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ARRESTED DEVELOPMENT

Arrested Development est un groupe de hip-hop américain, originaire d’Atlanta, en Géorgie. Il est fondé par Speech et Headliner, et composé d’une dizaine de musiciens dont Baba Oje, aîné et leader du groupe. Leurs morceaux les plus célèbres, tels TennesseePeople EverydayMr. WendalAfrica’s Inside Me ou encore Revolution (titre qui fera partie de la bande-son de Malcolm X de Spike Lee), vont influencer une génération entière de musiciens.

 

Biographie

Le groupe se forme à la fin des années 1980 par le rappeur Speech et du disc jockey Headliner, dans le but de composer de la musique positive afro-centrée dans la veine de Public Enemy. À l’opposé de l’image du gangsta rap se développant dans les années 1990 aux États-Unis dans le milieu du rap et du hip-hop, les membres d’Arrested Development, par leurs textes engagés, prônant le retour à la nature et à la simplicité, créent un véritable mouvement musical à cheval entre le funk, le rap et les rythmes tribaux africains. Selon AllMusic, « Arrested Development est un collectif de rap progressif mêlant soul, blues, hip-hop, et funk à la Sly & the Family Stone à des paroles politiques et conscientes. »

Le 24 mars 1992, le groupe publie son premier album, 3 Years, 5 Months & 2 Days in the Life of…. L’album atteint la première place des Heatseekers, la troisième des R&B Albums, et la septième du Billboard 200. L’album se compose du hit single Tennessee, qui atteindre les top 10 et aidera l’album à se vendre à plus de quatre millions d’exemplaires1.

Le groupe remporte deux Grammy Awards en 1993 dans les catégories « meilleur nouveau groupe » et « meilleure performance d’un duo ou groupe » et est également nommé groupe de l’année par le magazine Rolling Stone3 Years, 5 Months & 2 Days in the Life of… est classé premier album du Pazz and Jop au magazine Village Voice. Le groupe revient en 1994 avec la publication de leur deuxième album, Zingalamaduni5.

En novembre 2003, le groupe poursuit la chaîne Fox News pour avoir nommé une série télévisée Arrested Development.

En août 2012, le groupe publie son dixième album Standing At The Crossroads, enregistré lors de leur tournée à l’international.

En février 2016, le groupe publie l’album Changing the Narrative disponible uniquement en téléchargement et gratuit pour les membres du site officiel. Peu après sort l’album This Was Never Home en écoute sur le site officiel.

 

Membres

Actuels

 

Anciens membres

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/34567-Arrested-Development

ARNOLD TURBOUST

Arnold Turboust, né le 14 mai 1959 à Saint-Sever-Calvados (Calvados), est un compositeur, chanteur, musicien (claviers, basse) et producteur de disques français.

 

Biographie

Né en 1959 à Saint-Sever (Calvados), Arnold Turboust passe sa jeunesse à Saint-Lô.

Son goût pour le rock underground se concrétise quand, âgé d’à peine vingt ans, il participe en jouant du clavier au premier album du groupe Marquis de Sade, Dantzig Twist (1980), ainsi qu’au single White Light/White Heat, reprise de The Velvet Underground.

Le jeune homme entre alors de plain-pied dans la scène rock de l’Ouest qui voit fleurir en 1981 Private Jokes, un groupe nantais dans lequel il officie aux claviers et à la composition. C’est à cette époque qu’il rencontre Étienne Daho. Si le groupe d’obédience cold wave se disloque rapidement, l’amitié qui unit les deux Rennais d’adoption ne fait que commencer, et ne va pas tarder à déboucher sur une collaboration artistique fructueuse. Arnold Turboust rejoint ensuite en 1982 le groupe Octobre né sur les cendres de Marquis de Sade pour l’album Next year in Asia où il assure les claviers et de nombreux arrangements ; son style si particulier transparaît déjà.

Le tandem Daho – Turboust commence à produire ses premières étincelles avec le single Le Grand Sommeil qu’il arrange entièrement. Viendra ensuite l’album La Notte, La Notte (1984) qui participe au renouveau d’une pop française ravivée par des sonorités synthétiques dont Turboust est l’un des pionniers. Il y signe les titres Poppy Gene TierneySaint Lunaire, dimanche matinSigné Kiko ou encore La Ballade d’Edie S et l’année suivante, commet le hit Tombé pour la France, l’un des gros succès de l’année 1985.

Au printemps 1986 sort l’album de Daho Pop Satori dont Arnold Turboust signe cinq titres et le tube Épaule Tattoo.

En 1986 sort le single Adélaïde qu’il chante en duo avec l’actrice Zabou Breitman, l’un des gros succès de cet été-là, qui obtient les faveurs du Top 50 dans lequel il se classe en 23e position.

En 1987 suit Les Envahisseurs où le chanteur se glisse dans la peau de David Vincent, en préparation au premier album solo Let’s Go à Goa (1988) réalisé par l’un des producteurs de Depeche Mode, Richard Conning, dont sont extraits Margarita et Francine song (clip réalisé par Philippe Gautier). Après une réalisation pour la chanteuse Tess en 1989 (les singles Nirvana et Grain de folie), Arnold Turboust réalise le duo Quand tu es là pour Sylvie Vartan et Étienne Daho, puis compose et réalise avec Yves Calvez un album sur mesure pour la chanteuse Lina Dans cinq minutes j’suis prête3, qu’il retrouvera en 1998 pour un autre album Redevenir Modeste.

En 1993, il co-produit et arrange pour Daho Mon manège à moi, numéro 4 des ventes.

En 1994 sort son deuxième album Mes amis et moi, qui se hisse à la trentième place du réseau Ferarock et quatrième de l’ensemble des antennes Radio-France. La même année, Arnold Turboust participe au retour de Brigitte Fontaine sur le devant de la scène en co-composant avec Daho le titre Je suis conne et en co-produisant quatre titres de l’album Genre Humain (1995) ; puis il renoue avec Sylvie Vartan pour les titres Le Premier de nous deux et Quelqu’un qui m’ressemble.

En 1996, il écrit cinq titres, arrange et co-produit l’album Eden de Daho, considéré par un public de plus en plus nombreux comme son meilleur album.

En 1998, il arrange et produit deux titres pour Jacno dont le single Je Vous Salue Marie et compose sa première bande originale de film (Bécassine et le Trésor Viking, 2001), puis diverses réalisations musicales pour la télévision (TF1, Eurosport, ZDF, Paris Première, etc.).

En 2004 et 2005, Arnold Turboust confectionne deux albums pour deux nouveaux artistes : Cédric Atlan pour Aparté Pop, et Clémentine pour Made in France. Il n’en néglige pas pour autant sa propre production et s’attelle à un troisième album fait à la maison, intitulé Toute sortie est définitive, qui paraît en avril 2007. Cet album aura les faveurs de la presse (Les InrocksLibérationTélérama, Magic…). Un disque qui brasse divers styles, acoustique, électrique, Hillary ou electro, French Letters, à l’image de ce dandy pop.

En novembre 2010 sort un nouvel album, Démodé.

En octobre 2016 sort un nouvel album éponyme salué par la critique (Les InrocksViceRock & FolkL’Express, RFI musique).

 

Citation

« Il y a chez Arnold Turboust quelque chose de la fluidité de Trenet, du détachement de Gainsbourg, une sorte d’indulgence tendre pour autrui, exigeante pour lui-même ; un humour sans cynisme et une diversité musicale des plus plaisants. » Françoise Sagan.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/324544-Art-Mengo

ARNIE’S LOVE

Arnie’s love est un groupe américain de soul-funk créé en 1983 à New York par Arnie Joseph (chant, né Arnie C. Joseph, le demi frère du chanteur Toney Lee), Debbie Allen (chant) et Arnella Villanuea (chant).

Arnie démarre sa carrière comme batteur des Commodores en 1972, l’espace d’une soirée de concert. Ensuite, il donne des shows dans des petits clubs new-yorkais.
En 1981, Arnie monte le groupe Arnie love & the Loveletts. Il collaborera avec Jeremiah Yisrael sur son label Tap Records.

Split d’Arnie’s love en 1986. En 2002, Arnie sort un CD de gospel sous son véritable nom.

 

Discographie  : https://www.discogs.com/fr/artist/54594-Arnies-Love

ARMY OF LOVERS

Army of Lovers est un groupe de pop suédois fondé en 1987. La formation au style exubérant, avec des costumes créés par Camilla Thulin, est principalement connue pour son titre Crucified en 1991. Certains des clips du groupe furent bannis de MTV et leurs chansons furent à l’origine de controverses relatives aux thèmes religieux et sexuels abordés. Le nom d’Army of Lovers est une référence à un documentaire réalisé par Rosa von Praunheim inspiré du bataillon sacré.

 

Membres

 

La Camilla quitta le groupe en 1991 pour commencer une carrière solo et fut remplacée par De la Cour. Dominika rejoint le groupe en 1992. En 1995, Michaela quitta à son tour le groupe. La Camilla revint alors dans la formation.

Le groupe participe au Melodifestivalen 2013 pour déterminer qui représente la Suède au Concours Eurovision de la chanson à Malmö avec la chanson Rockin’ the Ride, mais échoue.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/67498-Army-Of-Lovers

ARMENTA AND MAJIK

Majik est un groupe américain de funky music fondé en 1981 à Jersey City dans le New Jersey par Amir Bayyan (tenor sax, né Amir Abdul-Salaam Bayyan le 01/11/1951 à Youngstown, ex-Kool & the Gang sous le nom de Ronald Bell), et ses cousins Royal Bayyan (membre du groupe Atlantis), Wahid Bayyan et Adil Bayyan, ainsi que Vilya Jackson.

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/141181-Armenta

 

GEORGE MICHAEL

George Michael [ d͡ʒɔ, nom de scène de Georgios Kyriacos Panayiotou, est un auteur-compositeur-interprète et producteur musical britannique, né le 25 juin 1963 à East Finchley (Grand Londres) et mort le 25 décembre 2016 à Goring-on-Thames (Oxfordshire).

Georgios Panayiotou grandit dans la grande banlieue londonienne avec son père chypriote grec, sa mère anglaise et ses deux sœurs. Le jeune Georgios Panayiotou est très tôt passionné par la musique. En 1979, avec ses camarades de classe Andrew Ridgeley et David Austin, il fonde un groupe de ska appelé The Executive. Même s’ils ne rencontrent pas de succès, les trois amis veulent continuer à faire de la musique. En 1982, George Panayiotou et Andrew Ridgeley présentent leurs compositions au label Innervision Records, qui engage les deux jeunes gens. Leur groupe, appelé Wham!, sort son premier album en 1983. Georgios Panayiotou devient alors George Michael.

Wham! connaît rapidement un succès international avec les chansons Wake Me Up Before You Go-GoFreedomEverything She Wants et Last Christmas. En 1985, Wham! est le premier groupe occidental à se produire en Chine communiste. Mais George Michael participe de plus en plus à des projets en solitaire et il sort deux singles sous son nom : Careless Whisper, coécrit avec Andrew Ridgeley, et A Different Corner. En 1986, après un concert d’adieu au stade de Wembley, Wham! se sépare.

En 1987, George Michael chante en duo I Knew You Were Waiting (For Me) avec Aretha Franklin et signe le début de sa carrière en solo. Avec l’album Faith, il devient rapidement une star internationale. Influencés par la musique dance et rock de Prince, les singles I Want Your SexFaithFather FigureOne More Try et Monkey se classent en bonne position dans les hit-parades. L’album Faith remporte même le Grammy Award de l’album de l’année 1988.

Dans les années 1990, George Michael souhaite prendre de la distance avec son succès et sa célébrité. Le chanteur ne fait aucune promotion pour son nouvel album Listen Without Prejudice, Vol. 1 et n’apparaît pas dans les clips de ses singles Praying for Time et Freedom! ’90. Les relations avec sa maison de disque Sony Music sont tendues, jusqu’à aboutir à un procès entre 1992 et 1995. L’artiste s’engage de plus en plus dans des causes caritatives. En 1992, sa reprise de Somebody to Love de Queen est en quelque sorte le symbole de son engagement contre le sida. La maladie et la mort hantent d’ailleurs George Michael au cours de cette période. En 1993, son compagnon Anselmo Feleppa meurt du sida et le chanteur lui dédie trois ans plus tard son album Older. En 1997, c’est sa mère qui meurt d’un cancer. George Michael cesse alors d’écrire de la musique.

Il fait un retour médiatique involontaire en 1998, lorsqu’il est arrêté dans un parc pour « atteinte à la pudeur ». Cet incident conduit le chanteur à déclarer publiquement son homosexualité. Il sort ensuite la chanson Outside pour célébrer les joies de l’amour en plein air. La même année, la sortie d’une compilation démontre la popularité de l’artiste auprès du public. En 1999, il sort l’album de reprises jazz Songs from the Last Century qui est un échec critique.

George Michael ne sort plus de chansons jusqu’en 2002, date à laquelle Freeek! et Shoot the Dog sont commercialisées. Ces deux morceaux parlent de la société occidentale. Dans le premier, il dénonce le flux des images pornographiques et, dans le second, il condamne, avec un clip satirique, les manœuvres militaires et politiques de George W. Bush et Tony Blair. En 2004 sort Patience, un album engagé mais aussi très intime, avec les titres John and Elvis Are DeadMy Mother Had a Brother ou Round Here. Entre 2006 et 2008, l’artiste confirme définitivement son succès auprès du public avec la grande tournée 25 Live.

Au début des années 2010, George Michael a du mal à se consacrer à sa musique. Arrêté par la police anglaise pour consommation de drogue, il réussit ensuite à entamer une tournée avec un orchestre symphonique mais il ne l’achève pas à cause de problèmes de santé. En 2012, il se produit à l’opéra Garnier de Paris en faveur du Sidaction. En 2014, il sort l’album Symphonica qui réunit des titres chantés pendant la tournée symphonique. Alors qu’il travaille sur un nouvel album, il est retrouvé mort le 25 décembre 2016 dans sa maison de Goring-on-Thames, un village situé dans le comté de l’Oxfordshire.

Au cours de sa carrière, George Michael a vendu environ 100 millions de disques (plus de 115 millions selon Sony Music). Il a remporté deux Grammy Awards, six Ivor Novello Awards, trois American Music Awards et trois Brit Awards.

 

Biographie

Les premières expériences musicales de Georgios Kyriacos Panayiotou

Le vrai nom de George Michael est Georgios Kyriacos Panayiotou. Son père Kyriacos Panayiotou, né à Chypre, émigre en Grande-Bretagne dans les années 1950 et se fait appeler Jack Panos. En Angleterre, il obtient un travail de serveur dans un restaurant, puis crée sa propre entreprise de restauration. Il se marie avec une danseuse anglaise du nom de Lesley Angold Harrison. Le couple a trois enfants : Yioda, Melanie et Georgios. Ce dernier naît le 25 juin 1963 à East Finchley, un quartier du district londonien de Barnet. En 1974, la famille Panayiotou déménage dans le Hertfordshire. Le jeune Georgios entre à l’école Bushey Meads de Bushey l’année suivante. Il y rencontre Andrew Ridgeley qui devient son ami et qui le surnomme « Yog ». Les deux adolescents fréquentent les discothèques londoniennes et, avec leur ami David Mortimer – plus tard connu sous le nom de David Austin –, ils reprennent des titres des Beatles, de David Bowie ou d’Elton John dans le métro de Londres. À l’issue de leur scolarité, George Panayiotou, Andrew Ridgeley et David Mortimer décident de fonder leur groupe de musique. Pendant l’été 1979, les trois amis créent The Executive, accompagnés de Paul Ridgeley, le frère d’Andrew, et d’Andrew Leaver. Ce groupe est inspiré par la musique ska des formations britanniques comme The Specials ou MadnessThe Executive enregistre quelques maquettes, notamment un morceau composé par George Panayiotou et David Mortimer intitulé Rude Boy. Les membres de The Executive présentent leurs maquettes à des responsables de maisons de disques de Londres, mais elles sont refusées. Au même moment, Andrew Leaver meurt d’un cancer à l’âge de vingt ans et David Mortimer quitte temporairement l’Angleterre. En 1980, l’expérience de The Executive est alors terminée. Mais George Panayiotou et Andrew Ridgeley veulent continuer de travailler dans la musique.

 

Les débuts de Wham! (1981-1983)

En 1981, George Panayiotou a dix-huit ans. Il travaille comme disc-jockey dans un restaurant, puis comme employé dans un cinéma. Andrew Ridgeley est au chômage. Pendant leur temps libre, les deux écrivent des chansons. Dans un transport en commun, George Panayiotou imagine un morceau qu’il intitule Careless Whisper. Des années plus tard, le chanteur anglais se rappelle encore comment cette chanson a été écrite : « Je me souviens que j’ai composé Careless Whisper en allant travailler (j’étais DJ au restaurant Bel Air). J’ai toujours écrit dans des autobus, des trains et des voitures. […] Pour Careless Whisper, je me rappelle exactement quand j’en ai eu l’idée et à quel endroit j’ai pensé à la partie de saxo. » Au restaurant où il est DJ, George Panayiotou teste son titre auprès du public, qui semble bien l’accueillir. Andrew Ridgeley et lui constituent alors des maquettes de leurs compositions comme Careless Whisper, ainsi que Wham Rap!Club Tropicana et Come On. Comme au temps de The Executive, ils soumettent leurs maquettes à des maisons de disques, en prenant le nom de « Wham! », le titre de l’une de leurs chansons. Mark Dean, le responsable du label indépendant Innervision Records, distribué par CBS Records, écoute leurs maquettes et offre un contrat à Wham!. Les deux artistes signent sans hésiter le 24 mars 1982. Trois mois plus tard, ils sortent leur premier single : Wham Rap! (Enjoy What You Do). Dans cette chanson, le groupe évoque notamment le chômage des jeunes dans l’Angleterre de Margaret Thatcher. C’est à cette période que George Panayiotou change son nom de famille pour s’appeler George Michael. Le jeune artiste se produit dans des discothèques avec Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Amanda Washburn, plus tard remplacée par Dee C. Lee. En octobre 1982, Wham! sort un deuxième single intitulé Young Guns (Go for It). Grâce à son passage dans l’émission de télévision de BBC One Top of the Pops le 4 novembre 1982, le groupe réussit à placer Young Guns (Go for It) à la 3e place du hit-parade britannique. Après ce succès, Wham! réédite Wham Rap! (Enjoy What You Do) et sort un troisième single composé par George Michael, intitulé Bad Boys. Cette chanson se classe no 2 en Grande-Bretagne et entre dans le hit-parade américain. George Michael et Andrew Ridgeley apparaissent dans le clip de la chanson habillés en « mauvais garçons ». Quelques années plus tard, George Michael déclare qu’« il y avait un côté très blagueur dans [ces] premiers titres. » En juillet 1983, le premier album de Wham! est en préparation et le groupe sort son quatrième single : Club Tropicana. Il semble aborder des sujets plus légers et tourne son clip sur les plages d’Ibiza. Club Tropicana se vend à 400 000 exemplaires et fait connaître Wham! en France. À la même période, le groupe sort son premier album, Fantastic, produit par Steve Brown, Bob Carter et George MichaelFantastic se hisse à la première place du UK Albums Chart pendant deux semaines et arrive à la 83e place du Billboard 200 aux États-Unis. Don Shewey du magazine Rolling Stone donne un avis contrasté sur l’album. Toutefois, il apprécie le titre Nothing Looks the Same in the Light, qui lui fait penser à un air des Bee Gees et sur lequel George Michael joue de tous les instruments. Après la sortie de leur album pendant l’été 1983, les membres de Wham! entament leur première tournée au Royaume-Uni. Au même moment, la chanteuse et danseuse Dee C. Lee quitte le groupe et Pepsi Demacque la remplace. En avril 1984, CBS Records ne renouvelle pas le contrat de Wham! avec Innervision et fait signer le groupe chez le label Epic. Wham! s’apprête bientôt à confirmer son succès.

 

Le succès de Wham! (1984-1985)

En 1984, George Michael écrit une nouvelle chanson qui s’intitule Wake Me Up Before You Go-Go. Au mois de mai, elle sort en single et fait connaître le groupe Wham! internationalement. En effet, la chanson se classe en bonne position dans les hit-parades en Allemagne, au Canada, aux États-Unis, en Norvège ou encore en Australie. Au Royaume-Uni, elle est no 1 pendant deux semaines. Les sonorités dance-pop et parfois soul de Wake Me Up Before You Go-Go font penser à la musique du label Motown. D’ailleurs, George Michael se dit influencé par la musique soul, particulièrement par celle de Marvin Gaye. Le clip de Wake Me Up Before You Go-Go amplifie la célébrité de Wham!. Dans ce clip, les membres du groupe dansent sur une scène de concert en shorts fluorescents et portent des tee-shirts blancs avec l’inscription « Choose Life ». En 2016, un journaliste du Monde constate que « dans une Grande-Bretagne, marquée par la noirceur post-punk, Wham! symbolise une jeunesse cherchant à s’échapper dans des danses plus colorées. » Avec Wake Me Up Before You Go-Go, Wham! tire son épingle du jeu et rivalise avec les autres groupes de pop britanniques de l’époque : Duran Duran, Culture Club et Frankie Goes to Hollywood.

Mais George Michael commence à prendre une certaine indépendance par rapport à Wham!. Au cours du printemps 1984, il part à Miami et tourne seul dans le clip de Careless Whisper, la chanson qu’il a coécrite avec Andrew Ridgeley trois ans auparavant. En juillet 1984, Careless Whisper sort d’ailleurs comme un single de George Michael, et non comme un disque de Wham!. La ballade se vend à 1 million d’exemplaires au Royaume-Uni. Le 16 mars 1985, le jeune chanteur interprète Careless Whisper sur le plateau de l’émission française Champs-Élysées, présentée par Michel Drucker. À la même époque, il affirme encore son indépendance en composant et en produisant la chanson Turn to Gold pour son ami d’enfance David Mortimer-Austin. Il participe aussi aux chœurs de la chanson The Last Kiss de David Cassidy. Mais les membres de Wham! ne sont pas en train de se séparer. En novembre 1984, le groupe sort son deuxième album, Make It Big, et connaît un succès public mondial. Wham! enregistre cet album au studio Miraval, dans le Var, en France. Pour promouvoir Make It Big, le groupe sort le single Freedom, puis Everything She Wants, deux titres écrits et produits par George Michael. À Noël 1984, Wham! sort la chanson Last Christmas, qui n’est pas présente sur son nouvel album et qui est un succès commercial. La même année, George Michael participe déjà à un chant de Noël en intervenant sur la chanson Do They Know It’s Christmas? du collectif Band Aid, créé par Bob Geldof afin de récolter des fonds pour la famine en Éthiopie. Avant sa tournée américaine, Wham! a l’occasion de jouer en Chine. En avril 1985, Wham! donne un concert à Pékin et à Canton et devient le premier groupe occidental à se produire dans la Chine communiste. Le réalisateur Lindsay Anderson filme le groupe dans le pays et en fait un documentaire intitulé Wham! in China: Foreign Skies. En juillet 1985, Wham! prend part au concert caritatif Live Aid, à Londres, et interprète Don’t Let the Sun Go Down on Me aux côtés d’Elton John. En janvier 1985, George Michael collabore déjà avec Elton John en dehors de Wham!. Il participe aux chœurs des chansons Nikita et Wrap Her Up pour l’album Ice on Fire. Ainsi, même s’il est toujours membre de Wham!, George Michael entame plusieurs collaborations artistiques en solitaire. La séparation du groupe s’annonce imminente.

