soirs à l’église New Temple Missionary Baptist Church de Los Angeles. Son père est présent, tout comme la famille Ward ainsi que Mick Jagger. Amazing Grace se vend dans l’année à plus de deux millions d’exemplaires et est à ce jour l’album gospel le plus vendu de l’histoire. Les interprétations en direct sont filmées par Sydney Pollack, mais en raison de problèmes de synchronisation de son, sa sortie au cinéma n’a lieu qu’en 2018 par le producteur Alan Elliott. L’année 1972 marque l’apogée de la carrière d’Aretha, au sommet de son art, tant commercialement que musicalement.
Elle rejoint ensuite Quincy Jones en 1973 pour l’enregistrement de son nouvel album Hey Now Hey. Quincy Jones dira plus tard qu’Aretha est l’artiste la plus impressionnante avec Michael Jackson. Le disque est marquée par des influences jazz et de brillantes parties au piano écrites et jouées par Aretha. Malgré le succès du single Angel écrite par sa sœur Carolyn Franklin, l’album ne décolle pas dans les charts à sa sortie. Cela n’empêche pas Aretha d’enregistrer quelques succès notamment Until You Come Back to Me écrite pour elle par Stevie Wonder et I’m in Love.
En 1976, Aretha travaille sur la bande sonore du film Sparkle avec Curtis Mayfield qu’elle admire particulièrement. L’album permet à Aretha d’obtenir son dernier grand tube de la décennie avec Something He Can Feel, qui atteint la première place du classement R&B. Sparkle est considéré par Aretha comme son meilleur album. Elle parvient en effet à se réinventer tant vocalement que musicalement. Sans céder aux influences disco à la mode, Sparkle est gorgé d’influences funk et soul, à la fois old school et new school. Percutante, Aretha renoue avec le succès. Cependant, les albums suivants, Sweet Passion (1977), Almighty Fire (1978) et La Diva (1979), déçoivent. Aretha Franklin, dépassée par la mouvance disco dans laquelle elle ne se reconnait pas, quitte finalement Atlantic Records et rejoint Arista Records en 1979.
Les années pop chez Arista (1980-2008)
En 1980, après avoir quitté Atlantic Records, Aretha signe avec Arista Records et Clive Davis. Elle donne la même année un concert sur mesure au Royal Albert Hall de Londres devant la reine Elizabeth. Aretha est ensuite invitée sur le tournage des Blues Brothers en 1980. Elle y joue la propriétaire d’un restaurant de cuisine et l’épouse de Matt « Guitar » Murphy. Elle partage l’affiche avec les deux autres plus grandes stars soul des années 1960 : James Brown et Ray Charles. Pour l’occasion, elle re-enregistre sa chanson Think. La performance d’Aretha est saluée par la critique. Think devient une des chansons signatures d’Aretha et sa chanson la plus connue en France.
La même année, elle sort son premier album chez Arista Records qui contient ses deux premiers succès de la décennie United Together, et sa reprise de I Can’t Turn You Loose d’Otis Redding nominée l’année suivante aux Grammy Awards. L’album suivant, Love All the Hurt Away (1981), comprend son célèbre duo avec George Benson sur la chanson titre, ainsi que sa reprise de Hold On, I’m Comin’ de Sam & Dave, qui lui permet de décrocher un Grammy Award supplémentaire. En 1982, Aretha décroche un disque d’or – pour la première fois en sept ans – avec l’album Jump to It produit par Luther Vandross, fervent admirateur de la chanteuse. L’année suivante, elle sort Get It Right toujours produit par Luther Vandross. Le titre se hisse comme Jump To It en tête des hit-parades R&B. En 1985, Who’s Zoomin’ Who? devient son premier album chez Arista Records à être certifié platine. L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires, porté par les succès de Freeway of Love, la chanson titre, et Another Night. L’année suivante, elle sort un second album à succès avec les singles Jumpin’ Jack Flash, Jimmy Lee et I Knew You Were Waiting for Me, célèbre duo qu’elle partage avec George Michael. Andy Warhol signe la pochette du disque . En 1987, elle opère un retour vers la musique de son enfance avec l’enregistrement d’un troisième album gospel, One Lord, One Faith, One Baptism, enregistré à l’église baptiste New Bethel de son défunt père. En 1989, elle sort Through the Storm et enregistre des duos avec Whitney Houston, James Brown et Elton John. La même année, Aretha interprète America the Beautiful lors de la Wrestlemania III de la WWE.
