CAROLINE LEGRAND
Caroline Legrand (ou Karoline Legrand) est une chanteuse française née le , essentiellement connue pour son tube J’aurais voulu te dire, titre qui a été composé par François Feldman et écrit par Jean-Marie Moreau. Extrait de l’album À fleur de peau, le single a atteint la 6e place du Top 50 au printemps 1989, et s’est écoulé à plus de 200 000 exemplaires en France.
En 1995, elle sort un album réalisé par Didier Barbelivien, Être ensemble, sous le nom légèrement modifié de Karoline Legrand. Auteure/compositrice, elle est également comédienne et danseuse, participe à la création de décors pour la télévision, le cinéma, la mode et le théâtre, mais aussi artiste peintre, et militante défenseuse des animaux.
Elle se produit avec son groupe Karoline Legrand Blues Project à travers l’Europe. En 2004, elle revient sous le nom de Zaya avec le single Initiation of Love.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/510063-Caroline-Legrand
CAROLINE GRIMM
Caroline Grimm, née le , est une réalisatrice, productrice, actrice, romancière et chanteuse française.
Biographie
Fille de l’actrice Sophie Grimaldi et de Gilbert Ledermann, elle commence sa carrière dans la chanson en 1985, avec la sortie de La Vie sans toi qui devient disque d’or et reste 19 semaines au Top 50. Elle suit des études de littérature, produit et présente sur France Inter toutes les nuits en direct, pendant quatre étés, une émission intitulée La Nuit Caroline de 1996 à 2000. Au début de l’année 2000, elle sort un livre érotique intitulé La Nuit Caroline.
Elle rejoint l’équipe d’Élie Chouraqui et écrit et produit pour lui plusieurs fictions dont Victoire ou la Douleur des femmes de Nadine Trintignant. Ensuite elle est appelée par France 3 pour s’occuper de la production des fictions au sein de la chaîne, poste qu’elle occupe quatre ans.
En 2009, Caroline Grimm publie une biographie d’Olympe de Gouges, intitulée Moi, Olympe de Gouges. Elle adapte ensuite son récit au théâtre et joue son spectacle au Petit Théâtre de Paris, dans une mise en scène de Marc Jolivet, pendant plusieurs mois. Elle le rejoue salle Gaveau, pour le prix Olympe de Gouges qu’elle a organisé, le 19 septembre.
Pendant l’été 2009, on la retrouve sur France 3 aux côtés de Marc Jolivet dans Rire c’est bon pour la planète, des sketches d’une minute à vocation pédagogique, 60 sketchs pour une écologie joyeuse, produit par Luc Besson.
En 2010, elle écrit et réalise son premier court-métrage : Sous l’oreiller dont le rôle-titre est tenu par Sophie-Charlotte Husson. Le film est coproduit par France 3 et fait l’objet de plusieurs rediffusions.
En 2014, elle publie Churchill m’a menti chez Flammarion, roman inspiré de faits historiques peu connus et d’une histoire familiale (la déportation de son grand-oncle) qui lui a fait découvrir un chapitre de la Seconde Guerre mondiale (des camps de concentration nazis sur les îles anglo-normandes). C’est un succès. Gérard Collard l’élit comme « roman de la rentrée ».
En 2019, elle publie Vue sur Mère aux éditions Héloïse d’Ormesson, roman inspiré d’un fait divers amoureux en plein débat en France sur les lois d’accès aux origines pour les enfants nés de parents inconnus. Une adaptation pour l’écran est en cours.
Le 6 mai 2021, paraît son cinquième roman, Ma Double vie avec Chagall aux éditions Héloïse d’Ormesson, qui conte la vie de Marc Chagall et l’amour fou qui l’a uni à Bella, sa muse et sa première femme.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/509137-Caroline-Grimm
CAROLE FRÉDÉRICKS
Carole Fredericks, née le à Springfield (Massachusetts), et morte le à Dakar (Sénégal), est une chanteuse afro-américaine.
Sœur cadette du musicien de blues Taj Mahal, elle est principalement connue pour sa collaboration avec Jean-Jacques Goldman et Michael Jones dans le trio Fredericks Goldman Jones. Elle a également mené une carrière de choriste, notamment sur le premier album de Mylène Farmer, Cendres de lune (1986), et sur sa première tournée en 1989, ainsi que pour Johnny Hallyday, Michel Sardou, France Gall, Hubert-Félix Thiéfaine et Roch Voisine.
Biographie
Carole Fredericks est née le à Springfield dans le Massachusetts. Elle est le cinquième enfant de Mildred et de Harry Fredericks. À l’âge de 20 ans, elle part vivre en Californie où elle commence sa carrière de chanteuse tout en vivant de petits boulots.
En 1979, sur un coup de tête, elle rejoint la France. Les événements s’enchaînent très vite avec la signature d’un contrat pour l’enregistrement d’un disque Black Orchid mais surtout de nombreux engagements comme choriste auprès d’artistes renommés comme Sylvie Vartan, Hubert-Félix Thiéfaine, Mireille Mathieu, Serge Gainsbourg, France Gall, Mylène Farmer, François Feldman, Eurythmics, Simple Minds, Elli & Jacno ou Guesch Patti. Carole Fredericks fait partie des choristes très en vogue dans les années 1980-1990 et elle est souvent accompagnée de ses amies Ann Calvert, Yvonne Jones, Joniece Jamison, Debbie Davis et Beckie Bell en studio ou sur scène.
