BEE GEES
The Bee Gees est un groupe anglo-australien formé en 1958 à Brisbane (Queensland) en Australie par trois des frères Gibb originaires de Douglas (île de Man) : Barry et les jumeaux Robin et Maurice, initialement associés à un guitariste (Vince Melouney) et à deux batteurs (Colin Petersen et Geoff Brigford) australiens. Le total des ventes de disques du groupe sur toute sa carrière est estimé à 220 millions, faisant de lui l’un des plus grands vendeurs de disques.
Au cours de leur carrière d’une quarantaine d’années, on peut distinguer trois périodes distinctes de succès :
- La pop britannique de la fin des années 1960 à 1973, avec des chansons telles que Massachusetts, To Love Somebody, I Started a Joke, période durant laquelle Robin et Barry étaient les leaders du groupe.
- La vague disco de 1975 à 1979, avec des chansons comme Stayin’ Alive, How Deep Is Your Love, Night Fever ou Tragedy, correspond à l’explosion médiatique et commerciale du trio. Barry devient le chanteur-leader et utilise désormais son falsetto qui devient la marque de fabrique des Bee Gees. Ils atteignent pendant cette période le paroxysme de leur succès grâce à la bande originale du film La Fièvre du samedi soir (1977).
- Les années 1980 à 2001 davantage orientées soft rock avec des titres tels que You Win Again mais aussi Woman in love ou Islands in the stream, marquées par des collaborations et une activité de producteurs pour des artistes tels que Barbra Streisand, Céline Dion, Kenny Rogers, Diana Ross ou encore Dionne Warwick.
Au cours de sa carrière, le groupe a gagné neuf Grammy awards et a été intronisé au Rock and Roll Hall of Fame. Une quarantaine de ses titres ont été classés dans les charts du monde entier entre 1965 et 2001, et dix-sept de ses compositions ont été numéro un dans les classements américains entre 1971 et 19836.
Les Bee Gees sont un groupe à trois harmonies vocales. Barry chante avec sa voix classique et avec une voix de fausset apparue dans les années 1970, Robin donne un vibrato aérien, et Maurice, qui est aussi le directeur musical du groupe, chante les harmonies hautes ou basses. Les trois frères sont aussi musiciens, Barry joue de la guitare, Robin de l’orgue et Maurice de la basse, de la guitare, de la batterie et du clavier. Les trois frères ont écrit la quasi-totalité de leurs chansons et affirmé « se sentir comme une seule personne en travaillant ensemble ».
Le 12 janvier 2003, alors âgé de 53 ans, Maurice, qui souffrait d’une occlusion intestinale, n’a pas supporté l’opération et est mort à la suite d’une attaque cardiaque. Robin meurt à 62 ans en mai 2012 des suites d’un cancer. Le plus jeune de la fratrie Gibb, Andy, qui faisait une carrière en solo, est quant à lui mort en 1988, à l’âge de 30 ans, d’un problème cardiaque causé par son addiction aux drogues dures. Le seul membre encore vivant, Barry, continue à effectuer des tournées, après la dissolution du groupe en 2012.
Histoire
La famille
Les trois frères du groupe font partie de la famille Gibb. Ils sont nés sur l’île de Man (dépendance de la couronne britannique). La famille se compose de Hugh Gibb, de Barbara Pass8, le père et la mère, de Lesley Evans, l’aînée, née en 1945, de Barry né en 1946, des jumeaux Robin et Maurice nés en 1949 et d’Andy Gibb, né en 1958.
En 1955, la famille s’installe à Keppel Road, Chorlton-cum-Hardy, près de Manchester : c’est là que les jeunes frères Gibb chantent pour la toute première fois et que naît Andy. Les jeunes garçons se conduisent parfois comme des chenapans et la famille doit quitter la région. À la fin de l’année 1958, la famille part à Brisbane, en Australie, et emménage dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la métropole, Cribb Island. Barry déclare à ses frères qu’ils doivent prendre une décision : soit ils deviennent des voyous, soit ils deviennent des musiciens.
Débuts
À leurs débuts dans le Queensland, en 1958, les frères Gibb — Barry, Robin et Maurice — chantent avec Paul Frost et Kenny Oricks, et sont connus sous le nom de The Rattlesnakes, changeant de nom plus tard en Wee Wish Johnnie Hayes and The Bluecats. En 1962, les trois frères deviennent The Bee Gees. Les initiales « BG » proviendraient de différents noms : Barbara Gibb (leur mère) ; Barry Gibb ; Brothers Gibb (« frères Gibb ») ; Bill Goode, un disc-jockey et organisateur de courses automobiles. Le groupe se produit alors entre 1964 et 1966 dans des émissions de variétés locales et interprète avec brio des reprises de Bob Dylan comme Blowin’ in the Wind, ou encore Out of Time des Rolling Stones. Les harmonies vocales et le vibrato aérien de Robin marquent la signature du groupe. Le trio publie à cette même période deux premiers albums, mais sans succès. Fans des Beatles et des Rolling Stones, les frères Gibb décident de retourner en Angleterre. Coïncidence : durant leur voyage pour Londres, en décembre 1966, leur titre Spicks and Specks est numéro un en Australie.
Premiers succès
En janvier 1969 sort l’album concept pop-baroque Odessa ; First of May est le nouveau titre, mais des tensions règnent au sein du groupe, Colin Petersen et Vince Melouney sont remerciés bien que des contrats de travail les lient aux Bee Gees. Robin Gibb qui chante sur plusieurs succès commerciaux a de plus en plus de mal à accepter de rester au second plan face à Barry , et en février 1969 il quitte le groupe à son tour. Lesley Evans, la sœur aînée, le remplace très brièvement lors d’un concert filmé pour l’émission de TV de Lulu. Malgré les succès des autres titres de l’album Lamplight et Marley Purt Drive, la promotion d’Odessa est interrompue. Robin enregistre le titre Saved by the Bell qui est un succès. Le groupe continue sous le même nom avec Barry et Maurice, qui enregistrent l’album Cucumber Castle et le tube Don’t Forget to Remember. Puis chacun des deux enregistre un album solo (albums jamais édités à ce jour). Il semble alors que le groupe ne se reformera plus. Mais la carrière solo de Robin est difficile, et en juin 1970 il revient d’abord avec Maurice, puis avec Barry : le groupe se reforme. En décembre 1970 il déclare dans Time Magazine : « Si nous n’avions pas été parents, nous ne nous serions probablement jamais remis ensemble ».
L’année 1971 marque le retour du groupe avec des hits comme Lonely Days, How Can You Mend a Broken Heart (numéro 1 aux États-Unis), My World, Run to Me. C’est surtout aux États-Unis que les Bee Gees triomphent, mais ce come-back est de courte durée. En 1972, The Bee Gees deviennent Bee Gees. Durant cette période, la musique du trio semble être passée de mode, entre country et pop, les singles Israel, Alive, Living in Chicago, Saw a New Morning, Wouldn’t I Be Someone qui sortent entre 1972 et 1973 n’ont pas de succès, les Bee Gees donnent malgré tout des séries de concerts, notamment en Asie. Mais le groupe est au point mort. Maurice Gibb divorce de Lulu, et le trio est condamné à jouer dans les petits clubs du nord de l’Angleterre à la fin de l’année 1973. En janvier 1974, un LP qui devait s’appeler A Kick in the Head Is Worth Eight in the Pants est rejeté par leur manager, Robert Stigwood, à la suite de l’échec des précédentes sorties du groupe.
Stigwood suggère aux Bee Gees d’utiliser Arif Mardin surnommé « le docteur de la musique » comme nouveau producteur et de changer de cap musical. Ils quittent l’Angleterre pour s’installer à Miami et travailler dans les studios Criteria. C’est un nouveau départ pour le trio qui décident de former un nouveau groupe avec Barry à la guitare, Maurice à la basse, Alan Kendall à la lead guitare, Denis Bryon à la batterie et Blue Weaver aux claviers. Les Bee Gees renouent avec la soul et publient l’album Mr Natural. Le groupe donne un nouveau souffle à sa musique.
Période Disco
En 1975, les Bee Gees enregistrent l’album funky, Main Course aux studios Atlantic de New-York et Criteria à Miami. Cet album atteint la 5e place du hit-parade britannique le 2 août 1975 puis la 14e place du hit-parade américain le 20 mars 1976. C’est dans cet album que Barry chantera pour la première fois en falsetto, ce qui contribuera au nouveau son des Bee Gees et à leur regain de popularité. Le single qui en est extrait, Jive Talkin’, est no 5, puis no 1 aux États-Unis le 9 août 1975 dans le Hot 100 du magazine Billboard. Night on Broadway est le second single qui sort en septembre, la chanson se classe 4e aux États-Unis et entre dans les top 20 dans le reste du monde. Fanny Be tender et Come on Over sont les autres succès de cet album. L’année suivante le groupe sort l’album Children of the world, au son plus Rn’b, s’offrant également les services de deux sorciers des studios du moment, Albhy Galuten et Karl Richardson. You Should Be Dancing est leur premier single à l’allure disco (no 6 au RU le 28 août 1976 ; no 1 en EU le 4 septembre 1976). D’autres singles à succès suivront : Love So right, Boogie Child et Children Of the World. Les Bee Gees triomphent à nouveau aux États-Unis, entamant une tournée américaine de 20 dates en novembre et décembre. En janvier 1977 ils donnent quelques concerts au Canada. Ils sortent en mai 1977 leur premier album live Here at Last… Bee Gees… Live : cet album se vend à plus de 5 millions d’exemplaires et se classe dans les top 10 du monde entier. Durant la fin des années 1970 Robin Gibb ne chantera quasiment plus de partie en solo mais se contentera d’accompagner Barry.
En mars 1977, Robert Stigwood, le manager des Bee Gees, produit la musique disco du film Saturday Night Fever (La Fièvre du samedi soir). Il contacte le groupe, qui est en session d’enregistrements aux studios du château d’Hérouville en France, demandant dans l’urgence 4 chansons pour la bande sonore de son projet de film. Finalement, ils en enregistrent cinq nouvelles et en donnent deux autres. Stayin’ Alive, Night fever, More than a Woman, How deep is your love, Emotion, If I can’t have you, You should be dancing et Jive talkin. La musique du film est la 54e plus grosse vente d’albums de tous les temps.
Le 10 décembre 1977 la ballade How Deep Is Your Love, extraite du film, est no 3 au Royaume-Uni et no 1 aux États-Unis deux semaines plus tard. Sorti en janvier 1978, le double album contenant la bande sonore originale du film se vend à plus de 45 millions d’exemplaires. Le 23 février 1978 les Bee Gees remportent le Grammy de la « Best Pop Vocal Performance by a Duo, Group or Chorus pour How Deep Is Your Love.
Le 4 mars 1978 Stayin’ Alive se classe quatrième au Royaume-Uni, tandis que le même jour Andy Gibb, avec (Love Is) Thicker Than Water – coécrit avec Barry – déloge Stayin’ alive de la première place. Le 18 mars suivant les Bee Gees, au sommet de leur carrière musicale avec le classique disco Night Fever, détrônent à leur tour Andy, qui détenait la première place du hit-parade américain. Night Fever est no 1 au Royaume-Uni le 29 avril. Le 6 mai 1978 Saturday Night Fever est no 1 mondial.
Saturday Night fever devient un vrai phénomène de société et propulse les Bee Gees au rang de super stars. La musique des Bee Gees passe en boucle dans les radios et dans les nights clubs du monde entier. Ils font la une des magazines people, et la moindre apparition du groupe aux États-Unis déclenche une hystérie chez les fans. L’année 1978 est aussi l’occasion pour les trois frères Gibb devenus des stars planétaires de jouer les acteurs dans le film Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band aux côtés de Peter Frampton, Alice Cooper et Aerosmith. Malheureusement le film produit par Robert Stigwood est un échec commercial.
Barry Gibb écrit et produit la chanson Grease, une autre comédie musicale produite par Robert Stigwood. La chanson est interprétée par Frankie Valli, elle est numéro 1 aux États-Unis en mai 1978. D’autres chansons écrites et produites par les frères Gibb caracolent en tête des charts telles que Emotion interprétée par Samantha Sang et If I can’t Have you chantée par Yvonne Elliman. Leur frère cadet Andy Gibb connaît également une carrière de chanteur et surfe sur le succès avec des titres comme, I just want to be your everything, Shadow dancing, (Love Is) Thicker Than Water : trois numéros 1 aux États-Unis entre 1977 et 1979. Les chansons sont écrites par ses frères et produites par Barry.
En 1979 les Bee Gees sortent l’album Spirits Having Flown, qui sera également un grand succès avec des titres tels que : Tragedy, Too much heaven, Love You Inside Out, Spirits having flown et Rest your love on me. L’album s’écoule à plus de vingt millions d’exemplaires. Pour célébrer l’année internationale de l’enfance, les frères Gibb décident de reverser les ventes du single Too much heaven à l’UNICEF. La somme reversée est estimée à plus de 7 millions de dollars. C’est également cette année que le groupe entame sa grande tournée américaine The Spirit Tour. Une tournée ambitieuse pour célébrer le succès mondial de Saturday Night fever : le groupe affiche entre juin et octobre 41 dates, loue un Boeing 747 avec le logo de la tournée, des effets spéciaux animent chaque concert ; de plus les trois frères sont vêtus de pantalons blancs moulants avec des vestes pailletées blanches éblouissantes tout le long de la tournée. Parmi les 60 000 personnes au Dodger Stadium de Los Angeles, de nombreuses stars étaient présentes comme Barbra Streisand, Rod Stewart, Cary Grant ou encore John Travolta. Les Bee Gees célèbrent leur succès monstre, ils ont aligné plus de neuf numéros un d’affilée rien que dans les charts américains entre 1975 et 1979, un autre record pour le groupe avec plus de cinq titres simultanément dans le top ten US en avril 1978 ; enfin, en 1980, le groupe a déjà raflé 8 Grammy Awards, toujours aux États-Unis. À la fin de l’année 1979 le groupe sort la compilation Bee Gees Greatest qui regroupe les hits 1975-1979, l’album s’écoule à plus de 8 millions d’exemplaires. Devenus multimillionnaires, les trois frères Gibb s’installent définitivement à Miami Beach et créent leur propre studio de production le Middle Ear Recording Studio.
Renouveau
En 1981, le Disco n’a plus la cote, les Bee Gees se séparent de leur producteur Robert Stigwood et ouvrent un nouveau chapitre de leur carrière. Le groupe sort l’album Living Eyes qui n’aura pas le succès monstre des deux précédents albums, mais les singles Living Eyes et He’s a Liar, auront quand même un certain succès. En 1983, Sylvester Stallone produit et réalise le film Staying Alive la suite de Saturday Night Fever, les frères Gibb collaborent à nouveau sur la BO avec 5 nouvelles chansons. Woman in You en est le titre phare.
Après cela ils feront une pause d’environ cinq ans, durant laquelle ils sortiront des albums solo : pour Robin How Old are You (1983), Secret Agent (1984), Walls Haves Eyes (1985), pour Barry Now Voyager (1984), Hawks (1988), et pour Maurice A Breed Apart (1984). Robin Gibb sera celui qui aura le plus de succès en solo avec des titres tels que Juliet, Another Lonely Night In New York, Boys Do Fall in Love et Like a Fool.
Les frères Gibb produiront et composeront aussi des albums à succès pour d’autres artistes internationaux tels que Barbra Streisand avec l’album pop Guilty qui contient le tube planétaire de 1980 Woman in Love. Guilty sera d’ailleurs l’album le plus vendu de sa carrière avec plus de 20 millions de copies dans le monde16. En 1983, Barry et sa team de production Albhy Galuten et Karl Richardson produisent l’album country Eyes That See in the Dark de Kenny Rogers. Le single Islands in the Stream que Kenny interprète en duo avec Dolly Parton est numéro un mondial. D’ailleurs, Barry devient un des trois meilleurs compositeurs de musique pop pour avoir inscrit au billboard US plus de 13 compositions arrivées à la première place entre 1971 et 1983. Enfin, deux autres divas de la soul, Dionne Warwick et Diana Ross, ont sorti des hits entre 1982 et 1985, tels que Heartbreaker et Chain Reaction. Barry compose et produit d’autres chansons telles que Indian Summer en 1985 pour Roy Orbison en duo avec Larry Gatlin, ou encore Your Love Will Save the World pour Percy Sledge. Les frères Gibb participent à l’album des jeux olympiques d’été de Seoul en 1988, avec Shape of Things to Come et Fight en duo avec Eric Clapton. Barry écrit et produit la BO du film Hawks, réalisé par Robert Ellis Miller en 1988 avec la participation de Timothy Dalton. Barry fait la promotion du film avec le single Childood Days en 1988.
En 1986, les trois frères Gibb reforment le groupe mythique. À partir de 1987 les Bee Gees, qui ont déjà vendu plus de 100 millions d’albums, ont une nouvelle période de succès, avec des morceaux pop collant aux styles du moment. La rythmique est différente, plus innovatrice, avec des titres tels que You Win Again en 1987, de l’album E.S.P., One, Ordinary Lives en 1989, de l’album One, Secret Love, When He Gone, The Only Love en 1991, de l’album High Civilzation, For Whom the Bell tolls, Paying The Price Of love et How to Fall in Love en 1993, de l’album Size Isn’t Everything. Robin Gibb a de nouveau (comme dans la première période : fin des années 1960-début 1970) un rôle de chanteur additionnel avec Barry. Maurice, à partir de cette période (fin des années 1980), va lui aussi avoir plusieurs chansons où il chante quasiment en solo, ce qui avait été précédemment très rare dans la carrière du groupe. C’est aussi à cette période que les Bee Gees perdent leur petit frère Andy qui décède d’une overdose à l’âge de 30 ans, en mars 1988. En 1989, le groupe entame sa première grande tournée mondiale depuis 1979, intitulée One for All Tour. Ils retrouvent un public plus calme. D’avril à novembre les Bee Gees ont tourné en Europe, aux États-Unis, en Australie puis au Japon. Le 8 juin 1989 le groupe se produit pour la première fois depuis le début de sa carrière en France, au Palais Omnisports de Paris-Bercy. Une deuxième tournée européenne en 1991 est écourtée à cause des douleurs de dos de Barry Gibb. En septembre 1993, le groupe fait la promotion de son album Size en Europe sur les plateaux de télévision. Ils choisissent Paris pour la sortie du nouvel album. Le 17 septembre, ils participent à l’émission française Taratata en tant qu’invités d’honneur auprès de Nagui.
En 1995, le groupe rend hommage à Carole King et reprend le titre Will you Still Love me Tomorrow qui apparaît dans l’album hommage Tapestry Revisited. Durant les années 1990, des nouvelles pop-stars reprennent la musique des Bee Gees avec succès : Michael Bolton avec To Love Somebody en 1992, le groupe Take That avec How Deep Is Your Love en 1994, N-Trance avec Stayin’ Alive en 1995, Boyzone avec Words en 1997, les Pras avec Islands in the Stream rebaptisée Ghetto supastar en 1998, le groupe Steps avec Tragedy en 1999, et Destiny’s Child avec Emotion en 2001.