Les années 1990 sont cependant moins fructueuses pour Aretha. En 1991, son album What You See is What You Sweat se vend peu. En 1993, elle chante à l’investiture de Bill Clinton et se produit à la Maison Blanche pour le Président et la Première Dame avec lesquels elle se lie d’amitié. Aretha revient dans les charts en 1993 avec la chanson A Deeper Love du film Sister Act puis en 1994 avec la chanson Willing to Forgive. Elle signe par ailleurs un titre sur un album hommage à Lady Diana, sur un disque de Curtis Mayfield ainsi que pour la bande originale d’un film sur la vie de Malcolm X : Someday We’ll All Be Free.
La fin des années 1990 permet cependant à Aretha de s’imposer comme chanteuse de référence. En 1998, elle partage l’affiche du concert Divas Live organisé par VH1 au Beacon Theatre de New York avec Mariah Carey, Céline Dion, Shania Twain, Carole King et Gloria Estefan. Sa performance de Natural Woman avec les autres divas fera date88. En 1998, elle se réinvente en sortant A Rose Is Still A Rose, produit et écrit par Lauryn Hill du groupe The Fugees. L’album du même nom est un succès, se vend à plus de 500 000 exemplaires et permet à Aretha de remporter un disque d’or de plus.
Cette même année, elle remplace au pied levé Luciano Pavarotti aux Grammy Awards. Ce soir-là, alors que le spectacle a déjà commencé, Luciano Pavarotti contacte les producteurs des Grammy et annonce qu’il est bien trop malade pour interpréter comme prévu l’aria d’opéra Nessun Dorma. 20 minutes avant la performance, les producteurs du spectacle proposent à Aretha de remplacer le chanteur d’opéra. Amie de Pavarotti, Aretha avait justement chanté la chanson deux soirs auparavant lors d’un évènement pour MusiCares. Elle écoute l’enregistrement de la répétition de Pavarotti et accepte de chanter la chanson dans la tessiture de ténor et dans la tonalité préparée par l’orchestre. Introduite par Sting qui explique l’imprévu au public, Aretha arrive finalement sur scène. Le public l’honore d’une standing ovation. Elle chantera à nouveau la chanson à Philadelphie pour le pape François lors de la réunion mondiale des familles en septembre 2015. En pleine performance, un petit garçon, touché par l’interprétation d’Aretha, monte alors sur scène et l’embrasse.
En 2003, Aretha sort So Damn Happy et la chanson Wonderful, récompensée aux Grammy Awards. En 2004, elle annonce qu’elle quitte Arista Records après plus de 20 ans de travail pour le label. Pour compléter ses obligations, elle publie cependant un dernier album de compilation de duos, Jewels in the Crown. L’année suivante, elle publie l’album de Noël This Christmas chez DMI Records. Puis en février 2006, elle chante The Star-Spangled Banner avec Aaron Neville et Dr. John pour le Super Bowl XL, qui se tient dans sa ville de Détroit.
Les dernières années (2008-2018)
Le 20 janvier 2009, Aretha Franklin revient au premier plan en interprétant My Country, ‘Tis of Thee lors de la cérémonie d’investiture du président Barack Obama. Le chapeau qu’elle porte ce jour devient culte. En 2011, Aretha, sous son propre label Aretha’s Records, sort l’album Aretha : A Woman Falling Out of Love.
En 2014, Aretha signe sous le label RCA Records, contrôleur du catalogue Arista Records et label frère de Columbia et Sony Music Entertainment98. Elle renoue donc avec son producteur Clive Davis. Un album est enregistré avec les producteurs Babyface et Danger Mouse. Le 29 septembre 2014, Aretha se produit au Late Show de David Letterman avec Cissy Houston et chante Rolling in the Deep d’Adele et Ain’t No Mountain High Enough de Marvin Gaye/Diana Ross. Sa reprise de Rolling in the Deep figure sur son premier et dernier album chez RCA, Aretha Franklin Sings the Great Diva Classics, sorti en octobre 2014. Ce faisant, elle devient la première femme à avoir cent chansons au palmarès des Hot R&B/Hip-Hop Songs du Billboard avec le succès de sa reprise de Rolling in the Deep d’Adele.