En 1990, elle rejoint Jean-Jacques Goldman et Michael Jones pour former le trio Fredericks Goldman Jones. Il en résultera deux albums studio et deux albums live, trois tournées et des milliers de spectateurs. L’aventure avait débuté quatre ans auparavant sur les précédentes tournées de Jean-Jacques Goldman et c’est naturellement que le trio s’est formé.
En 1996, Carole Fredericks répond à l’attente de ses fans en publiant l’album Springfield comportant 14 chansons aux styles blues et gospel. Elle signe les textes et confie la composition à Gildas Arzel, Erick Benzi, Jean-Jacques Goldman, Jacques Veneruso. Ces derniers participent à la production artistique de l’album. Son frère Taj Mahal et sa sœur Connie viennent donner de la voix sur plusieurs titres. Plusieurs titres seront extraits pour la promotion de l’album : Change, Shine, Jesus in me et Run away Love (qui servira de chanson-thème au film Une chance sur deux de Patrice Leconte).
En 1999, un deuxième album paraît. Les onze titres de Couleurs et parfums mélangent titres inédits et reprises de différents styles musicaux. Parmi les auteurs-compositeurs de l’album, on retrouve Jacques Veneruso, Jean-Jacques Goldman, Yvonne Jones et Michael Jones. L’album a été annoncé, l’été précédent, avec le titre à succès Personne ne saurait en duo avec le groupe Poetic Lover. Suivront les singles Qu’est-ce qui t’amène, Respire et Le prix à payer.
En mars 2001, elle est l’une des nombreuses interprètes du titre Que serais-je demain ? en tant que membre du collectif féminin Les Voix de l’espoir créé par Princess Erika.
Carole Fredericks meurt d’une crise cardiaque le à Dakar, deux jours après avoir fêté ses 49 ans, en descendant de scène à la fin d’un concert. Elle repose au cimetière de Montmartre (division 23) à Paris.
Dix ans après sa disparition, le , Legacy Recordings publie un album compilation comprenant 17 titres dont 14 issus de ses deux derniers albums solo.
Hommages
À son retour du Sénégal, Carole Fredericks devait rejoindre ses compagnons Michael Jones et Jean-Jacques Goldman pour un concert live Autour du blues au Club Med World Paris-Bercy (le ). Ils ont quand même tenu à se produire pour interpréter la chanson Dust My Blues que le trio vocal aimait partager sur scène.
Lors de sa tournée Un tour ensemble en 2002, Jean-Jacques Goldman lui a rendu hommage avec la chanson Juste après. La voix de Carole Fredericks s’immisce grâce à une de ses anciennes prestations lors d’une des tournées avec le trio vocal Fredericks Goldman Jones. En passant et Veiller tard, dans une atmosphère particulière, suivent Juste après. Jean-Jacques a expliqué qu’en chantant En passant il n’a pensé qu’à Carole et ensuite il ne se voyait pas repartir sur des chansons « joyeuses » d’où Veiller tard qui sert de passerelle pour que le concert continue.
En 2004, Jacques Veneruso écrit deux titres hommages à son amie disparue. Ce qui nous manque de toi est interprété par Lââm en compagnie de Jean-Jacques Goldman, Michael Jones et Jacques Veneruso ; quant à Un dernier blues pour toi, il est interprété en solo par Michael Jones et ouvre son album Prises et Reprises.
Du au , la ville natale (Springfield – Massachusetts) de Carole Fredericks et de son grand frère Taj Mahal (avec le concours de la fondation Carole Fredericks) a consacré une exposition retraçant leurs évolutions artistiques et musicales.
Depuis 2008, une rue de la ville de Montreuil (département de Seine-Saint-Denis, France) porte le nom de Carole Fredericks.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/318885-Carole-Fredericks
CAROL JIANI
Carol Jiani (née Uchenna Carol Ikejiani) est une chanteuse d’origine nigériane basée au Royaume-Uni, surtout connue pour son tube de 1981 « Hit ‘N Run Lover ».
Carrière
Uchenna Carol Ikejiani est née au Nigéria dans une famille Igbo. Elle a déménagé au Canada comme étudiante au milieu des années 1970.
À l’automne 1978, elle auditionna pour figurer sur l’album Montreal de Joe La Greca . Début 1978, Jiani enregistra deux titres pour ce projet, « If You Believe in Me » et « Higher and Higher ». Ces titres furent publiés sur un EP, où elle était créditée sous son nom de naissance. Glenn LaRusso, du label Salsoul Records, la convainquit de raccourcir son nom d’Uchenna Carol Ikejiani en Carol Jiani afin de faciliter sa prononciation pour le public nord-américain.