En 1997 les Bee Gees reviennent une nouvelle fois sur le devant de la scène avec un nouvel album, Still Waters, qui sera plutôt un bon succès, surtout grâce à la chanson Alone. Still Waters Run Deep et I Could Not Love You More complètent les succès de l’album. Cette année est aussi marquée par de nombreuses récompenses de l’industrie de la musique, Les Bee Gees se voyant décerner les Brit Awards à Londres, l’American Music Awards à Los Angeles et, sacre de l’année, le 15 mai ils sont intronisés au Rock and Roll Hall of Fame. Le 14 novembre 1997, pour célébrer leurs trente ans de carrière, les Bee Gees donnent un concert à Las Vegas appelé One Night Only. Céline Dion les rejoint en guest star pour interpréter Immortality, morceau qu’ils ont composé pour elle. Ils sortent dans la foulée l’album live, qui se vend à plus de 7 millions d’exemplaires. Ce concert est suivi d’une tournée mondiale donnant un seul concert par continent, avec 40 000 personnes à Dublin le 29 août 1998, ensuite en Angleterre avec 56 000 personnes au stade de Wembley à Londres le 5 septembre 1998, en Argentine avec 40 000 personnes à Buenos Aires le 17 octobre 1998, en Afrique du Sud avec 50 000 personnes à Johannesburg le 28 novembre 1998 et finalement le 27 mars 1999 dans le nouveau stade australien Olympic Stadium de Sydney, réunissant plus de 72 000 personnes.
En 2001, ils sortent leur dernier album, This Is Where I Came In. Avec cet ultime opus, les frères Gibb brillent à nouveau dans les genres, avec les titres This is where I came In, She keeps on coming, Man in the middle au son très sixties qui rappellent beaucoup leurs titres de 1967. Mais cet album sera leur dernier, à la suite de la mort de Maurice deux ans plus tard.
Disparition progressive du groupe
En janvier 2003 Maurice Gibb succombe à une crise cardiaque à l’âge de 53 ans. Barry et Robin sont dévastés et déclarent que le nom Bee Gees ne peut être associé qu’aux trois frères ensemble. Pourtant il est plusieurs fois question de réunion, sans que cela puisse aboutir.
Entre 2003 et 2007, Robin continue de promouvoir la musique des Bee Gees en donnant plusieurs concerts en Europe et en participant à des spectacles télévisés. En 2003, il sort Magnet, son nouvel album solo, et participe la même année à l’émission anglaise la Fame Academy en tant que membre du jury.
En janvier 2005 Barry et Robin font partie du super groupe One World Project avec Cliff Richard, Brian Wilson, Boy George, Gary Moore et Russell Watson. Ils sortent le single Grief Never Grows Old. Ce projet caritatif a pour but de récolter des fonds destinés à la population indienne durement frappée par le séisme et le tsunami de décembre 2004.
En février 2006, Barry et Robin donnent un concert de charité pour la lutte contre le diabète à Miami. C’était leur première réunion depuis la mort de Maurice.
En 2009, lors d’une nouvelle réunion, Barry Gibb disait : « Nous avons déjà perdu deux frères, nous resterons toujours ensemble, même si Robin habite Londres et moi Miami. » Malgré la mort de leur frère Maurice, le groupe se reforme au moins théoriquement en octobre 2009.
En octobre 2010, Robin Gibb, interviewé par le Daily Mail (publication du Royaume-Uni), confirme que l’histoire des Bee Gees serait racontée dans un film de Steven Spielberg. Robin déclare au Daily Mail : « Le film sera interprété par des acteurs très connus. Ce sera l’histoire de notre vie. Barry et moi serons impliqués dans l’aspect technique. » Un des défis pour Spielberg sera de reproduire les harmonies à trois voix distinctives des frères et le fausset de Barry. Robin dit : « J’aimerais que nos enregistrements originaux soient utilisés, car il est très difficile de les imiter. » Finalement ce film ne verra jamais le jour.
Le 20 mai 2012, Robin Gibb meurt des suites d’un cancer du côlon et du foie à Londres, âgé de 62 ans. Barry Gibb devient alors le dernier membre des Bee Gees encore en vie.
Barry Gibb entame entre février 2013 et juin 2014 sa première tournée mondiale en solo intitulée The Mythology Tour. Il rend hommage à ses frères en reprenant les plus grands succès des Bee Gees. Il donne des concerts en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, en Irlande et aux États-Unis. En juin 2016, Barry sort un nouvel album solo intitulé In the Now. C’est un album qu’il a composé et produit avec ses deux fils, Steve et Ashley Gibb.
Le 16 avril 2017 aux États-Unis, deux jours après la 59e édition des Grammy Awards, l’Académie nationale des arts et des sciences rend hommage aux Bee Gees et célèbre les quarante ans de Saturday Night Fever à travers un live intitulé Stayin’ Alive, A Grammy Salute to the Music of the Bee Gees, diffusé sur la chaîne américaine CBS. Une pléiade de grandes stars ont interprété les morceaux mythiques des frères Gibb à l’instar de Céline Dion, John Legend et Stevie Wonder, Demi Lovato, Pentatonix, Keith Urban, Ed Sheeran et Tory Kelly.
Le 26 juin 2018, Barry reçoit le titre de chevalier au palais de Buckingham par le prince Charles. Sir Barry Gibb rejoint les grands noms de la musique pop, tels que Paul McCartney, Mick Jagger ou encore Elton John.
L’enregistrement des harmonies et la composition des chansons.
L’enregistrement des harmonies en studio
Les Bee Gees ont réalisé leurs premiers enregistrements à la fin des années 1950 après avoir été découverts par le DJ de radio Bill Gates et le pilote automobile Bill Goode à Redcliffe, en Australie. La constante était leur engagement sur des performances musicales fortes et des harmonies serrées. Ces auteurs-compositeurs prolifiques se sont fait les dents dans le monde d’avant l’Auto-Tune.
L’ingénieur musical John Merchant a commencé à travailler avec les Bee Gees à la fin des années 1980. Il a continué à travailler avec le groupe pendant les années suivantes au cours desquelles il a acquis une compréhension approfondie de l’unicité du processus des Bee Gees. En particulier, il a noté comment les frères enregistraient leurs harmonies non séparément, mais en tandem.
« La façon dont la plupart des artistes enregistrent les harmonies vocales consiste à enregistrer une partie à la fois et à la peaufiner », dit-il. « Ensuite vous empileriez les autres harmonies par-dessus. Les Bee Gees le faisaient parfois, mais le plus souvent ils chantaient les trois sur un même micro et découvraient ensemble comment les harmonies devraient être. »
Karl Richarson, l’ancien ingénieur des Bee Gees, se rappelle : « En 1977, toutes les parties d’harmonie enregistrées étaient des doubles et des triples et nous installions les garçons sur un seul microphone — généralement un Neumann U67 ou U87. J’ai essayé plusieurs fois de les enregistrer en omni, mais pour une raison quelconque cela n’a jamais fonctionné avec eux. C’est une des choses où le manuel vous dit une chose et la réalité autre chose. La nature de leur voix se prêtait également à l’enregistrement de cette façon. Robin avait un vibrato clair dans sa prestation, Maurice n’en avait guère et Barry avait parfois un vibrato et parfois non, et quand il le faisait c’était plutôt un trémolo. Cela vous donne un mélange très unique, et ce son unique ne marche que parce qu’ils sont frères. Ils ont ça dans leur ADN. »
Michel Marie, assistant de studio du château d’Hérouville, se souvient avoir été surpris par la façon dont les Bee Gees enregistraient leurs harmonies. « Quand j’ai appris qu’ils seraient trois à chanter, j’ai installé trois casques et trois micros différents. Ils ont dit « Non, non ! » et m’ont demandé un seul micro et pas d’écouteurs, juste un petit haut-parleur sur le côté, se regardant. Ils étaient parfaits. Et quand je les ai entendus j’ai su ce que signifiait « bon chant » : même sur la première prise ils étaient parfaits, dans l’air, dans le rythme… Je n’étais pas habitué à ça avec les chanteurs français ! »
La composition des chansons en studio
En ce qui concerne l’écriture de chansons, John Merchant a déclaré : « Les Bee Gees venaient au studio pour des sessions marathon où ils installaient un simple groove de batterie sur la boîte à rythmes et lançaient des idées musicales pendant des heures. Barry pouvait jouer de la guitare pendant que Maurice jouait au clavier et Robin chantait et proposait des idées mélodiques ou lyriques. Ils enregistraient le tout sur des bandes audio numériques (DAT), chacune d’une durée de quelques heures. Chaque fois qu’un joyau d’une idée se produisait, ils lisaient la bande et adoptaient cette idée, plus tard en s’appuyant sur elle. »
« En ce qui concerne le processus d’écriture, je n’ai jamais vu personne d’autre le faire de cette façon », ajoute Merchant.
Les harmonies caractéristiques des Bee Gees étaient souvent accompagnées d’arrangements d’orchestre ou de cuivres tout aussi riches. Le fait qu’aucun des frères n’ait jamais appris à lire la musique ne les a jamais empêchés de construire des mondes musicaux luxuriants. Merchant a déclaré que Barry chantait généralement les idées instrumentales qu’il avait, qui seraient ensuite transcrites et interprétées par d’autres musiciens.
Le groupe travaille avec plusieurs arrangeurs, y compris Bill Shepherd tout au long des années 1960, et plus tard le producteur Arif Mardin, qui a aidé Barry à trouver son fausset légendaire lorsqu’il a suggéré à Barry de faire monter sa voix d’une octave lors de l’enregistrement de Main Course (1975).
Mardin a dit un jour : « Avec les Bee Gees, lorsque nous faisions l’album Main Course, il y avait un flux total de créativité en studio, tout le monde était enthousiasmé. »
Merchant déclare pour la chanson Immortality : « Barry a commencé à jouer l’intro de la chanson. Maurice a écouté et a joué le premier accord, puis trois minutes et demie plus tard ils ont écrit la chanson — en temps réel, en un seul passage. J’ai la chair de poule en racontant cette histoire. C’était incroyable. Barry changerait d’accord, et Maurice serait là immédiatement, comme s’il savait où Barry allait. Ils se sont enfermés ensemble d’une manière, à la fois en termes de timing et d’intonation, que seul quelqu’un qui sait ce que l’autre pense avant de penser que cela pourrait le faire. Donc, la façon dont vous entendez Céline Dion interpréter Immortality maintenant est exactement comment ils l’ont fait ce soir-là. »
Les Bee Gees ont ainsi écrit plus de mille trente chansons au cours de leur carrière.
Le son du disco
Ensemble, les Bee Gees, Karl Richardson et Albhy Galuten ont créé ce que la plupart d’entre nous considèrent comme le son du disco, mais ce n’était pas leur intention d’inventer un nouveau style. L’ingénieur Karl s’en souvient : « Nous n’avons jamais connu le disco et nous n’avons pas pensé au disco. Nous pensions que nous faisions des disques de rythmique et de blues. Tout était question de R&B. Nous aimions tous ces trucs, nous ne savions tout simplement pas comment faire ! » « Nous étions en train de rebondir et de sous-mélanger tous ces trucs à chaque étape du processus. Et nous voulions que chaque partie soit parfaite, c’est donc devenu un monde très percutant dans lequel nous vivions. Chacun de nous savait ce en quoi les autres étaient bons, et nous laissions faire les choses. Le résultat a atteint des records. Le son que nous avons trouvé était donc notre son, et pour l’album Saturday Night Fever nous avons enregistré tous les morceaux en France puis mixé à Miami et à Los Angeles. »
« Par exemple Night Fever a été enregistré en France. Maurice jouait de la basse DI avec son médiator, Dennis Byron jouait de la batterie, Blue Weaver du clavier, Alan Kendall de la guitare rythmique et Barry jouait du rythme et chantait le pilote. La batterie était la seule chose conservée de ce morceau en prise directe. Et toutes les autres parties ont été superposées, comme la partie de clavier qui a été soigneusement conçue. Je veux dire, de nombreuses parties n’étaient pas là depuis le début. Blue, Barry, Albhy et moi nous asseyions et disions : « Cet accord sonne bien là-bas, mais que diriez-vous quand le guitariste dit « dang, wa-tang » ? Voulez-vous la septième dans l’accord ou voulez-vous laisser ce trou là-bas ? C’était le genre de choses qui devaient être réglées. Tout était très orchestré. C’était un processus de création en studio. »
« Nous n’avions pas de directives. La seule règle était qu’il n’y avait pas de règles, donc nous pouvions faire n’importe quoi. »
Influences musicales et héritage
Les Bee Gees ont été influencés par les Beatles, les Everly Brothers, les Mills Brothers, Elvis Presley, les Rolling Stones, Roy Orbison, les Beach Boys, Stevie Wonder, Otis Redding et les Hollies.
Beaucoup d’artistes ont été influencés par les Bee Gees, citons : Les Pet Shop Boys, George Michael, Billy Joel, David Bowie, Brian Wilson, Madonna, Noel Gallagher et Elton John.
Brian May de Queen a déclaré : « Bien sûr que j’étais et suis un grand fan des créations musicales des Bee Gees. Sans aucun doute au sommet de l’écriture de chansons considérée au cours des trente dernières années, n’est-ce pas ? Mes plus beaux souvenirs ne sont pas leurs succès avec Saturday Night Fever, qui étaient vraiment une renaissance dans la popularité des Bee Gees, mais plutôt les premières chansons révolutionnaires de 1967 à 1971… Je me souviens avoir chanté ces chansons avec mon pote Tim Staffell de Smile et Freddie Mercury dans le bon vieux temps. » May a également salué la chanson You Win Again comme l’une des plus grandes chansons des années 1980.
John Lennon a fait l’éloge des Bee Gees dans son interview avec le magazine Playboy en 1980 : « Essayez de dire aux enfants des années 1970 qui criaient aux Bee Gees que leur musique était juste celle des Beatles refaite. Ils ont fait un sacré bon travail. Il ne se passait rien d’autre à l’époque. »
Michael Jackson, qui a également été influencé par les Bee Gees, a déclaré : « J’ai pleuré en écoutant leur musique. Je connaissais chaque note, chaque instrument. »
Paul McCartney a rappelé : « C’est sur la chanson Mining Disaster que Robert Stigwood m’a joué que j’ai dit signez-les, ils sont super. »
Ringo Starr a déclaré : « Les Bee Gees de notre époque étaient assez importants, en particulier les harmonies. »
L’auteur-compositeur-interprète américain Gavin DeGraw a parlé de l’influence des Bee Gees avec leur propre musique ainsi que leur composition : « Parlons des Bee Gees. C’est un groupe emblématique. Pas seulement un grand groupe, mais un grand groupe d’auteurs-compositeurs. Même longtemps après le succès des Bee Gees dans les charts, ils écrivaient encore des chansons à succès pour d’autres personnes. Leur talent est allé bien au-delà de leur moment de succès à la fin des années 1970. C’est une perte pour l’industrie de la musique et une perte pour un groupe emblématique. La beauté de cette industrie est que nous rendons hommage et que chaque artiste à venir est un fan d’une génération avant, donc il y a un vrai élément de tradition. »
Impact sur la musique
Les Bee Gees font partie de la culture pop avec leur contribution au phénomène disco et la bande originale du film Saturday Night Fever en 1978. La bande originale représente l’héritage musical d’un phénomène de société de la fin des années 1970. L’album s’est vendu aujourd’hui à plus de quarante-cinq millions d’exemplaires. Il contient six titres classés numéro un dans les charts américains, qui sont devenus des classiques du genre dans la mémoire collective. Stayin’alive, Night Fever, More than a Woman ou encore You should be dancing.
Pourtant la contribution des frères Gibb à ce courant de musique n’est qu’épisodique dans leur longue et immense carrière. Les Bee Gees ne se sont pas cantonnés à un seul genre. Ils n’ont cessé d’appliquer leur talent d’écriture et d’harmonies à tous les genres musicaux qui marchaient à chaque époque de leur carrière.
Dans leur discographie on compte des albums exceptionnels tels que « Bee Gees 1st » qui contient à lui seul tous les courants musicaux de la fin des années 1960. Avec du baroque, de la soul, du psychédélisme, du folk, de la pop et du rock. Les frères Gibb ont produit un album qui figure parmi les meilleures productions de l’année 1967. Les Bee Gees gravent New York Midnight Desaster, I can see Nobody, Turn in this Century, To Love Somebody. L’album Trafalgar, sorti en 1971, met en avant la qualité d’écriture mais aussi les harmonies vocales des frères Gibb et les vibratos de Robin et Barry. Les chansons sont toutes aussi monumentales telles que How can you Mend a Broken Heart, Dearest, Israel, Walkin Back to Waterloo. L’album Main Course de 1975 apporte une évolution musicale dans la carrière du groupe, les frères Gibb osent s’aventurer dans la musique rn’b, soul, funcky, country et soft rock. Ils gravent Jive talkin, Night on Broadway, Come on Over, Songbird. Leur premier album live Here at Last… Bee Gees… Live de 1976, sorti au printemps 1977, montre une prestation rock et plus mature du groupe avant leur explosion médiatique deux ans plus tard. Les Bee Gees avec Maurice à la basse, accompagnés de leur musiciens Alan Kendall à la guitare, Blue Weaver au synthétiseur, Dennis Bryon à la batterie ainsi que Karl Richarson aux arrangements, sonnent comme un vrai groupe et donnent une prestation musclée de leurs plus grands tubes tels que To Love Somebody, You Should be Dancing, Jive talkin’, Come on Over. L’album Spirits Having Flown, sorti en 1979, montre les frères Gibb au sommet de leur art en exploitant toute l’ambiance rn’b et soul avec l’utilisation principale du falsetto de Barry. Cet opus n’est d’ailleurs pas un album disco. Le groupe publie I’m Satisfied, Living Together, Love you Inside Out.
L’héritage musical des Bee Gees réside aussi dans les mélodies et ces morceaux intemporels. Le catalogue des frères Gibb recèle d’incroyables morceaux : Odessa, sorti en 1969, est une pure merveille dans le genre baroque. C’est un morceau épique d’environ huit minutes avec de la guitare, du piano, des harpes, des orgues d’église, des chorales et des nappes de violons dignes de Walt Disney. Le vibrato poignant de Robin et les harmonies à n’en plus finir. La chanson raconte le naufrage d’un bateau au xixe siècle. L’un des points révolutionnaires des frères Gibb à cette époque dans la musique pop, c’était de produire des chansons énigmatiques liées à des événements historiques. Comme Odessa ou encore leur premier single New York Mining Desaster 1941 sorti en juin 1967. Dear Mr Kissinger, datant de 1973, est une ballade folk country où les Bee Gees osent s’exprimer politiquement contre le système américain. A Lonely Violin résume un peu cette période creuse des Bee Gees en 1973. Mais ce titre est l’un des plus émouvants jamais composés par Barry.