 

La séparation de Wham! (1985-1986)

L’année 1985 est fructueuse pour Wham! : le groupe gagne le prix du meilleur groupe britannique aux Brit Awards. Mais George Michael, qui remporte le prix Ivor Novello du meilleur compositeur cette année-là, souhaite véritablement mener une carrière en soliste. « Je ne veux pas que Wham! devienne un mensonge », déclare-t-il à cette période. En novembre 1985, alors que Wham! sort le single I’m Your Man qui se classe 1er au Royaume-Uni, le groupe décide de se séparer. Wham! prépare alors son concert d’adieu et la sortie de son dernier album. George Michael veut être perfectionniste : « Je voulais bien terminer […] J’en arrivais à la conclusion que la meilleure preuve à donner au public était un très bon disque et un excellent concert. » Avant la sortie du dernier album de Wham!, George Michael sort en mars 1986 un deuxième single en solitaire : A Different Corner. Cette chanson, beaucoup plus épurée que Careless Whisper, se classe en première position du hit-parade britannique pendant trois semaines. En juin 1986, Wham! sort au Royaume-Uni son dernier album intitulé The Final. Il rassemble des titres inédits, comme The Edge of Heaven, avec des anciens singles du groupe. En juillet 1986, le groupe sort son album outre-Manche sous le titre Music from the Edge of Heaven. Il ne contient cette fois que des nouveaux titres. Dans sa critique de l’album, David Fricke de Rolling Stone écrit que « George Michael est définitivement prêt à devenir le nouvel Elton John des années 1980. » Le 28 juin 1986, Wham! donne son dernier concert au stade de Wembley, à Londres, devant 72 000 spectateurs. George Michael, Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Pepsi Demacque sont réunis sur scène pour la dernière fois. Elton John et Simon Le Bon se produisent avec eux. Quand le groupe se sépare, Andrew Ridgeley se lance dans la compétition automobile. Pepsi et Shirlie forment un duo et remportent un succès avec la chanson Heartache. En janvier 1987, George Michael s’affirme désormais comme un chanteur à part entière en interprétant I Knew You Were Waiting (For Me) avec Aretha Franklin. Ce titre est no 1 au Royaume-Uni et aux États-Unis et George Michael reçoit un Grammy Award pour sa performance en duo. La carrière en solo de l’artiste est lancée.

 

Faith : le succès international de George Michael (1987-1989)

En 1987, George Michael veut donner plus de crédibilité à sa carrière d’artiste et prépare un projet ambitieux. Il déclare vouloir en finir avec son image de « minet sans cervelle » que certains journaux lui attribuent depuis Wham!. En juin 1987, il sort un single intitulé I Want Your Sex et gagne en notoriété. Les paroles sont très explicites, presque provocatrices, mais George Michael n’invite pas à la débauche. Au contraire, la chanson prône la monogamie et la fidélité en amour. I Want Your Sex ressemble sur ce point à la chanson Kiss de Prince ou à Sexual Healing de Marvin Gaye. Le titre se fait surtout remarquer pour son clip suggestif, où le chanteur apparaît notamment dans un lit avec Kathy Jeung, sa petite amie de l’époque. Au Royaume-Uni, le clip est censuré par la BBC, tandis qu’aux États-Unis, MTV n’en diffuse qu’une partie. Mais la même année, le réalisateur Tony Scott n’hésite pas à ajouter I Want Your Sex dans une scène du Flic de Beverly Hills. La chanson devient ensuite un tube : elle est classée troisième dans le hit-parade britannique et même deuxième aux États-Unis. Avec I Want Your Sex, George Michael réussit à s’imposer dans le monde musical. Le 30 octobre 1987, le chanteur sort son premier album : Faith. Hormis Look at Your Hands qui est coécrite avec son ami David Austin, toutes les chansons sont composées par George Michael. À travers des titres qui parlent majoritairement d’amour, le chanteur explore différents genres musicaux. Faith est un morceau rock, Father Figure contient des airs orientaux, la mélodie de One More Try est proche du gospel, Kissing a Fool est une ballade jazz et enfin, Hard Day est une chanson de synthpop, influencée par Sign o’ the Times de Prince. Au Royaume-Uni et en France, tous les singles entrent dans le hit-parade, ce qui contribue au succès de l’album. Aux États-Unis, FaithFather FigureOne More Try et Monkey se classent no 1 aux côtés des titres de Michael Jackson et de Madonna. Depuis sa sortie en 1987, l’album Faith s’est vendu à 25 millions d’exemplaires. En 2012, le magazine Rolling Stone le classe à la 472e place des 500 meilleurs albums de tous les temps. Faith est définitivement l’album qui fait de George Michael une star internationale.

En 1988, le chanteur accroît sa célébrité en entamant une tournée mondiale intitulée Faith World Tour. Il donne ses premiers concerts en février 1988 au Japon et se produit une dernière fois en juillet 1989 en Espagne. La star anglaise passe aussi dans des salles de concerts françaises, à Paris et à Montpellier. Le 11 juin 1988, il participe également à un grand concert donné à Londres à l’occasion des 70 ans de Nelson Mandela. Le chanteur reprend trois chansons sur scène : Village Ghetto Land de Stevie Wonder, If You Were My Woman de Gladys Knight et Sexual Healing de Marvin Gaye. À la fin de l’année 1988, George Michael annule une partie de sa tournée à cause d’un kyste à la gorge. Mais cela ne l’empêche pas d’être récompensé par plusieurs prix en 1989. Tout d’abord, George Michael reçoit de nouveau le prix Ivor Novello du meilleur compositeur et Faith le prix de la chanson internationale de l’année 1988. Il est ensuite honoré du MTV Video Vanguard Award pour tous les clips des singles de Faith. Il est également récompensé par trois American Music Awards, dont le prix du meilleur artiste masculin pop rock et du meilleur artiste masculin soul et R&B. Aux Grammy Awards, Faith est élu meilleur album de l’année 1988. Certains artistes noirs comme Gladys Knight ou le groupe Public Enemy pensent qu’il est injuste qu’un chanteur blanc gagne à la place de Bobby Brown ou de Michael Jackson. Néanmoins, George Michael a réussi à s’imposer comme un artiste populaire et international.

 

Un artiste en quête de liberté (1990-1995)

Listen Without Prejudice, Vol. 1 : un album émancipateur

George Michael ne se contente pas du succès de Faith. Dès le début de l’année 1990, il se remet au travail et compose de nouvelles chansons. Un album en deux volumes est alors envisagé. Listen Without Prejudice, Volume 1 sort en septembre 1990 sous le label Epic. George Michael explique le choix de ce titre par le fait que la musique, de façon générale, doit s’écouter sans préjugé racial. Il ne souhaite faire aucune promotion pour son nouvel album et veut laisser de côté son statut de star pour n’être reconnu que pour sa musique. Cependant, il accepte de donner quelques interviews, notamment à Melvyn Bragg, qui réalise un documentaire sur le chanteur avec Alan Benson pour BBC et CBS. À la même période, George Michael coécrit son autobiographie avec Tony Parsons, qui s’intitule Bare. Mais il ne veut pas complètement jouer avec sa célébrité. Il n’apparaît pas sur la pochette de son nouvel album Listen Without Prejudice, Vol. 1, qui est illustré par la photographie Crowd at Coney Island prise par Weegee en 1940. George Michael ne se met pas non plus en scène dans les clips de ses singles Praying for Time et Freedom! ’90, réalisé par David Fincher et qui rassemble les mannequins Linda Evangelista, Naomi Campbell, Christy Turlington, Cindy Crawford et Tatjana Patitz. Par ailleurs, les chansons de Listen Without Prejudice, Vol. 1 sont différentes, parfois plus engagées, que celles de l’album FaithPraying for Time est une chanson sobre sur l’indifférence face à la misère, qui peut rappeler certaines ballades de John Lennon. Elle se classe no 1 au hit-parade américain. Mother’s Pride évoque le départ d’un enfant à la guerre. Cowboys and Angels est un morceau jazz, accompagné par le saxophoniste britannique Andy Hamilton. George Michael reprend également, avec une certaine gravité dans sa voix, They Won’t Go When I Go de Stevie Wonder. Listen Without Prejudice, Vol. 1 contient aussi des titres à la guitare, presque folk, comme Something to SaveWaiting for That DayHeal the Pain et Waiting (Reprise). Enfin, avec Freedom! ’90 et Soul Free, il signe deux chansons soul. James Hunter de Rolling Stone pense que dans les paroles de la chanson Freedom! ’90, George Michael se montre « prêt à échanger à tout prix ses lunettes de soleil d’idole de la pop pour une reconnaissance dans le rock & roll. » En effet, le chanteur veut rompre avec son image de star et être libre. Frank Sinatra lui écrit alors une lettre ouverte dans le Los Angeles Times et lui dit de ne pas gâcher son talent en refusant la célébrité. Mais George Michael exerce pleinement sa liberté sur scène, pendant sa tournée intitulée Cover to Cover, où il interprète très peu de titres de son nouvel album. Pendant les concerts qu’il donne dans le monde en 1991, il reprend notamment Fame de David Bowie, Back to Life (However Do You Want Me) de Soul II Soul, Ain’t No Stoppin’ Us Now de McFadden & Whitehead et fait un pot-pourri de Killer d’Adamski et Seal avec Papa Was a Rollin’ Stone des Temptations. Le 23 mars 1991, Elton John rejoint George Michael sur la scène de la Wembley Arena, à Londres, pour interpréter avec lui Don’t Let the Sun Go Down on Me, un titre qu’ils avaient déjà repris en 1985. La chanson sort en single en 1991 et se classe première dans de nombreux pays. Les chanteurs donnent tous deux un demi-million de dollars de recettes à la recherche contre le sida. Pendant la tournée Cover to Cover, George Michael reprend un autre titre d’Elton John intitulé Tonight, qui est enregistré pour l’album Two Rooms: Celebrating the Songs of Elton John & Bernie Taupin qui rend hommage à Elton John et à son compositeur Bernie Taupin. Au cours de sa tournée, George Michael chante également des tubes de Wham!. Le 25 et 27 janvier 1991, le chanteur se produit au festival Rock in Rio au Brésil et invite Andrew Ridgeley sur scène pour reprendre I’m Your Man. Un an auparavant, George Michael aide son ami pour son come-back musical. En effet, il intervient sur les chœurs de la chanson Red Dress dans l’album d’Andrew Ridgeley intitulé Son of Albert. En février 1991, Listen Without Prejudice, Vol. 1 gagne le prix du meilleur album britannique aux Brit Awards. Même si cet album se hisse à la première place du hit-parade britannique pendant une semaine et à la deuxième place du Billboard 200 aux États-Unis, Listen Without Prejudice, Vol. 1 n’obtient pas le même succès commercial que Faith. En effet, Listen Without Prejudice, Vol. 1 se vend à 8 millions d’exemplaires. Dès lors, les relations entre George Michael et sa maison de disque CBS Records se détériorent.

 

George Michael contre Sony : un artiste face à l’industrie musicale

Le conflit entre George Michael et sa maison de disque s’amplifie quand CBS Records est racheté par la compagnie japonaise Sony en 1988 et devient Sony Music Entertainment en 1991. En effet, George Michael est déçu par la façon dont Sony gère sa carrière et ses droits d’auteurs. Le chanteur souhaite alors mettre fin à son contrat, mais les responsables de Sony ont l’intention de l’obliger à honorer le contrat signé en 1982. Sony l’accuse également d’être responsable des faibles ventes de Listen Without Prejudice, Vol. 1, l’artiste ayant refusé d’en assurer la promotion. Le 30 octobre 1992, George Michael assigne Sony devant la Haute Cour de justice de Londres. En juin 1994, le juge Jonathan Parker ne considère pas le contrat défavorable au chanteur et donne raison à Sony. En août 1994, George Michael et son avocat Tony Russell font appel du jugement. Mais, entre 1994 et 1995, la procédure judiciaire s’arrête : les adversaires ont trouvé un accord. Le chanteur signe un contrat américain chez DreamWorks, récemment créé par David Geffen, Jeffrey Katzenberg et Steven Spielberg, et un contrat pour les autres pays avec Virgin Records. Néanmoins, Sony Music détient toujours un pourcentage sur les ventes des prochains albums de George Michael et réclame la sortie d’une compilation des anciennes chansons de l’artiste sur lesquelles la compagnie possède encore les droits. Entre 1995 et 1996, Prince est lui aussi en désaccord avec sa maison de disque Warner Bros. Records et se considère comme « esclave » des majors.

 

Un chanteur engagé dans la lutte contre le sida

Pendant cette période de procès avec Sony, entre 1992 et 1995, George Michael ne trouve plus l’énergie pour poursuivre l’écriture du deuxième volume de Listen Without Prejudice, qui n’existera jamais, mais il participe à plusieurs projets musicaux et caritatifs. Le 24 novembre 1991, le chanteur britannique Freddie Mercury meurt du sida. Le 20 avril 1992, les membres de son groupe Queen organisent un concert à sa mémoire et invitent plusieurs artistes, dont George Michael. Devant les 72 000 spectateurs du stade de Wembley, George Michael et Queen reprennent trois chansons de Freddie Mercury : ’39These Are the Days of Our Lives accompagnés de Lisa Stansfield et Somebody to Love. En 1993, un EP intitulé Five Live regroupe deux chansons interprétées par George Michael et Queen lors du concert en hommage à Freddie Mercury : Somebody to Love et These Are the Days of Our Lives avec Lisa StansfieldFive Live contient également trois autres performances live de George Michael, enregistrées pendant sa tournée Cover to Cover : KillerPapa Was a Rollin’ Stone et Calling You de Jevetta Steele. Les bénéfices de cet EP sont reversés à la fondation Mercury Phoenix Trust, qui aide les victimes du sida. Five Live se classe no 1 au hit-parade britannique pendant trois semaines. En 1992, George Michael participe à un autre projet caritatif, celui de la Red Hot Organization qui lutte contre le sida à travers la musique. L’organisation fait appel à lui pour participer à un album dance intitulé Red Hot + Dance. Trois morceaux du chanteur anglais, aux sonorités funk voire electro, sont inclus dans cet album : Too FunkyDo You Really Want to Know et HappyToo Funky sort en single, avec le titre Crazyman Dance en face B, et se classe quatrième au hit-parade britannique en avril 1992 et dixième au hit-parade américain en août 1992. Le styliste Thierry Mugler réalise le clip de Too Funky et met en scène les mannequins et actrices Linda Evangelista, Shana Zadrick, Eva Herzigova, Nadja Auermann, Emma Sjöberg, Estelle Lefébure, Tyra Banks et Rossy de Palma. Si le clip évoque celui de Freedom! ’90, Thierry Mugler « a voulu montrer [avec Too Funky] l’opposition entre le paradis des podiums et l’enfer des coulisses », écrit le journaliste Anthony Vincent en 2015. George Michael apparaît furtivement dans le clip de Too Funky dans le rôle d’un cameraman. En 1996, il collabore de nouveau avec la Red Hot Organization pour l’album Red Hot + Rio, dont les bénéfices sont reversés aux victimes du sida en Amérique latine. Cette fois, le chanteur enregistre le titre Desafinado avec la chanteuse brésilienne Astrud Gilberto. George Michael participe à de nombreux concerts caritatifs au profit de la lutte contre le sida. En octobre 1992, il intervient sur la scène du Madison Square Garden, à New York, pour The Elizabeth Taylor AIDS Foundation. En décembre 1993, il fait partie des organisateurs du Concert of Hope pour la journée mondiale de lutte contre le sida, à Londres. Enfin, en 1995, George Michael et Elton John reprennent Don’t Let the Sun Go Down on Me pour le concert de charité Commitment to Life à Los Angeles.

 

Une période difficile (1996-2000)

Older : George Michael en pleine maturité

Après l’expérience de Listen Without Prejudice, Vol. 1 et son procès contre Sony Music, George Michael entre dans une période de maturité artistique et individuelle. Pendant sa tournée à Rio en 1991, il rencontre le Brésilien Anselmo Feleppa qui devient son compagnon. Celui-ci meurt des complications du sida le 26 mars 1993. Un an plus tard, George Michael compose une nouvelle chanson directement inspirée par le deuil de son ami : elle s’intitule Jesus to a Child. Les paroles de ce morceau évoquent la perte d’un être aimé, qui était aussi attentionné que Jésus-Christ avec les enfants. Cette référence est issue des Évangiles. Bien avant que Jesus to a Child ne sorte en single, George Michael interprète pour la première fois cette chanson le 24 novembre 1994, lors de la première édition des MTV Europe Music Awards à la porte de Brandebourg de Berlin. Jesus to a Child ne sort en single qu’en janvier 1996, le temps que George Michael signe un nouveau contrat chez Virgin et DreamWorks. Le single atteint la première place du hit-parade britannique pendant une semaine. Il se hisse également à la septième place du hit-parade américain et se vend à plus de 100 000 exemplaires en France. Une partie des bénéfices de Jesus to a Child est reversée à Childline, un centre d’écoute qui aide les adolescents du Royaume-Uni. En mai 1996, George Michael sort son troisième album intitulé Older, qui signifie « plus vieux », « plus âgé ». Cet album, qui marque une étape de maturité pour le chanteur, est dédié à deux Brésiliens : Anselmo Feleppa et Antônio Carlos Jobim. Le premier, ancien compagnon de George Michael, a inspiré les paroles mélancoliques de Jesus to a Child et de You Have Been Loved. Le second, chanteur de bossa nova mort un an après Anselmo Feleppa, a pu influencer la tonalité jazz de l’album Older. En effet, la plupart des chansons de ce disque comme OlderSpinning the WheelTo Be Forgiven et Move On sont des morceaux jazz sophistiqués. The Strangest Thing est un morceau plus électronique, devenu presque house à la suite d’un remix en 1997. Fastlove et Star People sont deux chansons soul et R&B. Fastlove contient d’ailleurs un sample de Forget Me Nots de Patrice Rushen. George Michael joue de plusieurs instruments sur son album, dont il signe lui-même les arrangements. Toutes les chansons sont écrites par George Michael, hormis Spinning the Wheel, coécrite avec Jon Douglas, et You Have Been Loved, avec David Austin. Older est coproduit par Ægean, une société de production créée par George Michael avec son ami d’enfance Andros Georgiou. En 1987, George Michael collabore déjà avec son ami en reprenant Jive Talkin’ des Bee Gees pour son projet de groupe Boogie Box High. En 1997, il produit la ballade Waltz Away Dreaming de Toby Bourke sous son label Ægean et chante en duo avec lui sur ce titre. En 1996, il produit et enregistre plusieurs chansons pour les faces B des singles de Older. « Sur le plan artistique, maintenant, je produis davantage ; je vais m’occuper des faces B et sortir tous les EP possibles des prochains singles d’Older pour que le public ait constamment de nouvelles chansons », déclare le chanteur. Ainsi, en face B de The Spinning the Wheel E.P. on trouve les titres You Know That I Want ToSafe et un remix de Spinning the Wheel. En face B du single Older, le chanteur inclut une reprise de I Can’t Make You Love Me de Bonnie Raitt. À la fin de l’année 1997, George Michael sort une édition limitée de Older intitulée Older & Upper. Elle inclut les faces B de The Spinning The Wheel E.P., ainsi que des nouvelles versions de Star People et The Strangest Thing et une deuxième partie de Fastlove.

Même s’il se consacre totalement à l’enregistrement et à la production de sa musique, George Michael accepte de donner quelques interviews, dont une au journaliste français Éric Jean-Jean. Il donne également une interview moins conventionnelle au magazine The Big Issue, qui est vendu dans la rue par des sans-abri. En 1996, l’album Older se vend à plus de 6 millions d’exemplaires. La même année, aux MTV Europe Music Awards, George Michael interprète Star People et remporte le prix du meilleur chanteur masculin. En 1997, il gagne pour la troisième fois le prix Ivor Novello du meilleur compositeur. Pour promouvoir Older, il se produit le 8 octobre 1996 dans la Broadcasting House de BBC Radio. Le 11 octobre 1996, il réorchestre les titres de son nouvel album, ainsi que des anciennes chansons, à l’occasion d’un concert acoustique enregistré au 3 Mills Studios de Londres pour l’émission MTV Unplugged. Certains titres chantés pendant ce concert sont insérés dans The You Have Been Loved E.P. et dans le single de Star People ’97. Sa mère, Lesley, est présente dans l’assistance pendant l’enregistrement de cette émission6. Mais peu de temps après, en février 1997, elle meurt d’un cancer de la peau. George Michael sombre alors dans une dépression et arrête la promotion de son album5. À la même période, il ne vient pas recevoir le Brit Award du meilleur chanteur britannique des mains d’Elton John. Le 31 août 1997, il est de nouveau endeuillé par la mort de Diana Spencer, dont il était proche. Le chanteur est présent lors de ses funérailles à l’abbaye de Westminster, aux côtés d’Elton John. Alors que George Michael essaye de se libérer par la création musicale, il se renferme sur lui-même à la suite de ces deux décès.