En 1980, Carol Jiani enregistre deux titres composés par Sandy Wilbur avec La Greca : « Hit ‘N Run Lover » et « All The People of the World ». « Hit ‘N Run Lover » est remixé par le label Moby Dick Records de San Francisco pour son label Gold Standard et devient le titre phare de Jiani , atteignant la 4e place du classement Billboard Club Play Singles aux États-Unis en 1981. Fort du succès de « Hit ‘N Run Lover », Matra Records lui commande un album complet, également intitulé « Hit ‘N Run Lover » . « The Woman in Me » est le deuxième single extrait de l’album, mais sa face B , le titre uptempo « Mercy », écrit par Pete Bellotte et Sylvester Levay , surpasse la face A en popularité auprès des DJ et devient un nouveau succès pour Jiani. « Mercy », le seul titre de l’album qui ne soit pas composé par Sandy Wilbur, avait été enregistré auparavant par Judy Cheeks. Un deuxième album, Ask Me, est sorti l’année suivante, donnant naissance aux singles « Ask Me », « X-Rated » et « You’re Gonna Lose My Love ». En 1982, Jiani a enregistré les parties vocales de « Get Up and Do It Again ». La chanson a connu un grand succès, tout comme la seconde version enregistrée par la chanteuse principale de Mizz, Michelle Mills.
Fin 1983, elle sort son dernier titre produit par Joe LaGreca, « Touch And Go Lover », sur le label canadien Telescope. La chanson est également remixée par Step Pettibone et, pour les États-Unis, par John Robie. Sept titres sont enregistrés, mais l’album ne voit jamais le jour. Deux autres singles sont extraits de l’album : « Dancing In The Rain » et une reprise de « Don’t Leave Me This Way ». Finalement, tous les titres sont publiés en 1984 sur un maxi 45 tours au Royaume-Uni par le label Streetwave.
En 1984, Jiani s’installe en Angleterre et signe rapidement avec Record Shack pour enregistrer « Vanity » avec le producteur Ian Levine . Barbara Pennington avait déjà enregistré ce titre, mais avait refusé de le sortir pour se consacrer exclusivement à la musique soul . « Vanity » de Jiani, sorti en 1985, est un succès et atteint la première place du classement Hi-NRG Club britannique. Levine lui obtient un contrat avec MCA Records , et elle sort « Such A Joy Honey ». Selon Levine, « Turning My Back And Walking Away » devait être son deuxième single pour MCA, mais elle est renvoyée du label. MCA remet l’enregistrement à Levine, et le single est rapidement publié par son label Nightmare Records en 1987. Levine et Jiani produisent ensuite un album complet pour Hot Records, The Best of Carol Jiani , comprenant une nouvelle version de « Hit ‘N Run Lover », ainsi que des titres inédits.
Jiani est retournée au Canada pour collaborer à nouveau avec Joe La Greca sur son album Superstar , sorti en 1996. Deux singles en ont été extraits : « Come and Get Your Love » et « Superstar ».
Après Superstar , Jiani s’est faite discrète et a sorti peu d’enregistrements jusqu’à la fin des années 2000, date à laquelle elle a fait son retour en collaborant avec des producteurs de musique dance contemporaine comme Laurent Pautrat et Mondo. Jiani a également retrouvé Ian Levine pour prêter sa voix sur le titre « Work My Fingers to the Bone » de son album Northern Soul 2007. Levine et Jiani ont aussi enregistré une reprise de « Come To Me » de France Joli.
Début 2008, Carol Jiani a enregistré de nouveaux morceaux avec les producteurs Chris Richards et Peter Wilson. L’un des premiers titres sortis, « I Don’t Wanna Talk About Love », figurait sur la compilation Mad About The Boy 16 du label Klone Records. En mai 2010, « Broken », sa collaboration avec Jimmy D Robinson , a atteint la 9e place du classement UK Upfront Club de Music Week .
12 juin 2015, Carol Jiani au chant dans Jason Parker Meets Naxwell feat. Carol Jiani « Hold That Sucker Down » 2018 : « Deeper Love » Phoenix Lord Feat Carol Jiani.2018 « No More » Carol Jiani Feat Edge.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/51946-Carol-Jiani
CAROL DOUGLAS
Carol Douglas (née le 7 avril 1948) est une chanteuse américaine dont le tube « Doctor’s Orders » (1974) a été un morceau pionnier du genre disco .
Jeunesse et début de carrière d’acteur
Carol Douglas est née à Bedford-Stuyvesant, dans le quartier de Brooklyn à New York , aux États-Unis. Elle est la fille de Minnie Newsome, chanteuse de jazz qui aurait inspiré le classique de Cab Calloway « Minnie the Moocher » ; son père était croque-mort. Sam Cooke était son cousin. À 10 ans, Douglas a participé et remporté le jeu télévisé Name That Tune et déclare : « Ebony a suivi ma carrière pendant les trois années suivantes. »
Elle a fréquenté la Willard May School, une école pour enfants de professionnels, puis la Quintanos High School, un lycée pour jeunes professionnels, aux côtés de Gregory Hines , Bernadette Peters , Carol Lynley et Patty Duke. Au lycée, Douglas chantait dans un trio féminin nommé April May & June, représenté par Little Anthony and the Imperials . Elle a enregistré un single unique en 1965 pour RCA Victor , « I Don’t Mind (Being Your Fool) », sous le nom de Carolyn Cooke. Sa grossesse à l’âge de 15 ans, donnant naissance à son premier fils, a mis fin à l’intérêt de RCA pour sa promotion.
