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CATHERINE LARA

Catherine Bodet dite Catherine Lara, née le  à Poissy (Yvelines), est une auteure-compositrice-interprète, arrangeuse et productrice musicale française.

Son parcours musical commence entre un père médecin et violoniste, une mère et une soeur pianistes, et un frère organiste de jazz. Premier prix du conservatoire de Versailles en 1958, Catherine Lara poursuit ses études à celui de Paris. L’ambiance guindée de la musique classique convient peu à cette pétulante jeune fille. Second prix de violon (1965), premier prix de musique de chambre (1966), son parcours professionnel commence avec les Musiciens de Paris.

 

Biographie

Début de carrière

Catherine Lara, nom de scène de Catherine Bodet (Lara étant le nom de naissance de son arrière-grand-mère paternelle d’origine espagnole), est fille de parents violonistes et pianistes. Son père est médecin de profession. Elle étudie le violon dès l’âge de cinq ans. Elle rend plusieurs fois hommage à son instrument de prédilection dans ses chansons, telle que Dans mon violon. Elle obtient un 1er prix du conservatoire de Versailles en 1958, puis un 2e prix de violon au conservatoire de Paris en 1965. Un 1er prix de musique de chambre lui est décerné au conservatoire national de Paris en 1966.

À la sortie du conservatoire de Paris, elle crée un orchestre de chambre, « Les Musiciens de Paris », dont elle est le premier violon et qu’elle dirige pendant huit ans. Elle crée ensuite le « Quatuor Lara » qui accompagne des chanteurs sur scène comme Claude Nougaro ou Nana Mouskouri. Elle a aussi accompagné des titres de Françoise Hardy et certains de ceux des deux premiers albums de Maxime Le Forestier (Mon frère et Le steak). Elle co-écrit deux chansons avec Barbara (sur l’album Amours incestueuses, 1972). Cette même année, elle écrit la musique de T’as pas le temps, une chanson d’inspiration néo-classique qui connaît un succès éphémère.

Denise Glaser célèbre productrice à la télévision de l’émission Discorama la découvre. C’est elle, qui contacte Robert Toutan, qui dirige alors la promotion télévision de CBS Disques France pour lui faire écouter deux chansons enregistrées sur vinyle avec uniquement la voix de Catherine s’accompagnant au violon ; il repartira enthousiasmé. Jacques Souplet, alors président de ce label lui fait signer immédiatement son premier album, Ad Libitum, sur des textes de Daniel Boublil. Denise Glaser pour continuer à la soutenir. l’invite dès 1972 dans son émission pour en annoncer la sortie. Elle compose la musique de Docteur Françoise Gailland en 1975. En 1977, William Sheller lui rend hommage dans une chanson de son album Symphoman. Elle participe à l’album Contes de traviole de Richard Gotainer en 1979. À partir de l’album Coup d’feel en 1979, sa musique s’affirme délibérément rock. Elle apparaît cheveux courts et torse nu sur la pochette de Geronimo en 1980, puis en cuir pour La Rockeuse de diamant, imposant un look audacieux et libéré.

À partir de 1981, elle enregistre sous le label Tréma, et publie l’album Johan, dont les paroles sont de Pierre Grosz. Elle compose la musique des films Les hommes préfèrent les grosses et La Triche. En 1982, elle compose la musique du spectacle Revue et corrigée, qui est un échec. Mais en 1983, la chanson La Rockeuse de diamants, écrite par Élisabeth Anaïs et composé avec le guitariste Claude Engel, est un succès ainsi que l’album du même nom comportant également Famélique ou encore Autonome.

 

L’affirmation

Dans la chanson Autonome (1983), Catherine Lara affirme le fait d’être bisexuelle : « Longtemps j’ai pensé ce que pensaient les autres, Longtemps j’ai vécu comme si j’étais une autre […], Longtemps j’ai connu des amours parallèles […] Jusqu’au jour, où Autonome, Autonome, Libre d’aimer une femme ou un homme… » (paroles de la chanson Autonome de Luc Plamondon). Féministe convaincue, Catherine Lara est une des premières stars à avoir fait son coming out en France. Au-delà de la chanson Autonome, Catherine Lara s’affirme en 1986, lors de l’émission Mon Zénith à moi. Interrogée par l’animateur Michel Denisot : « Qu’est-ce que vous regardez en premier chez un homme ? », Catherine Lara répond : « Sa femme ». Elle a été la compagne de l’humoriste Muriel Robin de 1990 à 1995.