« Let’s go outside » : l’homosexualité de George Michael au grand jour

En 1996, George Michael dédie son album Older à Anselmo Feleppa et considère alors avoir publiquement révélé son homosexualité, sans passer par la presse. Il indique, lors d’une interview : « Lorsque j’ai écrit et dédié cet album pour [Anselmo], je pensais avoir annoncé mon coming out à mes fans, et je ne faisais pas attention aux gens qui n’étaient pas intéressés par ma musique ». Au moment de la mort d’Anselmo Feleppa, George Michael annonce également son homosexualité à ses parents. Mais en 1998, le chanteur est contraint d’annoncer officiellement son orientation sexuelle. En effet, le 7 avril 1998, George Michael fait du cottaging dans le Will Rogers Memorial Park de Beverly Hills, en Californie : ce mot argotique anglais signifie qu’il cherche à avoir une relation homosexuelle dans les toilettes publiques du parc. Mais le même jour, l’officier de police américain Marcelo Rodriguez et son coéquipier patrouillent en civil dans le parc pour intercepter ces actes d’exhibitionnisme, dont certaines personnes se sont plaintes. Marcelo Rodriguez prend George Michael sur le fait et l’arrête pour atteinte à la pudeur dans un lieu public. Il est libéré le soir même, après le paiement d’une amende de 500 dollars, et sera soumis à une peine de 80 heures de travaux d’intérêt général. En décembre 1998, dans le talk show britannique de Michael Parkinson, George Michael revient sur ses agissements et explique qu’« [il] n’étai[t] pas dans le meilleur état d’esprit » et que « c’était irresponsable de faire ça ». La presse internationale relaie cet événement et contraint George Michael à un outing public ; autrement dit, le chanteur déclare publiquement qu’il est homosexuel, alors qu’il n’avait pas l’intention de l’annoncer dans la presse. « Je ne sais pas si je l’aurais un jour dévoilé aux journalistes », déclare-t-il. Quelques années plus tard, Elton John remarque, avec ironie, qu’« une pissotière n’est pas le meilleur endroit pour faire son coming out. » Mais cette expérience a finalement libéré George Michael, qui n’a pas toujours été sûr de sa sexualité pendant sa jeunesse. « Grâce à ma mésaventure, je me suis rendu compte que, au fond, ma différence était ma principale qualité », explique-t-il au magazine français Télérama en 2004. À la fin de l’année 1998, George Michael compose une chanson sur son exhibition et sur son arrestation, intitulée Outside. Ce morceau funk est surtout une invitation à vivre son amour librement et en plein jour. Dans le clip d’Outside, il parodie son arrestation par la police : on y voit des toilettes se transformer en piste de disco et le chanteur danser en tenue de policier. En 1999 et 2002, George Michael est poursuivi en justice pour diffamation par Marcelo Rodriguez, l’officier de police qui l’a arrêté. La United States District Court de Californie déboute à chaque fois la demande de Marcelo Rodriguez. En 1998, le single Outside est no 2 au Royaume-Uni pendant deux semaines et atteint la vingt-sixième place du hit-parade français pendant une semaine.

 

Succès commerciaux et échec critique de Songs from the Last Century

Avec Outside, George Michael renoue avec le succès. En 1998, la sortie de la compilation Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael confirme définitivement la popularité du chanteur. En effet, ce double album, dédié entièrement à sa mère, se vend à 9 millions d’exemplaires dans le monde. Il reste huit semaines en tête du hit-parade britannique. Ladies & Gentlemen: The Best of George Michael est distribué par Sony Music, qui possède encore les droits sur les anciennes chansons de l’artiste. La compilation rassemble des succès et des titres moins connus comme A Moment with You et Fantasy, face B du single Freedom! ’90. George Michael inclut également une reprise de As de Stevie Wonder, chantée en duo avec Mary J. Blige. Sortie en single en 1999, As se classe 27e au hit-parade français. Ce n’est pas la première chanson de Stevie Wonder que George Michael reprend. En mai 1985, le chanteur anglais chante en duo avec la star américaine Love’s in Need of Love Today sur la scène de l’Apollo Theater de New York En 1997, George Michael et Stevie Wonder se retrouvent de nouveau à Los Angeles pour interpréter Living for the City. Enfin, en 1991, il inclut une version de I Believe (When I Fall in Love It Will Be Forever) sur la face B de Don’t Let the Sun Go Down on Me.

Peu avant Noël 1999, George Michael sort un quatrième album intitulé Songs from the Last Century. Produit par le chanteur et Phil Ramone pour le label Virgin, il s’agit d’un album de reprises jazz. Le chanteur anglais reprend des chansons des années 1930 et 1940 comme Brother, Can You Spare a Dime?You’ve ChangedMy Baby Just Cares for MeI Remember YouSecret LoveWild Is the WindWhere or When et It’s All Right with Me, et signe également des versions jazz de chansons plus récentes comme The First Time Ever I Saw Your FaceRoxanne et Miss Sarajevo. Aucun single n’est extrait de l’album. Toutefois, un clip presque documentaire est tourné dans le Red Light District d’Amsterdam pour la reprise de Roxanne, dont les paroles traitent de la prostitution. Songs from the Last Century reçoit un mauvais accueil critique. Par exemple, Nigel Packer de BBC, bien que soulignant les qualités vocales de George Michael, écrit que « dans l’ensemble, le résultat est plus anesthésique que swing. » Songs from the Last Century atteint la deuxième place du hit-parade britannique et est le seul album de George Michael à ne pas avoir atteint la première place. L’album ne dépasse pas la 157e place du Billboard 200 aux États-Unis.

En marge de cet album, George Michael participe à plusieurs concerts entre 1999 et 2000. En avril 1999, il rend hommage à Linda McCartney pendant un concert organisé par son mari Paul. Linda McCartney est morte un an avant d’un cancer du sein. « Ma mère a perdu le même combat […] que Linda », déclare-t-il sur scène. En octobre 1999, il prend part au concert de charité NetAid au stade de Wembley et interprète en live une chanson de chacun de ses albums : FastloveBrother, Can You Spare a Dime?Father Figure et Freedom! ’90. George Michael n’a pas souhaité que la BBC retransmette sa performance à cause de problèmes techniques pendant le concert. La même année, il se produit également au Royal Albert Hall de Londres pour l’association caritative LGBT Stonewall. En 2000, il chante plusieurs fois en duo. Le 29 avril 2000, George Michael rejoint plusieurs artistes au Robert F. Kennedy Memorial Stadium de Washington pour le concert Equality Rocks, sponsorisé par la Human Rights Campaign, qui lutte notamment contre les crimes de haine homophobes. George Michael y interprète Freedom! ’90 aux côtés de la star américaine du country Garth Brooks. Le 6 juin 2000, il chante Don’t Let the Sun Go Down on Me avec le ténor italien Luciano Pavarotti à Modène, pour un concert de charité. Enfin, en août 2000, le chanteur enregistre If I Told You That en duo avec Whitney Houston. En 1998, Whitney Houston chante déjà seule cette chanson pour son album My Love Is Your Love, et son duo est à l’origine prévu pour Michael Jackson. Finalement, même si George Michael vit une période difficile, surtout ponctuée de deuils, il poursuit sa carrière musicale et obtient encore du succès auprès du public.

 

Patience : un album intime et engagé (2001-2004)

Pendant environ un an et demi, George Michael ne sort pas de chanson. En mars 2002, il fait de nouveau parler de lui avec un nouveau single intitulé Freeek!, sorti sous le label Polydor distribué par Universal Music. Ce morceau electro dénonce la banalisation de la pornographie, que la jeunesse consomme à la télévision et sur internet. « L’idée que les enfants soient mis continuellement en présence d’images de sexe sans âme, ni émotion, me révulse. […] Je refuse la censure mais je suis horrifié par l’absence de responsabilité des adultes, des programmateurs comme des parents, dans cette affaire », indique-t-il à Télérama. Dans le clip de Freeek!, réalisé par Joseph Kahn, George Michael montre la violence des images dans une société futuriste et apocalyptique. Comme son clip est provocateur, certaines chaînes de télévision le diffusent tard dans la journée ou bien le censurent complètement. Freeek! se classe premier en Espagne, au Portugal, en Italie et au Danemark, mais ne rencontre pas un succès exceptionnel. En face B du single de Freeek!, on trouve The Long and Winding Road, une reprise des Beatles. En juillet 2002, George Michael sort une deuxième chanson beaucoup plus politique : Shoot the Dog. Dans ce morceau, il évoque le malaise de la société occidentale, impuissante face à la politique étrangère de George W. Bush au Moyen-Orient. Cette chanson est surtout une critique du Premier ministre britannique Tony Blair. En effet, George Michael accuse Tony Blair d’être la « marionnette » du président américain et de cautionner sa politique étrangère, que le chanteur anglais juge mauvaise. Ainsi, il chante : « Tony, Tony, Tony, I know that your horny, but there’s somethin bout that Bush ain’t right » (en français : « Tony, Tony, Tony, je sais que tu es en chaleur, mais il y a quelque chose avec ce Bush qui ne tourne pas rond »). Le clip de Shoot the Dog, réalisé par les caricaturistes de l’émission britannique 2DTV, ridiculise George W. Bush et Tony Blair, mais tourne aussi en dérision l’image publique de George Michael. Arrivée 12e dans le hit-parade britannique, la chanson n’est pas commercialisée aux États-Unis. Mais l’engagement de George Michael ne s’arrête pas à Shoot the Dog. En 2003, lorsque les États-Unis et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Irak de Saddam Hussein, le chanteur se sert de la musique pour proclamer publiquement son désaccord avec la politique occidentale au Moyen-Orient. Lors de la 23e édition des Brit Awards, George Michael reprend Faith avec Ms. Dynamite et change les paroles de sa célèbre chanson pour dénoncer les manœuvres militaires en Irak. À la même période, il se produit sur le plateau de l’émission britannique Top of the Pops pour chanter une reprise de The Grave de Don McLean, qui évoque le départ de jeunes Marines à la guerre. En 2003, cette version de George Michael est enregistrée pour l’album Hope, édité par l’ONG anglaise War Child, afin de venir en aide aux victimes de la guerre en Irak113. En février 2003, George Michael est interrogé sur son engagement par David Frost, dans l’émission Breakfast with Frost. Le chanteur anglais, inquiet de l’intervention américaine en Irak, déclare : « on s’apprête à mettre le feu à des foyers d’intégrisme musulman en faisant quelque chose d’illégal. » Selon lui, le cœur du problème au Moyen-Orient est l’absence de solution dans le conflit israélo-palestinien. La même année, le magnat de la presse Rupert Murdoch fustige l’engagement de George Michael dans les journaux de son groupe médiatique News Corporation. Le chanteur justifie, avec ironie, les agissements de Rupert Murdoch : « [il] a décidé que j’avais outrepassé mes droits de chanteur pop ».

En mars 2004, Freeek! et Shoot the Dog sont inclus dans le nouvel album de George Michael, intitulé Patience. Comme il n’a pas sorti de nouvelles compositions depuis Outside en 1998, il remercie ses fans d’avoir « patienté » aussi longtemps. Cet album est produit par sa société Ægean, mais aussi par Sony Music. En effet, George Michael, qui avait quitté Sony Music au début des années 1990 après des démêlés judiciaires, signe de nouveau avec cette maison de disques. Freeek! et Shoot the Dog font de Patience un album engagé. Cars and Trains et Precious Box évoquent également les dérives de la société du xxie siècle. Mais Patience est surtout un album très intime, comme le montrent les titres Through et John and Elvis Are Dead. Dans les paroles de John and Elvis Are Dead, George Michael cite le nom des musiciens qui l’ont inspiré : John Lennon, Elvis Presley et Marvin Gaye, et chante : « Si Jésus-Christ est bel et bien vivant / Alors comment se fait-il que John et Elvis soient morts ? ». Le single de John and Elvis Are Dead est vendu par téléchargement sur le site internet de George Michael avec les reprises de Edith and the Kingpin de Joni Mitchell et de For the Love of You des Isley Brothers. En effet, en 2004, il annonce qu’il veut désormais diffuser ses chansons sur internet, le plus souvent gratuitement. « J’ai été très bien payé pour mon talent depuis des années et je n’ai plus besoin d’argent de la part du public. […] Maintenant j’aimerais vraiment que les gens puissent télécharger mes chansons sur Internet, gratuitement, avec la possibilité pour eux en contrepartie de faire un don à une œuvre de charité », déclare le chanteur à BBC Radio. Concernant Patience, les morceaux les plus intimes et les plus personnels de cet album sont sans doute Please Send Me Someone (Anselmo’s Song)American AngelMy Mother Had a Brother et Round Here. Dans Please Send Me Someone (Anselmo’s Song), George Michael demande à son ancien compagnon, Anselmo Feleppa, de lui envoyer quelqu’un à aimer. Dans American Angel, c’est Kenny Goss, son nouveau compagnon originaire du Texas, que George Michael célèbre. Dans My Mother Had a Brother, il raconte l’histoire de son oncle homosexuel, qui s’est suicidé le jour de la naissance du chanteur. Enfin, Round Here est un titre nostalgique dans lequel George Michael se souvient des quartiers londoniens où il a grandi. Par ailleurs, Patience contient des titres plutôt énergiques, comme Amazing, une chanson à mi-chemin entre rock et electro. L’album de George Michael inclut aussi deux véritables morceaux dance et electro : Flawless (Go to the City), qui est une reprise de Flawless de The Ones, et Precious Box. Pour promouvoir son nouvel album, George Michael donne quelques interviews télévisées. Le 27 mars 2004, le chanteur est interviewé par Thierry Ardisson pour l’émission française Tout le monde en parle. Le 26 mai 2004, Oprah Winfrey interroge George Michael pendant son Oprah Winfrey ShowPatience est un petit succès pour George Michael. L’album se vend à 4 millions d’exemplaires. Il se classe 1er du hit-parade britannique pendant une semaine, 12e aux États-Unis et 4e pendant une semaine en France.

 

Une période de retour à la notoriété et de reconnaissance (2005-2010)

George Michael: A Different Story : la vie de George Michael en documentaire

Entre 2005 et 2010, George Michael fait le point sur sa carrière et sur son image de chanteur. Le 16 février 2005, l’artiste anglais présente au 55e festival du film de Berlin un documentaire réalisé par Southan Morris qui retrace son parcours de chanteur. Ce documentaire, intitulé George Michael: A Different Story, revient sur les grands moments de sa carrière avec Wham! et en solo. Le film fait également référence à l’enfance de George Michael et à sa vie sentimentale. À propos de ces références, le chanteur déclare dans une interview : « mon œuvre est extrêmement liée à ma biographie. En travaillant sur la longueur avec une équipe de cinéma, j’ai pu me confier facilement. » En effet, dans George Michael: A Different Story, il s’exprime face caméra, et ses paroles sont souvent entrecoupées par des images d’archives. Plusieurs personnalités et proches de George Michael sont aussi interrogés, comme Elton John, Boy George, Mariah Carey, Andrew Ridgeley, ou encore son propre père, Jack Panos. Sorti dans les salles de cinéma françaises le 11 janvier 2006 sous le titre George Michael : Mon histoire, ce documentaire n’est pas commercialisé en DVD. Dans George Michael: A Different Story, ainsi que dans une interview à Télérama, le chanteur condamne les émissions de télé-réalité musicales : « Comment pourrais-je cautionner cette cynique exploitation du rêve de tous ces jeunes gens ? Je n’ai rien contre les participants, mais je déteste cette mentalité des gens de télé qui les manipulent, se servent d’eux », déclare-t-il. Pourtant, en mai 2008, il interprète Praying for Time sur le plateau d’American Idol. En décembre 2009, il chante également en duo avec Joe McElderry, un candidat de The X Factor au Royaume-Uni.

 

Une star qui joue avec son image

George Michael accepte de jouer avec son image de star. En effet, entre 2005 et 2011, le chanteur fait plusieurs caméos dans des séries et des sketches télévisés. Le 11 mars 2005, à l’occasion du Red Nose Day, un téléthon au profit de Comic Relief, il apparaît dans un épisode spécial de Little Britain aux côtés de David Walliams et Matt Lucas. À Noël 2007, George Michael participe à un sketch du Catherine Tate Show et chante en duo Fairytale of New York de The Pogues avec l’actrice Catherine Tate. Il joue également deux sketches avec l’humoriste anglais Ricky Gervais. Le premier en décembre 2007, dans la série Extras, où George Michael est poursuivi par un paparazzi qui veut le surprendre en train de draguer dans un parc. Le second en décembre 2008, lorsque Ricky Gervais remporte le British Comedy Award du meilleur acteur dans une série télévisée comique. Ricky Gervais tourne une vidéo de remerciements dans laquelle il apparaît avec George Michael dans un lit. Mais la série à laquelle le chanteur contribue le plus est Eli Stone, produite par la société américaine ABC. En 2008, les créateurs de la série, Greg Berlanti et Marc Guggenheim, souhaitent que les chansons de George Michael soient en lien avec la vie de leur personnage, Eli Stone, qui est un avocat interprété par Jonny Lee Miller. Tous les épisodes de la première saison de la série portent le nom d’une chanson de George Michael. Mais les créateurs de la série vont plus loin. Ils imaginent que Eli Stone hallucine la présence du chanteur. George Michael joue alors dans quatre épisodes de la série en tant que guest star. Il y interprète ses chansons, comme FaithOlderAmazing, ou encore une reprise de Feeling Good. Dans le neuvième épisode de la première saison, le rôle de George Michael a davantage d’importance et il n’apparaît plus comme une hallucination. Dans cet épisode, il aide financièrement une école américaine pour qu’elle donne de vrais cours sur la sexualité. En effet, le programme d’éducation sexuelle de cette école ne dispense que des cours sur l’abstinence et, en guise de protestation, une jeune fille diffuse un jour la chanson I Want Your Sex dans les haut-parleurs de l’établissement. George Michael apprécie l’expérience d’Eli Stone. Toutefois, il ne souhaite pas faire une carrière d’acteur à la télévision et déclare : « Je n’aime pas me regarder jouer, je préfère plutôt écouter ce que je chante. » En mars 2011, George Michael participe de nouveau à un sketch pour le téléthon Red Nose Day. Assis dans une voiture à côté du comédien James Corden, il reprend avec lui les chansons de Wham! qui passent à la radio. Plus tard, James Corden réitère ce principe de carpool karaoke avec d’autres artistes.

 

25 Live : le bilan d’une carrière

À la fin des années 2000, sa carrière est désormais bien établie. Pendant cette période, il chante en duo avec des artistes reconnus. En 2005, il interprète Blame It on the Sun avec Ray Charles pour l’album Genius & Friends. La même année, il chante Drive My Car avec Paul McCartney à Hyde Park, à Londres, pour le Live 8. En 2006, Tony Bennett sollicite George Michael pour enregistrer How Do You Keep the Music Playing? sur l’album Duets: An American Classic En juin 2009, il fait également une apparition surprise au concert de Beyoncé à l’O2 Arena de Londres, où il reprend avec la chanteuse américaine If I Were a Boy.

Entre 2006 et 2008, la star confirme son retour sur scène en entamant une grande tournée pour ses vingt-cinq ans de carrière, intitulée 25 Live. La première date de la tournée est à Barcelone Il se produit ensuite en France, en Allemagne, en Suède, aux Pays-Bas, en République tchèque ou encore en Irlande. Le 9 juin 2007, le chanteur inaugure le nouveau stade de Wembley, à Londres. Le 22 juin 2007, il se produit au Stade de France, à Paris. Dans Le Parisien, la journaliste Charlotte Moreau vante « la pureté et la beauté du timbre [de George Michael], toujours aussi soyeux et classieux après vingt-cinq ans de carrière. » La tournée 25 Live s’achève, en Angleterre, au Earls Court de Londres le 24 et 25 août 2008. Ces représentations donnent lieu à une captation vidéo, intitulée Live in London. Pendant ce concert à Londres, il reprend tous ses tubes depuis Wham! et rejoue même les clips de ses chansons. Par exemple, au moment de chanter Outside, George Michael s’habille en policier américain sur scène139. Après un concert à Copenhague, il fait le dernier concert de sa tournée en décembre 2008 au stade Sheikh Zayed d’Abou Dabi, aux Émirats arabes unis. La tournée 25 Live est accompagnée par la sortie d’une compilation intitulée Twenty Five, qui rassemble les tubes de Wham! et de George Michael. Cet album, produit par les labels Sony BMG et Ægean, est sorti en 2006 au Royaume-Uni et en Europe et en 2008 aux États-Unis. Il se classe premier dans le hit-parade britannique pendant une semaine. Twenty Five contient quelques nouvelles chansons du chanteur : UnderstandFeeling Good, uniquement présente dans la version américaine, An Easier Affair, disponible en téléchargement tout comme This Is Not Real Love avec Mutya Buena et la reprise de Heal the Pain avec Paul McCartney. En décembre 2008, le chanteur met également à disposition sur son site internet un titre de Noël, coécrit avec David Austin : December Song (I Dreamed of Christmas), qui est accompagné de Jingle (A Musical Interlewd). Un an plus tard, ces deux chansons sont vendues en CD2. Afin de clôturer sa tournée 25 Live, il se produit en concert en Australie en 2010. Il monte sur scène à Perth, Sydney et Melbourne. Ainsi, George Michael a fait le bilan de vingt-cinq ans de carrière, pendant laquelle il a obtenu le succès et la reconnaissance du public.

 

Une fin de carrière marquée par la drogue et la maladie (2010-2016)

George Michael s’éloigne de la musique

Le 4 juillet 2010, George Michael participe à une Gay Pride à Londres. Sur le chemin du retour, il percute avec sa voiture la vitrine d’un magasin du quartier d’Hampstead. La police l’arrête car elle pense qu’il n’est pas en état de conduire. Mis en liberté provisoire, il est accusé le 12 août 2010 de « possession de cannabis et de conduite sous l’empire d’alcool ou de drogues ». Le 24 août 2010, George Michael plaide coupable à la Highbury Corner Magistrates’ Court de Londres. Le 14 septembre 2010, il est condamné à huit semaines de prison, ainsi qu’à une amende de 1 250 livres (1 469 euros), et son permis est annulé pendant cinq ans. Le 11 octobre 2010, le chanteur est libéré de la Highpoint Prison du comté de Suffolk, après quatre semaines d’incarcération. En mai 2007, George Michael avait déjà plaidé coupable devant la Brent Magistrates’ Court de Londres pour conduite sous l’empire de stupéfiants.