Elle se produit à la Maison-Blanche en 2015 et y chante I Never Loved A Man et Amazing Grace. En décembre 2015, Aretha chante (You Make Me Feel Like) A Natural Woman au Kennedy Center Honors à Washington pour Carole King, honorée ce soir-là. Barack Obama, submergé par l’émotion, ne peut retenir ses larmes102,103. Vers la fin de la chanson, elle fait tomber son manteau de fourrure sur scène, ce qui lui vaut une standing ovation du public. C’est sa dernière grande performance. Elle retourne au Ford Field de Détroit le jour de Thanksgiving 2016 pour interpréter une nouvelle fois l’hymne national lors du match entre les Vikings du Minnesota et les Lions de Détroit. Assise derrière le piano, vêtue d’un manteau de fourrure noire et d’une casquette des Lions, Aretha chante The Star-Spangled Banner pendant plus de quatre minutes et y inclut un certain nombre d’improvisations.
Aretha sort son dernier disque A Brand New Me en novembre 2017 avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres, qui utilise des enregistrements d’archives d’Aretha avec lesquels ils réarrangent ses plus grandes chansons.
Aretha annule un certain nombre de concerts en 2017 pour des raisons de santé et demande, lors d’un spectacle en plein air à Détroit devant 15 000 personnes, à ce que le public prie pour elle. Aretha continue cependant de se produire partout dans le pays et à se faire acclamer par le public comme par les critiques. Le 3 septembre 2017, elle joue une dernière fois au Ravinia Festival. Sa dernière représentation a finalement lieu à la cathédrale de St. John the Divine à New York lors du gala du 25e anniversaire d’Elton John pour la Elton John AIDS Foundation, le 7 novembre 2017. Aretha y paraît très affaiblie et très amaigrie.
Mort
Le 13 août 2018, Aretha est gravement malade chez elle, à Riverfront Towers, à Détroit. Elle est en soins palliatifs et entourée de ses amis et de sa famille ; Stevie Wonder, Jesse Jackson et son ex-mari Glynn Turman lui rendent visite sur son lit de mort. Elle meurt à son domicile le 16 août, à l’âge de 76 ans, sans testament. La cause du décès est une tumeur neuroendocrinienne pancréatique maligne (pNET), distincte de la forme la plus courante de cancer du pancréas.
Hommages
De nombreuses célébrités de l’industrie du divertissement et des hommes politiques lui rendent hommage, dont les anciens présidents américains Bill Clinton et Barack Obama, pour qui Aretha a « contribué à définir l’expérience américaine ». L’activiste des droits civils Al Sharpton la qualifie d’« icône des droits civiques et de l’humanitaire ». Elton John déclare : « La perte d’Aretha Franklin est un choc pour tous ceux qui aiment la vraie musique : la musique qui vient du cœur, de l’âme et de l’Église. Sa voix était unique, ses capacités de pianiste sous-estimées. Elle était l’une de mes pianistes favorites […] Je l’adorais et vénérais son talent. Que Dieu la bénisse. »
Paul McCartney, Diana Ross, Christina Aguilera, Beyoncé, Britney Spears, Bruno Mars, Lady Gaga, John Legend, The Rolling Stones, Billy Joel, Ricky Martin, Carole King, Annie Lennox, Ariana Grande, Shawn Mendes, Céline Dion, Line Renaud réagissent tous à la disparition de la chanteuse.
Dans un communiqué de presse, la ministre de la Culture Françoise Nyssen déclare : « Avec Aretha Franklin, une immense interprète à la voix puissante et inoubliable nous quitte. Durant plus de 60 ans, aux États-Unis comme sur les scènes du monde entier, elle mit son talent au service du gospel, du Rhythm and blues, du jazz, et surtout de la musique soul, dont elle fut la reine. Nous nous souviendrons de ses albums d’anthologie, de ses grands concerts, de son chant lors des funérailles de Martin Luther King ou de l’investiture de Barack Obama. Je rends hommage à la très grande artiste — chanteuse et pianiste — aux 18 Grammy Awards. Et aussi à la femme qui imposait tout naturellement le respect, ce respect qu’elle a si bien chanté dans une chanson au succès planétaire. Je rends hommage à ses engagements en faveur des droits civiques, ainsi qu’à la cause féministe. »
À la mort d’Aretha, des fans lui rendent hommage dans des stations de métro de la ville de New York, stations Franklin Street à Manhattan, et Franklin Avenue à Brooklyn. L’opérateur du système de métro, la Metropolitan Transportation Authority place par la suite des panneaux autocollants temporaires en noir et blanc avec le mot « Respect » à côté des panneaux de nom « Franklin ». Son étoile sur Hollywood Boulevard est décorée, tout comme sa maison de naissance à Memphis. Des fans se regroupent par ailleurs devant l’église baptiste New Bethel à Détroit ainsi que devant le théâtre Apollo de New York. Sa musique est diffusée devant les édifices pendant plusieurs jours.