Au moins deux mille cinq cents artistes ont enregistré leurs chansons. De nombreuses légendes de la musique ont repris des titres des Bee Gees, tels qu’Elvis Presley : Words (1971), Janis Joplin, Nina Simone : To Love Somebody (1969), Al Green : How can you Mend a Broken Heart, Elton John : Don’t Forget to Remember (1969), Alton Ellis : Massachusetts, Dean Martin : Sweetheart (1971), ou plus récemment en public Bruce Springsteen avec Stayin’Alive (2014).
Les Bee Gees possèdent aussi un répertoire musical immense qui couvre tous les styles musicaux. Jamais un tel répertoire n’a attiré un public aussi varié. Depuis les années 1960 et sur quatre décennies, le groupe a produit sa musique populaire dans un style pop psychédélique, folk, rock, baroque, country, soul, et rn’b. Les frères Gibb ont ainsi composé plus de mille trente chansons. Ils comptent à leur actif plus d’une quarantaine de succès. Stayin’ Alive, How Deep is your Love, To Love Somebody, Islands in the Stream, Woman in Love sont les titres les plus repris dans le monde. Les plus grands noms de la musique ont toujours apporté un crédit, une admiration à la musique des Bee Gees. D’ailleurs, Bono, le chanteur de U2, déclara en 2001 dans une émission britannique : « En matière de groupes, il existe cinq catalogues extraordinaires qui me rendent malade d’envie. Nul besoin d’affirmer que les Bee Gees sont tout en haut au côté des Beatles. »
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/97664-Bee-Gees
BABYFACE
Kenneth Edmonds, également connu sous le pseudonyme de Babyface, né le 10 avril 1959 à Indianapolis, est un auteur-compositeur, producteur et chanteur américain.
Il a écrit et produit des centaines de tubes pour les plus grandes stars de la chanson du milieu des années 1980 à la fin des années 1990. Il est à l’origine de 125 hits classés dans le Top 10 du Billboard Hot 100 américain, dont seize numéro un, ainsi que de 42 numéro un au classement R&B. Il a par ailleurs remporté 12 Grammy Awards durant sa carrière.
Babyface a été l’un des pionniers du new jack swing dans les années 1980, style qui a façonné le son du R&B moderne.
Biographie
Sa carrière musicale démarre en 1977, quand il devient guitariste pour le groupe de Jazz/Funk Manchild. La même année, le groupe sort un single qui se classe à une place plus qu’honorable dans les charts américains. C’est Bootsy Collins, célèbre bassiste et chanteur du groupe funk Parliament/ Funkadelic, qui l’appelle Babyface pour la première fois, trouvant que l’artiste avait encore un visage de gamin.
Puis Babyface intègre le groupe The Deele à la suite de sa rencontre avec L.A. Reid en 1981. Leur collaboration fera d’eux le plus célèbre duo de compositeur-producteurs de la décennie. Après avoir sorti trois albums avec L.A. Reid, Street Beat, Material Thangz et Eyes of a Stranger, et à la suite de leur succès en tant qu’auteurs pour d’autres artistes, Babyface et L.A. Reid quittent The Deele en 1988 pour se consacrer à leur carrière de producteurs. Son premier album solo Lovers sort en 1986. Entre-temps ils produisent des tubes pour Bobby Brown, Pebbles, Karyn White, The Whispers, Sheena Easton, Paula Abdul, Johnny Gill, Whitney Houston…
Alors que Michael Jackson est à l’apogée de sa gloire après la sortie de son album Bad, L.A. Reid & Babyface se font remarquer en déclarant : « Michael Jackson est le meilleur chanteur de tous les temps, mais il n’a pas les meilleures chansons ! ». À cette époque, Michael Jackson voulait L.A. Reid & Babyface pour produire l’album Dangerous, mais c’est son frère Jermaine Jackson (qui à cette époque est en conflit avec son frère) qui s’est octroyé le premier les services du fameux duo de producteurs avec l’album You Said sorti en 1991 sous le label LaFace Records.
En 1989 L.A. Reid & Babyface fondent leur propre maison de disques sous le célèbre label LaFace Records. Ils commencent alors à composer et produire pour de nouveaux artistes et pour les plus grosses pointures de la musique noire américaine. En parallèle, Babyface sort son deuxième album Tender Lover en 1989. It’s No Crime, Tender Lover, My Kinda Girl et Whip Appeal seront ses quatre premiers tubes en solo dans les charts U.S., l’album sera double album de platine aux États-Unis.
Au début des années 1990 le duo de producteurs criblent les charts de tubes pour TLC, Toni Braxton, Boyz II Men, Whitney Houston, Paula Abdul, Outkast, Bobby Brown, Tevin Campbell, Aretha Franklin, Jermaine Jackson… Ils signent notamment leur premier numéro 1 au Billboard Hot 100 avec le tube I’m Your Baby Tonight de Whitney Houston. S’en suivra l’énorme succès du tube End Of The Road de Boyz II Men qui bat un record absolut aux États-Unis en restant classée 13 semaines numéro 1 en tête du Billboard Hot 100 et en pulvérisant le record de 11 semaines précédemment détenu par Elvis Presley.
En 1993, à la suite de divergence d’ordre artistique L.A. Reid et Babyface décident de mettre un terme à leur collaboration en tant que compositeurs/producteurs.
Babyface sort en 1993 son troisième album For the Cool in You (en) qui sera la dernière collaboration avec son acolyte L.A. Reid. La ballade acoustique When Can I See You (en) se classe dans les premières places des hit-parades pendant l’été 1993 ainsi que les singles For the Cool in You, Never Keeping Secrets et And Our Feelings. L’album sera triple platine aux États-Unis et sera nominé aux Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure performance vocale masculine ». Lors de cette même cérémonie il remporte le Grammy du « Producteur de l’année ».
À la suite de la rupture avec son acolyte L.A. Reid, Babyface commence à composer et produire en solo pour les plus grands artistes de la musique, notamment : Carole King, Patti LaBelle, Chaka Khan, Aretha Franklin, Madonna, Janet Jackson,Faith Evans, Al Green, Beyoncé, Diana Ross, Toni Braxton, Michael Jackson, Michael Bolton, Paula Abdul, Eric Clapton, Tevin Campbell, Bobby Brown, Whitney Houston, Brandy, Mary J. Blige, Tamia, Shola Ama, Dru Hill, Fall Out Boy, Céline Dion, Mariah Carey, Vanessa Williams, Chanté Moore, En Vogue, Kenny G, Lil Wayne, P!nk, TLC, Ariana Grande, Bruno Mars et Phil Collins parmi bien d’autres.
Il remporte trois années consécutives le Grammy Award du producteur de l’année en 1995-1996-1997. Il détient le record du plus grand nombre de victoires dans cette catégorie, avec quatre. Il signe plusieurs tubes planétaires donc Take a Bow pour Madonna, I’ll Make Love to You pour Boyz II Men, Change the World avec Eric Clapton, True Colors avec Phil Collins, Whitney Houston et son tube Exhale, Mary J. Blige, Brandy, Mariah Carey…
En 1995, la bande originale du film Waiting To Exhale dans lequel le rôle principal est interprété par Whitney Houston, et entièrement composée par Babyface, est un énorme succès et se vend à plus de 10 million d’exemplaires à travers le monde.
En 1998, Babyface réussit à réunir les deux divas et rivales Whitney Houston et Mariah Carey le temps d’un duo pour la bande originale du film d’animation de Dreamworks Le Prince d’Égypte. When You Believe est composé par Stephen Schwartz mais Babyface retravaille le morceau et produit sa propre version avec sa signature sonore. When You Believe reçoit l’Oscar de la meilleure chanson originale lors de la 71e cérémonie des Oscars le 21 mars 1999. Avant d’interpréter la chanson cette nuit-là, Schwartz retire le nom de Babyface sur la nomination. Il fait cela car les ajouts de la version de Babyface n’apparaissent pas sur la version du film, il ne donne pas les crédits d’écriture. Cependant, si Babyface ne reçoit pas d’Oscar, Carey et Houston interprètent sa version, car elles se sentent plus familières avec celle-ci qu’avec la version du film plus académique. When You Believe connaît un immense succès en Europe et dans le monde en atteignant le top 5 en Belgique, Espagne, France, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Grâce aux ventes en Europe et aux États-Unis, la chanson reçoit beaucoup de certifications.
Pendant qu’il travaille sur son quatrième album solo The Day, il coécrit et coproduit avec David Foster, l’hymne Olympique The Power of the Dream (en) enregistré par Céline Dion pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.
En 1996, il sort l’album, The Day (en), qui est l’album de la consécration en tant qu’interprète. Le single en duo avec Stevie Wonder How Come, How Long est un succès international. Sur ce disque, il impressionne les critiques par ses talents d’interprète et par la qualité technique de ses arrangements et ses compositions. Un album plus acoustique avec un son pop/soul et des invités prestigieux comme Eric Clapton, Stevie Wonder, Boyz II Men et Mariah Carey.
En 1997, Babyface est nommé pour le nombre record de douze Grammy Awards. Il est alors a l’apogée de sa gloire et les plus grandes stars se bousculent pour avoir un titre produit par Babyface.
En 1997, Babyface et son épouse Tracey Edmonds créent leur propre maison de production pour la télévision et le cinéma Edmonds Entertainement Group. Ils produisent des comédies à succès telles que : Sould Food, Hav’plenty, Light It Up et Josie et les Pussycats ainsi que des séries et shows pour la télévision.
Après son album MTV Unplugged tiré de son concert live a New York (avec des invités prestigieux tels que : Stevie Wonder, Eric Clapton, Shanice, Marc Nelson, After 7) ainsi que son album de Noël Christmas with Babyface, il quitte son label Epic Records pour rejoindre L.A. Reid qui succède à Clive Davis à la présidence de Arista Records.
Babyface sort l’opus Face2Face le 11 septembre 2001. Pour la première fois de sa carrière, il fait appel a d’autres producteurs pour travailler sur plusieurs titres : The Neptunes, Heavy D., Tim & Bob ou encore Buckwild. L’album se démarque de ses précédents albums avec un changement de style dans sa façon de chanter, un phrasé plus syncopé et un son brut, plus urbain. Cet album n’est pas un gros succès, seule la ballade What If et le titre dansant There She Goes avec Pharrell Williams se classent dans les charts.
Après cet album, la carrière musicale de Babyface stagne un peu avec très peu de projets. L’arrivée d’une nouvelle vague de producteurs a succès tels que Pharrell Williams et Timbaland donne un nouveau son au R&B qui devient plus commercial et qui s’exporte à travers le monde entier.
En 2004, un nouvel album intitulé A Love Story2 disponible en téléchargement illégal sur Internet avant sa sortie, est avorté par sa maison de disques et ne sortira jamais. Seul le single The loneliness sortira sur les ondes radios. Entre soul, R&B et ambiances jazzy, l’album contient quelques perles comme My Boo (duo jazz avec la chanteuse Mycale), Makin’ Love ou Love Song.
Finalement, c’est en septembre 2005 qu’il revient sur le devant de la scène avec un nouvel album intitulé Grown & Sexy. Album typique R&B avec un son très années 1990 et plus minimal. C’est album reprend deux titres du projet A Love Story. Les deux singles tirés de cet album sont Sorry For the Stupid Things et le groovy Grown & Sexy.
Babyface divorce d’avec sa femme Tracy Edmonds après onze années de vie commune et deux enfants. Ils restent associés dans leur maison de production Edmonds Production Company.
En 2007, il enregistre son neuvième album studio intitulé Playlist. Cet album album acoustique est composé de 8 reprises Folk ainsi que de deux nouvelles compositions.
2013 – Le retour au premier plan
Le 17 août 2013, la chanson Hurt You qu’il interprète avec Toni Braxton est publiée. Elle représente les prémices de leur opus commun prénommé Love, Marriage and Divorce, qui sort le 4 février 2014. L’album se classe en tête des charts et remportera le Grammy Award du meilleur album R&B de l’année 2015.
Le 11 octobre 2013, Babyface est enfin honoré de son étoile le célèbre Walk Of Fame d’Hollywood et devient une légende vivante. Il reçoit la 2508e étoile. Puff Daddy, L.A. Reid, Stevie Wonder, Usher et Toni Braxton avaient fait le déplacement pour honorer leur ami pendant la cérémonie. Puffy poussera la confidence en avouant qu’il avait « conçu » deux de ses enfants sur des morceaux produits par Babyface : « And I want to thank you for Justin and Christian, I thank you. »
Babyface a réalisé en association avec Walter Afanasieff l’album Partners (Columbia) de Barbra Streisand. Sorti en septembre 2014, le disque se hisse en tête des ventes américaines. L’album est certifié disque d’or aux États-Unis en novembre 2014.
En parallèle, il produit la reprise Rolling In The Deep d’Adele pour l’opus Aretha Franklin Sings the Great Diva Classics d’Aretha Franklin.
Le 13 août 2015, un premier single de son premier album solo depuis 9 ans est dévoilé sur les ondes radios,We’ve Got Love. Prémisse de l’album The return of the Tender Lover (en) qui est un hommage a son album à succès sorti en 1989 Tender Lover (en) et qui sera composé de 8 nouvelles compositions.
En 2022, babyface sort son nouvel album Girls Night Out qui sera un album de collaborations avec la nouvelle génération de chanteuses R&B.
Vie privée
Il a deux enfants : Brandon Kenneth, né en 1994 et Dylan Michael, né en 1996.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/50703-Babyface
WHITNEY HOUSTON
Whitney Houston née le 9 août 1963 à Newark (New Jersey) et morte le 11 février 2012 à Beverly Hills (Californie), est une chanteuse, actrice, productrice de musique et mannequin américaine.
Elle débute en tant que mannequin mais est révélée en 1985, par la sortie de son premier album intitulé Whitney Houston, vendu à 25 millions d’exemplaires dans le monde, certifié treize fois disque de platine et qui remporte trois no 1 dans le classement du Billboard Hot 100 : Saving All My Love for You, How Will I Know, et Greatest Love of All.
En 1987, elle sort son deuxième album : Whitney, qui génère quatre titres no 1 au Billboard Hot 100 : I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me), Didn’t We Almost Have It All, So Emotional et Where Do Broken Hearts Go. De ce fait, elle devient la première artiste féminine de l’histoire à obtenir quatre singles no 1 du même disque.
Avec ces sept titres issus de ces deux albums, Whitney Houston détient le record de singles consécutifs no 1 pour un artiste au Billboard Hot 100.
En 1992, elle fait ses premiers pas d’actrice dans le film Bodyguard, aux côtés de Kevin Costner, dont elle interprète la bande originale. Au box-office, c’est un énorme succès avec plus de 410 millions de dollars de recettes mondiales. Quant à la bande originale, elle se vend à 44 millions d’exemplaires, ce qui en fait la bande originale la plus vendue et un des albums les plus vendus au monde. Elle érige l’extrait I Will Always Love You, reprise de Dolly Parton, parmi les singles les plus vendus, et le plus vendu pour une artiste féminine, avec 20 millions d’exemplaires.
Après ce succès, Whitney enchaîne alors avec la même formule : bandes originales et films tels que : Où sont les hommes ? (1995) et La Femme du pasteur (1996). Le premier est un succès, quant au second, même si le film obtient une plus faible audience, il permet à la bande sonore qui l’accompagne de se vendre à 6 millions de copies et d’en faire l’album gospel le plus vendu au monde.
En 1998, elle revient avec un quatrième album studio dénommé My Love Is Your Love, qui comprend When You Believe en duo avec Mariah Carey, et qui sert de bande originale au long métrage d’animation Le Prince d’Égypte. Ce titre obtient une récompense pour la meilleure chanson originale lors de la 71e cérémonie des Oscars. Le disque, comprenant les singles Heartbreak Hotel, My Love Is Your Love, It’s Not Right But It’s Okay et I Learned From The Best, se vend à 13 millions d’exemplaires.
Après une compilation à succès en 2000 et quelques échecs commerciaux, elle revient en 2009 avec l’album I Look to You. L’opus, qui comprend les deux singles à succès suivants : I Look To You et Million Dollar Bill, arrive no 1 au top album au Billboard lors de la semaine de sa sortie, en se vendant à 464 000 exemplaires, et obtient aussi le succès en Europe.
Whitney Houston a également participé à plusieurs productions cinématographiques en tant qu’actrice telles que : La Légende de Cendrillon (1997) et Sparkle (2012) dont elle est également la coproductrice. Elle coproduit aussi les films Princesse malgré elle (2001), Les Cheetah Girls (2003), Un mariage de princesse (2006), Les Cheetah Girls 2 (2006).
Biographie
Enfance
Fille de John Russel Houston Jr. et Cissy Houston, choriste rhythm and blues renommée aux États-Unis, et cousine de la chanteuse Dionne Warwick, Whitney Elizabeth Houston grandit dans un environnement musical4. Enfant, elle chante dans l’église baptiste de Newark, la New Hope Baptist Church avec le souhait de devenir choriste comme sa mère. Elle chante son premier solo à l’âge de onze ans.
Elle se produit professionnellement pour la première fois dès son adolescence, comme choriste de Chaka Khan, Jermaine Jackson, Lou Rawls et des Neville Brothers. Elle apparaît également comme chanteuse principale sur le single de Michael Zager Band, Life’s a Party en 1978 ainsi que sur plusieurs chansons de l’album du même nom en tant que chanteuse principale ou choriste. À la même époque, Whitney fait du mannequinat, allant jusqu’à être en couverture de grands magazines américains comme Glamour et Seventeen en 1981.
Carrière
Début de carrière au sommet
En 1983, Whitney Houston signe un contrat avec Clive Davis, le président de la maison de disques Arista. Deux ans passent avant que ne sorte son premier album. Il s’intitule Whitney Houston, paraît début 1985 et génère trois singles classés numéro un : Saving All My Love for You, How Will I Know et Greatest Love Of All. Cet album connaît alors un succès considérable et atteint la première place aux États-Unis (où il est disque de diamant avec plus de treize millions d’exemplaires vendus), devenant ainsi la meilleure vente d’un premier album pour un artiste solo ; ce disque connaît également un grand succès international, avec près de vingt-cinq millions d’exemplaires vendus à ce jour. Whitney Houston passe les deux années suivantes en tournée (le Greatest Love Tour) pour la promotion de cet album.
D’autres succès suivent en 1987 et 1988 : le deuxième album, baptisé simplement Whitney (qui paraît en juin 1987), est, dès sa sortie, en première position du top albums américain — c’est la première fois qu’un tel exploit est réalisé par une artiste féminine. Pas moins de six singles sont extraits de ce disque, dont le hit international I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me), et c’est la première artiste de toute l’histoire à aligner sept numéros uns consécutifs au Top 40 américain, battant le record détenu précédemment par les Beatles et les Bee Gees.
En 1988, Aux trentièmes Grammy Awards, elle est nommée dans trois catégories, dont celle de l’Album de l’année ; elle remporte son second « Grammy » pour la meilleure performance pop d’une chanteuse pour I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me). Après la sortie de l’album, Whitney Houston embarque pour le Moment of Truth World Tour qui sera l’une des dix plus grandes tournées de cette période.