 

Symphonica : un retour sur scène compliqué

Après ces déboires judiciaires, George Michael s’implique de nouveau dans sa musique. En janvier 2011, une version remastérisée de son album Faith est mise en vente. Puis, en mars 2011, le chanteur sort une reprise de True Faith du groupe britannique New Order. True Faith est commercialisée sur internet et en CD et les bénéfices de ce single sont reversés à l’association caritative britannique Comic Relief. Richard Curtis, l’un des fondateurs de Comic Relief, a déclaré à propos de l’engagement de George Michael : « Chaque année, George est le plus important donateur de Comic Relief. Une année, sans qu’on s’y attende, il nous a donné tous les bénéfices de son single As, avec Mary J. Blige. […] Mais, le plus formidable dans tout ça, c’est qu’il reverse à Comic Relief tout l’argent de son nouveau single True Faith. […] Nous promettons d’utiliser chaque penny que nous avons récolté grâce à lui pour sauver et changer la vie des populations en Afrique et dans tout le Royaume-Uni. » True Faith atteint la 27e place du hit-parade britannique pendant une semaine27. Le 15 avril 2011, George Michael annonce dans l’émission américaine Piers Morgan Tonight qu’il vient d’enregistrer la chanson You and I de Stevie Wonder pour l’offrir en cadeau de mariage au prince William et à Catherine Middleton. En effet, son titre peut être gratuitement téléchargé sur son site internet et, en contrepartie, le chanteur invite les internautes à faire un don au Royal Wedding Charity Fund du couple princier.

Quelque temps après la sortie de ces deux chansons, George Michael annonce qu’il prépare une nouvelle tournée. Le 11 mai 2011, il indique à la presse que sa tournée est intitulée Symphonica: The Orchestral Tour et qu’il sera accompagné sur scène par un orchestre symphonique. Dans une interview à Paris Match, il confie que « cette tournée est la plus excitante pour [lui] depuis la première avec Wham!. » Il déclare également au magazine français qu’il va prochainement sortir un nouvel album dance. Le 22 août 2011, il entame son premier concert symphonique à l’opéra d’État de Prague, en République tchèque. Le chanteur se produit également au stade municipal de Wrocław en Pologne, à l’Arena Zagreb de Croatie ainsi qu’au Royal Albert Hall de Londres. George Michael se déplace aussi en France, notamment à Nice, Marseille, Toulouse, Montpellier et Paris. Ces concerts symphoniques sont l’occasion, pour lui, d’interpréter en live les chansons jazz de son répertoire, particulièrement celles des albums Older et Songs from the Last Century. Il chante en plus quelques reprises sur scène : Going to a Town de Rufus Wainwright, Russian Roulette de Rihanna et Love Is a Losing Game, en hommage à Amy Winehouse morte en juillet 2011157. Le chanteur présente aussi à son public une nouvelle chanson intitulée Where I Hope You Are, inspirée par sa récente séparation avec Kenny Goss. Mais, le 21 novembre 2011, alors que George Michael s’apprête à jouer dans une salle de concert à Vienne, en Autriche, il est victime d’une sévère pneumonie. La tournée est annulée et le chanteur, qui est dans le coma, est hospitalisé à Vienne. Placé dans une unité de soins intensifs, il sort de l’hôpital fin décembre 2011.

Après une longue période de rétablissement, George Michael fait une apparition publique le 21 février 2012, pour remettre le Brit Award du meilleur album britannique de l’année à Adele. Le chanteur se remet à la musique pendant l’été 2012. Il compose White Light, qui est un hymne à la vie, après avoir été longtemps hospitalisé. Dans ce morceau, le chanteur évoque même clairement l’univers hospitalier avec le son d’un moniteur de fréquence cardiaque. Il utilise aussi un vocoder pour rendre sa voix électronique. White Light sort en single en août 2012 et Kate Moss apparaît avec George Michael dans le clip de la chanson. En face B du single, le chanteur signe une reprise de Song to the Siren de Tim Buckley. White Light se classe 15e dans le hit-parade britannique pendant une semaine. Le 12 août 2012, il participe à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres et chante Freedom! ’90 et White Light. Certaines personnalités, comme le directeur musical Steve Anderson, accusent George Michael d’avoir profité des Jeux olympiques pour promouvoir son nouveau single White Light devant des millions de téléspectateurs. Il répond à ces critiques sur Twitter, en disant qu’il a chanté White Light pour remercier publiquement ceux qui l’ont soutenu au moment de sa pneumonie. « Je ne le regrette pas », a déclaré le chanteur.

En septembre 2012, George Michael reprend la tournée Symphonica là où elle s’est arrêtée. Le 9 septembre 2012, le chanteur se produit à l’opéra Garnier de Paris. Il est le premier chanteur de pop anglais à monter sur la scène de ce lieu traditionnellement réservé à la musique classique. Les bénéfices de son concert sont reversés à l’association française Sidaction, présidée par Pierre Bergé et Line Renaud. La chanteuse française, qui remercie George Michael d’avoir contribué à la lutte contre le sida, déclare à son propos : « [Son] arme dans ce combat a été [son] art. » À la fin de l’année 2012, George Michael annule de nouveau sa tournée Symphonica et ne se produit pas en Australie pour ses derniers concerts. « J’ai eu tort de penser que je pouvais surmonter les grandes angoisses qui me tourmentent depuis que j’ai quitté l’Autriche en décembre dernier », indique le chanteur. George Michael ne fait alors plus de retour sur scène. De plus, le 16 mai 2013, il est victime d’un accident sur une route du Hertfordshire. Le chanteur, qui est tombé d’un véhicule en marche, souffre d’un traumatisme crânien.

Néanmoins, en mars 2014, George Michael sort un nouvel album intitulé Symphonica, qui paraît sous les labels Virgin-EMI et Ægean. Il s’agit d’un album qui regroupe plusieurs chansons interprétées entre 2011 et 2012, pendant la tournée symphonique. On trouve notamment des titres de Patience et de Songs from the Last Century, mais aussi des reprises comme Let Her Down Easy de Terence Trent D’Arby et Idol d’Elton John. Let Her Down Easy est d’ailleurs le dernier single commercialisé par le chanteur. Cependant, ces morceaux live ont été retravaillés en studio par Phil Ramone, qui signe ici la dernière production de sa carrière, avant sa mort en 2013. Les critiques anglaises sont mitigées. Andy Gill de The Independent constate que Symphonica est un album « bien organisé et très affirmé, c’est une œuvre charmante, dit-il, mais qui, comme tout album live, ne reste qu’un simple souvenir. » Par ailleurs, Michael Cragg de The Guardian pense que les chansons de Symphonica ont été placées de façon délibérée, pour faire ressortir « le sentiment de nostalgie, tinté de regrets, que procure l’album ». Une édition limitée de Symphonica sort en mars 2014, tandis que le concert de George Michael à l’opéra Garnier de Paris est filmé et retransmis sur la chaîne britannique BBC One en avril 2014. Symphonica parvient à atteindre la 1re place du hit-parade britannique. Malgré ses graves problèmes de santé, George Michael a réussi à tenir bon. Il parvient notamment à suivre en 2015 une cure de désintoxication dans la luxueuse clinique spécialisée Kusnacht Practice, près de Zurich.

 

Mort et hommages posthumes

En 2011, George Michael déclare à Paris Match qu’il est en train de composer un album de musique dance. Mais, entre 2011 et 2014, hormis Symphonica, il ne sort aucun album avec de nouvelles compositions. En décembre 2016, le producteur et compositeur anglais Naughty Boy révèle justement qu’il travaille sur le prochain album du chanteur. Par ailleurs, un second documentaire, intitulé Freedom, est prévu pour mars 2017, en même temps que la ressortie de l’album Listen Without Prejudice, Vol. 1. Mais le projet d’un nouvel album reste inachevé. En effet, George Michael meurt le 25 décembre 2016 dans sa maison, à Goring-on-Thames. Les causes de sa mort ne sont pas immédiatement identifiées. Le 7 mars 2017, le responsable du service de médecine légale du comté de l’Oxfordshire annonce qu’il est mort de « causes naturelles », en précisant qu’il souffrait d’une cardiomyopathie dilatée avec myocardite et d’une stéatose hépatique. George Michael est enterré le 29 mars 2017 au cimetière de Highgate, à Londres. De son vivant, l’artiste a vendu environ 100 millions de disques dans le monde. Sa fortune est estimée à plus de 100 millions de livres (116 millions d’euros).

Plusieurs musiciens comme Madonna, Elton John ou Robbie Williams font part de leur tristesse sur les réseaux sociaux. À l’occasion de la 59e cérémonie des Grammy Awards, Adele rend hommage au chanteur en reprenant Fastlove avec un orchestre. Un montage d’images réalisé par David Austin est projeté pendant sa prestation. Au Royaume-Uni, lors des Brit Awards, Andrew Ridgeley, Shirlie Holliman et Pepsi Demacque honorent la mémoire de leur ami disparu par un discours. Chris Martin reprend également A Different Corner, tout en étant accompagné par la voix de George Michael. En juin 2017, Geri Halliwell écrit la ballade Angels in Chains afin de témoigner son attachement au chanteur, avec qui elle était proche. Listen Without Prejudice, Vol. 1 ressort en double album à la fin du mois d’octobre 2017 avec l’enregistrement d’un concert donné en 1996 pour l’émission MTV Unplugged. Une nouvelle version de sa chanson Fantasy, remixée par Nile Rodgers en septembre 2017, est également ajoutée à ce coffret. À la même période, David Austin achève le documentaire Freedom sur lequel George Michael travaillait avant sa mort. Ce film, diffusé pour la première fois sur la chaîne de télévision britannique Channel 4 le 16 octobre 2017, s’intéresse tout particulièrement à la vie du chanteur au début des années 1990 et à la genèse de Listen Without Prejudice, Vol. 1. Il est ponctué par les interventions de personnalités du monde musical comme Liam Gallagher, Mary J. Blige, Tony Bennett, Mark Ronson ou encore Stevie Wonder. Une version longue (Freedom Uncut) sort en salles et en streaming en 2022.

Les compositions imaginées par George Michael pour l’album qu’il préparait avant sa disparition ne sont pas dévoilées par son entourage. Cependant, en novembre 2019, une chanson inédite intitulée This Is How (We Want You to Get High) est commercialisée en single. Il s’agit du premier titre original du chanteur depuis sept ans et la sortie de White Light, et de son premier publié à titre posthume. Ce morceau écrit en 2012, puis enregistré et mixé aux studios AIR de Londres trois ans plus tard, est inclus dans la bande originale du film Last Christmas essentiellement construite autour de la musique du chanteur, dont son célèbre chant de Noël éponyme. Avant sa mort en 2016, George Michael avait donné son aval pour cette comédie romantique réalisée par Paul Feig et réunissant les comédiens Emilia Clarke et Henry Golding. Il avait notamment rencontré et échangé avec sa coscénariste : l’actrice anglaise Emma Thompson. Ce film est sorti sur les écrans français le 27 novembre 2019.

 

Principales inspirations

George Michael est surtout influencé par la musique soul des chanteurs noirs américains, comme Marvin Gaye et Stevie Wonder. Toutefois, le chanteur anglais considère que sa musique s’écoute sans préjugé racial : « [Elle] n’est ni blanche, ni noire. C’est de la pop inspirée par le rhythm and blues. » En effet, en 1984, Wake Me Up Before You Go-Go rappelle la musique du label Motown. En 1987, la plupart des chansons de l’album Faith sont également inspirées par celles de Prince.

Le rock britannique, notamment Elton John, est aussi une influence importante pour le chanteur anglais. En 2000, il achète même aux enchères le piano Steinway avec lequel John Lennon a composé Imagine en 1971. Cependant, la chanson Faith est plutôt influencée par le rock américain d’Elvis Presley. George Michael, avec amusement, compare son clip à un numéro de Chuck Berry ou de Bo Diddley. En 2004, il évoque à la fois John Lennon et Elvis Presley dans les paroles de John and Elvis Are Dead. Interviewé par Melvyn Bragg en 2006, il déclare que Led Zeppelin est son groupe de rock préféré.

Le jazz est aussi l’une de ses inspirations, comme le montrent les morceaux Kissing a FoolCowboys and AngelsOlder ou l’album de reprises Songs from the Last Century. En 1996, il dédie notamment son album Older au chanteur de bossa nova brésilien Antônio Carlos Jobim.

 

Thèmes majeurs de ses chansons

Trois thèmes majeurs semblent se dégager des chansons de George Michael. Tout d’abord celui de l’amour. La ballade Careless Whisper est un exemple emblématique de sa carrière, tout comme I Want Your Sex, qui prône la monogamie. En 1996, après la mort de son compagnon Anselmo Feleppa, il évoque cette fois l’amour sur un ton beaucoup plus mélancolique dans Jesus to a Child et You Have Been Loved. Mais l’amour est indissociable d’un autre thème : la liberté. Il chante alors l’amour libre dans Outside et dans Fastlove : « My friends got their ladies / They’re all having babies / But I just want to have some fun » (en français : « Mes amis ont des fiancées / Ils font tous des enfants / Mais moi je veux seulement prendre du plaisir ». L’amour est même libérateur, comme dans Amazing : « I think it’s amazing / The way that love can set you free » (en français : « Je crois que c’est incroyable / La façon dont l’amour peut te libérer ». Cependant, George Michael n’invite jamais à la débauche, et dénonce la pornographie dans I Want Your Sex et Freeek!. En 1996, Free clôt l’album Older avec une sorte d’apaisement : « Feels good to be free… » (en français : « C’est bon d’être libre… »). Mais la chanson qui célèbre la liberté avec le plus de vigueur est Freedom! ’90. Le troisième thème important dans les chansons de George Michael est la croyance. FaithFather Figure et Hard Day parlent notamment de la foi dans l’amour et de la confiance dans une relation. Le chanteur interroge aussi souvent la croyance religieuse. Si Jesus to a Child suggère la bonté de Jésus-Christ, Praying for Time et John and Elvis Are Dead semblent remettre en question l’existence du Sauveur.

 

Héritage musical de George Michael

De nombreux artistes sont influencés par la musique de George Michael. Robbie Williams est proche de lui depuis son départ du groupe pop Take That. En 1996, le premier single de Robbie Williams est d’ailleurs une reprise de Freedom! ’90. En 2004, George Michael reconnaît le talent de Robbie Williams, même s’il le considère trop préoccupé par la célébrité. La musique de George Michael inspire surtout le chanteur anglais Sam Smith. En 2015, Sam Smith déclare dans une interview : « [George Michael] est quelqu’un d’honnête et quand vous vous intéressez aux paroles de ses chansons, il devient alors une personnalité vraiment inspiratrice. » La voix et la musique de Sam Smith peuvent être rapprochées de celles de George Michael, notamment lorsque le jeune chanteur interprète Writing’s on the Wall à la 88e cérémonie des Oscars. Lors de cet événement, l’humoriste Chris Rock plaisante sur la ressemblance vocale de Sam Smith : « C’était génial. L’une de tes chansons que je préfère, c’est Father Figure ! » Sam Smith semble également partager le style vestimentaire de George Michael. À la mort de George Michael, Sam Smith écrit sur Twitter que le chanteur est « une des figures publiques et musicales les plus magiques, talentueuses, courageuses et importantes [qu’il] connaisse. » D’autres artistes sont aussi inspirés par la musique de George Michael : Adam Lambert, dont le clip de Ghost Town se rapproche de celui de Father Figure, Maria Carey, qui reprend One More Try en 2014 et qui se dit influencée par l’album Faith, Justin Timberlake, James Arthur ou encore Mika.

Les chansons de George Michael sont régulièrement reprises. Parmi les interprétations les plus marquantes, on peut citer la version de Careless Whisper du groupe américain Gossip, Kissing a Fool par le Canadien Michael Bublé, ou la reprise de Jesus to a Child par le musicien macédonien Toše Proeski. En 2014, le chanteur australien Anthony Callea consacre tout un concert à des reprises de George Michael. Sa performance est enregistrée dans un album live intitulé Ladies & Gentlemen: The Songs of George Michael.

 

Influences sur la société

Icône pop

George Michael est un chanteur populaire auprès du public. Le Monde le considère comme une « icône pop » et The Times voit en lui une « superstar de la pop » depuis Wham. Pour France 24, le chanteur est avant tout une « figure majeure de la musique des années 1980 et 1990 ». En effet, dans une interview à Paris Match en 1988, Pierre Hurel le qualifie de sex-symbol. Mais à partir de 1990, il veut rompre avec cette image de star pour n’être reconnu pour que pour sa musique. Toutefois, entre 2006 et 2008, il entame une grande tournée qui affirme son statut de star internationale. En 2016, le chanteur est définitivement reconnu comme un compositeur populaire lorsqu’il est nommé pour une place dans le Songwriters Hall of Fame. Plusieurs musiciens louent également le talent de George Michael. Elton John déclare qu’il est un « artiste brillant » et Liza Minnelli le qualifie de « génie musical ». Paul Young, quant à lui, pense que sa voix « touche directement au cœur ».

Par ailleurs, l’image du chanteur pop est quelquefois détournée à la télévision et au cinéma. Le 25 février 1989, dans Saturday Night Live, l’acteur américain Dana Carvey se grime en George Michael et se moque du postérieur du chanteur dans le clip de Faith. En 2007, dans le film américain Le Come-back de Marc Lawrence, Hugh Grant et Scott Porter sont les anciens membres d’un groupe des années 1980, appelé PoP. Dans sa critique du film, le journaliste Scott Holleran écrit que PoP est « une référence à peine masquée au groupe Wham! de George Michael et Andrew Ridgeley ». En 2016, dans La La Land de Damien Chazelle, Emma Stone compare Ryan Gosling à George Michael quand celui-ci se produit avec un cover band des années 1980.

 

Rôle dans la communauté LGBT

Le chanteur, qui déclare publiquement son homosexualité en 1998, est à la fois une icône pop et une icône gay. En effet, il revendique la légitimité de son orientation sexuelle. En mai 2011, il écrit sur Twitter : « Je n’ai jamais demandé pardon pour ma vie sexuelle et je ne le ferai jamais ! » En 1999 et en 2000, le chanteur se produit en concert pour Stonewall et la Human Rights Campaign, deux associations qui défendent les droits des personnes homosexuelles. En mai 2004, il donne une interview pour le mensuel gay britannique Attitude et, en octobre 2012, fait la une du magazine gay Out in the City. En 2005, son album Patience est nommé pour un GLAAD Media Award, une récompense décernée par la Gay & Lesbian Alliance Against Defamation. En 2016, sur France Culture, Étienne Menu indique que George Michael s’inscrit dans un courant soul, R&B et parfois house « marqué par l’émancipation du mouvement LGBT. » À la mort du chanteur, plusieurs personnalités musicales et politiques considèrent George Michael comme un acteur majeur de la communauté LGBT. La chanteuse américaine Miley Cyrus parle d’un « activisme radical en faveur de la communauté LGBT », tandis que le travailliste britannique Jeremy Corbyn évoque « un fervent défenseur des droits LGBT ».

 

Engagements humanitaires

Depuis les années 1980, George Michael s’engage dans la lutte contre le sida. Il donne des concerts de bienfaisance pour de nombreuses associations comme The Elizabeth Taylor AIDS Foundation en 1992, ou la Elton John AIDS Foundation en 2011. En 1992 et en 1996, il participe à deux projets d’albums pour la Red Hot Organization, qui lutte contre le sida à travers la musique. Il fait également des dons à la Terrence Higgins Trust, qui aide les victimes du sida au Royaume-Uni. En 1998, pour la MTV Staying Alive Foundation, il présente un documentaire qui montre la vie de six jeunes personnes touchées par le sida. Le chanteur est aussi engagé dans d’autres causes humanitaires et philanthropiques. En 1993, il participe à un concert au Carnegie Hall de New York pour la Rainforest Foundation, une organisation impliquée dans la protection des populations des forêts tropicales. En décembre 2006, il donne un concert gratuit à Londres pour les infirmières du National Health Service. À sa mort, plusieurs médias font part de ses actes de générosité anonymes envers des associations ou des personnes en situation de difficulté financière.

 

George Michael et la mode

En 2016, deux journalistes de Madame Figaro déclarent que l’apparence de George Michael « marqu[e] les eighties ». En 1984, dans le clip de Wake Me Up Before You Go-Go, Wham! se met en avant avec des tenues colorées. À la fin des années 1980, George Michael se crée une image de chanteur de rock. Sur la pochette de l’album Faith, il porte un perfecto en cuir avec une boucle d’oreille en forme de croix Une journaliste du Huffington Post considère que les bretelles et le chapeau noirs du chanteur dans le clip de Monkey, sorti en 1988, sont toujours à la mode dans les années 2010. Après le succès de Faith, George Michael souhaite changer d’image et porte régulièrement des complets avec des lunettes de soleil. Toutefois, une journaliste de L’Express note qu’« [il] revisite son look » de chanteur rock pendant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres, en 2012. La même année, il fait la une du magazine Vogue Paris avec Kate Moss. George Michael marque alors le monde de la mode par son style vestimentaire, « mais aussi [par] sa chevelure et la coupe de sa barbe », déclare la journaliste du Huffington Post. Par ailleurs, les clips du chanteur, comme celui de Father Figure ou de Freedom! ’90, immortalisent l’image de plusieurs mannequins. En 1992, le clip de Too Funky, réalisé par Thierry Mugler, montre même les coulisses d’un défilé de mode. En 2016, le clip de Freedom! ’90 est tourné avec de nouveaux top-modèles dans les rues de New York.

 

Vie privée

George Michael confirme publiquement son homosexualité en 1998. Pendant sa jeunesse, le chanteur se considère comme bisexuel. À l’époque de Wham!, il a de nombreuses relations avec des femmes. Il a notamment, à la fin des années 1980, une liaison avec la maquilleuse américaine Kathy Jeung, qui apparaît à ses côtés dans le clip de I Want Your Sex. Il déclare par la suite qu’elle a été sa seule véritable petite amie, et qu’elle était au courant de sa bisexualité. Toutefois, George Michael se sent plus à l’aise avec les hommes sur le plan sentimental et n’envisage pas de s’engager dans une histoire sérieuse avec une femme. Il finit par avoir honte de ses relations avec les femmes, qu’il a le sentiment d’exploiter. D’autre part, en raison de l’épidémie de sida à cette période, il se sent moralement obligé d’avertir ses conquêtes féminines de sa bisexualité, au risque de gâcher les moments qu’il passe avec elles. Cela le conduit à cesser d’avoir des rapports sexuels avec les femmes. Dans un entretien accordé à GQ en 2004, le chanteur confie qu’il est toujours attiré par le sexe opposé, mais qu’avoir une vraie liaison avec une femme lui donnerait l’impression d’être « un imposteur ».