Douglas a également enregistré plusieurs jingles publicitaires pour la télévision – « Je faisais des voix off pour Ideal Toys et General Mills avec Bernadette Peters » – mais se souvient : « Je n’aurais jamais pensé devenir chanteuse. » Pendant la majeure partie des années 1960, Douglas s’est consacrée à une carrière d’actrice, apparaissant dans un épisode de The Patty Duke Show, mais jouant surtout dans des productions théâtrales, à commencer par One Tuesday Morning avec Clarice Taylor . Plus tard, Douglas a été la doublure de Jonelle Allen dans la production off-Broadway de The Life of Mary McLeod Bethune et a partagé l’affiche avec James Earl Jones et Cicely Tyson dans la pièce Moon on a Rainbow Shawl.
Elle a épousé son « amour de lycée », Ken Douglas, au milieu des années 1960 et a repris sa carrière musicale au début des années 1970, en tournée nationale sur le circuit des vieux tubes dans une formation des Chantels, avec la chanteuse originale Arlene Smith : avec ces Chantels, Douglas a enregistré le single « Some Tears Fall Dry » pour Capitol.
Carrière musicale
En 1974, Douglas est recrutée par Midland International Records grâce à une annonce parue dans le magazine Showbiz : Eddie O’Loughlin, vice-président du label et producteur, avait entendu le tube britannique « Doctor’s Orders » de Sunny et recherchait une chanteuse pour enregistrer le titre pour le marché américain. L’audition de Douglas débouche sur un contrat de cinq ans et sa version de « Doctor’s Orders » devient un succès, atteignant la 2e place du classement disco de Billboard , la 9e place du classement R&B et la 11e place du Hot 100 ; le single se classe également 4e en France.
Bien qu’O’Loughlin soit crédité comme producteur de « Doctor’s Orders », la production était en réalité l’œuvre de Meco Monardo , également producteur de « Never Can Say Goodbye » de Gloria Gaynor, qui avait connu un succès fulgurant à peu près au même moment. Certains affirment que chaque single a contribué à populariser le disco et à l’intégrer au Top 40. Carol Douglas sort son premier album, The Carol Douglas Album , en 1975, suivi de Midnight Love Affair en 1976 et de Full Bloom en 1977. L’expertise de Monardo fait défaut à la production de ses titres postérieurs à « Doctor’s Orders », qui la maintiennent dans le circuit des clubs, malgré une popularité grand public négligeable. Le single suivant « Doctor’s Orders », « A Hurricane Is Coming Tonite », fut son seul autre titre à figurer au Hot 100, atteignant la 81e place en avril 1975. Douglas se hissa à la première place du classement disco avec « Midnight Love Affair » ; la chanson apparut également dans le top 100 du magazine Cash Box, mais uniquement grâce à une reprise de Tony Orlando et Dawn, qui atteignit la 94e place. (En France, la version de Douglas atteignit la 82e place.)
Parmi les autres enregistrements de Douglas figure « Headline News », écrite par Roger Greenaway , co-auteur de « Doctor’s Orders » , et reprise par Sunny, l’auteur original de ce dernier titre. Dans la lignée de « Doctor’s Orders », Douglas a enregistré des reprises disco de plusieurs chansons à succès, récentes ou actuelles, au Royaume-Uni, notamment « Dancing Queen » d’ ABBA , « I Wanna Stay with You » de Gallagher and Lyle et « So You Win Again » de Hot Chocolate . En 1977, elle a enregistré le single « You Make Me Feel the Music » pour la bande originale du film Haunted .
« So You Win Again » a été arrangé par Michael Zager, dont la participation à son album Burnin’ (1978) a entraîné une amélioration critique (sinon commerciale). Burnin’ comprenait également la version de Douglas de « Night Fever » des Bee Gees – un arrangement qui n’était pas de Zager – qui est devenue son seul titre à figurer dans le UK Singles Chart, à la 66e place.
L’album de Douglas sorti en 1979, Come into My Life, était une tentative manifeste de relancer sa popularité en club ; il ne comportait que six titres et était produit par Greg Carmichael, qui avait déjà connu plusieurs succès disco avec des groupes de studio. Le single « I Got the Answer » n’a cependant rencontré qu’un succès modeste en discothèque. Bien qu’elle n’apparaisse pas dans le film Saturday Night Fever , dont l’intrigue se déroule dans un univers disco, sa notoriété était telle que son nom figurait sur l’enseigne de la discothèque du film. (On peut entendre un extrait de « Midnight Love Affair » lorsque Tony Manero, interprété par John Travolta , et ses amis sont au club).
En 1981, sa reprise de « My Simple Heart » des Three Degrees sort chez 20th Century Records, Midland International (alias Midsong) ayant alors cessé ses activités. « My Simple Heart » marque également ses débuts chez Carrère Records, label parisien où elle réside un temps : au début des années 1980, Carrère gère ses sorties européennes, tandis qu’aux États-Unis, elle est signée chez Next Plateau, le label d’O’Loughlin. Son dernier album à ce jour, « I Got Your Body », rebaptisé « Love Zone » aux États-Unis et au Canada, sort en 1983 et comprend ses quatre derniers singles 12 pouces de 1981 à 1983 : « My Simple Heart », « You’re Not So Hot », « I Got Your Body » et « Got Ya Where I Want Ya ». « You’re Not So Hot » atteint la 71e place des charts français en 1982.
