CHIC
Chic est un groupe américain de disco et funk, originaire de New York. Il est formé en 1976 par le guitariste Nile Rodgers et le bassiste Bernard Edwards. Il rencontre un succès mondial à la fin des années 1970 avec des titres comme Le Freak et Good Times, le jeu combiné des deux membres fondateurs étant d’une grande influence sur la musique de l’époque. Parallèlement, au début des années 1980, ils travaillent pour de nombreux artistes à qui ils délivrent des disques « clés en mains » en faisant office de compositeurs, musiciens et producteurs, par exemple avec Diana Ross (le disque Diana en 1980 contient le no 1 Upside Down) ou Sister Sledge (We Are Family).
Le groupe se sépare en 1983, avant de se reformer en 1992. Bernard Edwards décède d’une pneumonie le après un concert de Chic à Tokyo. Nile Rodgers, devenu un producteur artistique de renom, continue depuis lors à se produire sur scène dans le monde entier avec le groupe « Chic featuring Nile Rodgers » qui interprète ses plus grands succès, ceux qu’il a écrits avec Bernard Edwards et ceux qu’il a produits depuis plus de 40 ans.
Histoire
Débuts et succès
Le groupe Chic est surtout celui du bassiste Bernard Edwards et du guitariste Nile Rodgers, tous deux nés en 1952. Après des débuts dans un groupe de RnB, ils décident en 1976 de créer leur propre formation. D’abord sous le nom de The Big Apple Band avec Bobby Carter au chant en 1976, ensuite changé pour des raisons de propriété du nom (Walter Murphy and the Big Apple Band existait déjà) : Edwards trouve le nom, « Chic », et Rodgers écrit avec lui. Avec Tony Thompson (ex-batteur de Patti LaBelle) et la chanteuse Norma Jean Wright, ils enregistrent des maquettes qui seront refusées par de nombreuses compagnies avant d’être acceptées par Atlantic.
Le premier succès commercial de Chic, le maxi Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah), contient les ingrédients qui feront la fortune du groupe : la basse et la batterie lourdes, la guitare sautillante, les violons rythmés, les voix sans passion… L’expression « Yowsah, yowsah, yowsah » fait référence aux marathons de danse des années 1920 auxquels participaient les Noirs. La chanson se retrouve naturellement sur le premier album du groupe, Chic, sorti le .
L’album suivant, C’est chic, sorti le , marquera la consécration mondiale du groupe avec le tube Le Freak, qui dépasse les deux millions d’exemplaires et deviendra no 1 pendant trois semaines. Rodgers et Edwards composent cette chanson en colère, après s’être fait refoulés du Studio 54 le soir du réveillon 1977, chantant tout d’abord « Aaaaah Fuck Off ! Fuck Studio 54 !», avant de transformer ces paroles en « Aaaaah Freak Out ! Le Freak, c’est Chic ! »[2]. C’est le single le plus vendu de l’histoire d’Atlantic. À partir de cet album, Norma Jean est remplacée par la chanteuse Luci Martin, accompagnée d’Alfa Anderson.
En , le single Good Times, tiré de l’album Risqué, est soutenu par une ligne de basse de Bernard Edwards qui sera largement reprise ou copiée, de Sugarhill Gang (Rapper’s Delight en 1979) à Queen (Another One Bites the Dust en 1980) ainsi que Wot de Captain Sensible. Le lancement de Rapper’s Delight, qui a marqué l’histoire du rap (plus de 15 millions de copies vendues), a d’ailleurs provoqué une polémique : Rodgers et Edwards l’entendent un soir dans une boîte de nuit new-yorkaise, pensant tout d’abord que c’est le DJ qui parle sur leur titre Good Times. S’apercevant qu’il s’agit d’un disque, ils demandent des dommages et intérêts à ses auteurs, démarche qui se solde par une descente armée dans leur studio d’enregistrement. Rodgers et Edwards lancent une action en justice et finissent par être dédommagés.
Mais après 1979, avec la fin du disco, l’immense succès du groupe s’effondre : « nous n’avons plus jamais eu de numéro 1 » précise Nile Rodgers.