En 1993, le chanteur est en couple avec le Brésilien Anselmo Feleppa, rencontré à Rio quelques années plus tôt, qui meurt des complications du sida le 26 mars 1993. Dans une interview, George Michael revient sur ce moment difficile : « Mon compagnon est mort du sida et j’ai mis environ trois ans à m’en remettre, puis c’est ma mère qui est morte. À ce moment, j’ai pensé que j’étais maudit. » Au cours de sa carrière, le chanteur a composé trois chansons en hommage à Anselmo Feleppa : Jesus to a ChildYou Have Been Loved et Please Send Me Someone (Anselmo’s Song). En 1996, il rencontre l’Américain Kenny Goss, qui devient son partenaire. En 2007, George Michael et lui créent la Goss-Michael Foundation à Dallas, qui rassemble une collection d’art contemporain britannique. Trois ans après la mort du chanteur, certaines œuvres du collectif Young British Artists sont exposées et vendues par Christie’s à Londres. En 2011, George Michael annonce qu’il s’est séparé de Kenny Goss. La chanson Where I Hope You Are parle de cette rupture. La même année, le chanteur se met en couple avec Fadi Fawaz, un coiffeur pour stars d’origine libanaise. C’est Fadi Fawaz qui découvre le corps inanimé de l’artiste dans sa maison, le 25 décembre 2016.

George Michael possédait plusieurs résidences. Il habitait notamment dans une ancienne maison du village anglais Goring-on-Thames. Le chanteur avait également une maison dans le quartier londonien de Highgate, ainsi qu’une résidence en Australie. Dans les années 1980, il passait régulièrement ses vacances avec ses amis à Ramatuelle, près de Saint-Tropez, dans une villa qu’il avait baptisée « Chez Nobby ».

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/32990-George-Michael

WHITNEY HOUSTON

Whitney Houston née le 9 août 1963 à Newark (New Jersey) et morte le 11 février 2012 à Beverly Hills (Californie), est une chanteuse, actrice, productrice de musique et mannequin américaine.

Elle débute en tant que mannequin mais est révélée en 1985, par la sortie de son premier album intitulé Whitney Houston, vendu à 25 millions d’exemplaires dans le monde, certifié treize fois disque de platine et qui remporte trois no 1 dans le classement du Billboard Hot 100 : Saving All My Love for YouHow Will I Know, et Greatest Love of All.

En 1987, elle sort son deuxième album : Whitney, qui génère quatre titres no 1 au Billboard Hot 100 : I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me)Didn’t We Almost Have It AllSo Emotional et Where Do Broken Hearts Go. De ce fait, elle devient la première artiste féminine de l’histoire à obtenir quatre singles no 1 du même disque.

Avec ces sept titres issus de ces deux albums, Whitney Houston détient le record de singles consécutifs no 1 pour un artiste au Billboard Hot 100.

En 1992, elle fait ses premiers pas d’actrice dans le film Bodyguard, aux côtés de Kevin Costner, dont elle interprète la bande originale. Au box-office, c’est un énorme succès avec plus de 410 millions de dollars de recettes mondiales. Quant à la bande originale, elle se vend à 44 millions d’exemplaires, ce qui en fait la bande originale la plus vendue et un des albums les plus vendus au monde. Elle érige l’extrait I Will Always Love You, reprise de Dolly Parton, parmi les singles les plus vendus, et le plus vendu pour une artiste féminine, avec 20 millions d’exemplaires.

Après ce succès, Whitney enchaîne alors avec la même formule : bandes originales et films tels que : Où sont les hommes ? (1995) et La Femme du pasteur (1996). Le premier est un succès, quant au second, même si le film obtient une plus faible audience, il permet à la bande sonore qui l’accompagne de se vendre à 6 millions de copies et d’en faire l’album gospel le plus vendu au monde.

En 1998, elle revient avec un quatrième album studio dénommé My Love Is Your Love, qui comprend When You Believe en duo avec Mariah Carey, et qui sert de bande originale au long métrage d’animation Le Prince d’Égypte. Ce titre obtient une récompense pour la meilleure chanson originale lors de la 71e cérémonie des Oscars. Le disque, comprenant les singles Heartbreak HotelMy Love Is Your LoveIt’s Not Right But It’s Okay et I Learned From The Best, se vend à 13 millions d’exemplaires.

Après une compilation à succès en 2000 et quelques échecs commerciaux, elle revient en 2009 avec l’album I Look to You. L’opus, qui comprend les deux singles à succès suivants : I Look To You et Million Dollar Bill, arrive no 1 au top album au Billboard lors de la semaine de sa sortie, en se vendant à 464 000 exemplaires, et obtient aussi le succès en Europe.

Whitney Houston a également participé à plusieurs productions cinématographiques en tant qu’actrice telles que : La Légende de Cendrillon (1997) et Sparkle (2012) dont elle est également la coproductrice. Elle coproduit aussi les films Princesse malgré elle (2001), Les Cheetah Girls (2003), Un mariage de princesse (2006), Les Cheetah Girls 2 (2006).

 

Biographie

Enfance

Fille de John Russel Houston Jr. et Cissy Houston, choriste rhythm and blues renommée aux États-Unis, et cousine de la chanteuse Dionne Warwick, Whitney Elizabeth Houston grandit dans un environnement musical4. Enfant, elle chante dans l’église baptiste de Newark, la New Hope Baptist Church avec le souhait de devenir choriste comme sa mère. Elle chante son premier solo à l’âge de onze ans.

Elle se produit professionnellement pour la première fois dès son adolescence, comme choriste de Chaka KhanJermaine Jackson, Lou Rawls et des Neville Brothers. Elle apparaît également comme chanteuse principale sur le single de Michael Zager Band, Life’s a Party en 1978 ainsi que sur plusieurs chansons de l’album du même nom en tant que chanteuse principale ou choriste. À la même époque, Whitney fait du mannequinat, allant jusqu’à être en couverture de grands magazines américains comme Glamour et Seventeen en 1981.

 

Carrière

Début de carrière au sommet

En 1983, Whitney Houston signe un contrat avec Clive Davis, le président de la maison de disques Arista. Deux ans passent avant que ne sorte son premier album. Il s’intitule Whitney Houston, paraît début 1985 et génère trois singles classés numéro un : Saving All My Love for YouHow Will I Know et Greatest Love Of All. Cet album connaît alors un succès considérable et atteint la première place aux États-Unis (où il est disque de diamant avec plus de treize millions d’exemplaires vendus), devenant ainsi la meilleure vente d’un premier album pour un artiste solo ; ce disque connaît également un grand succès international, avec près de vingt-cinq millions d’exemplaires vendus à ce jour. Whitney Houston passe les deux années suivantes en tournée (le Greatest Love Tour) pour la promotion de cet album.

D’autres succès suivent en 1987 et 1988 : le deuxième album, baptisé simplement Whitney (qui paraît en juin 1987), est, dès sa sortie, en première position du top albums américain — c’est la première fois qu’un tel exploit est réalisé par une artiste féminine. Pas moins de six singles sont extraits de ce disque, dont le hit international I Wanna Dance with Somebody (Who Loves Me), et c’est la première artiste de toute l’histoire à aligner sept numéros uns consécutifs au Top 40 américain, battant le record détenu précédemment par les Beatles et les Bee Gees.

En 1988, Aux trentièmes Grammy Awards, elle est nommée dans trois catégories, dont celle de l’Album de l’année ; elle remporte son second « Grammy » pour la meilleure performance pop d’une chanteuse pour I Wanna Dance With Somebody (Who Loves Me). Après la sortie de l’album, Whitney Houston embarque pour le Moment of Truth World Tour qui sera l’une des dix plus grandes tournées de cette période.

En 1988, elle enregistre un single pour les Jeux olympiques d’été à Séoul, intitulé One Moment in Time, qui atteint le Top 5 aux États-Unis, et le numéro un au Royaume-Uni et en Allemagne. Parallèlement, elle soutient des œuvres de charité, des organisations aidant les enfants et la jeunesse, et des organismes de lutte contre le SIDA.

En 1989, elle fonde la Whitney Houston Foundation For Children Inc., qui apporte son soutien aux enfants sans-abri et malades.

En 1990, paraît son troisième album I’m Your Baby Tonight qui connaît lui aussi un grand succès international, même s’il se vend un peu moins que les deux disques précédents. Il génère néanmoins deux tubes classés numéro un : I’m Your Baby Tonight et All The Man That I Need. Cet album marque également sa première collaboration avec le duo de producteurs L.A. Reid et Babyface qui confère un côté plus Urban-Soul à l’album. Babyface devient son auteur-compositeur-producteur favori : on le retrouve dans la plupart de ses futurs projets et dans tous ses albums.

Ses débuts la placent donc immédiatement au sommet, rejoignant d’autres artistes américains de la même époque qui connaissent eux aussi un succès considérable, comme Michael Jackson, Madonna ou Prince. Et les années qui suivent réservent encore à l’artiste d’autres moments de gloire.

 

La consécration

Durant les années 1990, Whitney Houston sort moins de disques que dans les années 1980. Sa carrière et sa vie sont cependant très actives : elle se tourne vers le cinéma, la musique de bande originale et met au monde une fille, Bobbi Kristina, le 4 mars 1993.

Son premier film Bodyguard (1992) avec Kevin Costner, engendre un chiffre d’affaires de plus de 410 millions de dollars au box-office. La bande originale de Bodyguard devient la deuxième musique de film la plus vendue dans le monde (plus de 44 millions d’exemplaires) après Saturday Night Fever, notamment grâce à la célèbre chanson I Will Always Love You (écrite et d’abord interprétée par Dolly Parton), qui devient l’un des plus grands hits de Whitney, se classant no 1 un peu partout dans le monde en 1992-1993. D’autres extraits de cette bande originale, tels I’m Every Woman et I Have Nothing, deviennent également des tubes internationaux atteignant le Top 10 dans de nombreux pays. Whitney Houston connaît ainsi la consécration alors qu’elle n’a pas encore 30 ans.

En 1995, sur sa lancée, elle joue dans Où sont les hommes ? (Waiting to Exhale), qui est un succès aux États-Unis tout comme la bande musicale originale, entièrement composée et produite par Babyface et qui comporte trois nouvelles chansons.

Le troisième film La Femme du pasteur (The Preacher’s Wife) (1996), comédie romantique, n’a pas le même succès. Mais la bande originale du film lui permet de retourner à ses racines gospel. Cet album comporte quinze nouvelles chansons dont quatorze écrites par Whitney ; plusieurs tubes en seront tirés dont Step by Step.

En 1997, elle interprète, aux côtés de Brandy et Whoopi Goldberg, le rôle de la fée-marraine dans le téléfilm La Légende de Cendrillon, dont elle est l’une des productrices.

Sa carrière musicale se poursuit avec la sortie de My Love Is Your Love en novembre 1998. C’est son premier album depuis huit ans : depuis 1990, Whitney Houston n’a enregistré que des chansons pour bandes originales de films. On y découvre un son différent, avec des titres écrits et produits par des musiciens produisant le son du moment : Rodney Jerkins, Babyface, Missy Elliott, Lauryn Hill, Wyclef Jean, Jerry Duplessis, Soulshock & Karlin. D’autres chansons de cet album correspondent à un style plus habituel (les balades de Diane Warren et David Foster). L’album est un succès, il produit cinq tubes (When You Believe — duo avec Mariah Carey —, Heartbreak HotelIt’s Not Right But It’s OkayMy Love Is Your Love et I Learned From The Best), et se vend à l’époque à plus de treize millions d’exemplaires à travers le monde. Le titre When You Believe qu’elle interprète en duo avec Mariah Carey, extrait de la bande originale du long métrage d’animation Le Prince d’Égypte du studio DreamWorks, est un succès et remporte même l’Oscar de la meilleure chanson de film à la 71e cérémonie des Oscars en février 1999.

En 1999, elle apparaît aux côtés de Brandy, Cher, Tina Turner, Mary J. Blige et Leann Rimes, lors du concert caritatif Divas Live 1999.

Durant ces années 1990, Whitney Houston connaît encore un succès important et figure toujours parmi les chanteuses en vogue, mais les années 2000 se révéleront moins fructueuses pour l’artiste.

 

Déclin progressif

En 2000, Whitney Houston sort sa première compilation en deux disques sous le titre Whitney, The Greatest Hits. Cet opus comprend ses plus grands tubes dont If I Told You That qu’elle reprend en duo avec George Michael, et des inédits tels que Could I Have This Kiss Forever en duo avec Enrique Iglesias, Same Script, Different Cast en duo avec Deborah Cox ou encore Fine. La compilation est un succès international et se vend à 10 millions d’exemplaires dans le monde. Elle sera suivie en 2001 d’une nouvelle compilation intitulée Love, Whitney (une compilation de ses plus belles ballades).

Toujours en 2001, elle participe au concert des trente ans de carrière solo de Michael Jackson où elle interprète Wanna Be Startin’ Somethin’ avec Usher et Mýa. Mais cette prestation inquiète les fans de l’artiste et la presse ; en effet, Whitney Houston apparaît sur scène amaigrie et mal assurée dans son interprétation vocale, alimentant alors les rumeurs sur son état de santé. Elle sera, quelque temps après, l’invitée d’une émission de télévision américaine où elle tentera de s’expliquer sur sa situation.

En 2002, elle apparaît aux côtés de Céline DionCher, Shakira, Anastacia et Dixie Chicks, pour le concert caritatif Divas Live : Las Vegas. En novembre de cette année, paraît son nouvel album studio intitulé Just Whitney accompagné de plusieurs singles, et contenant 11 chansons dont Whatchulookinat — contraction de What Are You Looking At? (« Qu’est-ce que tu regardes ? ») — et son remix de P. Diddy qu’elle interprète en featuring avec celui-ci. L’album ne connaît qu’un succès modéré.

En 2003, elle collabore au concert caritatif Divas Live : Divas Duets, aux côtés de Beyoncé, Chaka KhanMary J. BligeCéline Dion et Shania Twain. À la fin de l’année 2003, la chanteuse sort son sixième album, One Wish: The Holiday Album, un disque ayant pour thème Noël (une première pour l’artiste), qui n’aura pas vraiment de succès.

En 2007, Sony Music sort en Europe la compilation The Ultimate Collection, comprenant les plus grands hits de sa carrière ainsi qu’un DVD de vidéoclips.

Dans un même temps, le titre It Isn’t, It Wasn’t, It Ain’t Never Gonna Be, interprété avec Aretha Franklin en 1989, est inclus dans la compilation Jewels In The Crown : All-Star Duets With The Queen d’Aretha Franklin.

 

Retour éphémère au succès

Prise par des problèmes d’ordre privé, Whitney Houston ne publiera son nouvel album studio I Look to You, orienté RnB, que plusieurs années plus tard, le 31 août 2009. Le premier single extrait est I Look To You. Le deuxième single sera Million Dollar Bill (écrit par Alicia Keys). Dès la première semaine, l’album se classe no 1 au prestigieux Billboard 200 avec 464 000 albums vendus, ce qui n’était plus arrivé depuis 16 ans. L’album est également en tête un peu partout en Europe.

Peu avant la sortie de son album, elle se produit dans un concert lors de l’émission Good Morning America où elle n’arrive pas à assurer vocalement l’ensemble de sa prestation. Une interview avec Oprah Winfrey est enregistrée courant septembre 2009. Durant celle-ci, elle interprète un morceau de son nouvel album I Didn’t Know My Own Strength (écrit par Diane Warren).

Elle se voit remettre le prix de la meilleure artiste internationale, lors des American Music Awards. Une distinction seulement décernée aux artistes dont le rang de superstar est reconnu mondialement. C’est donc la deuxième artiste féminine de l’histoire des AMA, après Beyoncé, à avoir reçu ce prix.

En décembre 2009, elle entame une tournée mondiale à travers l’Europe, l’Asie et l’Australie. Après un concert approximatif en Australie, la presse se déchaîne. Concert après concert, elle fait l’objet de mauvaises critiques au sujet de ses prestations vocales. On apprendra plus tard qu’elle souffrait d’une infection des cordes vocales, ce qui la conduira en mai 2010 à une brève hospitalisation à Paris.

Malgré cette mauvaise publicité, la chanteuse a prouvé à plusieurs reprises durant sa tournée, baptisée Nothing But Love, qu’elle possédait encore une grande partie des capacités vocales qui lui avaient valu le surnom de The voice.

En 2010, une réédition de son premier album Whitney Houston, The Deluxe Anniversary, comprenant de nombreux titres bonus et un DVD, sort dans les bacs.

Début 2011, paraît une compilation nommée The Essential Whitney Houston.

Le 23 septembre 2011, Whitney Houston confirme sa présence dans le film Sparkle. Elle doit être la productrice exécutive sur ce film, avec un scénario de Mara Brock Akil et réalisé par Salim Akil, pour y interpréter le rôle d’une chanteuse de Gospel et mère des trois membres des Supremes. Le tournage prend fin en novembre 2011 et le film sortira aux USA le 10 août 2012.

 

Projets inachevés

Après la parution en 2010 du livre de Terry McMillan, qui n’est autre que la suite du best-seller Où sont les hommes ? paru en 1992, Whitney Houston est pressentie pour reprendre son rôle de Savannah Jackson dans l’adaptation cinématographique du livre aux côtés d’Angela Bassett, Lela Rochon et Loretta Devine. Bien que ces dernières aient déjà signé pour le film, la participation de Whitney Houston reste incertaine, aucune annonce officielle n’ayant été faite.

 

Mort

Le 11 février 2012 dans l’après-midi, Whitney Houston est retrouvée inanimée par ses gardes du corps dans la baignoire de la suite 434 du Beverly Hills Hilton Hotel à Beverly Hills en Californie, où elle séjournait. Des médicaments sont retrouvés auprès d’elle et sa mort est confirmée peu après l’arrivée des ambulanciers. Des membres du personnel de sécurité de l’hôtel auraient vainement tenté de la ranimer avant l’arrivée des secours. Son corps est emmené le lendemain matin à la morgue.

Âgée de 48 ans, la chanteuse devait figurer le soir même parmi les invités du gala du producteur Clive Davis, soirée qui précédait la 54e cérémonie des Grammy Awards du 12 février. La star s’était d’ailleurs rendue aux répétitions du spectacle le 9 février.

Au début de ce gala, le rappeur LL Cool J déclare : « Aujourd’hui, on se demande comment faire face à un jour pareil ! À mon avis, la chose la plus adéquate à faire serait de commencer par une prière pour notre sœur Whitney Houston ». Il enchaîne ensuite avec une prière qui émeut toute la salle. Pour sa part, Jennifer Hudson rend hommage à Whitney Houston en interprétant I Will Always Love You, terminant sa prestation en chantant : « Whitney, we love you! » (« Whitney, nous t’aimons ! »).

Une noyade, provoquée par une maladie cardiovasculaire et la cocaïne, est à l’origine de sa mort. À ce moment, sa fortune est estimée à vingt millions de dollars.

En juin 2019, le DJ norvégien Kygo remixe la chanson Higher Love, reprise de Steve Winwood enregistrée en 1991, présente sur l’édition japonaise du troisième album de la chanteuse I’m Your Baby Tonight. En septembre, sept ans après sa mort, une tournée de Whitney sous forme d’hologramme est annoncée pour 2020.

 

Obsèques

Les obsèques de Whitney Houston ont lieu le 18 février 2012 à Newark en présence notamment de sa cousine Dionne Warwick, maîtresse de cérémonie, d’Alicia Keys, de Stevie Wonder et de l’acteur Kevin Costner. La famille souhaitant une cérémonie privée, une seule caméra est autorisée à filmer l’intégralité des obsèques placées sous le signe du gospel. Les proches de la diva lui rendent un ultime hommage durant près de quatre heures. R. Kelly interprète I Look to You et Alicia Keys Send Me an Ange. À la fin de la cérémonie, le cercueil de la chanteuse quitte l’église sur la chanson I Will Always Love You interprétée par Whitney Houston elle-même, suivi par sa mère, Cissy et sa fille Bobbi Kristina.

Elle est inhumée le lendemain dans la plus stricte intimité. Whitney Houston repose auprès de son père au Fairview Cemetery de Westfield (New Jersey).

 

Vie privée

Dans Whitney, le documentaire qu’il réalise en 2018, Kevin Macdonald révèle que la jeune Whitney Houston et son grand frère auraient été abusés sexuellement quand ils étaient enfants, par sa cousine et chanteuse Dee Dee Warwick, la sœur de Dionne Warwick. C’est ce qui expliquerait ses problèmes de drogue, initiés par son frère alors qu’elle était encore mineure.

En 1980, elle rencontre sa future assistante Robyn Crawford. Les deux adolescentes sont amies, mais des tabloïds basés sur des rumeurs prétendront qu’elles auraient entretenu une liaison qui aurait duré plusieurs années. L’entourage de la chanteuse et plus particulièrement sa mère, chrétienne pratiquante, n’acceptent pas cette relation supposée lesbienne par la presse à scandale. En 1983, Whitney met fin à leur amitié après avoir signé avec Arista Records de peur que cette relation ne nuise à sa carrière. Les deux femmes travailleront de nombreuses fois ensemble et resteront proches jusqu’au décès de la chanteuse.

En 1990, elle s’installe dans une villa à Mendham, une ville résidentielle du New Jersey. C’est durant cette même année qu’elle s’éprend du chanteur de new jack swing Bobby Brown, du groupe New Edition.

Le 18 juillet 1992, ils se marient devant près de huit cents invités. Elle reconnaît plus tard l’avoir fait pour de mauvaises raisons. Brown apporte un certain poids dans cette union, notamment trois enfants nés de deux précédentes relations. Ensemble, ils ont une fille, Bobbi Kristina Brown, née le 4 mars 1993 et morte le 26 juillet 2015.

L’année 2000 lui est difficile. Elle est arrêtée à l’aéroport de Hawaï aux États-Unis en possession de marijuana. Elle est incapable d’assister à une remise de prix aux Oscars. Il s’avère que c’est son mari, Bobby Brown, qui consomme de la marijuana, entre autres substances stupéfiantes. La prestation qu’aurait dû effectuer Whitney aux Oscars est réalisée par Faith Hill.

La relation particulièrement instable et violente que Whitney vit avec son mari Bobby, qui a en outre reconnu plusieurs adultères, la fait plonger dans la dépendance à la drogue ainsi que dans toute une série de scandales médiatiques.