Comme l’activiste Rosa Parks en 2005, sa dépouille est exposée pendant trois jours au musée d’Histoire afro-américaine Charles H. Wright de Détroit.
Enterrement
Une cérémonie commémorative est organisée à l’église baptiste New Bethel Baptist Church le 19 août. Des milliers de personnes lui rendent hommage au cours d’une exposition publique au Musée Charles H. Wright d’histoire afro-américaine. Plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent pour voir la dépouille d’Aretha Franklin pendant trois jours.
Les funérailles du 31 août se déroulent au temple Greater Grace à Détroit – incluant hommages de célébrités, d’hommes politiques, d’amis et de membres de la famille. La cérémonie est retransmise en direct par des agences de presse – Fox News, CNN, The Word Network, BET et MSNBC.
Parmi ceux présent lors de la cérémonie, l’on compte notamment Ariana Grande, Bill Clinton, Al Sharpton, Louis Farrakhan, Faith Hill, Fantasia, The Clark Sisters, Ronald Isley, Angie Stone, Chaka Khan, Jennifer Holliday, Loretta Devine, Jennifer Hudson, Queen Latifah, Shirley Caesar, Stevie Wonder, Eric Holder, Gladys Knight, Cedric the Entertainer, Tyler Perry, Smokey Robinson et Yolanda Adams.
À la demande d’Aretha, le révérend Jasper Williams Jr. de la Salem Baptist Church d’Atlanta officie la cérémonie. Une centaine de Cadillac Rose déambule dans la ville de Détroit pour rendre hommage à Aretha et sa chanson Freeway of Love.
Après une procession télévisée le long de Seven Mile Road, Aretha Franklin est inhumée au cimetière de Woodlawn à Détroit.
Activisme
Rôle dans le mouvement des droits civiques
En 1967, Respect devient un hymne des droits civiques. Le respect réclamé par Aretha trouve un écho immédiat à un moment où la communauté afro-américaine demande elle à être respectée et considérée. « Respect, c’était un besoin pour toute une nation, pour l’homme et la femme de la rue, le businessman et la mère de famille, le pompier et l’enseignant. Tout le monde exigeait le respect. C’était également le cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques », écrit Aretha dans ses Mémoires.
Le militantisme d’Aretha pour le mouvement des droits civiques est un engagement de longue date. Aretha grandit dans le Détroit des années 1950, entourée dès son enfance par les plus grandes figures du mouvement des droits civiques. Son père, pasteur baptiste, est un militant et proche du pasteur Martin Luther King. Il organise en 1963 la marche pour la liberté de Détroit – à l’époque la plus grande manifestation pour les droits civiques jamais organisée aux États-Unis. Martin Luther King y récite une première version de son célèbre discours « I have a dream », quelques mois avant sa grande marche sur Washington. Le pasteur Martin Luther King joue un rôle essentiel dans la vie d’Aretha. Le pasteur est un habitué de l’Église de Pasteur C.L Franklin et dort chez les Franklin lorsqu’il est de passage à Détroit. Il devient une source d’inspiration pour la jeune Aretha.
À l’âge de 16 ans, elle part en tournée avec Martin Luther King, peu après l’enregistrement de son premier album. Dix ans plus tard, elle chantera à son enterrement. Elle y interpréta Precious Lord Take My Hand, la chanson préférée du révérend. Chanson qu’elle chante à plusieurs reprises pour le révérend notamment après un meeting au McCormick Place de Chicago en 1963. Ce soir-là, Dinah Washington, Mahalia Jackson et Aretha sont invitées à chanter. Taylor Branch dans America in The King Years se souvient de cette soirée : « Toutes les trois ont tenu le public en haleine jusqu’à deux heures du matin, mais Aretha remportait tous les suffrages en interprétant l’hymne final (…). Donnant une lecture bouleversante de Precious Lord, Take My Hand, elle laissait pantois un auditoire convaincu d’avoir assisté à un moment historique » Aretha chantera à plusieurs reprises pour Martin Luther King partout dans le pays. « Le noir est synonyme de beauté mais aussi de souffrance et de lutte » affirme Aretha. Dès le début des années 1960, une clause dans son contrat informe les promoteurs qu’elle ne se produit pas devant un public ségrégé.