En 1988, elle enregistre un single pour les Jeux olympiques d’été à Séoul, intitulé One Moment in Time, qui atteint le Top 5 aux États-Unis, et le numéro un au Royaume-Uni et en Allemagne. Parallèlement, elle soutient des œuvres de charité, des organisations aidant les enfants et la jeunesse, et des organismes de lutte contre le SIDA.
En 1989, elle fonde la Whitney Houston Foundation For Children Inc., qui apporte son soutien aux enfants sans-abri et malades.
En 1990, paraît son troisième album I’m Your Baby Tonight qui connaît lui aussi un grand succès international, même s’il se vend un peu moins que les deux disques précédents. Il génère néanmoins deux tubes classés numéro un : I’m Your Baby Tonight et All The Man That I Need. Cet album marque également sa première collaboration avec le duo de producteurs L.A. Reid et Babyface qui confère un côté plus Urban-Soul à l’album. Babyface devient son auteur-compositeur-producteur favori : on le retrouve dans la plupart de ses futurs projets et dans tous ses albums.
Ses débuts la placent donc immédiatement au sommet, rejoignant d’autres artistes américains de la même époque qui connaissent eux aussi un succès considérable, comme Michael Jackson, Madonna ou Prince. Et les années qui suivent réservent encore à l’artiste d’autres moments de gloire.
La consécration
Durant les années 1990, Whitney Houston sort moins de disques que dans les années 1980. Sa carrière et sa vie sont cependant très actives : elle se tourne vers le cinéma, la musique de bande originale et met au monde une fille, Bobbi Kristina, le 4 mars 1993.
Son premier film Bodyguard (1992) avec Kevin Costner, engendre un chiffre d’affaires de plus de 410 millions de dollars au box-office. La bande originale de Bodyguard devient la deuxième musique de film la plus vendue dans le monde (plus de 44 millions d’exemplaires) après Saturday Night Fever, notamment grâce à la célèbre chanson I Will Always Love You (écrite et d’abord interprétée par Dolly Parton), qui devient l’un des plus grands hits de Whitney, se classant no 1 un peu partout dans le monde en 1992-1993. D’autres extraits de cette bande originale, tels I’m Every Woman et I Have Nothing, deviennent également des tubes internationaux atteignant le Top 10 dans de nombreux pays. Whitney Houston connaît ainsi la consécration alors qu’elle n’a pas encore 30 ans.
En 1995, sur sa lancée, elle joue dans Où sont les hommes ? (Waiting to Exhale), qui est un succès aux États-Unis tout comme la bande musicale originale, entièrement composée et produite par Babyface et qui comporte trois nouvelles chansons.
Le troisième film La Femme du pasteur (The Preacher’s Wife) (1996), comédie romantique, n’a pas le même succès. Mais la bande originale du film lui permet de retourner à ses racines gospel. Cet album comporte quinze nouvelles chansons dont quatorze écrites par Whitney ; plusieurs tubes en seront tirés dont Step by Step.
En 1997, elle interprète, aux côtés de Brandy et Whoopi Goldberg, le rôle de la fée-marraine dans le téléfilm La Légende de Cendrillon, dont elle est l’une des productrices.
Sa carrière musicale se poursuit avec la sortie de My Love Is Your Love en novembre 1998. C’est son premier album depuis huit ans : depuis 1990, Whitney Houston n’a enregistré que des chansons pour bandes originales de films. On y découvre un son différent, avec des titres écrits et produits par des musiciens produisant le son du moment : Rodney Jerkins, Babyface, Missy Elliott, Lauryn Hill, Wyclef Jean, Jerry Duplessis, Soulshock & Karlin. D’autres chansons de cet album correspondent à un style plus habituel (les balades de Diane Warren et David Foster). L’album est un succès, il produit cinq tubes (When You Believe — duo avec Mariah Carey —, Heartbreak Hotel, It’s Not Right But It’s Okay, My Love Is Your Love et I Learned From The Best), et se vend à l’époque à plus de treize millions d’exemplaires à travers le monde. Le titre When You Believe qu’elle interprète en duo avec Mariah Carey, extrait de la bande originale du long métrage d’animation Le Prince d’Égypte du studio DreamWorks, est un succès et remporte même l’Oscar de la meilleure chanson de film à la 71e cérémonie des Oscars en février 1999.
En 1999, elle apparaît aux côtés de Brandy, Cher, Tina Turner, Mary J. Blige et Leann Rimes, lors du concert caritatif Divas Live 1999.
Durant ces années 1990, Whitney Houston connaît encore un succès important et figure toujours parmi les chanteuses en vogue, mais les années 2000 se révéleront moins fructueuses pour l’artiste.
Déclin progressif
En 2000, Whitney Houston sort sa première compilation en deux disques sous le titre Whitney, The Greatest Hits. Cet opus comprend ses plus grands tubes dont If I Told You That qu’elle reprend en duo avec George Michael, et des inédits tels que Could I Have This Kiss Forever en duo avec Enrique Iglesias, Same Script, Different Cast en duo avec Deborah Cox ou encore Fine. La compilation est un succès international et se vend à 10 millions d’exemplaires dans le monde. Elle sera suivie en 2001 d’une nouvelle compilation intitulée Love, Whitney (une compilation de ses plus belles ballades).
Toujours en 2001, elle participe au concert des trente ans de carrière solo de Michael Jackson où elle interprète Wanna Be Startin’ Somethin’ avec Usher et Mýa. Mais cette prestation inquiète les fans de l’artiste et la presse ; en effet, Whitney Houston apparaît sur scène amaigrie et mal assurée dans son interprétation vocale, alimentant alors les rumeurs sur son état de santé. Elle sera, quelque temps après, l’invitée d’une émission de télévision américaine où elle tentera de s’expliquer sur sa situation.
En 2002, elle apparaît aux côtés de Céline Dion, Cher, Shakira, Anastacia et Dixie Chicks, pour le concert caritatif Divas Live : Las Vegas. En novembre de cette année, paraît son nouvel album studio intitulé Just Whitney accompagné de plusieurs singles, et contenant 11 chansons dont Whatchulookinat — contraction de What Are You Looking At? (« Qu’est-ce que tu regardes ? ») — et son remix de P. Diddy qu’elle interprète en featuring avec celui-ci. L’album ne connaît qu’un succès modéré.
En 2003, elle collabore au concert caritatif Divas Live : Divas Duets, aux côtés de Beyoncé, Chaka Khan, Mary J. Blige, Céline Dion et Shania Twain. À la fin de l’année 2003, la chanteuse sort son sixième album, One Wish: The Holiday Album, un disque ayant pour thème Noël (une première pour l’artiste), qui n’aura pas vraiment de succès.
En 2007, Sony Music sort en Europe la compilation The Ultimate Collection, comprenant les plus grands hits de sa carrière ainsi qu’un DVD de vidéoclips.
Dans un même temps, le titre It Isn’t, It Wasn’t, It Ain’t Never Gonna Be, interprété avec Aretha Franklin en 1989, est inclus dans la compilation Jewels In The Crown : All-Star Duets With The Queen d’Aretha Franklin.
Retour éphémère au succès
Prise par des problèmes d’ordre privé, Whitney Houston ne publiera son nouvel album studio I Look to You, orienté RnB, que plusieurs années plus tard, le 31 août 2009. Le premier single extrait est I Look To You. Le deuxième single sera Million Dollar Bill (écrit par Alicia Keys). Dès la première semaine, l’album se classe no 1 au prestigieux Billboard 200 avec 464 000 albums vendus, ce qui n’était plus arrivé depuis 16 ans. L’album est également en tête un peu partout en Europe.
Peu avant la sortie de son album, elle se produit dans un concert lors de l’émission Good Morning America où elle n’arrive pas à assurer vocalement l’ensemble de sa prestation. Une interview avec Oprah Winfrey est enregistrée courant septembre 2009. Durant celle-ci, elle interprète un morceau de son nouvel album I Didn’t Know My Own Strength (écrit par Diane Warren).
Elle se voit remettre le prix de la meilleure artiste internationale, lors des American Music Awards. Une distinction seulement décernée aux artistes dont le rang de superstar est reconnu mondialement. C’est donc la deuxième artiste féminine de l’histoire des AMA, après Beyoncé, à avoir reçu ce prix.
En décembre 2009, elle entame une tournée mondiale à travers l’Europe, l’Asie et l’Australie. Après un concert approximatif en Australie, la presse se déchaîne. Concert après concert, elle fait l’objet de mauvaises critiques au sujet de ses prestations vocales. On apprendra plus tard qu’elle souffrait d’une infection des cordes vocales, ce qui la conduira en mai 2010 à une brève hospitalisation à Paris.
Malgré cette mauvaise publicité, la chanteuse a prouvé à plusieurs reprises durant sa tournée, baptisée Nothing But Love, qu’elle possédait encore une grande partie des capacités vocales qui lui avaient valu le surnom de The voice.
En 2010, une réédition de son premier album Whitney Houston, The Deluxe Anniversary, comprenant de nombreux titres bonus et un DVD, sort dans les bacs.
Début 2011, paraît une compilation nommée The Essential Whitney Houston.
Le 23 septembre 2011, Whitney Houston confirme sa présence dans le film Sparkle. Elle doit être la productrice exécutive sur ce film, avec un scénario de Mara Brock Akil et réalisé par Salim Akil, pour y interpréter le rôle d’une chanteuse de Gospel et mère des trois membres des Supremes. Le tournage prend fin en novembre 2011 et le film sortira aux USA le 10 août 2012.
Projets inachevés
Après la parution en 2010 du livre de Terry McMillan, qui n’est autre que la suite du best-seller Où sont les hommes ? paru en 1992, Whitney Houston est pressentie pour reprendre son rôle de Savannah Jackson dans l’adaptation cinématographique du livre aux côtés d’Angela Bassett, Lela Rochon et Loretta Devine. Bien que ces dernières aient déjà signé pour le film, la participation de Whitney Houston reste incertaine, aucune annonce officielle n’ayant été faite.
Mort
Le 11 février 2012 dans l’après-midi, Whitney Houston est retrouvée inanimée par ses gardes du corps dans la baignoire de la suite 434 du Beverly Hills Hilton Hotel à Beverly Hills en Californie, où elle séjournait. Des médicaments sont retrouvés auprès d’elle et sa mort est confirmée peu après l’arrivée des ambulanciers. Des membres du personnel de sécurité de l’hôtel auraient vainement tenté de la ranimer avant l’arrivée des secours. Son corps est emmené le lendemain matin à la morgue.
Âgée de 48 ans, la chanteuse devait figurer le soir même parmi les invités du gala du producteur Clive Davis, soirée qui précédait la 54e cérémonie des Grammy Awards du 12 février. La star s’était d’ailleurs rendue aux répétitions du spectacle le 9 février.
Au début de ce gala, le rappeur LL Cool J déclare : « Aujourd’hui, on se demande comment faire face à un jour pareil ! À mon avis, la chose la plus adéquate à faire serait de commencer par une prière pour notre sœur Whitney Houston ». Il enchaîne ensuite avec une prière qui émeut toute la salle. Pour sa part, Jennifer Hudson rend hommage à Whitney Houston en interprétant I Will Always Love You, terminant sa prestation en chantant : « Whitney, we love you! » (« Whitney, nous t’aimons ! »).
Une noyade, provoquée par une maladie cardiovasculaire et la cocaïne, est à l’origine de sa mort. À ce moment, sa fortune est estimée à vingt millions de dollars.
En juin 2019, le DJ norvégien Kygo remixe la chanson Higher Love, reprise de Steve Winwood enregistrée en 1991, présente sur l’édition japonaise du troisième album de la chanteuse I’m Your Baby Tonight. En septembre, sept ans après sa mort, une tournée de Whitney sous forme d’hologramme est annoncée pour 2020.
Obsèques
Les obsèques de Whitney Houston ont lieu le 18 février 2012 à Newark en présence notamment de sa cousine Dionne Warwick, maîtresse de cérémonie, d’Alicia Keys, de Stevie Wonder et de l’acteur Kevin Costner. La famille souhaitant une cérémonie privée, une seule caméra est autorisée à filmer l’intégralité des obsèques placées sous le signe du gospel. Les proches de la diva lui rendent un ultime hommage durant près de quatre heures. R. Kelly interprète I Look to You et Alicia Keys Send Me an Ange. À la fin de la cérémonie, le cercueil de la chanteuse quitte l’église sur la chanson I Will Always Love You interprétée par Whitney Houston elle-même, suivi par sa mère, Cissy et sa fille Bobbi Kristina.
Elle est inhumée le lendemain dans la plus stricte intimité. Whitney Houston repose auprès de son père au Fairview Cemetery de Westfield (New Jersey).
Vie privée
Dans Whitney, le documentaire qu’il réalise en 2018, Kevin Macdonald révèle que la jeune Whitney Houston et son grand frère auraient été abusés sexuellement quand ils étaient enfants, par sa cousine et chanteuse Dee Dee Warwick, la sœur de Dionne Warwick. C’est ce qui expliquerait ses problèmes de drogue, initiés par son frère alors qu’elle était encore mineure.
En 1980, elle rencontre sa future assistante Robyn Crawford. Les deux adolescentes sont amies, mais des tabloïds basés sur des rumeurs prétendront qu’elles auraient entretenu une liaison qui aurait duré plusieurs années. L’entourage de la chanteuse et plus particulièrement sa mère, chrétienne pratiquante, n’acceptent pas cette relation supposée lesbienne par la presse à scandale. En 1983, Whitney met fin à leur amitié après avoir signé avec Arista Records de peur que cette relation ne nuise à sa carrière. Les deux femmes travailleront de nombreuses fois ensemble et resteront proches jusqu’au décès de la chanteuse.
En 1990, elle s’installe dans une villa à Mendham, une ville résidentielle du New Jersey. C’est durant cette même année qu’elle s’éprend du chanteur de new jack swing Bobby Brown, du groupe New Edition.
Le 18 juillet 1992, ils se marient devant près de huit cents invités. Elle reconnaît plus tard l’avoir fait pour de mauvaises raisons. Brown apporte un certain poids dans cette union, notamment trois enfants nés de deux précédentes relations. Ensemble, ils ont une fille, Bobbi Kristina Brown, née le 4 mars 1993 et morte le 26 juillet 2015.
L’année 2000 lui est difficile. Elle est arrêtée à l’aéroport de Hawaï aux États-Unis en possession de marijuana. Elle est incapable d’assister à une remise de prix aux Oscars. Il s’avère que c’est son mari, Bobby Brown, qui consomme de la marijuana, entre autres substances stupéfiantes. La prestation qu’aurait dû effectuer Whitney aux Oscars est réalisée par Faith Hill.
La relation particulièrement instable et violente que Whitney vit avec son mari Bobby, qui a en outre reconnu plusieurs adultères, la fait plonger dans la dépendance à la drogue ainsi que dans toute une série de scandales médiatiques.
En septembre 2006, elle décide de divorcer et annonce l’enregistrement d’un nouvel album (produit par Clive Davis, son ancien mentor), le premier depuis trois ans, qui doit marquer son grand retour sur le devant de la scène. Mais elle a perdu sa voix et, après quelques concerts catastrophiques, ce retour est annulé.
La chanteuse perd sa résidence d’Atlanta, saisie par l’administration fiscale américaine en novembre 2006, pour non-paiement d’une dette de 1,4 million de dollars. Elle conserve tout de même sa grande résidence de Mendham dans le New-Jersey. Bobby Brown, alors âgé de 38 ans, est arrêté en février 2007 pour un arriéré dans le paiement de la pension alimentaire de ses deux enfants (nés de précédentes unions).
Le divorce, prononcé le 24 avril 2007 après quatorze ans de vie commune, entraîne la vente des biens communs.
Elle suit un coaching intensif en vue d’un nouveau retour musical pour l’été 2009, avec la promotion de son album I Look To You. Ayant échoué à chanter ce qui était prévu à l’émission Good Morning America, la voix abîmée, ses efforts par la suite ne parviennent pas à éviter de mauvaises prestations sur scène, avec de plus huit concerts annulés et trois reportés. Souffrant d’infection des cordes vocales, elle est admise à l’hôpital de Neuilly-sur-Seine le 7 avril 2010.
Voix
Whitney Houston a un grand contrôle du souffle et des nuances, une voix très endurante et un belting puissant et « retentissant » sur toute la tessiture de sa voix. Selon l’entraîneur vocal Ron Anderson : « Elle a eu des problèmes dans le registre inférieur. Mais elle savait rester légère et ajouter les harmoniques en allant dans la partie basse de la voix et apporter la beauté à travers le registre supérieur. […] Personne ne peut rivaliser avec son changement de registre. Elle avait des aigus fabuleux. Elle les faisait sans effort la plupart du temps. Et même si parfois, elle forçait, c’était encore beau. […] Son contrôle du souffle vient sûrement du chant à l’église. Sa compréhension de comment elle peut déplacer son étendue vocale à travers le médium. Et quand elle voulait vraiment y aller, tout ce qu’elle avait à faire était d’ouvrir l’espace dans la gorge et elle partait. C’est de là qu’elle tient sa puissance. Greatest Love Of All est par exemple une chanson très difficile et elle l’exécutait parfaitement. Chaque gamme d’étendue vocale était impressionnante et émouvante ».
Elle orne la ligne vocale avec virtuosité, en faisant des glissandos rapides, des arpèges, des gammes ascendantes et descendantes, ainsi que des portandos et des piqués très rapides avec précision et aisance. Sa voix est d’une très grande agilité, ce qui lui permet de faire des mélismes très rapides tout en conservant justesse, dynamisme et plénitude et de passer d’un registre à l’autre sans difficulté. Elle a aussi une grande musicalité. Elle se sert des mélismes pour embellir la textualité et communiquer le flot d’idées musicales, « expire » les paroles pour les animer et mieux les exprimer, utilise de nombreux volumes pour mettre en évidence les périodes de climax et de résolution, possède un sens du rythme sans faille, l’oreille pour l’harmonie pour mettre en valeur la mélodie et le flot d’idées musicales et est très douée pour l’improvisation.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/30542-Whitney-Houston
ARETHA FRANKLIN
Aretha Louise Franklin, née le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee) et morte le 16 août 2018 à Détroit (Michigan), est une chanteuse, pianiste et auteure-compositrice américaine de soul, jazz, gospel et rhythm and blues. Elle est fréquemment surnommée « The Queen Of Soul » (« la Reine de la Soul »).
Militante des droits civiques aux côtés de Martin Luther King, femme de combat, diva et porte-parole de tout un peuple, Aretha Franklin est considérée comme la chanteuse afro-américaine la plus influente du xxe siècle. Ses albums I Never Loved a Man en 1967, Lady Soul en 1968 et Young, Gifted & Black en 1972 redéfinissent les codes de la musique contemporaine en popularisant avec Ray Charles la soul music mêlant R&B et gospel. On compte parmi ses plus grands tubes les chansons Think, (You Make Me Feel Like) A Natural Woman, I Say a Little Prayer, I Never Loved A Man, Ain’t No Way, I Knew You Were Waiting (For Me) en duo avec George Michael, Freeway of Love, Chain of Fools, Angel et Respect.
Chain of Fools devient une chanson de protestation contre la guerre du Viêt Nam parmi les combattants américains. Respect devient en 1967 un hymne féministe et le symbole du combat de la communauté afro-américaine pour sa liberté.