 

1986-1990 : concerts et succès discographiques

Elle donne deux concerts à l’Olympia en 1983. L’album Flamenrock sort en 1984. Il est écrit et composé en compagnie de la même équipe que l’album précédent. Puis elle joue sur la scène du Zénith de Paris en 1985.

En décembre 1985 sort son album Au milieu de nulle part, écrit par Sebastian Santa Maria et Luc Plamondon, dont la chanson Nuit magique devient un grand tube. Catherine Lara est alors consacrée meilleure interprète féminine aux Victoires de la musique et le clip reçoit une Caméra d’or au Festival de Cannes. L’album est entièrement composé et arrangé en collaboration avec un jeune pianiste suisse venant du Chili, Sebastian Santa Maria. Catherine Lara reprendra l’air de Nuit magique pour composer des jingles de La Fréquence Magique, radio qui deviendra Europe 2 et dont elle fut la marraine et également animatrice occasionnelle. En 1987, elle publie une autobiographie : L’Aventurière de l’archet perdu (éditions Carrère-Lafon). La chanteuse retrouve Sebastián Santa María pour la composition de ses deux albums suivants : À travers les autres, en 1987, et Rocktambule, en 1988, dans lequel Bernard Lavilliers, travaillant également avec le jeune musicien, est invité pour un duo. Dans ce dernier album, elle rend hommage à Daniel Balavoine avec la chanson I.E.O. Les années 1980 de la chanteuse s’achèvent à l’Olympia en 1988, concert retracé dans un album live Lara live, sorti depuis en DVD.

 

Depuis 1990 : une carrière plus discrète

Un projet ambitieux d’opéra-rock romantique aboutit en 1991 avec la sortie de l’album Sand et les Romantiques, sur les textes de Luc Plamondon et la musique d’Eddie Rosemond et Catherine Lara. Elle y tient le rôle de George Sand, entourée de Claude Lauzzana (Alfred de Musset), Véronique Sanson (Marie Dorval), Richard Cocciante (Frédéric Chopin), Daniel Lavoie (Eugène Delacroix) et Maurane (la muse de la musique). Le spectacle est mis en scène par Alfredo Arias au Théâtre du Châtelet en 1992.

Elle soutient Les Restos du cœur, Sidaction et Sol En Si. Elle est en outre à l’époque l’une des rares artistes françaises à s’exprimer publiquement sur son homosexualité. À partir de Maldonne (1993), Jean-Jacques Thibaud écrit les paroles de ses chansons. Elle crée aussi en 1996 le générique de Terre indigo. Avec Roger Louret pour les textes, elle arrange l’opéra de Georges Bizet L’Arlésienne, joué aux Folies Bergère en 1997. En 2000 sort son album Aral, réalisé avec les musiciens du groupe Deep Forest. Elle coécrit Tous ensemble, la chanson officielle de l’équipe de France de football pour la Coupe du monde 2002, interprétée par Johnny Hallyday.

Catherine Lara a été faite chevalière de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1990, puis chevalière (1992), officière (2004) puis commandeure de l’Ordre national de la Légion d’honneur.

En 2004, Catherine Lara compose et publie le spectacle musical Graal qui sera certifié or. L’auteur Jean-Jacques Thibaud en cosigne les textes. Les interprètes Pablo Villafranca, Pascal Lafa et Curt Close apparaitront entre autres dans le casting.

En 2007, Catherine Lara se produit dans plusieurs villes de France pour présenter en concert son dernier album studio sorti en 2005, Passe-moi l’ciel, ainsi que l’album-film Behind the wall qui sortira sous le titre Au-delà des murs en , un coffret CD/DVD. Tiré de ce DVD, une scène parisienne : le  au Palais des sports de Paris où plus de 3 000 personnes se sont donné rendez-vous pour une soirée exceptionnelle.