En 1970, elle demande la libération de l’activiste Angela Davis et se propose de payer sa caution. Elle déclare alors publiquement:
« Mon père [le révérend C.L.Franklin de Détroit] me déconseille de prendre la parole mais je me dois de rester fidèle à mes convictions. Angela Davis doit être libérée. Les Noirs injustement enfermés doivent être libérés. J’ai moi-même été incarcérée [après une manifestation à Détroit] et je sais bien qu’il faut protester pour se faire respecter. La prison est un enfer. J’appelle la justice à faire son travail, non pas que je crois au communisme, mais parce qu’Angela Davis est une femme noire et qu’elle se bat pour la liberté du peuple noir. J’ai l’argent ; je l’ai obtenu du peuple noir — ils m’ont rendu financièrement capable de l’avoir, je veux donc l’utiliser pour aider notre peuple. »
Le militant Jesse Jackson explique : « Quand nous avions des difficultés à lever de l’argent à cause de la posture anti-guerre du docteur King, elle chantait gratuitement, levant de l’argent pour la cause. Une nuit à Houston au Texas, elle était sur scène et ils ont lancé du gaz lacrymogène sur le ventilateur. Elle a continué à chanter, elle est restée debout. » Jesse Jackson déclare par ailleurs à USA Today qu’Aretha a financé des dizaines de manifestations et campagnes en faveur des droits civiques. Aretha n’en a cependant jamais publiquement fait la promotion. Publiquement, Aretha demeure discrète quant à son engagement. Son producteur Jerry Wexler explique qu’« elle n’en parlait pas ».
« Pour elle, ses opinions appartenaient à sa vie privée. Elle consacrait beaucoup de son temps à Martin Luther King, mais sans jamais verser dans la polémique et les slogans faciles. Ses positions relevaient avant tout de ses croyances et de sa foi. »
Pour Dr Bernice King, la fille de Martin Luther King, Aretha est un « exemple frappant » de cette manière dont la musique peut se mettre au service des transformations sociales. « En tant que militante, elle n’a pas seulement utilisé sa voix pour divertir mais pour faire passer des messages et inspirer des générations et des générations. Ses chansons sont devenues des hymnes à la liberté. » Après Respect, les chansons Chain of Fools1, A Change Is Gonna Come, Think et Young, Gifted & Black incarnent le mouvement tout au long des années 1960-70. La force de sa voix et son assurance deviennent des symboles de fierté et de force. « Sa musique est porteuse d’une énergie électrique caractéristique de cette période charnière » explique Sebastien Danchin dans sa biographie consacrée à la chanteuse. John Lewis, figure historique du mouvement déclare :
« Quand elle chantait, elle incarnait ce pour quoi nous nous battions et sa musique nous renforçait. Elle nous revigorait. Elle était comme une muse dont les chansons nous donnaient la force de continuer. Sa musique nous a donné un plus grand sentiment de détermination pour ne jamais abandonner ni capituler et pour garder la foi. »
Au cours des décennies suivantes, Aretha Franklin devient le visage et la voix de premier plan des droits civiques des Afro-Américains. Naturellement, Barack Obama la choisit pour chanter à son investiture, lui, premier président afro-américain. Le présence d’Aretha est le symbole de la victoire du mouvement des droits civiques.
À sa disparition, son impact sur le mouvement des droits civiques est souligné. Barack Obama déclare : « Dans sa voix, nous pouvions lire notre Histoire, dans son entièreté et dans toutes ses nuances : notre puissance et nos peines, notre côté sombre et notre lumière, notre quête de la rédemption et le respect gagné difficilement. » Le NAACP, la grande organisation de défense des droits civiques, qui lui avait remis en 2008 un prix pour son action déclare :
« Personne ne peut évoquer le mouvement des droits civiques ni la musique sans offrir son respect à la Reine de la Soul. »
Figure féministe
Dans The Death Of Rhythm & Blues, le critique Nelson George affirme « Aretha exprimait tout ce que pouvait être la femme noire à l’heure où ses contemporaines (Diana Ross, Tina Turner, Dionne Warwick, Martha Reeves et même Gladys Knight) se trouvaient enfermées dans un rôle subalterne par des décisions artistiques de producteurs masculins ».
Pour des générations de femmes, Aretha est un modèle qui a représenté non seulement le combat pour l’égalité des droits mais aussi l’égalité hommes-femmes.