Résurgence de carrière
Le regain de popularité des années 1990 a permis à Douglas de reprendre la route pour des tournées et des apparitions publiques lors de nombreux événements, notamment les concerts Martin Luther King , Beatstock ’97 , les retrouvailles du 20e anniversaire de Saturday Night Fever et la cérémonie d’intronisation au Dance Music Hall of Fame . En 2003, elle est retournée en studio pour chanter les chœurs sur l’ album Goddess Is Here! de Wanda Dee . Durant cette période, elle a également réenregistré plusieurs de ses tubes.
Douglas ne doit pas être confondu avec (et n’a aucun lien de parenté avec) Carl Douglas , un autre chanteur pop à succès éphémère dont le célèbre single numéro 1, « Kung Fu Fighting », figurait dans le Billboard Hot 100 à peu près en même temps que « Doctor’s Orders ».
Le tribunal du peuple
En 2003, Douglas fit une apparition dans l’émission « The People’s Court » (présidée par la juge Marilyn Milian ) en tant que plaignante dans une affaire l’opposant à la diva du disco Sharon Brown . Après le jugement, Brown déclara que la décision de Douglas de la poursuivre en justice n’était qu’un coup de publicité pour obtenir du temps d’antenne gratuit. Outre l’octroi à Douglas d’une partie (mais pas de la totalité) de la somme réclamée, la juge Milian lui fit chanter un court extrait de « Doctor’s Orders », ainsi qu’un extrait de la chanson « I Specialize in Love » (1982) de Brown.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/80117-Carol-Douglas
CAROL ARNAULD
Carol Arnauld, née Carole Valère le à Bagnolet et morte le à Chalon-sur-Saône, est une autrice-compositrice-interprète française, connue pour son tube C‘est pas facile… vendu à près de 250 000 exemplaires en 1986.
Biographie
Carol Arnauld commence sa carrière de chanteuse dans les années 1980 et connaît le succès en France avec le titre C’est pas facile…, sorti en 1986. La chanson traite de la mort de son frère, tué par un chauffard ; elle évoque sa souffrance et celle de sa mère. Le titre atteint la dixième place du Top 50 et reste classé pendant seize semaines. Il est certifié disque d’argent avec environ 230 000 exemplaires vendus.
Au début des années 1990, elle passe dans l’émission Succès fous, où sa chanson C’est pas facile… est classée à la sixième place des tubes proposés.
Après sa carrière de chanteuse, Carol Arnauld s’installe en Bourgogne pour rénover en 1992 un moulin à Beaumont-sur-Grosne. En 2000, elle ouvre un restaurant à Chalon-sur-Saône (nommé La chouette enrhumée) et le garde pendant quatre ans. En 2008, elle ouvre des chambres et tables d’hôtes à Saint-Martin-en-Bresse qu’elle gère durant sept ans.
En 2010, elle participe exceptionnellement à la tournée Âge tendre et Têtes de bois. En 2015, l’ancienne chanteuse reprend le snack de la piscine de Saint-Rémy. À l’été 2016, elle ouvre des gîtes insolites à Nanton.
Carol Arnauld meurt le à l’âge de 61 ans, des suites d’un cancer.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/1025632-Carol-Arnauld
CARLY SIMON
Carly Simon est une auteure-compositrice-interprète et actrice américaine, née le à New York.
Son plus gros succès musical est la chanson You’re So Vain. Elle a également connu un énorme succès avec le titre Nobody Does It Better, chanson-thème de L’Espion qui m’aimait. En 1972, elle a reçu le Grammy Award du meilleur nouvel artiste. Elle a aussi remporté l’Oscar de la meilleure chanson originale et le Golden Globe de la meilleure chanson originale en 1989 pour Let the River Run pour le film Working Girl.
Biographie
Carrière
La chanson You’re So Vain est adressée à un ancien compagnon, qu’elle décrit comme vaniteux et dont elle n’a jamais dévoilé l’identité pendant 43 ans. Cela a fait planer un mystère sur cette chanson.
Le , le site de The Guardian publie un article qui explique que la chanteuse a finalement révélé l’identité du mystérieux compagnon : l’acteur Warren Beatty.
On entend Mick Jagger qui participe à l’enregistrement (chœur).
Vie privée
En 1972, elle épouse l’auteur-compositeur-interprète James Taylor. Ils ont deux enfants, Ben et Sally, puis divorcent en 1983.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/36603-Carly-Simon
CARMEL
Carmel McCourt est une chanteuse britannique, née le à Scunthorpe, dans le Lincolnshire en Angleterre. Elle est surtout connue comme chanteuse éponyme du groupe Carmel, aux côtés du bassiste Jim Parris et du batteur Gerry Darby.
Enfance et adolescence
Née à Wrawby, dans le Lincolnshire, en Angleterre, Carmel McCourt a fréquenté l’école catholique St Bede sur Collum Avenue à Ashby, Scunthorpe, et le Brigg Girls’ High School.
Carrière
Son single Sally (mélange de soul/R&B et cha-cha-cha), sorti en 1986, a eu beaucoup de succès en France et Johnny Hallyday l’a invitée pour le duo J’oublierai ton nom, sur son album Gang.
Au début du nouveau millénaire, Darby a quitté le groupe et en 2002, Parris et McCourt ont fait une tournée avec un groupe de neuf musiciens pour interpréter d’anciens morceaux. Un DVD live intitulé More, More, More a été publié en 2004, avec des performances de l’ensemble du groupe et une interview de McCourt et Jim Parris.