L’influence d’Aretha sur la musique contemporaine est grande, ouvrant la voie à d’autres grandes interprètes féminines, qu’il s’agisse de Patti LaBelle, Donna Summer, Natalie Cole ou encore Whitney Houston, Amy Winehouse, Mariah Carey, Mary J. Blige, Beyoncé, Adele ou Alicia Keys. Tom Jones, Elton John, Freddie Mercury, Prince, David Bowie et Luther Vandross notent aussi l’influence de la chanteuse sur leur manière de faire de la musique et de chanter. Aretha Franklin est en effet l’une des premières artistes à s’accompagner au piano et popularise le mélisme dans la musique contemporaine, technique qui consiste à chanter sur plusieurs notes une seule et même syllabe.
Elle est la chanteuse la plus classée dans l’histoire de l’industrie discographique américaine avec 112 titres placés dans les charts américains, dont vingt numéros 1 dans la catégorie R&B. Avec plus de 75 millions d’exemplaires vendus, elle reste aujourd’hui l’artiste féminine ayant vendu le plus de disques vinyles et, plus généralement, une des artistes ayant vendu le plus de disques.
Avec dix-huit Grammy Awards, Aretha Franklin est une des artistes les plus récompensées aux États-Unis. Elle est, en 1987, la première femme à intégrer le Rock and Roll Hall of Fame. Elle reçoit la médaille nationale des arts sous la présidence Bill Clinton et la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction pour un citoyen américain, sous la présidence George W. Bush. En 2009, elle chante à l’investiture de Barack Obama, premier président afro-américain des États-Unis. En 2010, le magazine Rolling Stone la place première au classement des meilleurs chanteurs de tous les temps. En 2019, le jury du prix Pulitzer lui décerne à titre posthume la récompense « pour sa contribution indélébile sur la musique et la culture américaine pendant plus de cinq décennies ». En 2020, le magazine Rolling Stone établit son classement des 500 meilleurs albums de tous les temps en collaboration avec trois cents professionnels de la musique. Aretha y place quatre albums : I Never Loved A Man (The Way I Love You) (13e), Lady Soul (75e), Amazing Grace (154e, album gospel le plus vendu de l’histoire) et Young, Gifted & Black (388e).
À sa mort sont salués son militantisme pour les femmes et la communauté afro-américaine, ainsi que son talent d’artiste.
Biographie
Enfance
Aretha Louise Franklin naît le 25 mars 1942 de Barbara (née Siggers) et Clarence LaVaughn « C. L ». Franklin. Sa mère accouche au domicile familial au 406 Lucy Avenue à Memphis. Son père est pasteur baptiste originaire de Shelby dans le Mississippi, tandis que sa mère est pianiste et chanteuse de gospel accomplie. Barbara et Clarence Franklin ont tous deux des enfants issus de relations antérieures, en plus des quatre enfants qu’ils eurent ensemble. Quand Aretha a deux ans, la famille déménage à Buffalo dans l’État de New York. Puis à l’âge de cinq ans, Aretha Franklin emménage à Détroit dans le Michigan, où son père prend la relève du pasteur de l’église baptiste New Bethel Baptist Church.
Le mariage du couple Franklin est houleux en raison d’infidélités de Clarence Franklin. Le couple se sépare en 19486. Barbara Franklin retourne à Buffalo avec le demi-frère d’Aretha, Vaughn, laissant à Clarence Franklin la charge des autres enfants. Après la séparation, Aretha se souvient rendre visite régulièrement à sa mère à Buffalo pendant l’été, qui vient de son côté souvent les voir à Détroit. Sa mère meurt finalement d’une crise cardiaque le 7 mars 1952, avant le dixième anniversaire d’Aretha. Plusieurs femmes, dont la grand-mère d’Aretha, Big Mama Rachel, et la légendaire chanteuse de gospel Mahalia Jackson se relaient alors pour aider les enfants Franklin. C’est à ce moment-là qu’Aretha apprend à jouer du piano. Autodidacte, elle joue à l’oreille. Son père s’amuse à la faire reprendre au piano les airs qu’elle entend à la radio. Rapidement, Aretha aiguise son style pour devenir une artiste et pianiste aguerrie. Elle fréquente l’école publique de Détroit, passant sa première année à la Northern High School, avant d’abandonner en deuxième année.
La popularité de son père devient très vite nationale. Les sermons du pasteur Franklin lui valent de devenir « l’homme à la voix à un million de dollars ». Il parvient en effet à gagner des milliers de dollars en devenant le premier pasteur à diffuser ses sermons à la radio quand il ne fait pas lui-même des tournées dans le pays entier et dans différentes églises du pays. C. L. Franklin, en plus d’être pasteur, est par ailleurs un fervent militant des droits civiques (Martin Luther King loge à son domicile quand il est de passage à Détroit). Son statut de célébrité lui vaut d’ailleurs la visite de diverses personnalités. Parmi les visiteurs récurrents figuraient la légendaire Clara Ward, James Cleveland et les membres des Caravanes Albertina Walker et Inez Andrews. Jackie Wilson et Sam Cooke se lient aussi d’amitié avec C. L. Franklin. Clara Ward devient l’amante du père d’Aretha de 1949 environ jusqu’à ce qu’elle meure en 1973, bien qu’Aretha « ait préféré les considérer strictement comme des amis ». Clara Ward a également servi de modèle à la jeune Aretha, lui donnant l’envie de devenir chanteuse.
Débuts dans le gospel (1954-1960)
À la mort de sa mère, Aretha Franklin commence à chanter en tant que choriste à l’église baptiste New Bethel Baptist Church, en commençant par l’hymne Jesus, Be a Fence Around Me. À 12 ans, son père commence à la diriger. Il l’emmène ainsi sur la route avec lui lors de ses tournées dites « gospel caravan » pour qu’elle se produise dans différentes églises7. Il la fait par ailleurs signer son premier contrat chez J.V.B. Records. Un équipement d’enregistrement est installé à l’intérieur de l’église baptiste New Bethel et neuf pistes sont enregistrées. Elle donne naissance à son premier enfant, nommé Clarence en l’honneur de son père, le 28 janvier 1955 avant de fêter ses 13 ans. Le 31 août 1957, à 15 ans, Aretha Franklin accouche d’un deuxième enfant nommé Edward Derone Franklin.
En 1956, J.V.B. sort le premier single d’Aretha Franklin, Never Grow Old, accompagné de You Grow Closer. Precious Lord (Part One) et Precious Lord (Part Two) suivent en 1959. Ces quatre titres, auquel s’ajoute There Is a Fountain Filled with Blood figurent sur l’album de 1956 appelé Spirituals. En 1965, Checker Records publie une seconde version de l’album qu’il nomme Songs of Faith ; celui-ci reprend les cinq titres de l’album Spirituals de 1956 auxquels sont ajoutés quatre enregistrements inédits. Si l’album n’est pas un succès commercial, il contribue à introduire Aretha Franklin dans le circuit gospel. En s’accompagnant au piano et en chantant ces negro spirituals, Aretha impressionne les plus grands chanteurs de gospel de l’époque notamment Mahalia Jackson et James Cleveland, proches d’Aretha et considérés encore à ce jour comme la Reine et le Roi du Gospel.
À cette époque, Aretha Franklin voyage occasionnellement avec The Soul Stirrers, le groupe de Sam Cooke. L’été, Aretha est souvent à Chicago et reste dans la famille de Mavis Staples dont le groupe familial The Staples Singers commence à se faire un nom. Selon le producteur de musique Quincy Jones, alors qu’Aretha est encore jeune, la « Reine Du Blues » Dinah Washington lui prédit qu’Aretha est « la prochaine ». À l’âge de 16 ans, Aretha Franklin part finalement en tournée avec le Dr Martin Luther King. Elle soutient l’action du pasteur et chantera pour lui en divers occasions notamment lors de ses funérailles en 1968.
À l’âge de 18 ans, Aretha confie à son père qu’elle aspire à suivre Sam Cooke et à enregistrer des musiques « profanes », R&B et pop, fait curieux pour l’époque où passer de la musique sacrée à profane n’est souvent pas accepté. Le Révérend C.L Franklin se montre compréhensif et encourage sa fille. Elle s’installe donc à New York dans l’espoir de décrocher un contrat avec une maison de disque. Son père participe en tant que manager à la production d’une démo de deux chansons. Cette démo tombe dans les mains de John Hammond, célèbre producteur de Columbia Records. L’homme, qui a découvert Billie Holliday dix ans plus tôt, voit immédiatement en Aretha une révélation. Celui qui découvrira à la même période Barbra Streisand et Bob Dylan signe donc Aretha en 1960. Aretha suit en parallèle des cours avec le chorégraphe Cholly Atkins pour préparer ses performances scéniques. Signer Aretha chez Columbia est pour John Hammond une victoire quand on sait les propositions faites au même moment par les labels RCA et Motown. En effet, Sam Cooke essaye désespérément de persuader le père Franklin de la signer sur son label, RCA. De même, le fondateur du label Motown Berry Gordy cherche à faire signer Aretha et sa sœur aînée Erma sur son label. C.L. Franklin estime que le label n’est pas encore suffisamment établi et refuse la demande de Gordy.
Le single d’Aretha Franklin Today I Sing the Blues sort en septembre 1960 et atteint le top 10 du classement des meilleures ventes R&B. Sa carrière musicale est enfin lancée.
Introduction au jazz chez Columbia (1960-1966)
En janvier 1961, Columbia publie le premier album jazz d’Aretha : Aretha : With The Ray Bryant Combo. L’album contient son premier single, Won’t Be Long, qui se classe au classement du Billboard Hot 100 et atteint la 7e place du classement R&B. Le succès est modeste mais encourageant pour la jeune chanteuse de 18 ans. Principalement produits par Clyde Otis, les enregistrements chez Columbia érigent Aretha en chanteuse de jazz dans la lignée de Sarah Vaughan, Billie Holiday et Ella Fitzgerald. Aretha y chante des standards américains, du jazz vocal, du blues, du doo-wop et du rhythm and blues. La même année, elle enregistre Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody. Le titre atteint le top 40 en Australie et au Canada. Fin 1961, Aretha Franklin est nommée « nouvelle star féminine » par le magazine DownBeat. En 1962, Columbia sort deux autres albums, The Electrifying Aretha Franklin et The Tender, the Moving, the Swinging Aretha Franklin. Si nombres de ses titres passent à radio, ses ventes de disques, elles, ne décollent pas.
Néanmoins, en 1962, lors d’une représentation au Regal Theater de Chicago, Pervis Spann, personnalité en vogue de la radio WVON, proclame Aretha Franklin « Reine de la Soul ». Le surnom fait date et devient le titre officiel d’Aretha Franklin. Elle est alors reconnue par ses pairs comme chanteuse de jazz et impressionne tant Etta James que Sarah Vaughan. Sarah Vaughan affirme d’ailleurs ne plus avoir jamais chanté Skylark après avoir écouté la version d’Aretha, qui lui paraît indépassable. En 1964, Aretha commence à enregistrer davantage de musique pop et se classe dans les dix premiers titres du palmarès R&B avec sa ballade Runnin’ Out of Fools début 1965. À la mort de la Reine du Blues Dinah Washington, Aretha enregistre un album hommage à la chanteuse, Unforgettable : A Tribute to Dinah Washington. Il est aujourd’hui considéré comme son meilleur album chez Columbia mais, à sa sortie, il apparaît en décalage par rapport aux succès de l’époque7. Quand l’Amérique subit la déferlante des Beatles et des artistes Motown, ce bel hommage à une artiste des années 1950 paraît dépassé et démodé. Par la suite, plusieurs de ses titres figurent dans les hit-parades en 1965 et 1966 : One Step Ahead et Cry Like a Baby, puis You Made Me Love You et (No, No) I’m Losing You.
Au milieu des années 1960, Aretha gagne 100 000 dollars par an grâce à de multiples représentations dans des boîtes de nuit et des théâtres. Toujours à cette époque, elle apparaît dans des émissions de rock-and-roll comme Hollywood A Go-Go et Shindig !. Ses performances télévisuelles sont saluées — on note le grand talent de cette jeune chanteuse s’accompagnant elle-même au piano et qui chante du jazz comme elle chanterait des cantiques gospel.
Cependant, si Aretha est massivement diffusée à la radio et qu’elle s’est fait un nom (et un prénom), ses ventes de disques sont faibles. John H. Hammond, directeur du label, déclare plus tard que l’erreur de Columbia est d’avoir oublié les racines gospel d’Aretha. Sa voix est jugée trop « noire » pour vendre autant que Barbra Streisand et ses chansons trop jazz pour la hisser comme chanteuse à la mode aux côtés de Dionne Warwick et Diana Ross. Aretha quitte finalement Columbia et rejoint Atlantic Records en 1966, célèbre label de Ray Charles et Solomon Burke, figures majeures de la soul des années 1960.
Ascension soul chez Atlantic (1967-1979)
En novembre 1966, son contrat pour Columbia expire et Aretha se tourne vers Atlantic Records. En janvier 1967, la chanteuse se rend à Muscle Shoals, en Alabama, pour enregistrer dans les célèbres studios FAME. Elle dira elle-même « je me suis assise au piano et les tubes sont arrivés ». Elle y enregistre la chanson I Never Loved a Man (the Way I Love You). Quand elle s’assoit au piano et commence à chanter, tout le studio reste bouche bée. L’enregistrement peut commencer. Aretha n’y passe finalement qu’une journée après une violente altercation entre son manager et mari Ted White, le propriétaire du studio Rick Hall et un joueur de cor. Les sessions s’arrêtent mais la chanson sort finalement le mois suivant et atteint la première place du classement R&B et la neuvième place du Billboard Hot 100. Pour la première fois de sa carrière, Aretha décroche un disque d’or et un 45-tours vendu à plus d’un million d’exemplaires. L’intuition de son producteur Jerry Wexler est de laisser Aretha s’exprimer librement et prendre le contrôle de la direction artistique de sa musique. Aretha choisit son propre répertoire, arrange les chansons elle-même au piano et gère ses choristes.
La réussite ne s’arrête pas là. Le 10 avril 1967, Atlantic commercialise un deuxième extrait de l’album, le doublé Respect/Dr Feelgood. Ce second 45-tours se révèle encore plus porteur que le premier. Respect se hisse à la première place des charts R&B et pop pendant 8 semaines. Le respect réclamé par Aretha trouve un écho immédiat dans la société américaine de l’époque. La chanson devient rapidement la chanson signature de la chanteuse, un hymne des droits civiques et un hymne féministe. Pourtant, la chanson est un emprunt à une première version du titre publié un an plus tôt par Otis Redding. En entendant la version d’Aretha, Otis Redding reconnait que sa chanson lui a échappé. Aretha réinvente complètement la chanson en scandant chaque lettre de R-E-S-P-E-C-T, elle rajoute par ailleurs un refrain chanté en arrière-plan par les chœurs avec l’expression très à la mode alors, « sock it to me ». Le titre à connotation sexiste quand il est chanté par Otis devient un hymne de force et de respect dans l’interprétation d’Aretha Franklin. « C’est un cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques » écrit Aretha dans ses mémoires. Le mouvement des droits civiques fait de la chanson un mantra et d’Aretha le symbole de la lutte pour l’égalité et la liberté. Le magazine Rolling Stone classe la chanson en position numéro cinq de son classement des plus grandes chansons de tous les temps. Le phénomène Aretha Franklin est lancé.
Le premier album d’Aretha pour Atlantic, I Never Loved a Man the Way I Love You, connait un immense succès tant commercial et critique. 1967 marque le début de la période d’or pour Aretha qui ne s’arrêtera qu’une décennie plus tard. Sur cette période, elle décroche une vingtaine de disques d’or et classe 8 albums en tête des charts R&B. Baby I Love You, (You Make Me Feel Like) A Natural Woman sont d’immenses succès. En 1968, Aretha sort les albums Lady Soul et Aretha Now, portés par les tubes Chain of Fools, Ain’t No Way, Think et I Say a Little Prayer. En février, Aretha décroche ses deux premiers Grammys, dont celui de la meilleure chanteuse R&B, catégorie inspirée par le succès d’Aretha. Elle remporte ce même Grammy huit fois d’affilée. Il est dès lors vite renommé Le Prix Aretha.
Son succès dépasse rapidement la sphère musicale. Le 16 février 1967 est déclaré Journée Aretha Franklin. Elle est alors reçue par son ami de longue date Martin Luther King Jr qui voit en elle une porte-voix majeure du combat pour les droits civiques américains. Aretha effectue peu de temps après sa première tournée en dehors des États-Unis en mai, notamment au Concertgebouw d’Amsterdam, où elle joue devant un public quasi-hystérique qui la couvre de fleurs sur scène. Elle fait par ailleurs une apparition remarquée à l’Olympia à Paris et y enregistre son second album live. La même année, elle fait la couverture du magazine Time, une première pour une artiste noire. En 1968, elle est la personnalité noire la plus connue derrière Martin Luther King.
Le succès d’Aretha ne faiblit pas au début des années 1970, période durant laquelle elle enregistre les numéro un Don’t Play That Song (You Lied), Spanish Harlem, Rock Steady et Day Dreaming.
Même si, au cours de sa carrière, elle refuse un certain nombre de chansons, dont certaines sont cependant devenues des succès internationaux — Son Of A Preacher Man de Dusty Springfield, This Will Be de Natalie Cole, Upside Down de Diana Ross —, elle enregistre finalement en 1970 une version de Son Of A Preacher Man, un an après celle de Dusty Springfield.
La formule des albums est la même que celle des années 1960 si ce n’est qu’Aretha écrit et compose davantage. Les albums Spirit in the Dark et Young, Gifted and Black sont une fois de plus des succès. En 1971, Aretha est la première artiste R&B à jouer au Fillmore West de San Francisco, et sort plus tard dans l’année l’album live Aretha Live at Fillmore West. En plein concert, elle aperçoit Ray Charles et l’invite sur scène. Ensemble, ils improvisent sur Spirit In The Dark, moment immortalisé sur le disque live. Ray Charles dira d’Aretha qu’elle est sa « seule vraie sœur », la seule chanteuse à qui on peut le comparer.
En 1972, Aretha revient à ses racines gospel et enregistre l’album Amazing Grace, dans lequel elle interprète lors d’un service des cantiques et standards comme How I Got Over de Mahalia Jackson. Elle y inclut des titres de Marvin Gaye et de Carole King, ayant à cœur de montrer que musique sacrée et pop ne sont pas antinomiques. Le disque est enregistré sur deux soirs à l’église New Temple Missionary Baptist Church de Los Angeles. Son père est présent, tout comme la famille Ward ainsi que Mick Jagger. Amazing Grace se vend dans l’année à plus de deux millions d’exemplaires et est à ce jour l’album gospel le plus vendu de l’histoire. Les interprétations en direct sont filmées par Sydney Pollack, mais en raison de problèmes de synchronisation de son, sa sortie au cinéma n’a lieu qu’en 2018 par le producteur Alan Elliott. L’année 1972 marque l’apogée de la carrière d’Aretha, au sommet de son art, tant commercialement que musicalement.