On compte parmi ses plus grandes chansons féministes : Think, Respect et Do Right Man, Do Right Woman.
Dans Do Right Man, Do Right Woman, elle chante en réponse à It’s a Man’s Man’s Man’s World de James Brown :
« A woman’s only human
You should understand
She’s not just a plaything
She’s flesh and blood just like her man
[…]
They say that it’s a man’s world
But you can’t prove that by me
And as long as we’re together baby
Show some respect for me. »
Dans Think, elle demande à son homme de bien penser aux conséquences de ses actes et du mal qu’il lui fait :
« You better think (think)
Think about what you’re tryin’ to do to me. »
Enfin dans Respect, elle transforme les mots écrits par Otis Redding et la chanson à connotation machiste en hymne féministe :
« What you want
Baby, I got it
What you need
Do you know I got it?
All I’m askin’
Is for a little respect when you get home (just a little bit)
Hey baby (just a little bit) when you get home
(Just a little bit) mister (just a little bit). »
La chanson Respect demeure la chanson féministe la plus emblématique d’Aretha Franklin. La chanson est à l’origine chantée et enregistrée par Otis Redding en 1966. La chanson n’est cependant pas un succès. L’année suivante, Aretha décide d’enregistrer sa propre version. Elle réécrit une partie des paroles, change la rythmique de la chanson, y ajoute un pont où elle scande chaque lettre de R-E-S-P-E-C-T. « All I’m asking is for a little respect when I come home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand je rentre à la maison ») devient alors « all I’m asking is for a little respect when you get home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand tu rentres à la maison »). David Ritz dans sa biographie consacrée à la chanteuse déclare : « Sa version est si profonde et si remplie d’angoisse, de détermination, de ténacité et de toutes ces émotions contradictoires que c’en est devenu un hymne. » Otis Redding reconnaîtra lui-même qu’Aretha s’est emparée de sa chanson. La chanson restera 12 semaines en tête des charts américains.
Femme à succès, affirmée, assurée, forte et talentueuse, Aretha devient un modèle pour beaucoup de femmes. Elle devient par ailleurs la première femme à entrer au Rock and Roll Hall of Fame en 1987, le panthéon américain du rock et la seconde femme intronisée au UK Music Hall of Fame. Elle est aussi la première femme noire à faire la une du Time.
Elle est la première femme à chanter au Palais des Sports à Paris en 1977. Le concert affiche complet.
Vie privée
Lieux de vie
Élevée à Détroit, Aretha Franklin s’installe dans les années 1960 à New York avant de déménager pour Los Angeles au milieu des années 1970. Elle s’installe à Encino et y vit jusqu’en 1982.
Elle retourne ensuite à Bloomfield Hills, dans la banlieue de Détroit, dans le Michigan, pour être proche de son père, dans le coma après avoir été victime d’un cambriolage à son domicile. Elle restera à Détroit jusqu’à sa mort en 2018.
À la suite d’un incident en 1984, elle développe une phobie de l’avion qui l’empêchera de voyager à l’étranger ; elle ne se produit par la suite qu’en Amérique du Nord152 et refuse, dès lors, plusieurs invitations de la reine Élisabeth .
Enfants
Aretha Franklin est mère de quatre fils.
Elle donne naissance à son premier enfant, nommé Clarence en l’honneur de son père, le 28 janvier 1955 à l’âge de 12 ans7. Des rumeurs attribuent la paternité à Donald Burk, un garçon qu’elle a connu à l’école. Cependant, dans l’un de ses testaments manuscrits découverts en 2019, Aretha révèle que le père est Edward Jordan, aussi père de son deuxième fils.
Le 31 août 1957, Aretha Franklin a un deuxième enfant avec Jordan, nommé Edward Derone Franklin7. Aretha n’a cependant jamais annoncé publiquement l’identité du père, et ses deux enfants portent néanmoins son nom de famille : Franklin.
Son troisième enfant, Ted White Jr, naît en février 1964 de son mari de l’époque, Theodore « Ted » White. Ted White Jr est connu professionnellement sous le nom de Teddy Richards et joue de la guitare pour sa mère tout au long de sa vie.
Enfin, son plus jeune fils, Kecalf Cunningham, né en avril 1970, est l’enfant de son road manager Ken Cunningham. Kecalf vient des initiales de ses parents KEC pour Ken E. Cunningham et ALF pour Aretha Louise Franklin.