2010 est le début d’une longue série de concerts. Catherine Lara, qui voulait absolument aller vers son public, a réalisé un tour de France (Bretagne, Normandie, PACA, Nord, Lorraine, Alsace, Centre, Aquitaine…). Un nouvel album chanté qui a fait la joie des inconditionnels de Léo Ferré fut enregistré pendant l’été 2010 pour une sortie le [7]. La tournée de Catherine Lara l’a menée notamment deux soirs à Paris, sur la scène mythique de l’Alhambra.

Le , elle commente pour France 3, le Concours Eurovision 2011 en duo avec Laurent Boyer.

En 2012, elle participe à la tournée Âge tendre et Têtes de bois saison 7.

En 2012, a également sorti le disque Au cœur de l’âme yiddish, disque où Catherine Lara reprend quelques-uns de ses plus grands succès, entourée de musiciens yiddish, le Sirba octet. En 2013, deux concerts à l’Alhambra (Paris) de Paris affichant complet et une date en banlieue parisienne ont permis d’assurer la promotion de ce CD.

Depuis 2014, elle signe la bande originale des épisodes de la série Capitaine Marleau réalisée par Josée Dayan et diffusée sur France 3 puis France 2. Elle y joue un rôle, en 2023, dans l’ épisode 8 de la saison 4 intitulée Follie’s.

Depuis 2015, elle fait partie, à titre bénévole, du conseil d’administration du théâtre de Poissy.

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, elle participe à un meeting de soutien au candidat En marche ! Emmanuel Macron, le  à Bercy.

En , elle crée le spectacle Bô Le Voyage musical, au théâtre le 13e art à Paris.

En 2020, elle fait une tournée pour fêter ses cinquante ans de carrière et faire ses adieux à la scène.

En 2023 et 2024, elle participe en tant que compositrice instrumentiste à la création du spectacle Identités aux côtés de la compagnie de break-dance Kumo, sur des textes de Jean-Jacques Thibaud. Parallèlement à cette expérience, et contrairement aux adieux annoncés en 2020, elle continue de se produire en trio autour de son répertoire de chanteuse.

En 2024 elle participe à la saison 6 de Mask Singer sous le costume du lémurien.

 

Militantisme

Le , à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, elle participe à un défilé à Tunis organisé par l’Institut français intitulé Over fifty… et alors ?, consacré aux femmes qui ont franchi la barre des cinquante ans.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/420010-Catherine-Lara

JIMMY CLIFF

James Chambers, dit Jimmy Cliff, est un acteur et auteur-compositeur-interprète jamaïcain de reggae et de pop né le  dans le Somerton District de la paroisse de Saint James (Colonie de Jamaïque, Antilles britanniques) et mort le  à Kingston.

De renommée internationale, il est ouvert à différentes influences musicales. Ses chansons les plus célèbres sont : Many Rivers to Cross (1969), The Harder They Come (1972), Reggae Night (1984) et sa reprise de I Can See Clearly Now (1992).

Il a obtenu deux fois le Grammy Award du meilleur album de reggae : en 1986 pour Cliff Hanger ainsi qu’en 2013 pour Rebirth.

En 2010, il entre au Rock and Roll Hall of Fame.

 

Biographie

Débuts

Élevé par son père dans un milieu très pauvre, Jimmy Cliff quitte l’école à treize ans. Il apprend les chansons de rock ‘n’ roll de Fats Domino, Little Richard, Bobby Day ou Dee Clark. Sa carrière débute lorsqu’il quitte la campagne en autobus pour la capitale Kingston, où il rencontre Count Boysie (ne pas confondre avec Count Basie…) avec qui il enregistre les ska Daisy Got Me Crazy et I’m Sorry pour le sound system de sir Cavalier.

Fin 1961, il propose quelques chansons à Leslie Kong, dont le titre Dearest Beverley, qui décide le marchand de glaces à investir dans son premier enregistrement et à créer la marque Beverley’s. Le disque sort en Angleterre chez Island Records en même temps que celui de Bob Marley. Mais seul Hurricane Hatty de Jimmy Cliff deviendra un succès. Il enregistre d’autres singles chez Leslie Kong, dont King Of Kings et l’énorme succès local Miss Jamaica.