Elle rejoint ensuite Quincy Jones en 1973 pour l’enregistrement de son nouvel album Hey Now Hey. Quincy Jones dira plus tard qu’Aretha est l’artiste la plus impressionnante avec Michael Jackson. Le disque est marquée par des influences jazz et de brillantes parties au piano écrites et jouées par Aretha. Malgré le succès du single Angel écrite par sa sœur Carolyn Franklin, l’album ne décolle pas dans les charts à sa sortie. Cela n’empêche pas Aretha d’enregistrer quelques succès notamment Until You Come Back to Me écrite pour elle par Stevie Wonder et I’m in Love.
En 1976, Aretha travaille sur la bande sonore du film Sparkle avec Curtis Mayfield qu’elle admire particulièrement. L’album permet à Aretha d’obtenir son dernier grand tube de la décennie avec Something He Can Feel, qui atteint la première place du classement R&B. Sparkle est considéré par Aretha comme son meilleur album. Elle parvient en effet à se réinventer tant vocalement que musicalement. Sans céder aux influences disco à la mode, Sparkle est gorgé d’influences funk et soul, à la fois old school et new school. Percutante, Aretha renoue avec le succès. Cependant, les albums suivants, Sweet Passion (1977), Almighty Fire (1978) et La Diva (1979), déçoivent. Aretha Franklin, dépassée par la mouvance disco dans laquelle elle ne se reconnait pas, quitte finalement Atlantic Records et rejoint Arista Records en 1979.
Les années pop chez Arista (1980-2008)
En 1980, après avoir quitté Atlantic Records, Aretha signe avec Arista Records et Clive Davis. Elle donne la même année un concert sur mesure au Royal Albert Hall de Londres devant la reine Elizabeth. Aretha est ensuite invitée sur le tournage des Blues Brothers en 1980. Elle y joue la propriétaire d’un restaurant de cuisine et l’épouse de Matt « Guitar » Murphy. Elle partage l’affiche avec les deux autres plus grandes stars soul des années 1960 : James Brown et Ray Charles. Pour l’occasion, elle re-enregistre sa chanson Think. La performance d’Aretha est saluée par la critique. Think devient une des chansons signatures d’Aretha et sa chanson la plus connue en France.
La même année, elle sort son premier album chez Arista Records qui contient ses deux premiers succès de la décennie United Together, et sa reprise de I Can’t Turn You Loose d’Otis Redding nominée l’année suivante aux Grammy Awards. L’album suivant, Love All the Hurt Away (1981), comprend son célèbre duo avec George Benson sur la chanson titre, ainsi que sa reprise de Hold On, I’m Comin’ de Sam & Dave, qui lui permet de décrocher un Grammy Award supplémentaire. En 1982, Aretha décroche un disque d’or – pour la première fois en sept ans – avec l’album Jump to It produit par Luther Vandross, fervent admirateur de la chanteuse. L’année suivante, elle sort Get It Right toujours produit par Luther Vandross. Le titre se hisse comme Jump To It en tête des hit-parades R&B. En 1985, Who’s Zoomin’ Who? devient son premier album chez Arista Records à être certifié platine. L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires, porté par les succès de Freeway of Love, la chanson titre, et Another Night. L’année suivante, elle sort un second album à succès avec les singles Jumpin’ Jack Flash, Jimmy Lee et I Knew You Were Waiting for Me, célèbre duo qu’elle partage avec George Michael. Andy Warhol signe la pochette du disque . En 1987, elle opère un retour vers la musique de son enfance avec l’enregistrement d’un troisième album gospel, One Lord, One Faith, One Baptism, enregistré à l’église baptiste New Bethel de son défunt père. En 1989, elle sort Through the Storm et enregistre des duos avec Whitney Houston, James Brown et Elton John. La même année, Aretha interprète America the Beautiful lors de la Wrestlemania III de la WWE.
Les années 1990 sont cependant moins fructueuses pour Aretha. En 1991, son album What You See is What You Sweat se vend peu. En 1993, elle chante à l’investiture de Bill Clinton et se produit à la Maison Blanche pour le Président et la Première Dame avec lesquels elle se lie d’amitié. Aretha revient dans les charts en 1993 avec la chanson A Deeper Love du film Sister Act puis en 1994 avec la chanson Willing to Forgive. Elle signe par ailleurs un titre sur un album hommage à Lady Diana, sur un disque de Curtis Mayfield ainsi que pour la bande originale d’un film sur la vie de Malcolm X : Someday We’ll All Be Free.
La fin des années 1990 permet cependant à Aretha de s’imposer comme chanteuse de référence. En 1998, elle partage l’affiche du concert Divas Live organisé par VH1 au Beacon Theatre de New York avec Mariah Carey, Céline Dion, Shania Twain, Carole King et Gloria Estefan. Sa performance de Natural Woman avec les autres divas fera date88. En 1998, elle se réinvente en sortant A Rose Is Still A Rose, produit et écrit par Lauryn Hill du groupe The Fugees. L’album du même nom est un succès, se vend à plus de 500 000 exemplaires et permet à Aretha de remporter un disque d’or de plus.
Cette même année, elle remplace au pied levé Luciano Pavarotti aux Grammy Awards. Ce soir-là, alors que le spectacle a déjà commencé, Luciano Pavarotti contacte les producteurs des Grammy et annonce qu’il est bien trop malade pour interpréter comme prévu l’aria d’opéra Nessun Dorma. 20 minutes avant la performance, les producteurs du spectacle proposent à Aretha de remplacer le chanteur d’opéra. Amie de Pavarotti, Aretha avait justement chanté la chanson deux soirs auparavant lors d’un évènement pour MusiCares. Elle écoute l’enregistrement de la répétition de Pavarotti et accepte de chanter la chanson dans la tessiture de ténor et dans la tonalité préparée par l’orchestre. Introduite par Sting qui explique l’imprévu au public, Aretha arrive finalement sur scène. Le public l’honore d’une standing ovation. Elle chantera à nouveau la chanson à Philadelphie pour le pape François lors de la réunion mondiale des familles en septembre 2015. En pleine performance, un petit garçon, touché par l’interprétation d’Aretha, monte alors sur scène et l’embrasse.
En 2003, Aretha sort So Damn Happy et la chanson Wonderful, récompensée aux Grammy Awards. En 2004, elle annonce qu’elle quitte Arista Records après plus de 20 ans de travail pour le label. Pour compléter ses obligations, elle publie cependant un dernier album de compilation de duos, Jewels in the Crown. L’année suivante, elle publie l’album de Noël This Christmas chez DMI Records. Puis en février 2006, elle chante The Star-Spangled Banner avec Aaron Neville et Dr. John pour le Super Bowl XL, qui se tient dans sa ville de Détroit.
Les dernières années (2008-2018)
Le 20 janvier 2009, Aretha Franklin revient au premier plan en interprétant My Country, ‘Tis of Thee lors de la cérémonie d’investiture du président Barack Obama. Le chapeau qu’elle porte ce jour devient culte. En 2011, Aretha, sous son propre label Aretha’s Records, sort l’album Aretha : A Woman Falling Out of Love.
En 2014, Aretha signe sous le label RCA Records, contrôleur du catalogue Arista Records et label frère de Columbia et Sony Music Entertainment98. Elle renoue donc avec son producteur Clive Davis. Un album est enregistré avec les producteurs Babyface et Danger Mouse. Le 29 septembre 2014, Aretha se produit au Late Show de David Letterman avec Cissy Houston et chante Rolling in the Deep d’Adele et Ain’t No Mountain High Enough de Marvin Gaye/Diana Ross. Sa reprise de Rolling in the Deep figure sur son premier et dernier album chez RCA, Aretha Franklin Sings the Great Diva Classics, sorti en octobre 2014. Ce faisant, elle devient la première femme à avoir cent chansons au palmarès des Hot R&B/Hip-Hop Songs du Billboard avec le succès de sa reprise de Rolling in the Deep d’Adele.
Elle se produit à la Maison-Blanche en 2015 et y chante I Never Loved A Man et Amazing Grace. En décembre 2015, Aretha chante (You Make Me Feel Like) A Natural Woman au Kennedy Center Honors à Washington pour Carole King, honorée ce soir-là. Barack Obama, submergé par l’émotion, ne peut retenir ses larmes102,103. Vers la fin de la chanson, elle fait tomber son manteau de fourrure sur scène, ce qui lui vaut une standing ovation du public. C’est sa dernière grande performance. Elle retourne au Ford Field de Détroit le jour de Thanksgiving 2016 pour interpréter une nouvelle fois l’hymne national lors du match entre les Vikings du Minnesota et les Lions de Détroit. Assise derrière le piano, vêtue d’un manteau de fourrure noire et d’une casquette des Lions, Aretha chante The Star-Spangled Banner pendant plus de quatre minutes et y inclut un certain nombre d’improvisations.
Aretha sort son dernier disque A Brand New Me en novembre 2017 avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres, qui utilise des enregistrements d’archives d’Aretha avec lesquels ils réarrangent ses plus grandes chansons.
Aretha annule un certain nombre de concerts en 2017 pour des raisons de santé et demande, lors d’un spectacle en plein air à Détroit devant 15 000 personnes, à ce que le public prie pour elle. Aretha continue cependant de se produire partout dans le pays et à se faire acclamer par le public comme par les critiques. Le 3 septembre 2017, elle joue une dernière fois au Ravinia Festival. Sa dernière représentation a finalement lieu à la cathédrale de St. John the Divine à New York lors du gala du 25e anniversaire d’Elton John pour la Elton John AIDS Foundation, le 7 novembre 2017. Aretha y paraît très affaiblie et très amaigrie.
Mort
Le 13 août 2018, Aretha est gravement malade chez elle, à Riverfront Towers, à Détroit. Elle est en soins palliatifs et entourée de ses amis et de sa famille ; Stevie Wonder, Jesse Jackson et son ex-mari Glynn Turman lui rendent visite sur son lit de mort. Elle meurt à son domicile le 16 août, à l’âge de 76 ans, sans testament. La cause du décès est une tumeur neuroendocrinienne pancréatique maligne (pNET), distincte de la forme la plus courante de cancer du pancréas.
Hommages
De nombreuses célébrités de l’industrie du divertissement et des hommes politiques lui rendent hommage, dont les anciens présidents américains Bill Clinton et Barack Obama, pour qui Aretha a « contribué à définir l’expérience américaine ». L’activiste des droits civils Al Sharpton la qualifie d’« icône des droits civiques et de l’humanitaire ». Elton John déclare : « La perte d’Aretha Franklin est un choc pour tous ceux qui aiment la vraie musique : la musique qui vient du cœur, de l’âme et de l’Église. Sa voix était unique, ses capacités de pianiste sous-estimées. Elle était l’une de mes pianistes favorites […] Je l’adorais et vénérais son talent. Que Dieu la bénisse. »
Paul McCartney, Diana Ross, Christina Aguilera, Beyoncé, Britney Spears, Bruno Mars, Lady Gaga, John Legend, The Rolling Stones, Billy Joel, Ricky Martin, Carole King, Annie Lennox, Ariana Grande, Shawn Mendes, Céline Dion, Line Renaud réagissent tous à la disparition de la chanteuse.
Dans un communiqué de presse, la ministre de la Culture Françoise Nyssen déclare : « Avec Aretha Franklin, une immense interprète à la voix puissante et inoubliable nous quitte. Durant plus de 60 ans, aux États-Unis comme sur les scènes du monde entier, elle mit son talent au service du gospel, du Rhythm and blues, du jazz, et surtout de la musique soul, dont elle fut la reine. Nous nous souviendrons de ses albums d’anthologie, de ses grands concerts, de son chant lors des funérailles de Martin Luther King ou de l’investiture de Barack Obama. Je rends hommage à la très grande artiste — chanteuse et pianiste — aux 18 Grammy Awards. Et aussi à la femme qui imposait tout naturellement le respect, ce respect qu’elle a si bien chanté dans une chanson au succès planétaire. Je rends hommage à ses engagements en faveur des droits civiques, ainsi qu’à la cause féministe. »
À la mort d’Aretha, des fans lui rendent hommage dans des stations de métro de la ville de New York, stations Franklin Street à Manhattan, et Franklin Avenue à Brooklyn. L’opérateur du système de métro, la Metropolitan Transportation Authority place par la suite des panneaux autocollants temporaires en noir et blanc avec le mot « Respect » à côté des panneaux de nom « Franklin ». Son étoile sur Hollywood Boulevard est décorée, tout comme sa maison de naissance à Memphis. Des fans se regroupent par ailleurs devant l’église baptiste New Bethel à Détroit ainsi que devant le théâtre Apollo de New York. Sa musique est diffusée devant les édifices pendant plusieurs jours.
Comme l’activiste Rosa Parks en 2005, sa dépouille est exposée pendant trois jours au musée d’Histoire afro-américaine Charles H. Wright de Détroit.
Enterrement
Une cérémonie commémorative est organisée à l’église baptiste New Bethel Baptist Church le 19 août. Des milliers de personnes lui rendent hommage au cours d’une exposition publique au Musée Charles H. Wright d’histoire afro-américaine. Plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent pour voir la dépouille d’Aretha Franklin pendant trois jours.
Les funérailles du 31 août se déroulent au temple Greater Grace à Détroit – incluant hommages de célébrités, d’hommes politiques, d’amis et de membres de la famille. La cérémonie est retransmise en direct par des agences de presse – Fox News, CNN, The Word Network, BET et MSNBC.
Parmi ceux présent lors de la cérémonie, l’on compte notamment Ariana Grande, Bill Clinton, Al Sharpton, Louis Farrakhan, Faith Hill, Fantasia, The Clark Sisters, Ronald Isley, Angie Stone, Chaka Khan, Jennifer Holliday, Loretta Devine, Jennifer Hudson, Queen Latifah, Shirley Caesar, Stevie Wonder, Eric Holder, Gladys Knight, Cedric the Entertainer, Tyler Perry, Smokey Robinson et Yolanda Adams.
À la demande d’Aretha, le révérend Jasper Williams Jr. de la Salem Baptist Church d’Atlanta officie la cérémonie. Une centaine de Cadillac Rose déambule dans la ville de Détroit pour rendre hommage à Aretha et sa chanson Freeway of Love.
Après une procession télévisée le long de Seven Mile Road, Aretha Franklin est inhumée au cimetière de Woodlawn à Détroit.
Activisme
Rôle dans le mouvement des droits civiques
En 1967, Respect devient un hymne des droits civiques. Le respect réclamé par Aretha trouve un écho immédiat à un moment où la communauté afro-américaine demande elle à être respectée et considérée. « Respect, c’était un besoin pour toute une nation, pour l’homme et la femme de la rue, le businessman et la mère de famille, le pompier et l’enseignant. Tout le monde exigeait le respect. C’était également le cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques », écrit Aretha dans ses Mémoires.
Le militantisme d’Aretha pour le mouvement des droits civiques est un engagement de longue date. Aretha grandit dans le Détroit des années 1950, entourée dès son enfance par les plus grandes figures du mouvement des droits civiques. Son père, pasteur baptiste, est un militant et proche du pasteur Martin Luther King. Il organise en 1963 la marche pour la liberté de Détroit – à l’époque la plus grande manifestation pour les droits civiques jamais organisée aux États-Unis. Martin Luther King y récite une première version de son célèbre discours « I have a dream », quelques mois avant sa grande marche sur Washington. Le pasteur Martin Luther King joue un rôle essentiel dans la vie d’Aretha. Le pasteur est un habitué de l’Église de Pasteur C.L Franklin et dort chez les Franklin lorsqu’il est de passage à Détroit. Il devient une source d’inspiration pour la jeune Aretha.
À l’âge de 16 ans, elle part en tournée avec Martin Luther King, peu après l’enregistrement de son premier album. Dix ans plus tard, elle chantera à son enterrement. Elle y interpréta Precious Lord Take My Hand, la chanson préférée du révérend. Chanson qu’elle chante à plusieurs reprises pour le révérend notamment après un meeting au McCormick Place de Chicago en 1963. Ce soir-là, Dinah Washington, Mahalia Jackson et Aretha sont invitées à chanter. Taylor Branch dans America in The King Years se souvient de cette soirée : « Toutes les trois ont tenu le public en haleine jusqu’à deux heures du matin, mais Aretha remportait tous les suffrages en interprétant l’hymne final (…). Donnant une lecture bouleversante de Precious Lord, Take My Hand, elle laissait pantois un auditoire convaincu d’avoir assisté à un moment historique » Aretha chantera à plusieurs reprises pour Martin Luther King partout dans le pays. « Le noir est synonyme de beauté mais aussi de souffrance et de lutte » affirme Aretha. Dès le début des années 1960, une clause dans son contrat informe les promoteurs qu’elle ne se produit pas devant un public ségrégé.
En 1970, elle demande la libération de l’activiste Angela Davis et se propose de payer sa caution. Elle déclare alors publiquement:
« Mon père [le révérend C.L.Franklin de Détroit] me déconseille de prendre la parole mais je me dois de rester fidèle à mes convictions. Angela Davis doit être libérée. Les Noirs injustement enfermés doivent être libérés. J’ai moi-même été incarcérée [après une manifestation à Détroit] et je sais bien qu’il faut protester pour se faire respecter. La prison est un enfer. J’appelle la justice à faire son travail, non pas que je crois au communisme, mais parce qu’Angela Davis est une femme noire et qu’elle se bat pour la liberté du peuple noir. J’ai l’argent ; je l’ai obtenu du peuple noir — ils m’ont rendu financièrement capable de l’avoir, je veux donc l’utiliser pour aider notre peuple. »
Le militant Jesse Jackson explique : « Quand nous avions des difficultés à lever de l’argent à cause de la posture anti-guerre du docteur King, elle chantait gratuitement, levant de l’argent pour la cause. Une nuit à Houston au Texas, elle était sur scène et ils ont lancé du gaz lacrymogène sur le ventilateur. Elle a continué à chanter, elle est restée debout. » Jesse Jackson déclare par ailleurs à USA Today qu’Aretha a financé des dizaines de manifestations et campagnes en faveur des droits civiques. Aretha n’en a cependant jamais publiquement fait la promotion. Publiquement, Aretha demeure discrète quant à son engagement. Son producteur Jerry Wexler explique qu’« elle n’en parlait pas ».