En septembre 2006, elle décide de divorcer et annonce l’enregistrement d’un nouvel album (produit par Clive Davis, son ancien mentor), le premier depuis trois ans, qui doit marquer son grand retour sur le devant de la scène. Mais elle a perdu sa voix et, après quelques concerts catastrophiques, ce retour est annulé.

La chanteuse perd sa résidence d’Atlanta, saisie par l’administration fiscale américaine en novembre 2006, pour non-paiement d’une dette de 1,4 million de dollars. Elle conserve tout de même sa grande résidence de Mendham dans le New-Jersey. Bobby Brown, alors âgé de 38 ans, est arrêté en février 2007 pour un arriéré dans le paiement de la pension alimentaire de ses deux enfants (nés de précédentes unions).

Le divorce, prononcé le 24 avril 2007 après quatorze ans de vie commune, entraîne la vente des biens communs.

Elle suit un coaching intensif en vue d’un nouveau retour musical pour l’été 2009, avec la promotion de son album I Look To You. Ayant échoué à chanter ce qui était prévu à l’émission Good Morning America, la voix abîmée, ses efforts par la suite ne parviennent pas à éviter de mauvaises prestations sur scène, avec de plus huit concerts annulés et trois reportés. Souffrant d’infection des cordes vocales, elle est admise à l’hôpital de Neuilly-sur-Seine le 7 avril 2010.

 

Voix

Whitney Houston a un grand contrôle du souffle et des nuances, une voix très endurante et un belting puissant et « retentissant » sur toute la tessiture de sa voix. Selon l’entraîneur vocal Ron Anderson : « Elle a eu des problèmes dans le registre inférieur. Mais elle savait rester légère et ajouter les harmoniques en allant dans la partie basse de la voix et apporter la beauté à travers le registre supérieur. […] Personne ne peut rivaliser avec son changement de registre. Elle avait des aigus fabuleux. Elle les faisait sans effort la plupart du temps. Et même si parfois, elle forçait, c’était encore beau. […] Son contrôle du souffle vient sûrement du chant à l’église. Sa compréhension de comment elle peut déplacer son étendue vocale à travers le médium. Et quand elle voulait vraiment y aller, tout ce qu’elle avait à faire était d’ouvrir l’espace dans la gorge et elle partait. C’est de là qu’elle tient sa puissance. Greatest Love Of All est par exemple une chanson très difficile et elle l’exécutait parfaitement. Chaque gamme d’étendue vocale était impressionnante et émouvante ».

Elle orne la ligne vocale avec virtuosité, en faisant des glissandos rapides, des arpèges, des gammes ascendantes et descendantes, ainsi que des portandos et des piqués très rapides avec précision et aisance. Sa voix est d’une très grande agilité, ce qui lui permet de faire des mélismes très rapides tout en conservant justesse, dynamisme et plénitude et de passer d’un registre à l’autre sans difficulté. Elle a aussi une grande musicalité. Elle se sert des mélismes pour embellir la textualité et communiquer le flot d’idées musicales, « expire » les paroles pour les animer et mieux les exprimer, utilise de nombreux volumes pour mettre en évidence les périodes de climax et de résolution, possède un sens du rythme sans faille, l’oreille pour l’harmonie pour mettre en valeur la mélodie et le flot d’idées musicales et est très douée pour l’improvisation.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/30542-Whitney-Houston

ARETHA FRANKLIN

Aretha Louise Franklin, née le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee) et morte le 16 août 2018 à Détroit (Michigan), est une chanteuse, pianiste et auteure-compositrice américaine de soul, jazz, gospel et rhythm and blues. Elle est fréquemment surnommée « The Queen Of Soul » (« la Reine de la Soul »).

Militante des droits civiques aux côtés de Martin Luther King, femme de combat, diva et porte-parole de tout un peuple, Aretha Franklin est considérée comme la chanteuse afro-américaine la plus influente du xxe siècle. Ses albums I Never Loved a Man en 1967, Lady Soul en 1968 et Young, Gifted & Black en 1972 redéfinissent les codes de la musique contemporaine en popularisant avec Ray Charles la soul music mêlant R&B et gospel. On compte parmi ses plus grands tubes les chansons Think, (You Make Me Feel Like) A Natural Woman, I Say a Little Prayer, I Never Loved A Man, Ain’t No Way, I Knew You Were Waiting (For Me) en duo avec George MichaelFreeway of LoveChain of FoolsAngel et Respect.

Chain of Fools devient une chanson de protestation contre la guerre du Viêt Nam parmi les combattants américains. Respect devient en 1967 un hymne féministe et le symbole du combat de la communauté afro-américaine pour sa liberté.

L’influence d’Aretha sur la musique contemporaine est grande, ouvrant la voie à d’autres grandes interprètes féminines, qu’il s’agisse de Patti LaBelle, Donna Summer, Natalie Cole ou encore Whitney Houston, Amy Winehouse, Mariah Carey, Mary J. Blige, Beyoncé, Adele ou Alicia Keys. Tom Jones, Elton John, Freddie Mercury, Prince, David Bowie et Luther Vandross notent aussi l’influence de la chanteuse sur leur manière de faire de la musique et de chanter. Aretha Franklin est en effet l’une des premières artistes à s’accompagner au piano et popularise le mélisme dans la musique contemporaine, technique qui consiste à chanter sur plusieurs notes une seule et même syllabe.

Elle est la chanteuse la plus classée dans l’histoire de l’industrie discographique américaine avec 112 titres placés dans les charts américains, dont vingt numéros 1 dans la catégorie R&B. Avec plus de 75 millions d’exemplaires vendus, elle reste aujourd’hui l’artiste féminine ayant vendu le plus de disques vinyles et, plus généralement, une des artistes ayant vendu le plus de disques.

Avec dix-huit Grammy Awards, Aretha Franklin est une des artistes les plus récompensées aux États-Unis. Elle est, en 1987, la première femme à intégrer le Rock and Roll Hall of Fame. Elle reçoit la médaille nationale des arts sous la présidence Bill Clinton et la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction pour un citoyen américain, sous la présidence George W. Bush. En 2009, elle chante à l’investiture de Barack Obama, premier président afro-américain des États-Unis. En 2010, le magazine Rolling Stone la place première au classement des meilleurs chanteurs de tous les temps. En 2019, le jury du prix Pulitzer lui décerne à titre posthume la récompense « pour sa contribution indélébile sur la musique et la culture américaine pendant plus de cinq décennies ». En 2020, le magazine Rolling Stone établit son classement des 500 meilleurs albums de tous les temps en collaboration avec trois cents professionnels de la musique. Aretha y place quatre albums : I Never Loved A Man (The Way I Love You) (13e), Lady Soul (75e), Amazing Grace (154e, album gospel le plus vendu de l’histoire) et Young, Gifted & Black (388e).

À sa mort sont salués son militantisme pour les femmes et la communauté afro-américaine, ainsi que son talent d’artiste.

 

Biographie

Enfance

Aretha Louise Franklin naît le 25 mars 1942 de Barbara (née Siggers) et Clarence LaVaughn « C. L ». Franklin. Sa mère accouche au domicile familial au 406 Lucy Avenue à Memphis. Son père est pasteur baptiste originaire de Shelby dans le Mississippi, tandis que sa mère est pianiste et chanteuse de gospel accomplie. Barbara et Clarence Franklin ont tous deux des enfants issus de relations antérieures, en plus des quatre enfants qu’ils eurent ensemble. Quand Aretha a deux ans, la famille déménage à Buffalo dans l’État de New York. Puis à l’âge de cinq ans, Aretha Franklin emménage à Détroit dans le Michigan, où son père prend la relève du pasteur de l’église baptiste New Bethel Baptist Church.

Le mariage du couple Franklin est houleux en raison d’infidélités de Clarence Franklin. Le couple se sépare en 19486. Barbara Franklin retourne à Buffalo avec le demi-frère d’Aretha, Vaughn, laissant à Clarence Franklin la charge des autres enfants. Après la séparation, Aretha se souvient rendre visite régulièrement à sa mère à Buffalo pendant l’été, qui vient de son côté souvent les voir à Détroit. Sa mère meurt finalement d’une crise cardiaque le 7 mars 1952, avant le dixième anniversaire d’Aretha. Plusieurs femmes, dont la grand-mère d’Aretha, Big Mama Rachel, et la légendaire chanteuse de gospel Mahalia Jackson se relaient alors pour aider les enfants Franklin. C’est à ce moment-là qu’Aretha apprend à jouer du piano. Autodidacte, elle joue à l’oreille. Son père s’amuse à la faire reprendre au piano les airs qu’elle entend à la radio. Rapidement, Aretha aiguise son style pour devenir une artiste et pianiste aguerrie. Elle fréquente l’école publique de Détroit, passant sa première année à la Northern High School, avant d’abandonner en deuxième année.

La popularité de son père devient très vite nationale. Les sermons du pasteur Franklin lui valent de devenir « l’homme à la voix à un million de dollars ». Il parvient en effet à gagner des milliers de dollars en devenant le premier pasteur à diffuser ses sermons à la radio quand il ne fait pas lui-même des tournées dans le pays entier et dans différentes églises du pays. C. L. Franklin, en plus d’être pasteur, est par ailleurs un fervent militant des droits civiques (Martin Luther King loge à son domicile quand il est de passage à Détroit). Son statut de célébrité lui vaut d’ailleurs la visite de diverses personnalités. Parmi les visiteurs récurrents figuraient la légendaire Clara Ward, James Cleveland et les membres des Caravanes Albertina Walker et Inez Andrews. Jackie Wilson et Sam Cooke se lient aussi d’amitié avec C. L. Franklin. Clara Ward devient l’amante du père d’Aretha de 1949 environ jusqu’à ce qu’elle meure en 1973, bien qu’Aretha « ait préféré les considérer strictement comme des amis ». Clara Ward a également servi de modèle à la jeune Aretha, lui donnant l’envie de devenir chanteuse.

 

Débuts dans le gospel (1954-1960)

À la mort de sa mère, Aretha Franklin commence à chanter en tant que choriste à l’église baptiste New Bethel Baptist Church, en commençant par l’hymne Jesus, Be a Fence Around Me. À 12 ans, son père commence à la diriger. Il l’emmène ainsi sur la route avec lui lors de ses tournées dites « gospel caravan » pour qu’elle se produise dans différentes églises7. Il la fait par ailleurs signer son premier contrat chez J.V.B. Records. Un équipement d’enregistrement est installé à l’intérieur de l’église baptiste New Bethel et neuf pistes sont enregistrées. Elle donne naissance à son premier enfant, nommé Clarence en l’honneur de son père, le 28 janvier 1955 avant de fêter ses 13 ans. Le 31 août 1957, à 15 ans, Aretha Franklin accouche d’un deuxième enfant nommé Edward Derone Franklin.

En 1956, J.V.B. sort le premier single d’Aretha FranklinNever Grow Old, accompagné de You Grow CloserPrecious Lord (Part One) et Precious Lord (Part Two) suivent en 1959. Ces quatre titres, auquel s’ajoute There Is a Fountain Filled with Blood figurent sur l’album de 1956 appelé Spirituals. En 1965, Checker Records publie une seconde version de l’album qu’il nomme Songs of Faith ; celui-ci reprend les cinq titres de l’album Spirituals de 1956 auxquels sont ajoutés quatre enregistrements inédits. Si l’album n’est pas un succès commercial, il contribue à introduire Aretha Franklin dans le circuit gospel. En s’accompagnant au piano et en chantant ces negro spirituals, Aretha impressionne les plus grands chanteurs de gospel de l’époque notamment Mahalia Jackson et James Cleveland, proches d’Aretha et considérés encore à ce jour comme la Reine et le Roi du Gospel.

À cette époque, Aretha Franklin voyage occasionnellement avec The Soul Stirrers, le groupe de Sam Cooke. L’été, Aretha est souvent à Chicago et reste dans la famille de Mavis Staples dont le groupe familial The Staples Singers commence à se faire un nom. Selon le producteur de musique Quincy Jones, alors qu’Aretha est encore jeune, la « Reine Du Blues » Dinah Washington lui prédit qu’Aretha est « la prochaine ». À l’âge de 16 ans, Aretha Franklin part finalement en tournée avec le Dr Martin Luther King. Elle soutient l’action du pasteur et chantera pour lui en divers occasions notamment lors de ses funérailles en 1968.

À l’âge de 18 ans, Aretha confie à son père qu’elle aspire à suivre Sam Cooke et à enregistrer des musiques « profanes », R&B et pop, fait curieux pour l’époque où passer de la musique sacrée à profane n’est souvent pas accepté. Le Révérend C.L Franklin se montre compréhensif et encourage sa fille. Elle s’installe donc à New York dans l’espoir de décrocher un contrat avec une maison de disque. Son père participe en tant que manager à la production d’une démo de deux chansons. Cette démo tombe dans les mains de John Hammond, célèbre producteur de Columbia Records. L’homme, qui a découvert Billie Holliday dix ans plus tôt, voit immédiatement en Aretha une révélation. Celui qui découvrira à la même période Barbra Streisand et Bob Dylan signe donc Aretha en 1960. Aretha suit en parallèle des cours avec le chorégraphe Cholly Atkins pour préparer ses performances scéniques. Signer Aretha chez Columbia est pour John Hammond une victoire quand on sait les propositions faites au même moment par les labels RCA et Motown. En effet, Sam Cooke essaye désespérément de persuader le père Franklin de la signer sur son label, RCA. De même, le fondateur du label Motown Berry Gordy cherche à faire signer Aretha et sa sœur aînée Erma sur son label. C.L. Franklin estime que le label n’est pas encore suffisamment établi et refuse la demande de Gordy.

Le single d’Aretha Franklin Today I Sing the Blues sort en septembre 1960 et atteint le top 10 du classement des meilleures ventes R&B. Sa carrière musicale est enfin lancée.

 

Introduction au jazz chez Columbia (1960-1966)

En janvier 1961, Columbia publie le premier album jazz d’Aretha : Aretha : With The Ray Bryant Combo. L’album contient son premier single, Won’t Be Long, qui se classe au classement du Billboard Hot 100 et atteint la 7e place du classement R&B. Le succès est modeste mais encourageant pour la jeune chanteuse de 18 ans. Principalement produits par Clyde Otis, les enregistrements chez Columbia érigent Aretha en chanteuse de jazz dans la lignée de Sarah Vaughan, Billie Holiday et Ella Fitzgerald. Aretha y chante des standards américains, du jazz vocal, du blues, du doo-wop et du rhythm and blues. La même année, elle enregistre Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody. Le titre atteint le top 40 en Australie et au Canada. Fin 1961, Aretha Franklin est nommée « nouvelle star féminine » par le magazine DownBeat. En 1962, Columbia sort deux autres albums, The Electrifying Aretha Franklin et The Tender, the Moving, the Swinging Aretha Franklin. Si nombres de ses titres passent à radio, ses ventes de disques, elles, ne décollent pas.

Néanmoins, en 1962, lors d’une représentation au Regal Theater de Chicago, Pervis Spann, personnalité en vogue de la radio WVON, proclame Aretha Franklin « Reine de la Soul ». Le surnom fait date et devient le titre officiel d’Aretha Franklin. Elle est alors reconnue par ses pairs comme chanteuse de jazz et impressionne tant Etta James que Sarah Vaughan. Sarah Vaughan affirme d’ailleurs ne plus avoir jamais chanté Skylark après avoir écouté la version d’Aretha, qui lui paraît indépassable. En 1964, Aretha commence à enregistrer davantage de musique pop et se classe dans les dix premiers titres du palmarès R&B avec sa ballade Runnin’ Out of Fools début 1965. À la mort de la Reine du Blues Dinah Washington, Aretha enregistre un album hommage à la chanteuse, Unforgettable : A Tribute to Dinah Washington. Il est aujourd’hui considéré comme son meilleur album chez Columbia mais, à sa sortie, il apparaît en décalage par rapport aux succès de l’époque7. Quand l’Amérique subit la déferlante des Beatles et des artistes Motown, ce bel hommage à une artiste des années 1950 paraît dépassé et démodé. Par la suite, plusieurs de ses titres figurent dans les hit-parades en 1965 et 1966 : One Step Ahead et Cry Like a Baby, puis You Made Me Love You et (No, No) I’m Losing You.

Au milieu des années 1960, Aretha gagne 100 000 dollars par an grâce à de multiples représentations dans des boîtes de nuit et des théâtres. Toujours à cette époque, elle apparaît dans des émissions de rock-and-roll comme Hollywood A Go-Go et Shindig !. Ses performances télévisuelles sont saluées — on note le grand talent de cette jeune chanteuse s’accompagnant elle-même au piano et qui chante du jazz comme elle chanterait des cantiques gospel.

Cependant, si Aretha est massivement diffusée à la radio et qu’elle s’est fait un nom (et un prénom), ses ventes de disques sont faibles. John H. Hammond, directeur du label, déclare plus tard que l’erreur de Columbia est d’avoir oublié les racines gospel d’Aretha. Sa voix est jugée trop « noire » pour vendre autant que Barbra Streisand et ses chansons trop jazz pour la hisser comme chanteuse à la mode aux côtés de Dionne Warwick et Diana Ross. Aretha quitte finalement Columbia et rejoint Atlantic Records en 1966, célèbre label de Ray Charles et Solomon Burke, figures majeures de la soul des années 1960.

 

Ascension soul chez Atlantic (1967-1979)

En novembre 1966, son contrat pour Columbia expire et Aretha se tourne vers Atlantic Records. En janvier 1967, la chanteuse se rend à Muscle Shoals, en Alabama, pour enregistrer dans les célèbres studios FAME. Elle dira elle-même « je me suis assise au piano et les tubes sont arrivés ». Elle y enregistre la chanson I Never Loved a Man (the Way I Love You). Quand elle s’assoit au piano et commence à chanter, tout le studio reste bouche bée. L’enregistrement peut commencer. Aretha n’y passe finalement qu’une journée après une violente altercation entre son manager et mari Ted White, le propriétaire du studio Rick Hall et un joueur de cor. Les sessions s’arrêtent mais la chanson sort finalement le mois suivant et atteint la première place du classement R&B et la neuvième place du Billboard Hot 100. Pour la première fois de sa carrière, Aretha décroche un disque d’or et un 45-tours vendu à plus d’un million d’exemplaires. L’intuition de son producteur Jerry Wexler est de laisser Aretha s’exprimer librement et prendre le contrôle de la direction artistique de sa musique. Aretha choisit son propre répertoire, arrange les chansons elle-même au piano et gère ses choristes.

La réussite ne s’arrête pas là. Le 10 avril 1967, Atlantic commercialise un deuxième extrait de l’album, le doublé Respect/Dr Feelgood. Ce second 45-tours se révèle encore plus porteur que le premier. Respect se hisse à la première place des charts R&B et pop pendant 8 semaines. Le respect réclamé par Aretha trouve un écho immédiat dans la société américaine de l’époque. La chanson devient rapidement la chanson signature de la chanteuse, un hymne des droits civiques et un hymne féministe. Pourtant, la chanson est un emprunt à une première version du titre publié un an plus tôt par Otis Redding. En entendant la version d’Aretha, Otis Redding reconnait que sa chanson lui a échappé. Aretha réinvente complètement la chanson en scandant chaque lettre de R-E-S-P-E-C-T, elle rajoute par ailleurs un refrain chanté en arrière-plan par les chœurs avec l’expression très à la mode alors, « sock it to me ». Le titre à connotation sexiste quand il est chanté par Otis devient un hymne de force et de respect dans l’interprétation d’Aretha Franklin. « C’est un cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques » écrit Aretha dans ses mémoires. Le mouvement des droits civiques fait de la chanson un mantra et d’Aretha le symbole de la lutte pour l’égalité et la liberté. Le magazine Rolling Stone classe la chanson en position numéro cinq de son classement des plus grandes chansons de tous les temps. Le phénomène Aretha Franklin est lancé.

Le premier album d’Aretha pour Atlantic, I Never Loved a Man the Way I Love You, connait un immense succès tant commercial et critique. 1967 marque le début de la période d’or pour Aretha qui ne s’arrêtera qu’une décennie plus tard. Sur cette période, elle décroche une vingtaine de disques d’or et classe 8 albums en tête des charts R&B. Baby I Love You(You Make Me Feel Like) A Natural Woman sont d’immenses succès. En 1968, Aretha sort les albums Lady Soul et Aretha Now, portés par les tubes Chain of FoolsAin’t No WayThink et I Say a Little Prayer. En février, Aretha décroche ses deux premiers Grammys, dont celui de la meilleure chanteuse R&B, catégorie inspirée par le succès d’Aretha. Elle remporte ce même Grammy huit fois d’affilée. Il est dès lors vite renommé Le Prix Aretha.

Son succès dépasse rapidement la sphère musicale. Le 16 février 1967 est déclaré Journée Aretha Franklin. Elle est alors reçue par son ami de longue date Martin Luther King Jr qui voit en elle une porte-voix majeure du combat pour les droits civiques américains. Aretha effectue peu de temps après sa première tournée en dehors des États-Unis en mai, notamment au Concertgebouw d’Amsterdam, où elle joue devant un public quasi-hystérique qui la couvre de fleurs sur scène. Elle fait par ailleurs une apparition remarquée à l’Olympia à Paris et y enregistre son second album live. La même année, elle fait la couverture du magazine Time, une première pour une artiste noire. En 1968, elle est la personnalité noire la plus connue derrière Martin Luther King.

Le succès d’Aretha ne faiblit pas au début des années 1970, période durant laquelle elle enregistre les numéro un Don’t Play That Song (You Lied)Spanish HarlemRock Steady et Day Dreaming.

Même si, au cours de sa carrière, elle refuse un certain nombre de chansons, dont certaines sont cependant devenues des succès internationaux — Son Of A Preacher Man de Dusty SpringfieldThis Will Be de Natalie Cole, Upside Down de Diana Ross —, elle enregistre finalement en 1970 une version de Son Of A Preacher Man, un an après celle de Dusty Springfield.

La formule des albums est la même que celle des années 1960 si ce n’est qu’Aretha écrit et compose davantage. Les albums Spirit in the Dark et Young, Gifted and Black sont une fois de plus des succès. En 1971, Aretha est la première artiste R&B à jouer au Fillmore West de San Francisco, et sort plus tard dans l’année l’album live Aretha Live at Fillmore West. En plein concert, elle aperçoit Ray Charles et l’invite sur scène. Ensemble, ils improvisent sur Spirit In The Dark, moment immortalisé sur le disque live. Ray Charles dira d’Aretha qu’elle est sa « seule vraie sœur », la seule chanteuse à qui on peut le comparer.