En 1964, Jimmy Cliff part en tournée avec Byron Lee, et s’envole avec lui pour New York en compagnie de Prince Buster, Millie Small et Delroy Wilson dans le but de promouvoir le ska aux États-Unis. Au cours de la même année, il est choisi comme l’un des représentants de la Jamaïque à l’Exposition universelle, et participe à un programme appelé This is Ska! aux côtés de Prince Buster, Toots and the Maytals, et Byron Lee and the Dragonaires. En 1965, il part pour Londres où il rencontre Chris Blackwell. Celui-ci le fait tourner avec un groupe de rockeurs blancs, dont Ian Hunter à la guitare et P.P. Arnold aux chœurs (ils passent à Paris au Palais des Sports en 1968). Il enregistre la reprise de Whiter Shade Of Pale de Procol Harum pour Island.

 

Premiers succès internationaux

En 1968, au Brésil, il représente la Jamaïque au concours international de la chanson qu’il gagne avec le titre Waterfall, qui lui vaut un succès énorme en Amérique du Sud. Il signe alors chez A&M et écrit le reggae Wonderful World, Beautiful People qui triomphe en Angleterre en 1969. Son premier album, réalisé par Leslie Kong, sort chez A&M aux États-Unis et chez Trojan en Grande-Bretagne. Il contient le morceau Vietnam, qui fait grande impression à Bob Dylan et à Paul Simon. On y trouve aussi la ballade Many Rivers To Cross, repris plus tard par Joe Cocker. En 1970 il reprend la chanson Wild World de Cat Stevens.

Jimmy Cliff obtient alors le premier rôle dans le film The Harder They Come de Perry Henzell qui raconte la dure réalité de l’industrie du disque en Jamaïque. Le tournage du film dure deux ans. Entretemps, Jimmy enregistre deux autres disques, Hard Road To Travel (Trojan-A&M) où l’on trouve une influence jamaïcaine teintée de pop anglaise. Avec Another Cycle (Island), il affirme son intention de toucher à tous les styles.

La bande-son du film est un grand succès pour Island. Il contient deux versions de The Harder They Come et les morceaux You Can Get It If You Really Want et Sitting In Limbo. Les autres titres sont de Desmond Dekker, Toots & The Maytals, The Melodians, Scotty et The Slickers. Jimmy refuse alors la proposition de Chris Blackwell et signe chez EMI et sort l’album Unlimited, sans succès. Il retourne alors chez Island et renoue avec un reggae rapide typique des premières années avec Struggling Man (1974).

Il enregistre des disques de pop, s’essaie aux rythmes sud-américains et collabore avec le chanteur de reggae Joe Higgs. Il enchaîne plusieurs albums aux styles ensoleillés dans différentes maisons de disques.

 

Évolution

En 1982, le titre Many Rivers to Cross est utilisé dans une publicité télévisée pour un parfum en France. La chanson est rééditée en 45 tours et se vend à 150 000 exemplaires.

L’année 1982 est une année charnière pour Jimmy Cliff quand il signe un nouveau contrat avec CBS, il est tourné vers l’Afrique et l’Amérique du Sud. Parallèlement, il fait la connaissance d’Amir Bayyan, un des guitaristes et claviéristes de Kool & The Gang. Ensemble, ils produiront les albums The Power & The Glory (1983) (qui contient Reggae NightWe All Are One et sera disque d’or en France), Cliff Hanger (1985) (qui contient Hot ShotAmerican Sweet et lui permet d’obtenir son premier Grammy Award du meilleur album de reggae) et Hanging Fire (1987) (qui contient notamment Love me Love me). Les musiciens de Kool & The Gang participeront aux enregistrements de la plupart d’entre eux. Ces trois albums propulseront Jimmy Cliff sur la scène internationale. Ces albums ont souvent une connotation humaniste chère à Jimmy Cliff. Il participe également à l’album Sun City avec le groupe Artists United Against Apartheid créé par Steven Van Zandt. En 1986, il fait les choeurs sur l’album Dirty Work des Rolling Stones.