En décembre 2011, McCourt et Parris, toujours sous le nom de Carmel, ont sorti l’album Strictly Piaf, composé de 10 reprises de chansons d’Édith Piaf.
En octobre 2012, McCourt est prêt à revenir sur scène avec une nouvelle formation, interprétant les classiques de Carmel ainsi que les titres de l’album Strictly Piaf. Elle se produit notamment à l’Islington Town Hall de Londres, au Stockton Georgian Theatre et au Band on The Wall de Manchester. Elle a déclaré à propos de ces spectacles : « Ce sera merveilleux de travailler avec les nouveaux musiciens. Ils sont tous excellents et il sera très agréable d’entendre les nombreuses chansons que Gerry Darby, Jim Parris et moi-même avons écrites ensemble au cours des années 1980 et 1990.»
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/151608-Carmel-2
CARLEEN ANDERSON
Carleen Cassandra Anderson (née le 10 mai 1957 à Houston, Texas, États-Unis) est une musicienne britannique installée au Royaume-Uni depuis 1990. Chanteuse, compositrice et musicienne du groupe Young Disciples , elle est reconnue pour ses nombreuses collaborations variées. Sa carrière solo a débuté en 1992. Elle est notamment connue pour ses compositions et ses opéras futuristes.
À trois ans, Anderson chantait déjà en solo devant l’assemblée. À sept ans, elle composait des chansons, jouait du piano à l’oreille et dirigeait la chorale de l’église Anderson Memorial Church of God in Christ, où son grand-père paternel, le révérend David Anderson, était pasteur. Ses talents vocaux étaient influencés par sa tante paternelle, Betty Faye Anderson, diplômée de la Juilliard School , chanteuse de gospel et soprano soliste de l’ Orchestre symphonique de Chicago.
Éducation
Après un bref mariage qui donna naissance à son fils, Bobby Anderson, en 1979, Carleen Anderson vécut comme mère célibataire divorcée à Los Angeles . Elle obtint plusieurs bourses pour étudier l’interprétation de musique classique et de jazz, ainsi que la pédagogie musicale, au Los Angeles City College (LACC) et à l’ Université de Californie du Sud (USC). Elle étudia également la littérature créative à l’ Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Pendant ses études, elle travailla comme tutrice étudiante pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant. Son objectif était alors de devenir professeure de musique, mais ses projets furent contrariés lorsque l’ administration de Ronald Reagan supprima les arts des programmes scolaires des écoles publiques. Comme il ne lui restait qu’un semestre pour obtenir son diplôme d’enseignement musical, elle dut accepter un emploi de secrétaire pour joindre les deux bouts.
Carrière
Le premier contrat d’enregistrement solo d’Anderson fut avec le label Circa de Virgin Records. La première sortie marketing fut l’EP Dusky Sappho en 1993. Son premier album True Spirit , sorti en 1994, connut un succès dans les charts pop grâce aux singles Mama Said , Let It Last et Nervous Breakdown.
Le deuxième album solo d’Anderson, Blessed Burden , sorti en 1998, a connu un succès commercial grâce aux singles Woman in Me et à une reprise de Maybe I’m Amazed de Paul McCartney.
Alberta’s Granddaughter était le premier album indépendant et le troisième album solo d’Anderson, sorti en 2002 sur son propre label, Dusky Sappho. Cet album comprenait une reprise de Don’t Look Back in Anger d’ Oasis.
Le quatrième album solo d’Anderson, Grace and Favours , a été enregistré en direct au Glee Club de Birmingham , en Angleterre. Il est sorti en 2003 chez Orange Room Music en formats CD et DVD, avec des extraits comprenant des interviews et des performances impromptues avec James Brown et Paul Weller.
Universal Records a sorti son cinquième album solo, Up to Now , en 2004. Il s’agissait d’une compilation de chansons de sa carrière jusqu’à cette date.
Son sixième album, Soul Providence , est sorti sur Dome Records en 2005. Il contient sa chanson, My Door is Open , qui a été remixée par Richard Earnshaw en 2010 en une production dancefloor et incluse sur l’album d’Earnshaw, In Time.
De 2002 à 2007, Anderson a enseigné et dirigé le département de chant au Brighton Institute of Modern Music (BIMM). Elle a également été artiste en résidence deux fois par an au Ronnie Scott’s Jazz Club de Soho , où elle s’est produite de 2006 à 2015. Son répertoire était varié et comprenait des classiques du jazz, des extraits de comédies musicales, des morceaux inédits, ainsi que ses succès commerciaux. En mars 2007, à l’occasion de la Journée internationale des femmes , Anderson a eu l’honneur de chanter pour Sa Majesté la Reine.
En 2014, le Arts Council England a octroyé à Anderson une subvention pour la production de son opéra tribal CAGE STREET MEMORIAL. En 2015, elle a également reçu une subvention de PRS Women Make Music pour enregistrer ses compositions de CAGE STREET MEMORIAL , paru en 2016 sous le label Freestyle Records, en tant que septième album de la série. La mise en scène de cet album au Barbican Theatre en 2018 lui a valu une nomination aux JazzFM Innovations of the Year Awards.