En 1972, Aretha revient à ses racines gospel et enregistre l’album Amazing Grace, dans lequel elle interprète lors d’un service des cantiques et standards comme How I Got Over de Mahalia Jackson. Elle y inclut des titres de Marvin Gaye et de Carole King, ayant à cœur de montrer que musique sacrée et pop ne sont pas antinomiques. Le disque est enregistré sur deux soirs à l’église New Temple Missionary Baptist Church de Los Angeles. Son père est présent, tout comme la famille Ward ainsi que Mick Jagger. Amazing Grace se vend dans l’année à plus de deux millions d’exemplaires et est à ce jour l’album gospel le plus vendu de l’histoire. Les interprétations en direct sont filmées par Sydney Pollack, mais en raison de problèmes de synchronisation de son, sa sortie au cinéma n’a lieu qu’en 2018 par le producteur Alan Elliott. L’année 1972 marque l’apogée de la carrière d’Aretha, au sommet de son art, tant commercialement que musicalement.

Elle rejoint ensuite Quincy Jones en 1973 pour l’enregistrement de son nouvel album Hey Now Hey. Quincy Jones dira plus tard qu’Aretha est l’artiste la plus impressionnante avec Michael Jackson. Le disque est marquée par des influences jazz et de brillantes parties au piano écrites et jouées par Aretha. Malgré le succès du single Angel écrite par sa sœur Carolyn Franklin, l’album ne décolle pas dans les charts à sa sortie. Cela n’empêche pas Aretha d’enregistrer quelques succès notamment Until You Come Back to Me écrite pour elle par Stevie Wonder et I’m in Love.

En 1976, Aretha travaille sur la bande sonore du film Sparkle avec Curtis Mayfield qu’elle admire particulièrement. L’album permet à Aretha d’obtenir son dernier grand tube de la décennie avec Something He Can Feel, qui atteint la première place du classement R&B. Sparkle est considéré par Aretha comme son meilleur album. Elle parvient en effet à se réinventer tant vocalement que musicalement. Sans céder aux influences disco à la mode, Sparkle est gorgé d’influences funk et soul, à la fois old school et new school. Percutante, Aretha renoue avec le succès. Cependant, les albums suivants, Sweet Passion (1977), Almighty Fire (1978) et La Diva (1979), déçoivent. Aretha Franklin, dépassée par la mouvance disco dans laquelle elle ne se reconnait pas, quitte finalement Atlantic Records et rejoint Arista Records en 1979.

 

Les années pop chez Arista (1980-2008)

En 1980, après avoir quitté Atlantic Records, Aretha signe avec Arista Records et Clive Davis. Elle donne la même année un concert sur mesure au Royal Albert Hall de Londres devant la reine Elizabeth. Aretha est ensuite invitée sur le tournage des Blues Brothers en 1980. Elle y joue la propriétaire d’un restaurant de cuisine et l’épouse de Matt « Guitar » Murphy. Elle partage l’affiche avec les deux autres plus grandes stars soul des années 1960 : James Brown et Ray Charles. Pour l’occasion, elle re-enregistre sa chanson Think. La performance d’Aretha est saluée par la critique. Think devient une des chansons signatures d’Aretha et sa chanson la plus connue en France.

La même année, elle sort son premier album chez Arista Records qui contient ses deux premiers succès de la décennie United Together, et sa reprise de I Can’t Turn You Loose d’Otis Redding nominée l’année suivante aux Grammy Awards. L’album suivant, Love All the Hurt Away (1981), comprend son célèbre duo avec George Benson sur la chanson titre, ainsi que sa reprise de Hold On, I’m Comin’ de Sam & Dave, qui lui permet de décrocher un Grammy Award supplémentaire. En 1982, Aretha décroche un disque d’or – pour la première fois en sept ans – avec l’album Jump to It produit par Luther Vandross, fervent admirateur de la chanteuse. L’année suivante, elle sort Get It Right toujours produit par Luther Vandross. Le titre se hisse comme Jump To It en tête des hit-parades R&B. En 1985, Who’s Zoomin’ Who? devient son premier album chez Arista Records à être certifié platine. L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires, porté par les succès de Freeway of Love, la chanson titre, et Another Night. L’année suivante, elle sort un second album à succès avec les singles Jumpin’ Jack FlashJimmy Lee et I Knew You Were Waiting for Me, célèbre duo qu’elle partage avec George Michael. Andy Warhol signe la pochette du disque . En 1987, elle opère un retour vers la musique de son enfance avec l’enregistrement d’un troisième album gospel, One Lord, One Faith, One Baptism, enregistré à l’église baptiste New Bethel de son défunt père. En 1989, elle sort Through the Storm et enregistre des duos avec Whitney Houston, James Brown et Elton John. La même année, Aretha interprète America the Beautiful lors de la Wrestlemania III de la WWE.

Les années 1990 sont cependant moins fructueuses pour Aretha. En 1991, son album What You See is What You Sweat se vend peu. En 1993, elle chante à l’investiture de Bill Clinton et se produit à la Maison Blanche pour le Président et la Première Dame avec lesquels elle se lie d’amitié. Aretha revient dans les charts en 1993 avec la chanson A Deeper Love du film Sister Act puis en 1994 avec la chanson Willing to Forgive. Elle signe par ailleurs un titre sur un album hommage à Lady Diana, sur un disque de Curtis Mayfield ainsi que pour la bande originale d’un film sur la vie de Malcolm X : Someday We’ll All Be Free.

La fin des années 1990 permet cependant à Aretha de s’imposer comme chanteuse de référence. En 1998, elle partage l’affiche du concert Divas Live organisé par VH1 au Beacon Theatre de New York avec Mariah Carey, Céline Dion, Shania Twain, Carole King et Gloria Estefan. Sa performance de Natural Woman avec les autres divas fera date88. En 1998, elle se réinvente en sortant A Rose Is Still A Rose, produit et écrit par Lauryn Hill du groupe The Fugees. L’album du même nom est un succès, se vend à plus de 500 000 exemplaires et permet à Aretha de remporter un disque d’or de plus.

Cette même année, elle remplace au pied levé Luciano Pavarotti aux Grammy Awards. Ce soir-là, alors que le spectacle a déjà commencé, Luciano Pavarotti contacte les producteurs des Grammy et annonce qu’il est bien trop malade pour interpréter comme prévu l’aria d’opéra Nessun Dorma. 20 minutes avant la performance, les producteurs du spectacle proposent à Aretha de remplacer le chanteur d’opéra. Amie de Pavarotti, Aretha avait justement chanté la chanson deux soirs auparavant lors d’un évènement pour MusiCares. Elle écoute l’enregistrement de la répétition de Pavarotti et accepte de chanter la chanson dans la tessiture de ténor et dans la tonalité préparée par l’orchestre. Introduite par Sting qui explique l’imprévu au public, Aretha arrive finalement sur scène. Le public l’honore d’une standing ovation. Elle chantera à nouveau la chanson à Philadelphie pour le pape François lors de la réunion mondiale des familles en septembre 2015. En pleine performance, un petit garçon, touché par l’interprétation d’Aretha, monte alors sur scène et l’embrasse.

En 2003, Aretha sort So Damn Happy et la chanson Wonderful, récompensée aux Grammy Awards. En 2004, elle annonce qu’elle quitte Arista Records après plus de 20 ans de travail pour le label. Pour compléter ses obligations, elle publie cependant un dernier album de compilation de duos, Jewels in the Crown. L’année suivante, elle publie l’album de Noël This Christmas chez DMI Records. Puis en février 2006, elle chante The Star-Spangled Banner avec Aaron Neville et Dr. John pour le Super Bowl XL, qui se tient dans sa ville de Détroit.

 

Les dernières années (2008-2018)

Le 20 janvier 2009, Aretha Franklin revient au premier plan en interprétant My Country, ‘Tis of Thee lors de la cérémonie d’investiture du président Barack Obama. Le chapeau qu’elle porte ce jour devient culte. En 2011, Aretha, sous son propre label Aretha’s Records, sort l’album Aretha : A Woman Falling Out of Love.

En 2014, Aretha signe sous le label RCA Records, contrôleur du catalogue Arista Records et label frère de Columbia et Sony Music Entertainment98. Elle renoue donc avec son producteur Clive Davis. Un album est enregistré avec les producteurs Babyface et Danger Mouse. Le 29 septembre 2014, Aretha se produit au Late Show de David Letterman avec Cissy Houston et chante Rolling in the Deep d’Adele et Ain’t No Mountain High Enough de Marvin Gaye/Diana Ross. Sa reprise de Rolling in the Deep figure sur son premier et dernier album chez RCA, Aretha Franklin Sings the Great Diva Classics, sorti en octobre 2014. Ce faisant, elle devient la première femme à avoir cent chansons au palmarès des Hot R&B/Hip-Hop Songs du Billboard avec le succès de sa reprise de Rolling in the Deep d’Adele.

Elle se produit à la Maison-Blanche en 2015 et y chante I Never Loved A Man et Amazing Grace. En décembre 2015, Aretha chante (You Make Me Feel Like) A Natural Woman au Kennedy Center Honors à Washington pour Carole King, honorée ce soir-là. Barack Obama, submergé par l’émotion, ne peut retenir ses larmes102,103. Vers la fin de la chanson, elle fait tomber son manteau de fourrure sur scène, ce qui lui vaut une standing ovation du public. C’est sa dernière grande performance. Elle retourne au Ford Field de Détroit le jour de Thanksgiving 2016 pour interpréter une nouvelle fois l’hymne national lors du match entre les Vikings du Minnesota et les Lions de Détroit. Assise derrière le piano, vêtue d’un manteau de fourrure noire et d’une casquette des Lions, Aretha chante The Star-Spangled Banner pendant plus de quatre minutes et y inclut un certain nombre d’improvisations.

Aretha sort son dernier disque A Brand New Me en novembre 2017 avec le Royal Philharmonic Orchestra de Londres, qui utilise des enregistrements d’archives d’Aretha avec lesquels ils réarrangent ses plus grandes chansons.

Aretha annule un certain nombre de concerts en 2017 pour des raisons de santé et demande, lors d’un spectacle en plein air à Détroit devant 15 000 personnes, à ce que le public prie pour elle. Aretha continue cependant de se produire partout dans le pays et à se faire acclamer par le public comme par les critiques. Le 3 septembre 2017, elle joue une dernière fois au Ravinia Festival. Sa dernière représentation a finalement lieu à la cathédrale de St. John the Divine à New York lors du gala du 25e anniversaire d’Elton John pour la Elton John AIDS Foundation, le 7 novembre 2017. Aretha y paraît très affaiblie et très amaigrie.

 

Mort

Le 13 août 2018, Aretha est gravement malade chez elle, à Riverfront Towers, à Détroit. Elle est en soins palliatifs et entourée de ses amis et de sa famille ; Stevie Wonder, Jesse Jackson et son ex-mari Glynn Turman lui rendent visite sur son lit de mort. Elle meurt à son domicile le 16 août, à l’âge de 76 ans, sans testament. La cause du décès est une tumeur neuroendocrinienne pancréatique maligne (pNET), distincte de la forme la plus courante de cancer du pancréas.

 

Hommages

De nombreuses célébrités de l’industrie du divertissement et des hommes politiques lui rendent hommage, dont les anciens présidents américains Bill Clinton et Barack Obama, pour qui Aretha a « contribué à définir l’expérience américaine ». L’activiste des droits civils Al Sharpton la qualifie d’« icône des droits civiques et de l’humanitaire ». Elton John déclare : « La perte d’Aretha Franklin est un choc pour tous ceux qui aiment la vraie musique : la musique qui vient du cœur, de l’âme et de l’Église. Sa voix était unique, ses capacités de pianiste sous-estimées. Elle était l’une de mes pianistes favorites […] Je l’adorais et vénérais son talent. Que Dieu la bénisse. »

Paul McCartney, Diana Ross, Christina Aguilera, Beyoncé, Britney Spears, Bruno Mars, Lady Gaga, John Legend, The Rolling Stones, Billy Joel, Ricky Martin, Carole King, Annie Lennox, Ariana Grande, Shawn Mendes, Céline Dion, Line Renaud réagissent tous à la disparition de la chanteuse.

Dans un communiqué de presse, la ministre de la Culture Françoise Nyssen déclare : « Avec Aretha Franklin, une immense interprète à la voix puissante et inoubliable nous quitte. Durant plus de 60 ans, aux États-Unis comme sur les scènes du monde entier, elle mit son talent au service du gospel, du Rhythm and blues, du jazz, et surtout de la musique soul, dont elle fut la reine. Nous nous souviendrons de ses albums d’anthologie, de ses grands concerts, de son chant lors des funérailles de Martin Luther King ou de l’investiture de Barack Obama. Je rends hommage à la très grande artiste — chanteuse et pianiste — aux 18 Grammy Awards. Et aussi à la femme qui imposait tout naturellement le respect, ce respect qu’elle a si bien chanté dans une chanson au succès planétaire. Je rends hommage à ses engagements en faveur des droits civiques, ainsi qu’à la cause féministe. »

À la mort d’Aretha, des fans lui rendent hommage dans des stations de métro de la ville de New York, stations Franklin Street à Manhattan, et Franklin Avenue à Brooklyn. L’opérateur du système de métro, la Metropolitan Transportation Authority place par la suite des panneaux autocollants temporaires en noir et blanc avec le mot « Respect » à côté des panneaux de nom « Franklin ». Son étoile sur Hollywood Boulevard est décorée, tout comme sa maison de naissance à Memphis. Des fans se regroupent par ailleurs devant l’église baptiste New Bethel à Détroit ainsi que devant le théâtre Apollo de New York. Sa musique est diffusée devant les édifices pendant plusieurs jours.

Comme l’activiste Rosa Parks en 2005, sa dépouille est exposée pendant trois jours au musée d’Histoire afro-américaine Charles H. Wright de Détroit.

 

Enterrement

Une cérémonie commémorative est organisée à l’église baptiste New Bethel Baptist Church le 19 août. Des milliers de personnes lui rendent hommage au cours d’une exposition publique au Musée Charles H. Wright d’histoire afro-américaine. Plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent pour voir la dépouille d’Aretha Franklin pendant trois jours.

Les funérailles du 31 août se déroulent au temple Greater Grace à Détroit – incluant hommages de célébrités, d’hommes politiques, d’amis et de membres de la famille. La cérémonie est retransmise en direct par des agences de presse – Fox News, CNN, The Word Network, BET et MSNBC.

Parmi ceux présent lors de la cérémonie, l’on compte notamment Ariana Grande, Bill Clinton, Al Sharpton, Louis Farrakhan, Faith Hill, Fantasia, The Clark Sisters, Ronald Isley, Angie Stone, Chaka Khan, Jennifer Holliday, Loretta Devine, Jennifer Hudson, Queen Latifah, Shirley Caesar, Stevie Wonder, Eric Holder, Gladys Knight, Cedric the Entertainer, Tyler Perry, Smokey Robinson et Yolanda Adams.

À la demande d’Aretha, le révérend Jasper Williams Jr. de la Salem Baptist Church d’Atlanta officie la cérémonie. Une centaine de Cadillac Rose déambule dans la ville de Détroit pour rendre hommage à Aretha et sa chanson Freeway of Love.

Après une procession télévisée le long de Seven Mile Road, Aretha Franklin est inhumée au cimetière de Woodlawn à Détroit.

 

Activisme

Rôle dans le mouvement des droits civiques

En 1967, Respect devient un hymne des droits civiques. Le respect réclamé par Aretha trouve un écho immédiat à un moment où la communauté afro-américaine demande elle à être respectée et considérée. « Respect, c’était un besoin pour toute une nation, pour l’homme et la femme de la rue, le businessman et la mère de famille, le pompier et l’enseignant. Tout le monde exigeait le respect. C’était également le cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques », écrit Aretha dans ses Mémoires.

Le militantisme d’Aretha pour le mouvement des droits civiques est un engagement de longue date. Aretha grandit dans le Détroit des années 1950, entourée dès son enfance par les plus grandes figures du mouvement des droits civiques. Son père, pasteur baptiste, est un militant et proche du pasteur Martin Luther King. Il organise en 1963 la marche pour la liberté de Détroit – à l’époque la plus grande manifestation pour les droits civiques jamais organisée aux États-Unis. Martin Luther King y récite une première version de son célèbre discours « I have a dream », quelques mois avant sa grande marche sur Washington. Le pasteur Martin Luther King joue un rôle essentiel dans la vie d’Aretha. Le pasteur est un habitué de l’Église de Pasteur C.L Franklin et dort chez les Franklin lorsqu’il est de passage à Détroit. Il devient une source d’inspiration pour la jeune Aretha.

À l’âge de 16 ans, elle part en tournée avec Martin Luther King, peu après l’enregistrement de son premier album. Dix ans plus tard, elle chantera à son enterrement. Elle y interpréta Precious Lord Take My Hand, la chanson préférée du révérend. Chanson qu’elle chante à plusieurs reprises pour le révérend notamment après un meeting au McCormick Place de Chicago en 1963. Ce soir-là, Dinah Washington, Mahalia Jackson et Aretha sont invitées à chanter. Taylor Branch dans America in The King Years se souvient de cette soirée : « Toutes les trois ont tenu le public en haleine jusqu’à deux heures du matin, mais Aretha remportait tous les suffrages en interprétant l’hymne final (…). Donnant une lecture bouleversante de Precious Lord, Take My Hand, elle laissait pantois un auditoire convaincu d’avoir assisté à un moment historique » Aretha chantera à plusieurs reprises pour Martin Luther King partout dans le pays. « Le noir est synonyme de beauté mais aussi de souffrance et de lutte » affirme Aretha. Dès le début des années 1960, une clause dans son contrat informe les promoteurs qu’elle ne se produit pas devant un public ségrégé.

En 1970, elle demande la libération de l’activiste Angela Davis et se propose de payer sa caution. Elle déclare alors publiquement:

« Mon père [le révérend C.L.Franklin de Détroit] me déconseille de prendre la parole mais je me dois de rester fidèle à mes convictions. Angela Davis doit être libérée. Les Noirs injustement enfermés doivent être libérés. J’ai moi-même été incarcérée [après une manifestation à Détroit] et je sais bien qu’il faut protester pour se faire respecter. La prison est un enfer. J’appelle la justice à faire son travail, non pas que je crois au communisme, mais parce qu’Angela Davis est une femme noire et qu’elle se bat pour la liberté du peuple noir. J’ai l’argent ; je l’ai obtenu du peuple noir — ils m’ont rendu financièrement capable de l’avoir, je veux donc l’utiliser pour aider notre peuple. »

Le militant Jesse Jackson explique : « Quand nous avions des difficultés à lever de l’argent à cause de la posture anti-guerre du docteur King, elle chantait gratuitement, levant de l’argent pour la cause. Une nuit à Houston au Texas, elle était sur scène et ils ont lancé du gaz lacrymogène sur le ventilateur. Elle a continué à chanter, elle est restée debout. » Jesse Jackson déclare par ailleurs à USA Today qu’Aretha a financé des dizaines de manifestations et campagnes en faveur des droits civiques. Aretha n’en a cependant jamais publiquement fait la promotion. Publiquement, Aretha demeure discrète quant à son engagement. Son producteur Jerry Wexler explique qu’« elle n’en parlait pas ».

« Pour elle, ses opinions appartenaient à sa vie privée. Elle consacrait beaucoup de son temps à Martin Luther King, mais sans jamais verser dans la polémique et les slogans faciles. Ses positions relevaient avant tout de ses croyances et de sa foi. »

Pour Dr Bernice King, la fille de Martin Luther King, Aretha est un « exemple frappant » de cette manière dont la musique peut se mettre au service des transformations sociales. « En tant que militante, elle n’a pas seulement utilisé sa voix pour divertir mais pour faire passer des messages et inspirer des générations et des générations. Ses chansons sont devenues des hymnes à la liberté. » Après Respect, les chansons Chain of Fools1, A Change Is Gonna Come, Think et Young, Gifted & Black incarnent le mouvement tout au long des années 1960-70. La force de sa voix et son assurance deviennent des symboles de fierté et de force. « Sa musique est porteuse d’une énergie électrique caractéristique de cette période charnière » explique Sebastien Danchin dans sa biographie consacrée à la chanteuse. John Lewis, figure historique du mouvement déclare :

« Quand elle chantait, elle incarnait ce pour quoi nous nous battions et sa musique nous renforçait. Elle nous revigorait. Elle était comme une muse dont les chansons nous donnaient la force de continuer. Sa musique nous a donné un plus grand sentiment de détermination pour ne jamais abandonner ni capituler et pour garder la foi. »

Au cours des décennies suivantes, Aretha Franklin devient le visage et la voix de premier plan des droits civiques des Afro-Américains. Naturellement, Barack Obama la choisit pour chanter à son investiture, lui, premier président afro-américain. Le présence d’Aretha est le symbole de la victoire du mouvement des droits civiques.

À sa disparition, son impact sur le mouvement des droits civiques est souligné. Barack Obama déclare : « Dans sa voix, nous pouvions lire notre Histoire, dans son entièreté et dans toutes ses nuances : notre puissance et nos peines, notre côté sombre et notre lumière, notre quête de la rédemption et le respect gagné difficilement. » Le NAACP, la grande organisation de défense des droits civiques, qui lui avait remis en 2008 un prix pour son action déclare :

« Personne ne peut évoquer le mouvement des droits civiques ni la musique sans offrir son respect à la Reine de la Soul. »

 

Figure féministe

Dans The Death Of Rhythm & Blues, le critique Nelson George affirme « Aretha exprimait tout ce que pouvait être la femme noire à l’heure où ses contemporaines (Diana Ross, Tina Turner, Dionne Warwick, Martha Reeves et même Gladys Knight) se trouvaient enfermées dans un rôle subalterne par des décisions artistiques de producteurs masculins ».

Pour des générations de femmes, Aretha est un modèle qui a représenté non seulement le combat pour l’égalité des droits mais aussi l’égalité hommes-femmes.

On compte parmi ses plus grandes chansons féministes : Think, Respect et Do Right Man, Do Right Woman.