L’année 1980 est celle du disque Real People et des multiples triomphes sur les ondes avec Diana Ross et Sister Sledge. En 1981, Take It Off se distingue par le remplacement de la traditionnelle section de cordes (les Chic Strings) par une section de cuivres joués par les Brecker Brothers.
Empreinte sur les succès de l’époque
Le groupe réalise par ailleurs des albums pour d’autres artistes (Rodgers et Edwards faisant office de compositeurs, musiciens et producteurs), notamment celui de sa première chanteuse, Norma Jean Wright (Norma Jean en 1978) ou les Sister Sledge (dont le célèbre We Are Family en 1979). Ils réalisent aussi l’album King of the World avec le tube européen Spacer pour Sheila B.Devotion fin 1979 et un album pour Debbie Harry, ex-chanteuse de Blondie (Koo koo, en 1981), qui sera disque d’or aux États-Unis.
Leur réalisation la plus déterminante reste l’album Diana (1980) pour Diana Ross, avec un titre classé no 1 pop, RnB et disco, Upside Down, suivi de trois autres titres dont I’m Coming Out. En 2003, une réédition de cet album publie à côté du mixage habituellement commercialisé le mixage prévu par Chic mais non avalisé par Motown, la maison de disques de Diana Ross. Les différences éloquentes sont révélatrices de la manière de travailler d’Edwards et Rodgers.
Les albums de Chic qui suivent cette période connaîtront moins de succès. Take It Off (1981), Tongue in Chic, la bande originale du film Soup for One (1982) et Believer (1983) ont très peu de succès. En 1983, les membres du groupe tentent quelques brèves expériences en solo (Adventures in the Land of the Good Groove pour Rodgers et Glad to Be Here pour Edwards), et se consacrent surtout à la réalisation artistique d’autres artistes.
Nile Rodgers s’oriente vers la réalisation de disques pour des chanteurs issus d’autres horizons comme David Bowie (Let’s Dance, no 1 dans les clubs en 1983), Madonna (Like a Virgin en 1984), B-52’s, Mick Jagger, Jeff Beck (avec Robert Plant et Jimmy Page pour le projet des Honeydrippers), Paul Simon, Al Jarreau, INXS, Grace Jones, tout en continuant à travailler avec Sister Sledge (le n°1 anglais Frankie en 1985) et Diana Ross (son retour à Motown en 1989, Workin’ Overtime).
De son côté, Bernard Edwards réalise des chansons pour Rod Stewart, Robert Palmer, Duran Duran, Jody Watley, Nona Hendryx, ABC ou Diana Ross (la chanson Telephone en 1984). En 1987, il réalise aussi les chansons du film La Pie voleuse (Burglar), de Hugh Wilson, avec Whoopi Goldberg. Il réalise aussi les disques du groupe Power Station composé de Robert Palmer, de John and Andy Taylor de Duran Duran et de Tony Thompson, l’ex-batteur de Chic.
Retour et décès de Bernard Edwards
Au début des années 1990, Rodgers et Edwards reforment le groupe et enregistrent de nouveaux albums. Le grand retour se fera début 1992 avec Chic-ism, un album où seuls Edwards et Rodgers incarnent la formation originelle. L’album est porté par le titre Chic Mystique, qui se classe no 1 dance en février de cette année.
Distingué au Japon pour ses activités de réalisateur artistique, Nile Rodgers est invité à s’y produire avec le groupe en . Chic donne un concert au Budokan de Tokyo, où Bernard Edwards avoue se sentir mal. I’ve got the Tokyo Flu (« j’ai la grippe de Tokyo ») lâche-t-il au micro. Au lendemain de ce spectacle immortalisé sur disque et DVD (Chic Live at the Budokan), Edwards est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel par son partenaire, foudroyé par une pneumonie à 43 ans, le .
Après le décès d’Edwards, Atlantic édite des remixes (sur la compilation générale du label Everybody dance ! Remixed dance classics de 1998) et des compilations du groupe. En 1999 sort le premier album en public de Chic, Live at the Budokan, enregistrement de ce concert d’ à Tokyo, la veille du décès de Bernard Edwards avec des invités comme les Sister Sledge, Steve Winwood et Slash (solo guitare sur Le Freak).
Au total, Chic compte plus de quarante millions de disques vendus.