En 1992, il obtient un nouveau succès en reprenant I Can See Clearly Now de Johnny Nash. Le titre porte la bande-son du film Rasta Rockett. En 1994, il participe à la bande originale du dessin animé de Walt Disney Le Roi lion, (1994) avec le titre Hakuna Matata.

Il obtient enfin un dernier tube en France en duo avec Bernard Lavilliers : Melody Tempo Harmony. En 1996, il se produit à la Fête de l’Humanité. En 1997, il sort l’album Higher and Higher qui sera disque d’or en France. Dans l’Hexagone, Jimmy Cliff a vendu deux millions de singles et un million d’albums.

 

Années 2000 à 2025

Jimmy Cliff collabore avec Annie Lennox, Joe Strummer et Sting pour son album Fantastic Plastic People en 2002. Il retravaillera certaines chansons pour son album Black Magic en 2004 et leur donnera un son plus électronique.

Le 20 octobre 2003, le gouvernement jamaïcain décore Jimmy Cliff de l’Ordre du mérite.

En 2005, il interprète en duo avec Yannick Noah Take Your Time. Son titre Sitting in Limbo est utilisé pour la bande son du film In Her Shoes de Curtis Hanson.

En , il devient membre du Rock and Roll Hall of Fame lors d’une cérémonie d’intronisation tenue au Waldorf Astoria de New York. La même année, il sort l’album Existence.

Jimmy Cliff est apparu dans le documentaire de 2011 Reggae Got Soul: The Story of Toots and the Maytals (Le reggae a de l’âme : l’histoire de Toots and the Maytals) qui a été diffusé sur la chaîne BBC et a été décrit comme « l’histoire jamais racontée de l’un des artistes les plus influents à avoir jamais émergé de Jamaïque ». En 2012 paraît l’album Rebirth et lui vaudra son deuxième Grammy Award du meilleur album de reggae.

En 2022, après dix ans d’absence, il sort l’album Refugees pour lequel il collabore avec Wyclef Jean, Dwight Richards et sa fille Lilty Cliff.

 

Mort

Le 24 novembre 2025, son épouse annonce sur Instagram et Facebook la mort de Jimmy Cliff, survenue des suites d’une crise convulsive suivie d’une pneumonie, à l’âge de 81 ans.

 

Vie privée

Contrairement à la plupart de ses compatriotes qui adoptent les thèses du rastafarisme, Jimmy Cliff est d’abord chrétien de par son éducation. Il fera ensuite pendant quelque temps l’expérience de l’islam après une conversion au Sénégal (en prenant comme nouveau nom : El Hadj Naïm Bachir). Il affirme croire en la science.

Il est marié et a un fils, Aken, et deux filles, Lilty et Nabiyah Be, cette dernière est chanteuse et actrice.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/63019-Jimmy-Cliff

BERNARD LAVILLIERS

Bernard Ouillon, dit Bernard Lavilliers, est un auteur-compositeur-interprète français, né le 7 octobre 1946 à Saint-Étienne ou Firminy selon les sources.

 

Biographie

Enfance et formation

Bernard Ouillon naît le 7 octobre 1946 à Saint-Étienne ou à Firminy selon les sources. Son père, ancien résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, et syndicaliste plus tard, est ouvrier dans la manufacture d’armes locale à la manufacture nationale d’armes (MAS) et sa mère est institutrice. Son éducation joue un grand rôle dans son approche de la musique. Il explique que ce sont ses parents qui lui ont donné la passion pour les rythmes tropicaux, le jazz portoricain, la musique classique et la poésie. Il écoute, dès ses quatre ans, beaucoup de musique grâce au tourne-disque qui lui est offert pour son anniversaire. Parmi les événements notables : il est frappé d’une pneumonie pendant son enfance et ses parents déménagent en banlieue pour l’éloigner de la pollution de Saint-Étienne ; il commence la pratique de la boxe à l’âge de 13 ans.

Selon l’historiographie officielle, à quatorze ou quinze ans, il fait un séjour en maison de correction. À sa sortie, il commence à travailler et devient, à la demande de son père, tourneur sur métaux à la MAS. Il écrit plus tard : « À cette époque de ma vie, je me cherchais : je ne savais pas si je serais gangster, boxeur ou poète… ».