Dans Do Right Man, Do Right Woman, elle chante en réponse à It’s a Man’s Man’s Man’s World de James Brown :

« A woman’s only human
You should understand
She’s not just a plaything
She’s flesh and blood just like her man
[…]
They say that it’s a man’s world
But you can’t prove that by me
And as long as we’re together baby
Show some respect for me. »

Dans Think, elle demande à son homme de bien penser aux conséquences de ses actes et du mal qu’il lui fait :

« You better think (think)
Think about what you’re tryin’ to do to me. »

Enfin dans Respect, elle transforme les mots écrits par Otis Redding et la chanson à connotation machiste en hymne féministe :

« What you want
Baby, I got it
What you need
Do you know I got it?
All I’m askin’
Is for a little respect when you get home (just a little bit)
Hey baby (just a little bit) when you get home
(Just a little bit) mister (just a little bit). »

La chanson Respect demeure la chanson féministe la plus emblématique d’Aretha Franklin. La chanson est à l’origine chantée et enregistrée par Otis Redding en 1966. La chanson n’est cependant pas un succès. L’année suivante, Aretha décide d’enregistrer sa propre version. Elle réécrit une partie des paroles, change la rythmique de la chanson, y ajoute un pont où elle scande chaque lettre de R-E-S-P-E-C-T. « All I’m asking is for a little respect when I come home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand je rentre à la maison ») devient alors « all I’m asking is for a little respect when you get home » (« tout ce que je demande c’est un peu de respect quand tu rentres à la maison »). David Ritz dans sa biographie consacrée à la chanteuse déclare : « Sa version est si profonde et si remplie d’angoisse, de détermination, de ténacité et de toutes ces émotions contradictoires que c’en est devenu un hymne. » Otis Redding reconnaîtra lui-même qu’Aretha s’est emparée de sa chanson. La chanson restera 12 semaines en tête des charts américains.

Femme à succès, affirmée, assurée, forte et talentueuse, Aretha devient un modèle pour beaucoup de femmes. Elle devient par ailleurs la première femme à entrer au Rock and Roll Hall of Fame en 1987, le panthéon américain du rock et la seconde femme intronisée au UK Music Hall of Fame. Elle est aussi la première femme noire à faire la une du Time.

Elle est la première femme à chanter au Palais des Sports à Paris en 1977. Le concert affiche complet.

 

Vie privée

Lieux de vie

Élevée à Détroit, Aretha Franklin s’installe dans les années 1960 à New York avant de déménager pour Los Angeles au milieu des années 1970. Elle s’installe à Encino et y vit jusqu’en 1982.

Elle retourne ensuite à Bloomfield Hills, dans la banlieue de Détroit, dans le Michigan, pour être proche de son père, dans le coma après avoir été victime d’un cambriolage à son domicile. Elle restera à Détroit jusqu’à sa mort en 2018.

À la suite d’un incident en 1984, elle développe une phobie de l’avion qui l’empêchera de voyager à l’étranger ; elle ne se produit par la suite qu’en Amérique du Nord152 et refuse, dès lors, plusieurs invitations de la reine Élisabeth .

 

Enfants

Aretha Franklin est mère de quatre fils.

Elle donne naissance à son premier enfant, nommé Clarence en l’honneur de son père, le 28 janvier 1955 à l’âge de 12 ans7. Des rumeurs attribuent la paternité à Donald Burk, un garçon qu’elle a connu à l’école. Cependant, dans l’un de ses testaments manuscrits découverts en 2019, Aretha révèle que le père est Edward Jordan, aussi père de son deuxième fils.

Le 31 août 1957, Aretha Franklin a un deuxième enfant avec Jordan, nommé Edward Derone Franklin7. Aretha n’a cependant jamais annoncé publiquement l’identité du père, et ses deux enfants portent néanmoins son nom de famille : Franklin.

Son troisième enfant, Ted White Jr, naît en février 1964 de son mari de l’époque, Theodore « Ted » White. Ted White Jr est connu professionnellement sous le nom de Teddy Richards et joue de la guitare pour sa mère tout au long de sa vie.

Enfin, son plus jeune fils, Kecalf Cunningham, né en avril 1970, est l’enfant de son road manager Ken Cunningham. Kecalf vient des initiales de ses parents KEC pour Ken E. Cunningham et ALF pour Aretha Louise Franklin.

 

Vie amoureuse

Aretha Franklin s’est mariée deux fois. Elle épouse Ted White, en 1961 à l’âge de 19 ans. Aretha rencontre White pour la première fois lors d’une fête organisée chez elle en 1954. White est à l’époque le compagnon de la chanteuse de blues Dinah Washington. Après un mariage controversé et un certain nombre de violences domestiques, Aretha se sépare de Ted en 1968 et divorce en 1969.

Aretha Franklin épouse ensuite l’acteur Glynn Turman, le 11 avril 1978, dans l’église de son père à Détroit. Aretha devient la belle-mère des trois enfants de Glynn issus d’un précédent mariage. Aretha et Glynn se séparent finalement en 1982 après le retour d’Aretha dans le Michigan. Le couple divorce en 1984.

En 2012, Aretha Franklin annonce son prochain mariage avec son compagnon de longue date Willie Wilkerson. Elle et Wilkerson s’étaient déjà fiancés deux fois auparavant. Aretha annule cependant le mariage sans aucune explication.

Aretha Franklin aurait aussi entretenu des relations avec les chanteurs Sam Cooke, James Brown et Dennis Edwards du groupe Motown The Temptations. Ce dernier lui inspirera la chanson Day Dreaming.

 

Frères et sœurs

Les sœurs d’Aretha Franklin, Erma et Carolyn, sont chanteuses professionnelles et chantent à de nombreuses reprises sur les enregistrements d’Aretha, notamment pour Atlantic Records. Sa sœur Carolyn Franklin écrit plusieurs chansons pour Aretha dont deux grands succès : Ain’t No Way et Angel. Erma Franklin accompagne aussi Aretha en tournée et enregistre la chanson Piece of My Heart. La chanson ne connait cependant le succès que quelques années plus tard avec la reprise de Janis Joplin.

Après le divorce d’Aretha Franklin avec Ted White, son frère Cecil devient son manager jusqu’à sa mort d’un cancer du poumon le 26 décembre 1989. Carolyn décède, elle, en avril 1988 d’un cancer du sein, tandis qu’Erma meurt d’un cancer de la gorge en septembre 2002. Vaughn, le demi-frère de Franklin, meurt fin 2002. Sa demi-sœur, Carol Kelley (née Jennings en 1940), est la fille de C. L. Franklin et de Mildred Jennings, une paroissienne de l’église baptiste de New Salem à Memphis, alors âgée de 12 ans.

 

Mort de son père C.L Franklin

Au Aladdin Hotel de Las Vegas le 10 juin 1979, Aretha Franklin apprend que son père, C. L., a été abattu à bout portant dans sa maison de Détroit. Après six mois passés à l’hôpital Henry Ford et alors qu’il est encore dans le coma, C. L. est ramené chez lui. Des soins infirmiers lui sont administrés 24 heures sur 24. Aretha revient à Détroit fin 1982 pour aider aux soins de son père et soutenir ses sœurs.

Le révérend meurt à la New Light Nursing Home de Détroit le 27 juillet 1984.

 

Proches dans l’industrie musicale

Aretha Franklin est, entre autres, une amie proche de Stevie Wonder, Smokey Robinson, Berry Gordy, Ray Charles, Mavis Staples, Mahalia Jackson, Sam Cooke, The Four Tops, Chaka KhanLuther VandrossGladys Knight, Patti Labelle et Cissy Houston, mère de Whitney Houston — dont elle est la marraine. — et choriste au sein des Sweet Inspirations pour Aretha. Cissy Houston chante d’ailleurs en fond sonore sur le tube d’Aretha Ain’t No Way.

Aretha Franklin rencontre pour la première fois la fille de Cissy, Whitney Houston, au début des années 1970. Elle devient sa marraine de cœur. Whitney l’appellera toute sa vie : « Auntie Ree » (Tante Ree).

 

Addictions

Aretha Franklin a lutté une grande partie de sa vie contre l’alcoolisme, la boulimie et l’addiction au tabac, qu’elle fumait à la chaîne. Elle arrête l’alcool dans les années 1960 et le tabac en 1992.

 

Opinions politiques

Aretha Franklin est une démocrate de longue date. Elle a chanté avant plusieurs meetings de Barack Obama, plusieurs conventions démocrates et pour l’investiture de trois présidents démocrates: Jimmy Carter, Bill Clinton et Barack Obama.

 

Croyances

Elle était chrétienne baptiste et a organisé plusieurs concerts à l’église baptiste New Bethel Baptist Church de Détroit.

 

Controverses

À l’enterrement de Whitney Houston le 18 février 2012, Aretha annule sa venue en raison de spasmes à la jambe. La chanteuse Dionne Warwick fera remarquer l’absence d’Aretha en direct pendant la cérémonie. Une guerre médiatique est alors lancée entre les deux artistes.

Aretha Franklin est connue pour ses rivalités avec un certain nombre de ses pairs notamment Barbra Streisand, Roberta Flack, Gladys Knight, Diana Ross, Luther Vandross et Tina Turner.

En 1976, Natalie Cole sort le titre This Will Be. La chanson, d’abord proposée à Aretha, est finalement enregistrée par Natalie Cole, fille de Nat King Cole. La chanson devient un succès mondial. Fortement influencée par Aretha, Natalie Cole remporte le Grammy Awards de la meilleure performance féminine R&B qu’Aretha avait gagné jusqu’ici tous les ans pendant 8 ans. L’étiquette de « nouvelle Aretha Franklin » donnée par la presse à Natalie Cole entraîna une rivalité entre les deux chanteuses.

Aretha souffre de troubles alimentaires depuis la mort de sa mère à l’âge de dix ans7. Ses prises de poids à répétition sont vivement relayées dans les medias. En 2011, après un hommage rendu aux Grammy Awards, Aretha apparaît très amincie. Elle reconnaîtra à la journaliste Wendy Williams avoir perdu 85 livres (environ 40 kilos).

Lors de la 50e cérémonie des Grammy Awards le 10 février 2008, la chanteuse Beyoncé prend la parole pour présenter Tina Turner. À la fin d’un magnéto où elle cite entre autres Aretha, Beyoncé déclare qu’« il existe une légende qui possède l’essence de tout : du glamour, de la soul, de la passion, de la force, du talent. Mesdames et messieurs… levez-vous pour la reine ! » L’agent d’Aretha rapporte après la cérémonie sa réaction : « Je ne sais pas exactement qui, des auteurs des Grammys ou de Beyoncé, j’ai froissé […], mais c’est un élément propre à créer la polémique. » Quelque temps plus tard, Aretha reconnaitra cependant être une grande admiratrice de Beyoncé.

En 2014, David Ritz, avec qui Aretha avait coécrit son autobiographie, publie Respect: The Life Of Aretha Franklin. Aretha déclare alors : « Comme beaucoup d’entre vous le savent, un livre poubelle, rempli de mensonges à mon sujet vient de sortir… Les actions [de son auteur] sont évidemment vindicatives — cherchant à se venger d’avoir supprimé certains passages délirants qu’il voulait inclure dans mon livre il y a 15 ans. Il est évident qu’il m’en veut depuis. » Le livre revient sur ses premières grossesses, sur la personnalité de son père et de sa mère, sur ses rivalités avec ses pairs, sur sa grande timidité, sa jalousie, sur ses excès de diva, sa boulimie, ses dépressions ou encore sur son addiction à l’alcool. David Ritz reproche à Aretha d’avoir cherché à peindre dans les médias une vie idyllique en omettant les épreuves et moments douloureux de sa propre vie.

À la suite du décès d’Aretha Franklin, le président Donald Trump déclare qu’il la connaissait bien et qu’elle avait travaillé pour lui à plusieurs reprises. Cette déclaration fait réagir — beaucoup rappellent qu’Aretha Franklin avait refusé de chanter à la cérémonie d’investiture de Donald Trump. Il voulait en effet qu’elle chante pour « réconcilier le pays » après son élection mais elle avait alors déclaré qu’aucune somme d’argent ne pouvait la convaincre de venir jouer pour lui.

Lors des MTV Video Music Awards en 2018, Madonna est invitée pour rendre hommage à Aretha. L’hommage jugé mégalomane oblige Madonna à réagir à la polémique. Elle déclare : « On m’a demandé de présenter le prix de la vidéo de l’année ! Puis on m’a demandé de partager des anecdotes dans ma carrière liées à Aretha Franklin ! J’ai évoqué une étape sur ma route et j’ai remercié Aretha de m’avoir inspirée. Je n’ai pas voulu lui rendre un hommage ! Je n’aurais pas pu lui rendre justice dans ce contexte. Hélas les gens ont une capacité d’attention limitée, et ils jugent rapidement. J’adore Aretha ! »

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/38863-Aretha-Franklin

ARCADIA

Arcadia était un groupe britannique de la nouvelle vague formé en 1985 par Simon Le Bon , Nick Rhodes et Roger Taylor de Duran Duran en tant que projet parallèle pendant une pause dans le programme du groupe. Le projet n’a été actif qu’en 1985 et 1986 et pour un seul album, So Red the Rose , qui a été certifié Platine aux États-Unis et comprenait les singles  » Election Day « ,  » Goodbye Is Forever « ,  » The Flame « , et  » The Promise  » (avec David Gilmour et Sting). Le batteur Roger Taylor n’est apparu que dans quelques photographies du groupe et un clip vidéo (« Election Day »), et a déclaré qu’il ne devait être impliqué que dans le côté enregistrement du projet (il a également eu une implication mineure dans The Power Station , l’autre Duran Groupe dissident de Duran, formé par Andy et John Taylor de Duran Duran aux côtés de Robert Palmer et Tony Thompson de Chic ).

Le nom du groupe aurait été inspiré par le tableau de Nicolas Poussin Et in Arcadia ego (également connu sous le nom de « The Arcadian Shepherds »).

 

Carrière musicale

So Red the Rose ( 1985 )

Le groupe n’a enregistré qu’un seul album, le disque de platine So Red the Rose . Il a culminé au n ° 30 au Royaume-Uni et au n ° 23 aux États-Unis, et a présenté le single  » Election Day  » du Royaume-Uni / États-Unis, [1] ainsi que les 40 meilleurs tubes  » The Promise  » et  » Goodbye Is Forever « . Il contient également le single « The Flame » et les singles promotionnels « Missing », « El Diablo » et « Keep Me in the Dark ».

Simon Le Bon a décrit So Red the Rose comme « l’album le plus prétentieux jamais réalisé », tandis qu’AllMusic l’a qualifié de « meilleur album que Duran Duran n’a jamais réalisé ». Les musiciens qui ont contribué à l’album comprenaient les guitaristes David Gilmour ( Pink Floyd ) et Carlos Alomar , le pianiste Herbie Hancock , Sting (qui a fourni les chœurs sur « The Promise »), Grace Jones (qui a fourni la parole intro/interlude sur « The Flame » et « Election Day »), le bassiste Mark Egan du Pat Metheny Group (dont le son fretless distinctif peut être reconnu dans « The Promise », « El Diablo » et « Lady Ice »), Masami Tsuchiya et David Van Tieghem , un percussionniste de New York.

Une collection de vidéos a également été publiée, qui comprenait des vidéoclips pour les singles réalisés par Roger Christian , Marcelo Anciano , Russell Mulcahy et Dean Chamberlain, Le groupe a également enregistré et sorti le single « Say the Word » pour la bande originale du film Playing for Keeps , qui n’était pas inclus sur So Red the Rose .

EMI a réédité l’album sous la forme d’un coffret de trois disques en avril 2010. Cette remasterisation a rassemblé toutes les permutations et remixes des morceaux publiés par le groupe. Le troisième disque comprenait la collection vidéo sur DVD, mais il n’inclut pas la vidéo de « Say the Word ».

 

Changements de bande

Arcadia a poursuivi la tradition Duran Duran d’une image lisse. Pour l’incarnation Arcadia de leur esthétique de groupe en constante évolution, Le Bon, Rhodes et Roger Taylor ont revêtu un look « gothique » haut de gamme composé de smokings noirs, de vêtements de cérémonie vintage et de nœuds papillons. Les trois se sont également teints les cheveux en noir, comme on l’a vu lorsqu’ils se sont produits (en tant que Duran Duran, avec Andy et John Taylor) au concert Live Aid de 1985 à Philadelphie, Au moment où la vidéo de leur single  » The Flame  » a été réalisée au début de 1986 (dans laquelle John Taylor a fait une apparition), Rhodes avait changé sa couleur de cheveux en blond doré et Le Bon était revenu à sa coiffure habituelle.

Autres apparitions

Le groupe a fait diverses apparitions promotionnelles à la télévision, mais n’a jamais tourné. Lorsque Duran Duran a sorti son album Notorious et a tourné, « Election Day » a été inclus dans le set avec « Some Like It Hot » de The Power Station. Le batteur Roger Taylor a pris sa retraite du monde de la musique pendant 15 ans après la sortie de l’album Arcadia, mais est revenu en 2001 pour rejoindre la formation classique la plus célèbre de Duran Duran.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/65957-Arcadia-3

APACHE INDIAN

Steven Kapur BEM (né le 11 mai 1967), connu sous le nom de scène Apache Indian , est un auteur-compositeur-interprète et DJ de reggae britannique. Il a connu une série de succès dans les années 1990. Il est surtout connu au Royaume-Uni pour la chanson  » Boom Shack-A-Lak « , qui a atteint le top dix en août 1993.

 

Biographie et carrière​

Né dans une famille d’ origine indienne , Kapur a grandi à Handsworth , Birmingham, Royaume-Uni, une région racialement mixte avec d’importantes communautés noires et asiatiques , siège de groupes de reggae tels que Steel Pulse , et au début des années 1980, il travaillait avec des systèmes audio locaux. et j’ai fait pousser des dreadlocks. Au milieu des années 1980, il s’était coupé les cheveux et commençait à se faire un nom en tant que DJ de dancehall . Apache a enregistré son premier single en 1990, « Movie Over India », initialement un pressage en marque blanche, jusqu’à ce qu’il soit repris par le distributeur de reggae Jet Star . Le single mélangeait des sons ragga et bhangra et était extrêmement populaire parmi le public des deux genres. Deux autres singles suivirent dans la même veine, « Chok There » et « Don Raja », l’attirant à l’attention des majors, et en 1992 il signa un contrat d’enregistrement avec Island Records.

Avec la collaboration de ses cousins ​​Simon & Diamond , il a présenté au monde le nouveau son hybride du bhangra raggamuffin – également connu sous le nom de bhangramuffin – avec son premier album No Reservations , enregistré en Jamaïque et produit par Simon & Diamond, Phil Chill, Robert Livingston. , Bobby Digital et Sly Dunbar en 1993. Il a été suivi par Make Way for the Indian (produit par Sly & Robbie , The Press, Mafia & Fluxy , Pandit Dineysh et Chris Lane), qui mettait en vedette le rappeur Tim Dog et a donné naissance au frappé  » Boom Shack-A-Lak « . En 1997, il se sépare d’Island et son prochain album, « Real People » (produit par Harjinder Boparai) est signé et publié par Warner Bros. Suède et s’avère être son album le plus expérimental, et contient également plus d’éléments indiens que les autres albums. En 2000, Apache s’était séparé de Warner ; il a ensuite signé avec la société de gestion américaine Sunset Entertainment Group, ce qui a amené plus tard en 2013 Apache à collaborer sur un album avec les producteurs à succès Jim Beanz et Charlie Hype (tous deux également signés avec Sunset Entertainment Group).

Au niveau des paroles, les Indiens Apache chantent généralement en patois jamaïcain . Il a écrit des chansons sur des sujets sérieux, tels que « Mariage arrangé », « Avertissement sida » et « Crise électorale ». ainsi que des chansons plus légères telles que « Boom Shack-A-Lak », « Jump Up », « Girls Dem Fiyah » et « Celebrate ».

Apache Indian a enregistré avec Wreckx ‘n’ Effect, le top des charts américain Sean Paul , Maxi Priest , General Levy , Brian et Tony Gold, Frankie Paul , Shaggy , Yami Bolo , Boy George , AR Rahman , Bappi Lahiri , Sameera Singh, Asha Bhosle et Pras of the Fugees , Malkit Singh et avec Jazzy B sur l’album Dil Luteya , StereoNation, Sasi the Don, Bally Sagoo, Raghav et Jim Beanz. Il a également été chanteur de lecture pour la bande originale d’ Iddarammayilatho.

« Boom Shack-A-Lak » est présenté dans plusieurs films hollywoodiens, dont Dumb and Dumber et Dumb and Dumber To . Il figure également sur la bande originale de Scooby-Doo 2 : Monsters Unleashed , aux côtés d’artistes tels que Fatboy Slim , The B-52’s , 2 Unlimited et New Radicals et le film Threesome.

En 2018, il a co-animé les Brit Asia TV Music Awards avec Preeya Kalidas.

Son single « Om Namaha Shivaya » figure sur l’ album de compilation Putumayo World Music , World Reggae , qui est une collection de morceaux de reggae interprétés par des artistes du monde entier.

Apache Indian a été nominé pour un Ivor Novello Award pour la meilleure chanson contemporaine pour « Arranged Marriage », et nominé pour un Mercury Music Prize pour son premier album No Reservations en 1993. Apache Indian a également été nominé pour le Central Britain Media and Arts Asian Jewel Award. en 2004. Apache a reçu un prix aux Asian Media Awards à Manchester au Royaume-Uni pour son talk-show Real Talk (présenté sur Brit Asia TV ) en 2013 et en 2014, il a également reçu le Lifetime Achievement Award aux Asian Media Awards. Fin 2014, Apache a reçu un prix pour l’ensemble de sa carrière décerné par Brit Asia TV.

Apache Indian a réalisé une sortie limitée de son album It Is What It Is fin 2013 sur Universal India. Le premier single de l’album, « Celebrate », était une collaboration avec le chanteur pop canadien Raghav et le producteur Jim Beanz . L’album a été écrit et enregistré à Philadelphie au siège du Sunset Entertainment Group, avec la production de Jim Beanz, Charlie Hype, TroyBoi et J.Nick.

Il a reçu la Médaille de l’Empire britannique (BEM) lors des honneurs du Nouvel An 2021 pour services rendus à la musique et à la jeunesse et s’est produit lors de la cérémonie de clôture des Jeux du Commonwealth de 2022 dans sa ville natale de Birmingham.

 

Académie de musique indienne Apache

En novembre 2013, Apache Indian a ouvert l’Apache Indian Music Academy au South and City College, dans sa ville natale de Handsworth.

 

Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/49884-Apache-Indian

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