Années 2010–2020
Dans les années 2010, Nile Rodgers, revenu en haut de l’affiche grâce à sa collaboration avec Daft Punk sur l’album Random Access Memories et plus particulièrement au tube Get Lucky (2013) pour lequel il reçoit trois Grammy Awards, continue à se produire sur scène dans le monde entier où il interprète le répertoire de Chic et quelques-uns des principaux hits qu’il a produits depuis plus de 30 ans avec de nouveaux musiciens : Ralph Rolle (batterie et chant), Jerry Barnes (basse et chant), Richard Hilton (claviers et chant), Bill Holloman (saxophone) et Don Harris (trompette), Folami Thompson et Kimberly Davis (chant).
Le groupe sort un single intitulé I’ll Be There en 2015.
Influences
L’apport de Chic à la dance est décisif particulièrement dans le traitement de la basse ou de la guitare. On retrouve son influence dans des groupes aussi divers que Queen, Change, Wham! ou les Argentins IIlya Kuryaki & the Valderramas.
Leur chanson assez obscure Soup for One est devenue Lady (Hear Me Tonight) (2000) du groupe Modjo, qui utilisera Le Freak pour son titre suivant, Chillin’. Difficile de répertorier le nombre de phrases de basse, de parties de cuivres ou d’envolées de cordes reprises par les DJ et les rappeurs.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/9081-Chic
BOBBY CALDWELL
Robert Hunter Caldwell (né le 15 août 1951) est un chanteur américain et auteur-compositeur qui a enregistré le titre What You Won’t Do for Love, en 1978. Après plusieurs albums R&B et smooth jazz, Caldwell se tourne vers les standards du Great American Songbook et le répertoire de Frank Sinatra. Il demeure très populaire au Japon, où il fait l’objet d’un véritable culte.
Carrière
Bobby Caldwell est né à Manhattan, mais a grandi à Miami. Sa mère était agent immobilier et de l’un de ses clients a été le chanteur de reggae Bob Marley. Caldwell et Marley sont par la suite devenus amis. Le fait de grandir à Miami l’a exposé à une grande variété de musiques : haïtienne, latino, reggae et rhythm and blues. Il a grandi en écoutant la musique de Frank Sinatra et Ella Fitzgerald. À douze ans, il commence à jouer du piano et de la guitare. Il est attiré par le rock and roll, mais aussi de jazz et le rhythm and blues. À dix-sept ans, il travaille avec son groupe à Las Vegas, puis s’installe à Los Angeles.
Il signe avec TK Records à Miami. En 1978, après l’enregistrement des chansons pour son premier album, les dirigeants lui disent qu’ils sont enthousiastes pour l’album, mais lui reprochent le manque de « tube » potentiel. Caldwell reprend alors le chemin des studios pour deux jours et écrit What You Won’t Do for Love. TK était essentiellement un label de rhythm and blues populaire parmi les noirs Américains. Les cadres du label veulent alors dissimuler que Bobby Caldwell est blanc : il est donc représenté par une silhouette dans l’ombre d’un coucher de soleil sur la couverture de l’album. Quand il part en tournée avec Natalie Cole pour la promotion de l’album, la majorité de l’auditoire est noir et c’est une surprise pour lui de découvrir qu’il est blanc.
What You Won’t Do for Love atteint le top dix sur les classements Billboard Pop (N ° 9)5, R&B (N ° 6), et Adult Contemporary (N ° 10). La chanson a été reprise, réenregistrée et échantillonnée à de nombreuses reprises. Bobby Caldwell ressort lui-même une version en 1998. Elle a été reprise par Go West, Phyllis Hyman et Boyz II Men et a été échantillonnée par John Legend et Tupac Shakur.
Le premier album a été suivi par Cat in the Hat (1980) et Carry On (1982). Pour ce dernier album, il joue tous les instruments, est producteur et participe aux arrangements et au mixage. En 1983, Bobby Caldwell publie August Moon exclusivement pour le Japon. Ce disque sortira aux États-Unis dans les années 1990.
Boz Scaggs lui conseille d’écrire des chansons pour d’autres musiciens après la disparition de TK Records. Caldwell écrit The Next Time I Fall, qui est devenu un hit pour Amy Grant et Peter Cetera, et des chansons de Roy Ayers, Chicago, Natalie Cole, Neil Diamond, Roberta Flack, Al Jarreau, et Boz Scaggs.