Vie amoureuse
Aretha Franklin s’est mariée deux fois. Elle épouse Ted White, en 1961 à l’âge de 19 ans. Aretha rencontre White pour la première fois lors d’une fête organisée chez elle en 1954. White est à l’époque le compagnon de la chanteuse de blues Dinah Washington. Après un mariage controversé et un certain nombre de violences domestiques, Aretha se sépare de Ted en 1968 et divorce en 1969.
Aretha Franklin épouse ensuite l’acteur Glynn Turman, le 11 avril 1978, dans l’église de son père à Détroit. Aretha devient la belle-mère des trois enfants de Glynn issus d’un précédent mariage. Aretha et Glynn se séparent finalement en 1982 après le retour d’Aretha dans le Michigan. Le couple divorce en 1984.
En 2012, Aretha Franklin annonce son prochain mariage avec son compagnon de longue date Willie Wilkerson. Elle et Wilkerson s’étaient déjà fiancés deux fois auparavant. Aretha annule cependant le mariage sans aucune explication.
Aretha Franklin aurait aussi entretenu des relations avec les chanteurs Sam Cooke, James Brown et Dennis Edwards du groupe Motown The Temptations. Ce dernier lui inspirera la chanson Day Dreaming.
Frères et sœurs
Les sœurs d’Aretha Franklin, Erma et Carolyn, sont chanteuses professionnelles et chantent à de nombreuses reprises sur les enregistrements d’Aretha, notamment pour Atlantic Records. Sa sœur Carolyn Franklin écrit plusieurs chansons pour Aretha dont deux grands succès : Ain’t No Way et Angel. Erma Franklin accompagne aussi Aretha en tournée et enregistre la chanson Piece of My Heart. La chanson ne connait cependant le succès que quelques années plus tard avec la reprise de Janis Joplin.
Après le divorce d’Aretha Franklin avec Ted White, son frère Cecil devient son manager jusqu’à sa mort d’un cancer du poumon le 26 décembre 1989. Carolyn décède, elle, en avril 1988 d’un cancer du sein, tandis qu’Erma meurt d’un cancer de la gorge en septembre 2002. Vaughn, le demi-frère de Franklin, meurt fin 2002. Sa demi-sœur, Carol Kelley (née Jennings en 1940), est la fille de C. L. Franklin et de Mildred Jennings, une paroissienne de l’église baptiste de New Salem à Memphis, alors âgée de 12 ans.
Mort de son père C.L Franklin
Au Aladdin Hotel de Las Vegas le 10 juin 1979, Aretha Franklin apprend que son père, C. L., a été abattu à bout portant dans sa maison de Détroit. Après six mois passés à l’hôpital Henry Ford et alors qu’il est encore dans le coma, C. L. est ramené chez lui. Des soins infirmiers lui sont administrés 24 heures sur 24. Aretha revient à Détroit fin 1982 pour aider aux soins de son père et soutenir ses sœurs.
Le révérend meurt à la New Light Nursing Home de Détroit le 27 juillet 1984.
Proches dans l’industrie musicale
Aretha Franklin est, entre autres, une amie proche de Stevie Wonder, Smokey Robinson, Berry Gordy, Ray Charles, Mavis Staples, Mahalia Jackson, Sam Cooke, The Four Tops, Chaka Khan, Luther Vandross, Gladys Knight, Patti Labelle et Cissy Houston, mère de Whitney Houston — dont elle est la marraine. — et choriste au sein des Sweet Inspirations pour Aretha. Cissy Houston chante d’ailleurs en fond sonore sur le tube d’Aretha Ain’t No Way.
Aretha Franklin rencontre pour la première fois la fille de Cissy, Whitney Houston, au début des années 1970. Elle devient sa marraine de cœur. Whitney l’appellera toute sa vie : « Auntie Ree » (Tante Ree).
Addictions
Aretha Franklin a lutté une grande partie de sa vie contre l’alcoolisme, la boulimie et l’addiction au tabac, qu’elle fumait à la chaîne. Elle arrête l’alcool dans les années 1960 et le tabac en 1992.
Opinions politiques
Aretha Franklin est une démocrate de longue date. Elle a chanté avant plusieurs meetings de Barack Obama, plusieurs conventions démocrates et pour l’investiture de trois présidents démocrates: Jimmy Carter, Bill Clinton et Barack Obama.