« Pour elle, ses opinions appartenaient à sa vie privée. Elle consacrait beaucoup de son temps à Martin Luther King, mais sans jamais verser dans la polémique et les slogans faciles. Ses positions relevaient avant tout de ses croyances et de sa foi. »
Pour Dr Bernice King, la fille de Martin Luther King, Aretha est un « exemple frappant » de cette manière dont la musique peut se mettre au service des transformations sociales. « En tant que militante, elle n’a pas seulement utilisé sa voix pour divertir mais pour faire passer des messages et inspirer des générations et des générations. Ses chansons sont devenues des hymnes à la liberté. » Après Respect, les chansons Chain of Fools1, A Change Is Gonna Come, Think et Young, Gifted & Black incarnent le mouvement tout au long des années 1960-70. La force de sa voix et son assurance deviennent des symboles de fierté et de force. « Sa musique est porteuse d’une énergie électrique caractéristique de cette période charnière » explique Sebastien Danchin dans sa biographie consacrée à la chanteuse. John Lewis, figure historique du mouvement déclare :
« Quand elle chantait, elle incarnait ce pour quoi nous nous battions et sa musique nous renforçait. Elle nous revigorait. Elle était comme une muse dont les chansons nous donnaient la force de continuer. Sa musique nous a donné un plus grand sentiment de détermination pour ne jamais abandonner ni capituler et pour garder la foi. »
Au cours des décennies suivantes, Aretha Franklin devient le visage et la voix de premier plan des droits civiques des Afro-Américains. Naturellement, Barack Obama la choisit pour chanter à son investiture, lui, premier président afro-américain. Le présence d’Aretha est le symbole de la victoire du mouvement des droits civiques.
À sa disparition, son impact sur le mouvement des droits civiques est souligné. Barack Obama déclare : « Dans sa voix, nous pouvions lire notre Histoire, dans son entièreté et dans toutes ses nuances : notre puissance et nos peines, notre côté sombre et notre lumière, notre quête de la rédemption et le respect gagné difficilement. » Le NAACP, la grande organisation de défense des droits civiques, qui lui avait remis en 2008 un prix pour son action déclare :
« Personne ne peut évoquer le mouvement des droits civiques ni la musique sans offrir son respect à la Reine de la Soul. »
Figure féministe
Dans The Death Of Rhythm & Blues, le critique Nelson George affirme « Aretha exprimait tout ce que pouvait être la femme noire à l’heure où ses contemporaines (Diana Ross, Tina Turner, Dionne Warwick, Martha Reeves et même Gladys Knight) se trouvaient enfermées dans un rôle subalterne par des décisions artistiques de producteurs masculins ».
Pour des générations de femmes, Aretha est un modèle qui a représenté non seulement le combat pour l’égalité des droits mais aussi l’égalité hommes-femmes.
On compte parmi ses plus grandes chansons féministes : Think, Respect et Do Right Man, Do Right Woman.
Dans Do Right Man, Do Right Woman, elle chante en réponse à It’s a Man’s Man’s Man’s World de James Brown :
« A woman’s only human
You should understand
She’s not just a plaything
She’s flesh and blood just like her man
[…]
They say that it’s a man’s world
But you can’t prove that by me
And as long as we’re together baby
Show some respect for me. »
Dans Think, elle demande à son homme de bien penser aux conséquences de ses actes et du mal qu’il lui fait :
« You better think (think)
Think about what you’re tryin’ to do to me. »
Enfin dans Respect, elle transforme les mots écrits par Otis Redding et la chanson à connotation machiste en hymne féministe :
« What you want
Baby, I got it
What you need
Do you know I got it?
All I’m askin’
Is for a little respect when you get home (just a little bit)
Hey baby (just a little bit) when you get home
(Just a little bit) mister (just a little bit). »
La chanson Respect demeure la chanson féministe la plus emblématique d’Aretha Franklin. La chanson est à l’origine chantée et enregistrée par Otis Redding en 1966. La chanson n’est cependant pas un succès. L’année suivante, Aretha décide d’enregistrer sa propre version. Elle réécrit une partie des paroles, change la rythmique de la chanson, y ajoute un pont où elle scande chaque lettre de R-E-S-P-E-C-T. « All I’m asking is for a little respect when I come home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand je rentre à la maison ») devient alors « all I’m asking is for a little respect when you get home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand tu rentres à la maison »). David Ritz dans sa biographie consacrée à la chanteuse déclare : « Sa version est si profonde et si remplie d’angoisse, de détermination, de ténacité et de toutes ces émotions contradictoires que c’en est devenu un hymne. » Otis Redding reconnaîtra lui-même qu’Aretha s’est emparée de sa chanson. La chanson restera 12 semaines en tête des charts américains.
Femme à succès, affirmée, assurée, forte et talentueuse, Aretha devient un modèle pour beaucoup de femmes. Elle devient par ailleurs la première femme à entrer au Rock and Roll Hall of Fame en 1987, le panthéon américain du rock et la seconde femme intronisée au UK Music Hall of Fame. Elle est aussi la première femme noire à faire la une du Time.
Elle est la première femme à chanter au Palais des Sports à Paris en 1977. Le concert affiche complet.
Vie privée
Lieux de vie
Élevée à Détroit, Aretha Franklin s’installe dans les années 1960 à New York avant de déménager pour Los Angeles au milieu des années 1970. Elle s’installe à Encino et y vit jusqu’en 1982.
Elle retourne ensuite à Bloomfield Hills, dans la banlieue de Détroit, dans le Michigan, pour être proche de son père, dans le coma après avoir été victime d’un cambriolage à son domicile. Elle restera à Détroit jusqu’à sa mort en 2018.
À la suite d’un incident en 1984, elle développe une phobie de l’avion qui l’empêchera de voyager à l’étranger ; elle ne se produit par la suite qu’en Amérique du Nord152 et refuse, dès lors, plusieurs invitations de la reine Élisabeth .
Enfants
Aretha Franklin est mère de quatre fils.
Elle donne naissance à son premier enfant, nommé Clarence en l’honneur de son père, le 28 janvier 1955 à l’âge de 12 ans7. Des rumeurs attribuent la paternité à Donald Burk, un garçon qu’elle a connu à l’école. Cependant, dans l’un de ses testaments manuscrits découverts en 2019, Aretha révèle que le père est Edward Jordan, aussi père de son deuxième fils.
Le 31 août 1957, Aretha Franklin a un deuxième enfant avec Jordan, nommé Edward Derone Franklin7. Aretha n’a cependant jamais annoncé publiquement l’identité du père, et ses deux enfants portent néanmoins son nom de famille : Franklin.
Son troisième enfant, Ted White Jr, naît en février 1964 de son mari de l’époque, Theodore « Ted » White. Ted White Jr est connu professionnellement sous le nom de Teddy Richards et joue de la guitare pour sa mère tout au long de sa vie.
Enfin, son plus jeune fils, Kecalf Cunningham, né en avril 1970, est l’enfant de son road manager Ken Cunningham. Kecalf vient des initiales de ses parents KEC pour Ken E. Cunningham et ALF pour Aretha Louise Franklin.
Vie amoureuse
Aretha Franklin s’est mariée deux fois. Elle épouse Ted White, en 1961 à l’âge de 19 ans. Aretha rencontre White pour la première fois lors d’une fête organisée chez elle en 1954. White est à l’époque le compagnon de la chanteuse de blues Dinah Washington. Après un mariage controversé et un certain nombre de violences domestiques, Aretha se sépare de Ted en 1968 et divorce en 1969.
Aretha Franklin épouse ensuite l’acteur Glynn Turman, le 11 avril 1978, dans l’église de son père à Détroit. Aretha devient la belle-mère des trois enfants de Glynn issus d’un précédent mariage. Aretha et Glynn se séparent finalement en 1982 après le retour d’Aretha dans le Michigan. Le couple divorce en 1984.
En 2012, Aretha Franklin annonce son prochain mariage avec son compagnon de longue date Willie Wilkerson. Elle et Wilkerson s’étaient déjà fiancés deux fois auparavant. Aretha annule cependant le mariage sans aucune explication.
Aretha Franklin aurait aussi entretenu des relations avec les chanteurs Sam Cooke, James Brown et Dennis Edwards du groupe Motown The Temptations. Ce dernier lui inspirera la chanson Day Dreaming.
Frères et sœurs
Les sœurs d’Aretha Franklin, Erma et Carolyn, sont chanteuses professionnelles et chantent à de nombreuses reprises sur les enregistrements d’Aretha, notamment pour Atlantic Records. Sa sœur Carolyn Franklin écrit plusieurs chansons pour Aretha dont deux grands succès : Ain’t No Way et Angel. Erma Franklin accompagne aussi Aretha en tournée et enregistre la chanson Piece of My Heart. La chanson ne connait cependant le succès que quelques années plus tard avec la reprise de Janis Joplin.
Après le divorce d’Aretha Franklin avec Ted White, son frère Cecil devient son manager jusqu’à sa mort d’un cancer du poumon le 26 décembre 1989. Carolyn décède, elle, en avril 1988 d’un cancer du sein, tandis qu’Erma meurt d’un cancer de la gorge en septembre 2002. Vaughn, le demi-frère de Franklin, meurt fin 2002. Sa demi-sœur, Carol Kelley (née Jennings en 1940), est la fille de C. L. Franklin et de Mildred Jennings, une paroissienne de l’église baptiste de New Salem à Memphis, alors âgée de 12 ans.
Mort de son père C.L Franklin
Au Aladdin Hotel de Las Vegas le 10 juin 1979, Aretha Franklin apprend que son père, C. L., a été abattu à bout portant dans sa maison de Détroit. Après six mois passés à l’hôpital Henry Ford et alors qu’il est encore dans le coma, C. L. est ramené chez lui. Des soins infirmiers lui sont administrés 24 heures sur 24. Aretha revient à Détroit fin 1982 pour aider aux soins de son père et soutenir ses sœurs.
Le révérend meurt à la New Light Nursing Home de Détroit le 27 juillet 1984.
Proches dans l’industrie musicale
Aretha Franklin est, entre autres, une amie proche de Stevie Wonder, Smokey Robinson, Berry Gordy, Ray Charles, Mavis Staples, Mahalia Jackson, Sam Cooke, The Four Tops, Chaka Khan, Luther Vandross, Gladys Knight, Patti Labelle et Cissy Houston, mère de Whitney Houston — dont elle est la marraine. — et choriste au sein des Sweet Inspirations pour Aretha. Cissy Houston chante d’ailleurs en fond sonore sur le tube d’Aretha Ain’t No Way.
Aretha Franklin rencontre pour la première fois la fille de Cissy, Whitney Houston, au début des années 1970. Elle devient sa marraine de cœur. Whitney l’appellera toute sa vie : « Auntie Ree » (Tante Ree).
Addictions
Aretha Franklin a lutté une grande partie de sa vie contre l’alcoolisme, la boulimie et l’addiction au tabac, qu’elle fumait à la chaîne. Elle arrête l’alcool dans les années 1960 et le tabac en 1992.
Opinions politiques
Aretha Franklin est une démocrate de longue date. Elle a chanté avant plusieurs meetings de Barack Obama, plusieurs conventions démocrates et pour l’investiture de trois présidents démocrates: Jimmy Carter, Bill Clinton et Barack Obama.
Croyances
Elle était chrétienne baptiste et a organisé plusieurs concerts à l’église baptiste New Bethel Baptist Church de Détroit.
Controverses
À l’enterrement de Whitney Houston le 18 février 2012, Aretha annule sa venue en raison de spasmes à la jambe. La chanteuse Dionne Warwick fera remarquer l’absence d’Aretha en direct pendant la cérémonie. Une guerre médiatique est alors lancée entre les deux artistes.
Aretha Franklin est connue pour ses rivalités avec un certain nombre de ses pairs notamment Barbra Streisand, Roberta Flack, Gladys Knight, Diana Ross, Luther Vandross et Tina Turner.
En 1976, Natalie Cole sort le titre This Will Be. La chanson, d’abord proposée à Aretha, est finalement enregistrée par Natalie Cole, fille de Nat King Cole. La chanson devient un succès mondial. Fortement influencée par Aretha, Natalie Cole remporte le Grammy Awards de la meilleure performance féminine R&B qu’Aretha avait gagné jusqu’ici tous les ans pendant 8 ans. L’étiquette de « nouvelle Aretha Franklin » donnée par la presse à Natalie Cole entraîna une rivalité entre les deux chanteuses.
Aretha souffre de troubles alimentaires depuis la mort de sa mère à l’âge de dix ans7. Ses prises de poids à répétition sont vivement relayées dans les medias. En 2011, après un hommage rendu aux Grammy Awards, Aretha apparaît très amincie. Elle reconnaîtra à la journaliste Wendy Williams avoir perdu 85 livres (environ 40 kilos).
Lors de la 50e cérémonie des Grammy Awards le 10 février 2008, la chanteuse Beyoncé prend la parole pour présenter Tina Turner. À la fin d’un magnéto où elle cite entre autres Aretha, Beyoncé déclare qu’« il existe une légende qui possède l’essence de tout : du glamour, de la soul, de la passion, de la force, du talent. Mesdames et messieurs… levez-vous pour la reine ! » L’agent d’Aretha rapporte après la cérémonie sa réaction : « Je ne sais pas exactement qui, des auteurs des Grammys ou de Beyoncé, j’ai froissé […], mais c’est un élément propre à créer la polémique. » Quelque temps plus tard, Aretha reconnaitra cependant être une grande admiratrice de Beyoncé.
En 2014, David Ritz, avec qui Aretha avait coécrit son autobiographie, publie Respect: The Life Of Aretha Franklin. Aretha déclare alors : « Comme beaucoup d’entre vous le savent, un livre poubelle, rempli de mensonges à mon sujet vient de sortir… Les actions [de son auteur] sont évidemment vindicatives — cherchant à se venger d’avoir supprimé certains passages délirants qu’il voulait inclure dans mon livre il y a 15 ans. Il est évident qu’il m’en veut depuis. » Le livre revient sur ses premières grossesses, sur la personnalité de son père et de sa mère, sur ses rivalités avec ses pairs, sur sa grande timidité, sa jalousie, sur ses excès de diva, sa boulimie, ses dépressions ou encore sur son addiction à l’alcool. David Ritz reproche à Aretha d’avoir cherché à peindre dans les médias une vie idyllique en omettant les épreuves et moments douloureux de sa propre vie.
À la suite du décès d’Aretha Franklin, le président Donald Trump déclare qu’il la connaissait bien et qu’elle avait travaillé pour lui à plusieurs reprises. Cette déclaration fait réagir — beaucoup rappellent qu’Aretha Franklin avait refusé de chanter à la cérémonie d’investiture de Donald Trump. Il voulait en effet qu’elle chante pour « réconcilier le pays » après son élection mais elle avait alors déclaré qu’aucune somme d’argent ne pouvait la convaincre de venir jouer pour lui.
Lors des MTV Video Music Awards en 2018, Madonna est invitée pour rendre hommage à Aretha. L’hommage jugé mégalomane oblige Madonna à réagir à la polémique. Elle déclare : « On m’a demandé de présenter le prix de la vidéo de l’année ! Puis on m’a demandé de partager des anecdotes dans ma carrière liées à Aretha Franklin ! J’ai évoqué une étape sur ma route et j’ai remercié Aretha de m’avoir inspirée. Je n’ai pas voulu lui rendre un hommage ! Je n’aurais pas pu lui rendre justice dans ce contexte. Hélas les gens ont une capacité d’attention limitée, et ils jugent rapidement. J’adore Aretha ! »
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/38863-Aretha-Franklin
ANDREA BOCELLI
Andrea Bocelli, né le 22 septembre 1958 à Lajatico, est un ténor italien d’inspiration lyrique.
Il chante alternativement la musique pop et classique, et a également chanté dans de nombreux opéras. À ce jour, il a enregistré plus d’une douzaine d’albums classique et pop.
Il est né avec une forme héréditaire de glaucome et devient complètement aveugle à l’âge de douze ans. Il est l’un des chanteurs italiens les plus connus au monde et l’un de ceux qui ont vendu le plus d’albums, avec plus de 80 millions d’exemplaires.
Biographie
Naissance et jeunesse
Bocelli est né à Lajatico, en Toscane, à proximité de la vieille ville de Pise, en Italie, le 22 septembre 1958. Lorsqu’elle était enceinte, sa mère a dû être hospitalisée pour soigner une appendicite. Andrea lui rendit hommage en musique.
Il grandit dans la ferme de sa famille.
Formation
Après avoir terminé l’école secondaire, en 1980, il étudie le droit à l’Université de Pise et après avoir obtenu son doctorat en loi, il exerce le métier pendant un an. Pour payer les frais de son éducation, Bocelli joue dans des cabarets le soir pendant plusieurs années.
En 1992, il assiste à une classe du grand ténor italien Franco Corelli, en chantant Che gelida Manina de La Bohème de Puccini. Corelli est très impressionné, et le prend comme élève.
Vie privée
Bocelli rencontre sa future épouse Enrica, avec laquelle il a eu deux fils, en chantant dans un piano-bar au début de sa carrière. Ils se marient le 27 juin 1992. Leur premier enfant, Amos, est né le 22 février 1995 ; leur second, Matteo, le 8 octobre 1997. Le couple divorce en 2002. Andrea Bocelli rencontre Veronica Berti quelques années plus tard. Ils vivent ensemble (2008) dans la maison d’Andrea en Italie. Le 21 mars 2012, Veronica donne naissance à une fille, Virginia. Le 21 mars 2014, il épouse sa compagne en Italie.
Le 30 avril 2000, son père, Sandro Bocelli, est décédé. Sa mère l’encourage à honorer d’abord ses engagements. Il chante alors pour le Pape à Rome le 1er mai et rentre immédiatement chez lui pour les funérailles. Le 5 juillet, il consacre la chanson Sogno (Rêve) à la mémoire de son père pendant son concert de la Statue de la Liberté.
Le 11 août 2003, une section de la voie le long de la plage de Jesolo, sur la côte Adriatique italienne, a été nommée Andrea Bocelli.
En 2006, il pousse la municipalité de Lajatico (son village natal) à installer, sur une colline, un amphithéâtre, le Teatro del Silenzio. Bocelli y chante chaque année une nuit seulement (en juillet). Le reste du temps, le théâtre reste silencieux.
Carrière
Fasciné par l’opéra et la musique traditionnelle italienne dès le plus jeune âge, il rêve de suivre les traces de ses idoles, les plus grands ténors italiens du xxe siècle, dont Mario Del Monaco, Beniamino Gigli, et en particulier Franco Corelli. À l’âge de six ans, il commence à jouer du piano, avant d’apprendre la flûte, le saxophone, la trompette, le trombone, la harpe, la guitare et la batterie. Bocelli passe également beaucoup de temps à chanter au cours de son enfance. En effet, sa belle voix fait de lui une sorte de célébrité locale lors de ses débuts. À l’âge de quatorze ans, il remporte son premier concours de chant à la Margherita d’Oro dans Viareggio avec O Sole Mio.
En 1992, la vedette de rock italien Zucchero demande à un inconnu, Bocelli, d’enregistrer une démo de sa chanson Miserere, que Zucchero chantera plus tard, en duo, avec Luciano Pavarotti. Lorsque ce dernier entend la voix de Bocelli, impressionné, il déclare à Zucchero que personne ne peut mieux chanter cette chanson que ce jeune ténor.
La voix de Bocelli attire rapidement l’attention hors de l’Italie avec son duo Time to Say Goodbye (Con te partirò) avec la soprano anglaise Sarah Brightman. La version solo est un succès dans le monde, tandis que le duo détient la première place en Allemagne pendant quatorze semaines, et, avec trois millions d’exemplaires vendus, c’est le single le plus vendu en Allemagne de tous les temps. « J’ai de merveilleux souvenirs à chanter avec Andrea », dit Sarah Brightman aujourd’hui. « Time to Say Goodbye aura toujours une place spéciale dans mon cœur ».