Sur le Blue Condition (1996) Caldwell délaisse le RnB pour l’enregistrement d’arrangements big band de chansons du Great American Songbook, en particulier ceux chantés par Frank Sinatra. Il reprend aussi Sinatra dans l’hommage au « Rat Pack » de Las Vegas. Il continue de chanter des standards sur Come Rain or Come Shine (1999), The Consummate Bobby Caldwell (2010), et After Dark (2014). En 2015, il collabore avec le producteur Jack Splash sur l’album Cool Uncle.
Public japonais
Bobby Caldwell est très populaire au Japon, où il a été surnommé « Monsieur AOR » Ses concerts s’y jouent à guichets fermés. Au Japon, le terme « AOR », « Rock Orienté Adulte » ou encore « Rock orienté album » est utilisé pour décrire le style communément appelé « Adulte Contemporain » aux États-Unis : un format à la mélodie efficace calibré pour la radio. En 1992, il a reçu au Japon l’équivalent d’un Grammy Award du « meilleur artiste international ».
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/57627-Bobby-Caldwell
AL JARREAU
Alwin Lopez Jarreau, connu sous le nom de scène d’Al Jarreau, est un auteur-compositeur-interprète américain, né le 12 mars 1940 à Milwaukee et mort le 12 février 2017 à Los Angeles.
Au cours de sa carrière, entre les années 1970 et 2000, Al Jarreau a remporté sept Grammy Awards. Il est le seul chanteur à avoir remporté ces distinctions dans trois catégories différentes : jazz, R&B et pop.
Biographie
Jeunesse et débuts dans la musique
Alwin Jarreau1 naît le 12 mars 19402 à Milwaukee dans l’État du Wisconsin. Dès son plus jeune âge, il est au contact de la musique chrétienne et gospel grâce à son père Emile, un pasteur adventiste, et à sa mère Pearl, une pianiste d’église. Les six enfants de la famille Jarreau participent aux chorales religieuses, notamment pour des œuvres de charité et pour des associations de parents d’élèves. Le jeune Alwin fait ses études secondaires à la Lincoln High School de Milwaukee avant d’intégrer le Ripon College en 1958, une école privée située dans le comté de Fond du Lac. Pendant son temps libre, il chante avec un groupe de vocalistes appelé The Indigos. Il a aussi des responsabilités dans l’association étudiante Badger Boys State et joue dans le club de basket-ball de son établissement. En 1962, il sort de l’école de Ripon avec un Bachelor of Arts de psychologie. Al Jarreau s’installe ensuite dans l’Iowa. Il se produit dans des clubs de jazz à Cedar Rapids et accompagne notamment le saxophoniste J. R. Monterose sur scène en 1963. L’année suivante, il obtient un master en « psychologie de l’accompagnement professionnel » à l’Université de l’Iowa afin de travailler dans le domaine de l’insertion sociale et professionnelle. Il déménage alors à San Francisco pour commencer son métier de conseiller social. Au milieu des années 1960, il fait la connaissance du claviériste George Duke dans cette ville de Californie et rejoint son trio de jazz7,12. Non loin de là, à Sausalito, il se produit également en duo avec le guitariste Julio Martinez dans des boîtes de nuit. Ces collaborations musicales amènent progressivement Al Jarreau à privilégier sa vocation de chanteur à celle de psychologue.