Croyances
Elle était chrétienne baptiste et a organisé plusieurs concerts à l’église baptiste New Bethel Baptist Church de Détroit.
Controverses
À l’enterrement de Whitney Houston le 18 février 2012, Aretha annule sa venue en raison de spasmes à la jambe. La chanteuse Dionne Warwick fera remarquer l’absence d’Aretha en direct pendant la cérémonie. Une guerre médiatique est alors lancée entre les deux artistes.
Aretha Franklin est connue pour ses rivalités avec un certain nombre de ses pairs notamment Barbra Streisand, Roberta Flack, Gladys Knight, Diana Ross, Luther Vandross et Tina Turner.
En 1976, Natalie Cole sort le titre This Will Be. La chanson, d’abord proposée à Aretha, est finalement enregistrée par Natalie Cole, fille de Nat King Cole. La chanson devient un succès mondial. Fortement influencée par Aretha, Natalie Cole remporte le Grammy Awards de la meilleure performance féminine R&B qu’Aretha avait gagné jusqu’ici tous les ans pendant 8 ans. L’étiquette de « nouvelle Aretha Franklin » donnée par la presse à Natalie Cole entraîna une rivalité entre les deux chanteuses.
Aretha souffre de troubles alimentaires depuis la mort de sa mère à l’âge de dix ans7. Ses prises de poids à répétition sont vivement relayées dans les medias. En 2011, après un hommage rendu aux Grammy Awards, Aretha apparaît très amincie. Elle reconnaîtra à la journaliste Wendy Williams avoir perdu 85 livres (environ 40 kilos).
Lors de la 50e cérémonie des Grammy Awards le 10 février 2008, la chanteuse Beyoncé prend la parole pour présenter Tina Turner. À la fin d’un magnéto où elle cite entre autres Aretha, Beyoncé déclare qu’« il existe une légende qui possède l’essence de tout : du glamour, de la soul, de la passion, de la force, du talent. Mesdames et messieurs… levez-vous pour la reine ! » L’agent d’Aretha rapporte après la cérémonie sa réaction : « Je ne sais pas exactement qui, des auteurs des Grammys ou de Beyoncé, j’ai froissé […], mais c’est un élément propre à créer la polémique. » Quelque temps plus tard, Aretha reconnaitra cependant être une grande admiratrice de Beyoncé.
En 2014, David Ritz, avec qui Aretha avait coécrit son autobiographie, publie Respect: The Life Of Aretha Franklin. Aretha déclare alors : « Comme beaucoup d’entre vous le savent, un livre poubelle, rempli de mensonges à mon sujet vient de sortir… Les actions [de son auteur] sont évidemment vindicatives — cherchant à se venger d’avoir supprimé certains passages délirants qu’il voulait inclure dans mon livre il y a 15 ans. Il est évident qu’il m’en veut depuis. » Le livre revient sur ses premières grossesses, sur la personnalité de son père et de sa mère, sur ses rivalités avec ses pairs, sur sa grande timidité, sa jalousie, sur ses excès de diva, sa boulimie, ses dépressions ou encore sur son addiction à l’alcool. David Ritz reproche à Aretha d’avoir cherché à peindre dans les médias une vie idyllique en omettant les épreuves et moments douloureux de sa propre vie.
À la suite du décès d’Aretha Franklin, le président Donald Trump déclare qu’il la connaissait bien et qu’elle avait travaillé pour lui à plusieurs reprises. Cette déclaration fait réagir — beaucoup rappellent qu’Aretha Franklin avait refusé de chanter à la cérémonie d’investiture de Donald Trump. Il voulait en effet qu’elle chante pour « réconcilier le pays » après son élection mais elle avait alors déclaré qu’aucune somme d’argent ne pouvait la convaincre de venir jouer pour lui.
Lors des MTV Video Music Awards en 2018, Madonna est invitée pour rendre hommage à Aretha. L’hommage jugé mégalomane oblige Madonna à réagir à la polémique. Elle déclare : « On m’a demandé de présenter le prix de la vidéo de l’année ! Puis on m’a demandé de partager des anecdotes dans ma carrière liées à Aretha Franklin ! J’ai évoqué une étape sur ma route et j’ai remercié Aretha de m’avoir inspirée. Je n’ai pas voulu lui rendre un hommage ! Je n’aurais pas pu lui rendre justice dans ce contexte. Hélas les gens ont une capacité d’attention limitée, et ils jugent rapidement. J’adore Aretha ! »
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/38863-Aretha-Franklin