En 1963, il adhère au parti communiste français.

À ses 18 ans, il participe à Saint-Étienne à Nocturne, un premier montage (textes-chansons) créé par la troupe Duk (dirigée par Pierre-René Massard), aux côtés d’un autre jeune Stéphanois, Alain Meilland, futur cofondateur du Printemps de Bourges auquel il participera à de nombreuses reprises.

À 19 ans, il part pour le Brésil, d’où il revient un an plus tard. Il serait alors considéré comme insoumis vis-à-vis du service national. Bernard Lavilliers déclare au journal Le Temps : « Un an de mitard parce que j’avais essayé d’échapper au service militaire. J’ai refusé de porter l’uniforme, on m’a jugé comme déserteur et j’ai passé mon temps dans une forteresse à Metz. J’étais à l’isolement. »

Toute cette période de sa vie, souvent racontée de différentes manières par les médias, fait l’objet d’interrogations, portant principalement sur la concordance des dates et la véracité des fait.

 

Débuts

À partir de l’âge de 20 ans, Bernard Ouillon vit principalement en faisant la manche, jouant de la musique pour les passants. Il chante en parallèle dans des cabarets de la rive gauche à Paris, comme chez Jacky Scala, rue Lacépède. On le retrouve aussi à la Cour des miracles à Bordeaux, en compagnie de Gilles Elbaz, Germinal ou Gérard Ansaloni. Il touche sa première paie en jouant à la pizzeria du Marais à Paris. Il y partage la scène avec Jacques Higelin et Renaud. En 1967, il sort ses premiers 45 tours et obtient le prix de la Rose d’or de la chanson à Montreux avec La Frime.

Son premier album, Chanson pour ma mie, sort en 1968, avec en titre son prénom et un énigmatique « Lavilliers » (probablement lié au nom de la ville ouvrière d’Aubervilliers, selon ses propres déclarations), qui deviendra son nom de scène. Pendant les événements de mai 1968, il chante dans les usines occupées de la région lyonnaise. Sillonnant alors la France, il éprouve des difficultés à percer dans la musique, tout en jouant pendant quelques mois dans des cabarets de province ; au mois de juin 68, il fait la manche en Bretagne. Il exerce plusieurs petits boulots (restaurateur, gérant de boite de nuit à Marseille, etc.) et se marie en 1970 avec Évelyne.

 

Années 1970

En 1970, Bernard Lavilliers sort un 45 tours simple, sous le pseudonyme « Edgar de Lyon », avec les titres Camelia blues et Juliette 70.

Bernard Lavilliers sort son deuxième album en 1972, Les Poètes et commence à avoir une certaine notoriété, qui se confirme, en 1975, avec Le Stéphanois (et notamment les titres « San Salvador » et « Saint-Étienne », introduite par « (l)a très higelinesque/gainsbourgienne première chanson de l’album », « Les aventures extraordinaires d’un billet de banque »). C’est à partir de cette date que le métier de chanteur devient vraiment sérieux pour le chanteur, et qu’il s’y investit vraiment.

La consécration intervient en 1976 avec Les Barbares. Il rencontre Eddie Barclay qui prend en charge sa carrière. Il décrit cet album comme le tournant musical de sa carrière. On y découvre en effet un mélange musical allant du rock au funk en passant par les rythmes tropicaux. Cet album a été composé en collaboration avec le groupe de musique « Némo », avec qui il tourne en concert pendant quelques années9. Il passe pour la première fois à l’Olympia en octobre 1977. C’est à cette période qu’il rencontre Léo Ferré, un modèle pour lui.

À la faveur d’une tournée commune en 1977 (à laquelle participent aussi les groupes Magma et Gong), les deux hommes se lient d’amitié. Quelques années plus tard, Lavilliers invite d’ailleurs son aîné à chanter avec lui à la fête de l’Humanité en 1992 et fait un concert en hommage à l’œuvre de Ferré en 2006 à Lyon en compagnie de ses musiciens habituels et de l’orchestre national de Lyon. Un DVD de ce concert sortira en 2009 sous le nom de Lavilliers chante Ferré. La fin des années 1970 est une période prolifique pour Lavilliers puisqu’il sort 15e Round en 1977 et Pouvoirs en 1979. Ce dernier se présente comme un album-concept remarquable, presque entièrement consacré au thème du pouvoir. En 1978, son album en public, T’es vivant ?, marque toute une génération adepte de la chanson rock française.