En 1968, il quitte son travail et se consacre entièrement à la musique. Toutefois, son expérience en tant que conseiller social lui a beaucoup apporté humainement : « En exerçant ce métier, j’ai appris à comprendre la souffrance et les moments difficiles chez les autres. […] Ça m’a changé ! J’espère que ça se retrouve dans ma musique, et dans ma façon d’être en scène », déclare-t-il dans un entretien en 2015. À la même époque, il divorce avec sa première femme, Phyllis Hall, qu’il avait rencontrée à l’Université de l’Iowa en 1964. Al Jarreau déménage à Los Angeles et continue à se produire dans des boîtes de nuit comme le Dino’s, le Troubadour ou encore le Bitter End West. Il voyage également jusqu’à New York, où il fait quelques apparitions dans les émissions télévisées de Johnny Carson et David Frost. Le chanteur monte aussi sur la scène du comedy club The Improv avec Julio Martinez pour chauffer la salle avant la prestation des humoristes. Au printemps 1971, Al Jarreau retourne à Los Angeles. Lors d’une performance au Bla Bla Cafe, dans le quartier de Studio City, il rencontre Susan Player, une actrice et mannequin. Ils se marient en 1977 et auront plus tard un enfant nommé Ryan. Toujours au début des années 1970, le chanteur fonde un groupe nommé Jarreau, dont fait notamment partie le jeune pianiste Richard Dworsky. Ils écrivent ensemble plusieurs morceaux de jazz fusion et enregistrent des maquettes. Alors qu’il se produit dans une boîte de nuit avec sa nouvelle formation, Al Jarreau est remarqué par des responsables de Warner Bros. Records. En 1975, il signe sur le label Reprise et sort un album qu’il a entièrement écrit et composé : We Got By. Produite par Al Schmitt, cette œuvre musicale marque le commencement de la carrière professionnelle du chanteur.
Années 1970 : premiers albums
We Got By bénéficie d’une très bonne critique et d’un succès public, le titre éponyme et You Don’t See Me constituant des moments forts de cet album. Les arrangements sont signées par Dave Grusin. En 1976 suit l’album Glow, coproduit par le tandem Al Schmitt et Tommy LiPuma (Michael Franks), où l’on retrouve des musiciens comme le guitariste Larry Carlton, Joe Sample et Wilton Felder (tous trois membres du groupe The Crusaders) ou encore le percussionniste Ralph MacDonald. On peut y apprécier des interprétations très personnelles de Your Song (Elton John) et de Agua De Beber de Vinícius de Moraes et Antônio Carlos Jobim. En 1977 paraîtra un album live Look To The Rainbow pour lequel il obtient le premier Grammy Arward des sept qu’il recevra au cours de sa carrière. En 1978, All Fly Home marquera sa dernière collaboration avec Al Schmitt comme producteur, avec toujours des musiciens reconnus tels que Larry Williams du groupe Seawind, le guitariste Lee Ritenour ou encore le percussionniste Paulinho Da Costa.
Années 1980
En 1980, paraît l’album This Time, produit par Jay Graydon (Airplay), un guitariste renommé des studios de Los Angeles. Le succès est immédiat ; l’album est salué par la critique et conquiert un large public, avec des titres comme Gimme What You Got ou Never Givin’ Up sortant en singles. 1981 constituera le sommet commercial de la carrière de Al Jarreau avec l’album Breakin’ Away, toujours produit par Graydon. Les titres tels que Breakin’ Away, We’re In This Love Together et Roof Garden obtiennent un grand succès. Breakin’ Away se hissera à la première place du Billboard dans deux catégories : Black Albums et Jazz Albums et atteindra la neuvième place dans la catégorie Pop Albums. Des musiciens célèbres ont participé à ce disque, par exemple Bill Champlin (Chicago), Steve Lukather et Jeff Porcaro (Toto), Steve Gadd, Richard Page et Steve George (Pages, Mr. Mister), David Foster, Michael Omartian (Christopher Cross), la section de cuivres de Seawind (Jerry Hey, Larry Williams), ou encore le saxophoniste de jazz Tom Scott. Breakin’ Away sera nommé aux Grammy Awards dans la catégorie Meilleur Album de l’année.
Le travail d’Al Jarreau est à ce moment influencé par une forme de spiritualité issue de la science religieuse et de l’Église de Scientologie, qu’il fréquente jusqu’aux années 1990.
En 1982, Al Jarreau participe à la bande originale du film Les Croque-morts en folie, un des premiers films du réalisateur Ron Howard (le Richie de la série Happy Days) en interprétant le titre Girls Know How écrit par Burt Bacharach, Carole Bayer Sager et David Foster et toujours produit par Jay Graydon mais cette fois en compagnie de David Foster. Burt Bacharach et Carole Bayer Sager écrivent la majorité des musiques de ce film. En cette même année 1981 il se produit également au célèbre festival de Montreux en Suisse sur les bords du Lac Léman. Trois titres en duo avec Randy Crawford seront immortalisés sur l’album Casino Lights: Recorded Live at Montreux, Switzerland, il s’agit de Who’s Right Who’s Wrong (Kenny Loggins/Richard Page), Sure Enough (Tom Snow/Cynthia Weil) et Your Precious Love (Nickolas Ashford/Valerie Simpson).