En 1996 et 1997, Andrea Bocelli conquiert le monde avec son premier album, Romanza, une collection de ses chansons populaires. L’album est un succès tout d’abord en Europe, puis dans le monde ; il obtient une multitude de disques platine et multi-platine, avec des ventes mondiales de plus de 16 millions d’exemplaires en date de 2008. Il vend 500 000 exemplaires en Extrême-Orient, un million en Italie, plus de trois millions en Amérique latine et en Espagne. L’album contient également les singles Vivere, Il Mare Calmo Della Sera, Vivo per lei (interprété avec Hélène Ségara pour la France) et la chanson-titre, Romanza qui figureront tous dans son album Best Of Vivere, en 2007.
En 1999, il reçoit la nomination de Best New Artist aux Grammy Awards faisant de lui le premier artiste classique à être récompensé dans cette catégorie depuis 38 ans. The Prayer, son duo avec Céline Dion pour le film d’animation Excalibur, l’épée magique, remporte le Golden Globe de la meilleure chanson et est nommé pour un Oscar. En mars 1999, sort son deuxième album pop, Sogno. L’album, contenant The Prayer, détient la première position de l’album pop charts du monde entier et se vend à plus de 10 millions d’exemplaires, confirmant sa position au sommet du monde de la musique populaire, et donnant ainsi naissance au phénomène de la « Bocellimania ». En automne de cette année-là, il publie Sacred Arias, qui devient son album classique le plus réussi en date de 2009 et surtout l’album avec le plus grand nombre de ventes par un soliste classique de tous les temps. Avec sa sortie, Bocelli entre dans le Livre Guinness des records, puisqu’il est le seul, de tous les temps, à détenir en même temps les positions no 1, 2 et 3 dans la charte classique des albums aux États-Unis. Les trois années et demi suivants, il se maintiendra constamment à la place no 1 de cette charte.
En 2001, Bocelli publie sa semi-autobiographie La Musique du silence, et clôture l’année avec un autre album pop à succès, Cieli di Toscana, avec Melodramma et Mille Lune Mille Onde. Le romantisme mélancolique s’accentue encore en 2002 avec l’album Sentimento, combinant la voix d’Andrea Bocelli et le violon du maestro Lorin Maazel. L’album a du succès sur la scène internationale tant pop que classique et lui vaut deux prix « album de l’année » et « Chanteur de l’année » pendant la Classical Brit Awards, en 2003. Prenant appui sur cet album, il se lance dans une série de concerts au Madison Square Garden, à New York et à des endroits aussi éloignés que la Chine. De plus, il chante également face aux pyramides d’Égypte (un événement qui ne pourrait être égalé que par son concert en face de la Statue de la Liberté, plus tard pendant sa prolifique carrière).
En 2004, il lance son quatrième album pop, Andrea, album qui sera vendu à plus de 10 millions d’exemplaires, et en 2006, Amore où il chante des duos avec Stevie Wonder et Christina Aguilera. L’album prend rapidement la troisième position de vente aux États-Unis. Il contient également Because We Believe, chanson qu’il chantera pendant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de 2006 à Turin.
En 2007, il lance son premier Best of Vivere qui sera vendu à plus de trois millions d’exemplaires et, en novembre 2008, il lance un nouvel album classique Incanto qui obtient la deuxième place en Hongrie, la quatrième en Grèce et la septième au monde, et en vend 1,5 million d’albums au total.
Le 27 mai 2009 à Rome, il chante lors de la cérémonie précédant la finale de la Ligue des champions de football.
« Ce dont j’ai le plus envie et que j’espère réaliser, dit-il, est de communiquer avec le public, le toucher de la même manière que j’ai été touché pendant mon enfance par mes chanteurs préférés, qui m’ont fait pleurer et m’ont fait rêver. »
Le 20 septembre 2011, le crooner Tony Bennett sort Duets II, un album de duos comprenant le titre Stranger In Paradise co-interprété avec Andrea Bocelli.
Le 29 janvier 2013, il publie l’opus nommé Passione, qui contient le titre Quizas, Quizas, Quizas en duo avec Jennifer Lopez et Concorvado avec Nelly Furtado. Le 12 novembre 2013, Laura Pausini publie 20 – The Greatest Hits, compilation réunissant ses plus grand succès dont Dare To Live (Vivere) en duo avec Andrea Bocelli.
En janvier et mars 2014, il enregistre Manon Lescaut sous la direction de Placido Domingo à Valence. En juin-juillet 2014, il retourne à Valence pour enregistrer cette fois-ci Turandot sous la direction de Zubin Mehta, avec qui il avait collaboré en 2000 pour l’album Verdi. Le 21 octobre 2014, Manon Lescaut, sous la direction de Placido Domingo, sort dans le monde entier. Le rôle titre est tenu par la soprano Ana Maria Martinez, avec laquelle il a souvent chanté en duo, lors de ses concerts ou galas, Brindisi de La traviata ou O soave fanciulla de La Bohème.
En 2014, est également sorti un single avec Barbra Streisand, présent sur le nouvel album de la diva Partners, où ils interprètent en duo I still can see your face.
L’année 2015 est marquée par des concerts et galas dans le monde entier, principalement aux États-Unis et dans les pays de l’Est.
Le 17 juillet 2015 sort dans le monde entier l’opéra Turandot de Puccini. Le 2 août 2015 il est chanté in vivo dans le Teatro del Silenzio à Lajatico.
Un coffret de sa carrière est également sorti en juillet avec l’intégrale de ses albums pop studio remastérisés.
Le 21 août 2015, paraît sur les ondes un nouvel extrait de son nouvel album « Cinema » Nelle tue mani (Now we are free) . Le 23 octobre 2015 sort mondialement Cinema dont le 2e extrait est un duo avec Ariana Grande, E più ti penso.
En 2016, fin avril, sort une édition spéciale collector de son opus Cinema et le 22 juillet, Aida de Verdi, dirigé par Zubin Mehta.
Le 7 mai 2016, invité par son ami Claudio Ranieri, entraineur à l’époque du Leicester City Football Club, il chante 2 chansons au King Power Stadium de Leicester en ouverture du match opposant Leicester à Everton, en l’honneur du titre de champion d’Angleterre de Leicester.
En octobre 2017, il enregistre Perfect Symphony, reprise en duo de la chanson Perfect, avec son auteur, le musicien et chanteur Ed Sheeran. Le 26 octobre 2018 sort mondialement en plusieurs langues l’album Sì dont est extrait le single Fall on me qu’il chante en duo avec son fils Matteo. Une tournée mondiale est prévue pour 2019 et 2020.
Le 11 juin 2021 à Rome, Andrea Bocelli interprète Nessun dorma de Puccini lors de la cérémonie d’ouverture de l’Euro 2020.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/318300-Andrea-Bocelli
ANASTACIA
Anastacia Lyn Newkirk, née le 17 septembre 1968 à Chicago (Illinois), est une chanteuse de pop, soul et d’influence rock.
Biographie
1968-1998 : origines et débuts musicaux
Anastacia est née à Chicago au sein d’une famille d’artistes : son père (d’ascendance allemande) était chanteur et sa mère (d’ascendance irlandaise) actrice de comédies musicales à Broadway. Ils divorcent alors qu’elle n’a que 3 ans et Anastacia n’a plus jamais vu son père depuis et reste vivre avec sa mère qui s’installe à New York. Une fois adolescente, elle intègre la Professional Children’s School de Manhattan.
Parallèlement, Anastacia fréquente régulièrement les clubs locaux spécialisés dans la house music. Elle se fait remarquer grâce à ses talents de danseuse par quelques producteurs qui lui permettent de faire de la figuration dans des clips du groupe Salt-N-Pepa en 1988.
En 1993, elle déménage à Los Angeles. Elle y rencontre OG Pearce qui lui propose de remixer l’une de ses premières compositions, One More Chance.
Anastacia rencontre Lisa Braude — qui devient plus tard son manager — en 1997. Celle-ci l’encourage à rejoindre en 1998 le télé-crochet The Cut (en) sur MTV. Elle réussit à être l’une des dix finalistes, interprétant sa propre composition intitulée Not That Kind. Elle ne remporte pas le concours. Anastacia impressionne certains artistes notables, comme Elton John et Michael Jackson ainsi que les juges de l’émission, dont David Foster et Faith Evans. Ceci l’amène à signer avec Daylight Records (en), l’un des labels d’Epic chez Sony Music, en mars 1999.
1998-2001 : Not That Kind
Elle sort son premier album, Not That Kind (en), le 13 juin 2000. Porté par le succès de I’m Outta Love sorti en 1999, Not That Kind est un succès commercial en atteignant le top 10 de la majorité des classements européens, asiatiques et d’Océanie. En mai 2002, le total des ventes mondiales de l’album dépasse les sept millions. Ce succès ne touche pas les États-Unis où il se classe 168e au Billboard 200. Il est certifié triple platine en Australie, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, en Suisse, au Royaume-Uni et l’album est certifié quadruple platine en Europe.
À cette époque, la chanteuse déclare être moins âgée qu’elle ne l’est réellement. Elle déclarera par la suite que son label — Sony — lui avait dit de mentir sur son âge pour paraître plus jeune. Elle blâme dorénavant cette technique d’avoir été menée à mentir à ses fans. Elle déclare : « Quand j’ai commencé avec Sony, ils ont suggéré innocemment : « Vous savez, vous avez 30 ans, ce n’est pas un problème, mais nous aimerions rendre votre âge un peu plus jeune, et vous avez l’air beaucoup plus jeune, la plupart les gens mentent sur leur âge dans ce métier. » Cela semblait très innocent de la façon dont ils me le disaient, mais au fil des ans, c’est quelque chose qui m’a vraiment dérangée. Pouvoir changer de maison de disques m’a donné l’occasion de mettre les choses au clair. Maintenant, je peux dire que j’ai quarante ans et je suis fière d’avoir quarante ans. ».
2001-2002 : Freak of Nature
Son deuxième album Freak of nature sort en 2001, il atteint de meilleurs scores que le précédent, cependant il n’enregistre que 3 disques platines, c’est-à-dire un de moins que pour son précédent album. Le premier single extrait, Paid My Dues, est un tube en Europe.
En 2002, Anastacia se joint à Cher, Céline Dion, Shakira, Mary J. Blige, Mariah Carey et Aretha Franklin pour le concert Divas Live sur la chaîne VH1. Cette même année, elle est invitée sur la BO du film Chicago où elle interprète Love Is a Crime. Elle est également choisie pour interpréter la chanson de la Coupe du monde de football : Boom. Trois autres singles seront extraits de Freak of Nature : One Day in Your Life, Why’d You Lie to Me et You’ll Never Be Alone.
2003-2006 : premier cancer, Anastacia et Pieces of a Dream
En janvier 2003, Anastacia — déjà atteinte par la maladie de Crohn, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) — découvre qu’elle souffre d’un cancer du sein. Son traitement est un succès et elle fonde alors le Breast Cancer Research Fund pour la prévention des risques de cancer du sein chez les jeunes femmes.
Anastacia entre en studio en septembre 2003 pour enregistrer son nouvel album sobrement intitulé Anastacia. Elle travaille cette fois-ci avec Glen Ballard, Dallas Austin et Dave Stewart. L’album sort en 2004 précédé de Left Outside Alone, qui amorce un changement dans l’univers musical de la jeune chanteuse puisque ce titre est beaucoup plus orienté vers le rock. L’album est no 1 en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Australie, en Grèce, en Allemagne et en Italie. Left Outside Alone se classe no 1 en Australie, en Italie, en Autriche et en Suisse, il fait même partie des cinq titres les plus diffusés en radio dans le monde en avril 2004. Paradoxalement, l’album ne sort pas aux États-Unis. Trois autres singles à succès sont extraits de l’album : Sick and Tired, Welcome to My Truth et Heavy on My Heart.
En 2005, elle enregistre Everything Burns en duo avec Ben Moody, du groupe Evanescence, pour la BO du film Les Quatre Fantastiques.
En novembre de la même année, Anastacia sort son premier best of, Pieces of a Dream. Celui-ci contient tous ses singles, ainsi que trois nouveaux titres : Pieces of a Dream, I Belong to You (Il ritmo delle passione), en duo avec Eros Ramazzotti, et In Your Eyes. L’album sort également dans une édition limitée avec un second CD comportant des remixes.
2006 : Live at Last et lancement dans la mode
Le 27 mars 2006, Anastacia sort son premier DVD live : Live at last, témoignage de ses trois tournées européennes consécutives de 2004 à 2005.
Anastacia s’est lancée dans la mode, en août 2006 avec sa propre collection de vêtements en collaboration avec une marque allemande s.Oliver. Les lancements ont eu lieu successivement en Allemagne les 17 (Hambourg & Cologne) et 18 (Munich & Vienne) août 2006.
Le 29 mars 2007, la collection printemps/été d’Anastacia by s.Oliver a été « révélée » au public par un défilé de mode à Berlin.
2008-2009 : Heavy Rotation et nouvelle tournée
Son quatrième album s’intitule Heavy Rotation. La promotion est minime : peu de diffusion à la radio des titres et les clips sont peu diffusés.
Après la sortie de son album Heavy Rotation, Anastacia reprend la route en juin 2009 pour sa tournée européenne qui passe par la Belgique, le Danemark, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
2012 : Night of the Proms Europe tour
À partir de septembre jusqu’en décembre 2012, Anastacia part en tournée avec Night of the Proms. Elle passe par la Belgique, la Suède, le Luxembourg, l’Allemagne et la Hollande. Elle partage la scène avec d’autres artistes tels que Art Garfunkel, Mick Hucknall de Simply Red, Naturally 7 et John Miles.
2012-2013 : It’s A Man’s World, tournée européenne et nouveau cancer
En date du 7 juillet 2012 via une annonce sur son compte Twitter relayé par sa page Fan Facebook, Anastacia fait part d’un message évoquant la préparation d’un nouvel album et d’un nouveau single.
Anastacia revient en novembre 2012 avec une compilation de reprises rock de chansons interprétées par des hommes telles que Best Of You des Foo Fighters et Dream On d’Aerosmith. Alors qu’elle s’apprête à commencer une tournée européenne en avril, le 28 février 2013, la récidive de son cancer du sein la pousse à annuler cette série de concerts20. Elle continue néanmoins l’écriture de chansons pour un nouvel album, le temps de se remettre de sa maladie.
Le 20 juillet 2013, elle annonce publiquement qu’elle est guérie de son second cancer du sein via son compte Twitter et qu’elle reprend le chemin du studio pour continuer à écrire et enregistrer son nouvel album. Le 1er octobre 2013, Anastacia informe les médias qu’elle a subi une double mastectomie.
2014 : Resurrection
Anastacia confirme sur son compte Twitter qu’elle travaille avec les producteurs John Fields et Steve Diamonds. En mars 2014, elle publie le single Stupid Little Things, titre qui fait office de prémices de son sixième album, nommé Resurrection et sorti le 12 mai 2014. Même si ce nouvel album original ne rencontra pas le succès escompté, une tournée européenne suivit, Resurrection Tour. Pour cette tournée, les fans de la chanteuse américaine ont répondu présents. Malheureusement, Anastacia fut obligée d’annuler quelques concerts au milieu de la tournée pour raisons de santé. Une fois la tournée reprogrammée, elle reprit les concerts jusqu’en août 2015.
2015-2016 : mode et nouveaux projets
En 2015, la chanteuse s’adonne une nouvelle fois à la mode en prêtant son style à la marque de bijoux TAT2. Une collection lui est dédiée, Anastacia by TAT2. Par la suite, Anastacia annonce qu’elle va lancer, courant 2016, une collection de lunettes de soleil, en référence à cet accessoire qui lui est indissociable, en partenariat avec la marque de haute couture italienne Blumarine.
Pour son retour chez Sony Music, Anastacia sort un nouveau best of composé de ses plus grands succès ainsi que deux nouveaux hits, Take This Chance et une reprise de Army of Me de Christina Aguilera. Une tournée intitulée The Ultimate Collection Tour débute après la sortie de l’album, Anastacia est de retour dans les salles et théâtres européens à peine un an après la fin de sa précédente tournée. Des changements apparaissent pour cette nouvelle tournée best- of, la mise en scène est plus élaborée que durant le Resurrection Tour, avec des danseuses/choristes qui enchaînent les chorégraphies, des effets lumineux qui suivent les mélodies et une panoplie de tenues représentant chacune des facettes de la chanteuse.
2016-2020
En octobre 2016, Anastacia annonce qu’un nouvel album doit sortir à la fin de l’année. La chanteuse utilise le site Internet PledgeMusic pour la sortie de cet album, qu’elle rend immédiatement disponible en précommande pour ses fans. Ce nouvel album est une compilation qui regroupe des titres d’Anastacia enregistrés en live durant sa tournée The Ultimate Collection Tour. La chanteuse va, d’ailleurs, reprendre la route à l’occasion de la prolongation de sa dernière tournée.
À la suite de son apparition dans l’équivalent de Danse avec les Stars au Royaume-Uni, durant la saison précédente, Anastacia devient candidate lors de la quatorzième saison de l’émission, à l’automne 2016. Sur le parquet, elle a formé un binôme avec le danseur Brendan Cole. Elle est éliminée lors de la sixième semaine, le 30 octobre 2016. La chanteuse a annoncé qu’elle reverserait la totalité des gains engendrés à la fondation Cancer Research UK qui contribue à la recherche pour lutter contre le cancer.
Le 15 septembre 2017, Anastacia sort son 7e album, Evolution, un mélange de son pop-rock et de soul, qui marque un retour à ce dernier genre avec des sonorités plus modernes. L’album est produit par Anders Bagge et Louis Biancaniello pour Polydor Allemagne. Le premier titre Caught in the Middle bénéficie d’un très beau clip, mais l’album se vend mal et passe un peu aux oubliettes. Un deuxième single est extrait à la va-vite, Nobody Loves Me Better et une tournée européenne démarre en avril 2018, The Evolution Tour, avec la même équipe que « The Ultimate Collection Tour », et se poursuit jusqu’en décembre 2018.
En 2017, pour célébrer les 40 ans de la chansonTi Amo , Umberto Tozzi a publié une version italo-anglaise et un clip vidéo avec Anastacia.
En mars 2018, elle est invitée a danser lors de la troisième semaine de la 13e saison de Ballando con le stelle, la version italienne du programme.
Depuis 2021 : début au cinéma
En 2021, elle interprète le titre American Night pour le film du même nom, dans lequel elle tient également un rôle.
Anastacia remporte en octobre 2021 la troisième saison de The Masked Singer en Australie, cette victoire en fait la première Américaine à gagner cette émission. Elle participe également en 2023 à la version française de l’émission, en tant que star internationale, dans un costume de Kangourou.
En avril 2023, Anastacia sort en single un nouveau titre intitulé Best Days, qui est une adaptation du titre allemand Tage wie diese du groupe de punk-rock Die Toten Hosen. L’album intitulé Our Songs sort en septembre 2023.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/37622-Anastacia