En avril 1979, Lavilliers s’installe à Saint-Malo, achète un bateau et part pour la Jamaïque, puis vers New York et le Brésil. Il revient en France avec l’album O gringo, l’un de ses disques les plus célèbres. La légende de Bernard Lavilliers, musculeux voyageur des quartiers louches des Amériques, se forge sur cet album exotique et notamment sur la photo de la pochette où on le voit hilare dans une chambre, une carte de New York et un revolver posés dans une valise. Cet album est celui de la reconnaissance musicale et du succès. Les rythmes reggae, salsa et traditionnels brésiliens (Sertaõ dédié à Lampião, cangaceiro mythique de la libération au Brésil) font de ce disque un album éclectique. Suit une grande série de concerts et il joue notamment dans le cadre du premier Festival international de jazz de Montréal en 1980.

 

Années 1980

Les années 1980 sont des années de gloire pour Lavilliers. En 1981 sort l’album Nuit d’amour qui raconte notamment sa nouvelle vie à Los Angeles et sa rencontre avec Lisa Lyon qui deviendra sa femme. Cet album montre un certain renouveau et explore de nouvelles pistes musicales plus électroniques, notamment avec le titre Night Bird, mais certains titres comme Pigalle la Blanche semblent plus dans la continuité de son album précédent.

En 1983, sort État d’urgence. Cet album très noir n’est pas forcément le plus célèbre de sa discographie, bien qu’y figure le titre Idées noires pour lequel il forme avec succès un duo avec Nicoletta. Teinté de nostalgie (À suivre, qui raconte son retour à Saint-Malo pour y retrouver un amour perdu), mais surtout d’un profond cynisme sur notre monde (État d’urgence), il aborde aussi sa légende et le mystère qui tourne autour de sa personnalité dans Le Clan mongol et raconte ses passages en prison dans Q.H.S.. Lavilliers traîne son humeur triste sur une musique rock concoctée par ses musiciens fétiches de l’époque : Pascal Arroyo, Jean-Paul Hector Drand et François Bréant.

En 1984, il sort Tout est permis, rien n’est possible, disque semblant être plus dans la lignée de son travail des années 1970, notamment les albums 15e Round et Pouvoirs. Lavilliers reprend alors les voyages et publie en 1986 un de ses albums les plus célèbres, Voleur de feu. Cet album se présente comme un condensé des styles musicaux parcourus depuis le début de sa carrière. Parmi les titres se trouve le fameux « Noir et blanc », qui évoque l’apartheid et auquel N’Zongo Soul prête sa voix. En 1988, sort l’album If… sur lequel se trouve le titre « On the Road Again ».

 

Années 1990 et 2000

À l’orée des années 1990, Bernard Lavilliers raconte ses voyages en Asie dans l’album Solo (1991). Il est la vedette de la première de l’émission musicale Taratata en janvier 1993. L’album Champs du possible, sorti en 1994, est marqué par une ambiance fin de millénaire (Troisièmes CouteauxChamps du possible) et par son duo reggae avec Jimmy Cliff, Melody Tempo Harmony, qui reste l’un de ses plus grands succès. En 1997, tout juste quinquagénaire, Lavilliers sort Clair-obscur qui se compose de morceaux aux allures reggae (AuditLe Venin), de musiques tropicales (Romeo MachadoCapitaine des sables), mais aussi de rock (La Machine). Sur cet album, il reprend un texte engagé et cynique de Léo Ferré dans le titre d’ouverture Préface.