En 1983, paraît l’album Jarreau, sous la houlette Jay Graydon qui choisit pratiquement les mêmes musiciens que sur Breakin’ Away. Les singles Mornin’, Boogie Down et Trouble In Paradise accompagneront cet album. Parmi les musiciens ne figurant pas sur Breakin’ Away, on note la présence de Steve Porcaro (Toto), frère du batteur Jeff Porcaro.
Les années 1983-84 marquent un profond changement dans l’industrie musicale, aussi bien dans la politique des maisons de disques que dans les productions proposées. L’année 84 verra l’avènement du tout synthétique et Al Jarreau n’échappera pas à cette mode avec l’album High Crime, toujours produit par Jay Graydon, qui connaîtra moins de succès que ses prédécesseurs.
1984 est aussi l’année les retrouvailles entre Jarreau et le producteur Tommy LiPuma pour l’album Live In London enregistré au stade de Wembley. La version audio totalise huit pistes, moins que la cassette vidéo sortie à la même époque. Lors de ce concert, Al Jarreau est entouré d’une « dream team » constituée de Robbie Buchanan aux claviers, Nathan East à la basse, Ricky Lawson à la batterie, Charles « Icarus » Johnson à la guitare, Richard Page et Steve George dans les chœurs, Larry Williams aux synthétiseurs et Jerry Hey et Michael Paulo respectivement trompette et saxophone.
En 1985, Al Jarreau participe avec le groupe anglais de jazz/funk/pop Shakatak au single Day By Day. L’année 1985 sera également celle du concert USA for Africa, pour la chanson We Are The World, projet initié par Michael Jackson, Lionel Richie et Quincy Jones, qui réussiront à rassembler une très grande partie des stars américaines de la chanson du moment, dont Al Jarreau.
En 1986, Al Jarreau prend la direction de New York pour enregistrer un nouvel album, L Is For Lover, aux connotations funky-pop. Il décide de faire confiance au producteur Nile Rodgers. Parmi les musiciens, on peut remarquer Hiram Bullock, le batteur Steve Ferrone (Average White Band) et le français Philippe Saisse (Claude Nougaro, Chaka Khan, etc.).
1988 marque le retour de Al Jarreau avec un nouvel album, Heart’s Horizon, et une nouvelle et dernière collaboration avec Jay Graydon. D’autres producteurs sont également présents : George Duke, Dennis Matkosky et le Français Philippe Saisse. De nombreux musiciens des studios de L.A. sont de la partie : Stanley Clarke, Bill Champlin (Chicago), Bobby McFerrin, Paul Jackson, Jr., Bobby Kimball (Toto), Jerry Hey, Russell Ferrante (Yellowjackets), pour n’en citer que quelques-uns.
Années 1990
Il se passera ensuite quatre ans avant que Jarreau ne sorte de nouvel album. 1992 voit la sortie de Heaven And Earth, produit par Narada Michael Walden. Ce ne sera pas un album majeur dans la carrière de Jarreau, malgré quelques titres intéressants.
En 1994, sur l’album Tenderness, Al Jarreau change radicalement ses choix de production en sortant un disque enregistré live en studio. Jarreau revient à un chant très jazz sur cet album, qui ne comporte que des reprises : We Got By, You Don’t See Me, une interprétation de She’s Leaving Home des Beatles, Mas Que Nada de Jorge Ben, Try A Little Tenderness (popularisée par Otis Redding) ou encore Go Away Little Girl de la paire Gerry Goffin/Carole King. L’album est le fruit d’une collaboration avec Paulinho Da Costa, Steve Gadd, Joe Sample, Marcus Miller (producteur), Eric Gale ou encore David Sanborn.
Le reste des années 1990 ne verra la sortie que d’une compilation, Best Of Al Jarreau, avec deux titres inédits : Compared To What et Goodhands Tonight.