En 2019, Anderson est devenue artiste associée au Hall for Cornwall de Truro . Elle a dirigé les chœurs des BBC Singers et du UK Vocal Assembly au Royal Albert Hall pour l’hommage « Musique sacrée » rendu à Duke Ellington lors des BBC Proms en août 2019 , et a contribué à la performance en tant qu’arrangeuse vocale et directrice artistique. En juin 2020, Anderson a composé la musique et a interprété le rôle de chanteuse principale et de narratrice pour l’adaptation radiophonique de la BBC Radio 4 du roman *Cane * (1923) de Jean Toomer , figure emblématique de la Renaissance de Harlem , dans le cadre de la série *BBC Sounds Electric Decade*.
Travaux récents
En mars 2020, Arts Council England a octroyé à Anderson une subvention pour le développement de sa deuxième pièce de théâtre, MELIOR Opus Griot , en partenariat avec Hall for Cornwall, l’Université de Falmouth et son Académie de musique et d’arts du théâtre (AMATA). En raison des restrictions liées à la COVID-19 , la musique de cette fantaisie de voyage dans le temps sur le thème de l’océan a été diffusée en ligne en prévision de sa première représentation et de la tournée qui a suivi. MELIOR introduit le nouveau style de performance musicale d’Anderson, Opus Griot , un mélange de narration, de chant, de poésie, d’art visuel et d’accompagnement musical. Une avant-première scénique réussie a suivi au Cornwall Playhouse en novembre 2022. Fin mai 2025, Carleen Anderson a fait ses adieux officiels à ses performances de Soul Music en participant à l’hommage Good Times à Norman Jay MBE au Royal Festival Hall de Londres. Quelques jours plus tard, début juin 2025, la première londonienne du festival SXSW, présentée par Black Lives in Music au Ditch (Shoreditch Town Hall), lui offrit une tribune pour présenter son opéra aux racines métissées, MELIOR Opus Griot. Bill Bankes-Jones, fondateur et directeur du festival d’opéra Tête-à-Tête, accompagna Anderson lors de cet événement prestigieux en tant qu’animateur d’interviews. Encouragée par l’accueil enthousiaste des impresarios professionnels présents dans la salle, Anderson poursuivit le développement de MELIOR Opus Griot, tant pour la scène que pour ses enregistrements audio.
vie personnelle
Carleen Anderson est la fille de la chanteuse Vicki Anderson (alias Myra Myrtle Barnes), la belle-fille de Bobby Byrd et la filleule de James Brown . Vicki Anderson a rencontré Bobby Byrd lorsqu’elle est devenue chanteuse invitée dans les concerts de James Brown dans les années 1960. Vicki Anderson a épousé Bobby Byrd, musicien, producteur et chef d’orchestre, qui était également un ami d’enfance de James Brown. On attribue à Bobby Byrd la formation d’un groupe de musique avec James Brown appelé The Flames, qui a ensuite été renommé James Brown and The Famous Flames.
Le père de Carleen, le Dr Reuben Anderson Sr., est pasteur de l’église évangélique Tower of Faith Evangelistic Church of God in Christ, à Compton, en Californie.
L’oncle de Carleen, David Anderson Jr., et ses filles, Pamela et Jhelisa , ainsi que leur mère, Yvonne, avaient un groupe vocal gospel familial très réussi qui a parcouru le sud des États-Unis dans les années 1960 et 1970.
Carleen Anderson a un fils, l’auteur-compositeur-interprète/producteur de musique et conférencier en musique, Bobby Anderson (alias Wilderman), qui a une fille, la petite-fille de Carleen, Atari.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/12318-Carleen-Anderson
CARL LEWIS
Frederick Carlton Lewis , dit Carl Lewis , né à Birmingham (Alabama) le 1er juillet 1961, est un athlète américain. Il a notamment remporté dix médailles olympiques dont neuf en or, ainsi que dix médailles aux championnats du monde d’athlétisme dont huit en or.
Sa carrière, plusieurs fois interrompue, a duré de 1979 à 1996, année durant laquelle il a conquis son dernier titre olympique, partageant avec Paavo Nurmi dans les années 1980, le rang de sportif le plus titré aux Jeux olympiques en athlétisme. Il a ensuite orienté sa carrière vers le métier d’acteur.
Lewis est un sprinter et un sauteur qui a marqué durablement sa discipline. Régulièrement inscrit en première place du classement mondial de 1980 au début des années 1990 sur les épreuves de 100 m, de 200 m et de saut en longueur, l’athlète a amélioré à plusieurs reprises les records du monde du 100 mètres, du relais 4 × 100 m et du 4 × 200 m. En 1982, 1983 et 1984, il est élu « athlète de l’année » par le magazine américain Track & Field News. Sa série de soixante-cinq victoires consécutives en dix ans de saut en longueur constitue l’une des performances les plus remarquables de l’histoire de l’athlétisme. En 1984 à Los Angeles, il devient 48 ans après Jesse Owens le deuxième athlète à remporter les médailles d’or olympiques du 100 m, du 200 m, du relais 4 × 100 m et du saut en longueur.