En 2001, sort l’album Arrêt sur image dans lequel figure l’hymne ouvrier Les Mains d’or. Toujours inspiré et en constante évolution, Bernard Lavilliers sort en 2004 Carnets de bord, nouvel hymne au voyage. L’une de ses chansons, L’Été, est une adaptation d’un tube brésilien (Morango do Noreste), repris en Afrique, Amour en or. Dans Voyageur, il se définit lui-même comme un « trafiquant de métaphores, insurgé de l’univers, passager du Maldoror, entre la mort et la mer ». Sur cet album figurent aussi un duo reggae avec Tiken Jah Fakoly intitulé Question de peau, et une diatribe écologique, État des lieux.

En 2008, il sort Samedi soir à Beyrouth, un album reggae-soul réalisé à Kingston en Jamaïque et à Memphis (États-Unis), avec des musiciens locaux.

 

Années 2010 et 2020

Fin 2010, Lavilliers sort Causes perdues et musiques tropicales. Le titre de cet album vient d’une discussion avec François Mitterrand dans les années 1980. Alors invité au ministère de la Culture en compagnie d’autres artistes, il se voit demander par le président de l’époque ce qu’il fait de ses journées. Il répond à cela « comme toujours, je chante des causes perdues sur des musiques tropicales ». Cet album est une ode à la musique tropicale du monde entier, de la salsa (CafardCauses perdues) à la musique traditionnelle sud-américaine (Coupeurs de cannesLa nuit nous appartient) et comme une invitation au voyage, du Brésil à New York en passant par l’Angola et par Paris. Angola est d’ailleurs le titre d’ouverture du disque ; cette chanson est aussi celle de Bonga Kuenda qui l’accompagne en duo dans cette nouvelle version. Il remporte, avec cet album, la victoire de la musique de l’album de chansons en 2011.

En novembre 2013 sort un nouvel album intitulé Baron Samedi. Ce 20e opus est au format d’un double album. Le premier CD comporte dix titres au travers desquels il évoque son récent voyage en Haïti (il y a tourné un documentaire et écrit trois chansons), ou encore la disparition récente de sa mère à qui il rend hommage avec le titre Sans fleur ni couronne. Sur le second CD, il se fait narrateur d’un poème de Blaise Cendrars écrit en 1913, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. Cet album marque le début d’une collaboration avec Romain Humeau, qui participera dès lors à la réalisation de tous les albums de l’artiste.

Fin septembre 2017, il sort son 22e album studio, intitulé 5 minutes au paradis. Pour construire cet album « à dominante pop-rock », il s’entoure d’artistes avec qui il a déjà collaboré sur des projets précédents comme Romain Humeau (Eiffel) ou Fred Pallem, et sollicite aussi Benjamin Biolay, Florent Marchet ou encore le groupe Feu! Chatterton, qui représentent selon L’Humanité « la nouvelle génération de la chanson française ». C’est le titre Charleroi, créé avec Feu! Chatterton, qui sera le premier single de l’album. Jeanne Cherhal est aussi présente pour chanter L’Espoir, titre qui clôture l’album.

Le 12 novembre 2021, il sort l’album Sous un soleil énorme, d’où est extrait le single Le Cœur du monde le 9 septembre.

 

Vie privée

Durant les années 1970, il partage sa vie de façon intermittente avec Évelyne Rossel avec laquelle il a deux enfants. Il est marié de 1982 à 1983 à la bodybuildeuse Lisa Lyon, puis avec Melle Li (de son vrai nom : Jocelyne Gourdet) de 1984 à 1989.

Il est le père de quatre enfants : Anne-Laure, née en 1967 d’une première union ; Virginie, née en 1972 d’Évelyne Rossel ; Guillaume en 1975, musicien qui accompagne parfois son père sur scène ; Salomé, née en 1987 d’une rencontre avec Françoise. Il lui consacre la chanson Salomé et elle apparait parfois avec lui sur scène, notamment en 1995 au Palais des sports de Paris.

Au tournant des années 1970 et 1980, sa compagne Lisa Lyon, championne du monde de culturisme, l’encourage à travailler son corps, contribuant à son image de chanteur physique. Lisa, également lectrice de scénarios à la MGM, était amie d’Andy Warhol et de Robert Mapplethorpe qui les a photographiés le jour de leur mariage.

Depuis 2003, il vit avec Sophie Chevallier, une graphiste et sculptrice.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/367370-Bernard-Lavilliers

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