Années 2000 et 2010
Al Jarreau commence la décennie 2000 avec la sortie d’un nouveau disque sur le label GRP Records. Tomorrow Today est un opus de très bonne facture, sous la houlette du producteur à la mode dans le milieu du smooth jazz, Paul Brown. L’album comporte notamment le très latino Tomorrow Today ou encore Just To Be Loved (Bill Champlin / Greg Mathieson). À noter aussi la présence de Vanessa Williams pour un duo sur God’s Gift To The World.
L’album All I Got de 2002 (GRP Records) est le fruit du même groupe de musiciens, avec les présences de Paul Brown et de Rex Rideout comme producteurs. L’album comporte un duo avec Joe Cocker, Lost And Found. Parmi les participants, on note également Siedah Garrett, Jeff Lorber, Freddie Ravel, Kirk Whalum et Tony Maiden.
Avec Accentuate The Positive (2004), sur le prestigieux label Verve, Al Jarreau fait un retour au jazz avec l’aide de Tommy LiPuma, producteur de Diana Krall, Michael Franks et George Benson, entre autres. Al Jarreau interprète des classiques du Great American Songbook, mais aussi des compositions originales. Une production très minimaliste permet à la voix de Jarreau de montrer que, malgré le poids des années, il est toujours là. Peter Erskine à la batterie, Luis Conte aux percussions, Larry Goldings à l’orgue Hammond et Christian McBride à la basse donnent le La.
En 2006, Al Jarreau et George Benson font pour la première fois équipe ensemble pour un album en commun, Givin’ It Up. L’album est une réussite, avec une pléiade de stars invitées sur le CD : Paul McCartney, Herbie Hancock, Jill Scott, Chris Botti, Stanley Clarke, Marcus Miller pour ne citer que ceux-là. Al Jarreau pose des paroles sur le Breezin’ de Bobby Womack, popularisé par George Benson en 1976, ainsi que sur Tutu de Miles Davis, la reprise du classique de Seals And Crofts Summer Breeze.
La tradition veut qu’aux États-Unis, chaque artiste sorte au moins un album de Noël durant sa carrière. En 2008, Al Jarreau se plie à cette tradition avec son album Christmas, où l’on note la présence du groupe vocal Take 6, mais aussi de plusieurs stars des studios californiens : le trompettiste et arrangeur Jerry Hey, le guitariste Michael Thompson, le percussionniste Lenny Castro, ainsi que son directeur musical Larry Williams.
En 2009 sort une nouvelle compilation chez Rhino Records, comportant un titre inédit enregistré avec la paire Ahmir « Questlove » Thompson/James Poyser. En 2009 également, il fait un duo avec la chanteuse Pauline Wilson, sur l’album de reformation du groupe Seawind.
À l’été 2010, Al Jarreau entame une tournée européenne, avec notamment des concerts à Nice (Nice Jazz Festival) et à Marseille (Festival Jazz des Cinq Continents). Il est hospitalisé d’urgence le 22 juillet pour des problèmes respiratoires, juste avant un concert à Barcelonnette.
À l’automne 2010, on peut entendre Al Jarreau sur le nouvel album du guitariste producteur de Smooth Jazz, Paul Brown, Love You Found Me. Il est aussi présent sur deux titres du dernier album de Deodato, Crossing. En 2011, il joue à « Jazz à Vienne » puis, le 22 juillet 2011 (un an exactement après son malaise), il revient au Festival des « Enfants du Jazz » de Barcelonnette, souhaitant honorer son engagement et rencontrer son public. Un nouvel album est en préparation pour l’année 2012 sous la houlette du producteur et musicien George Duke, ainsi que de son directeur musical Larry Williams. La mort en 2013 de George Duke change le programme d’Al Jarreau qui sortira finalement en 2014 son dernier disque consacré à son ami décédé : My Old Friend: Celebrating George Duke.
Le 8 février 2017, il annonce sa retraite après avoir interrompu sa tournée pour cause d’« épuisement ». Il meurt le 12 février 2017 d’une insuffisance respiratoire à l’âge de 76 ans dans un hôpital de Los Angeles où il était hospitalisé depuis deux semaines.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/63628-Al-Jarreau