Ses prestations lui valent de nombreuses distinctions : il est ainsi élu « sportif du siècle » par le Comité international olympique (CIO) et « olympien du siècle » par le magazine sportif américain Sports Illustrated. De plus, Lewis joue un rôle significatif dans la professionnalisation de l’athlétisme, permettant aux athlètes de faire des carrières plus longues et plus lucratives. En 2024, il participe à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, entouré d’autres stars internationales du sport mises à l’honneur.
Jeunesse
Né dans l’Alabama, Carl Lewis grandit à Willingboro dans la banlieue de Philadelphie (Pennsylvanie). Sa mère, Evelyn Lawler, est elle-même athlète et participe aux Jeux panaméricains de 1951 dans l’équipe de course de haies. Sa sœur Carol qui pratique le sprint et, à 10 ans, le saut en longueur, est reconnue avant que Carl ne devienne célèbre.
Ses parents déménagent à Philadelphie après que sa mère a vu à la télévision son mari, William McKinley Lewis Jr., aspergé au canon à eau par la police durant une manifestation du mouvement des droits civiques. Lewis affirmera plus tard que grandir dans la diversité raciale de Willingboro est « la même expérience qu’un livre ouvert ». Dès sa jeunesse, l’athlétisme joue un rôle important dans la vie de Lewis . Ses parents, tous deux enseignants, lancent le Willingboro Track Club pour filles, car l’école publique manque de programme d’athlétisme pour les filles. Lorsqu’ils ne trouvent pas de baby-sitter pour le jeune Carl, celui-ci et sa jeune sœur s’amusent au terrain d’athlétisme, dans le bac à sable du saut en longueur. L’association accepte rapidement les garçons et Carl y débute.
Lewis ne devient pas immédiatement un athlète prometteur, il est le plus faible de la famille alors que ses frères et sœur connaissent une meilleure progression. Alors que son potentiel paraît mince, ses parents l’encouragent à se fixer des buts et à les atteindre. Vers 9 ans, Carl Lewis rencontre l’idole de sa jeunesse Jesse Owens. Plus jeune, son père lui racontait avec un profond respect les exploits de l’ancien athlète. Lors de cette entrevue, l’ancien champion conseille à l’enfant de « prendre avant tout du plaisir ». Son père, Bill Lewis , meurt d’un cancer en 1987. Carl lui dédie ses médailles olympiques en 1988.
La carrière d’athlète
1979 : l’ascension d’un athlète
Lewis commence le saut en longueur dès l’âge de treize ans et se révèle prometteur alors qu’il suit le cursus de la Willingboro High School. En première année, il est l’un des meilleurs sauteurs du New Jersey et en dernière année, il est devenu un des meilleurs sauteurs au monde. Comme de nombreuses universités tentent alors de l’enrôler, il choisit l’université de Houston où exerce alors l’entraîneur Tom Tellez qui reste son entraîneur durant toute sa carrière. En 1979, quelques jours après avoir obtenu son diplôme, il bat le record de l’école de saut en longueur, avec 8,13 m.
Carl Lewis laisse entendre qu’il veut gagner sa vie grâce à ses qualités d’athlète alors que l’athlétisme est encore un sport amateur. Lorsqu’il rencontre Tellez pour la première fois à son arrivée à Houston, Lewis dit : « Je veux devenir millionnaire et ne veux jamais avoir un emploi ordinaire ». À la fin de sa première année universitaire, il intègre pour la première fois le classement mondial publié par Track & Field News, magazine américain autoproclamé « Bible du sport » en figurant au cinquième rang mondial en saut en longueur.
Lewis se qualifie dans la sélection américaine pour les Jeux olympiques d’été de 1980 pour le saut en longueur et le relais 4 × 100 m. Bien qu’il se consacre essentiellement au saut en longueur, son talent de sprinter éclate. Mais les États-Unis boycottent les Jeux de Moscou et Carl Lewis ne peut s’illustrer. Il termine l’année sixième athlète mondial en saut en longueur, septième au 100 m.
1981-1982 : la percée
En 1981, Lewis se révèle être un sauteur et un sprinter d’exception. À compter de cette année et jusqu’en 1992, il domine six fois le classement mondial du 100 m (la performance réalisée en 1987 par Ben Johnson est effacée) et n’apparaît jamais en dessous de la troisième place. Sa performance en saut en longueur est encore plus grande : durant la même période, il figure neuf fois en tête du classement mondial et deuxième les autres années. Il gagne le premier de ses six titres de la National Collegiate Athletic Association (NCAA) pour l’université de Houston avant de remporter ses deux premiers titres nationaux sur 100 m et en saut en longueur. Comme il est exceptionnel qu’un athlète participe aux deux disciplines et les domine, il est comparé à Jesse Owens qui a dominé ces disciplines durant les années 1930.
Au début de 1981, sa meilleure prestation en saut en longueur efface celle de sa période scolaire effectuée deux ans auparavant. Le 20 juin, alors encore âgé de moins de vingt ans, il améliore son record personnel avec un saut de 8,62 m pendant le championnat TAC. Plus encore, ce saut est alors le deuxième meilleur saut de tous les temps (derrière celui de Bob Beamon en 1968) et établit le record du monde au niveau de la mer.
Bien que les sauts en altitude entrent en ligne de compte pour les records du monde, certains puristes considèrent que l’air raréfié à cette altitude offre un avantage à l’athlète. Certains pensent même que les records réalisés en altitude devraient être annulés à l’image des sauts effectués avec un vent favorable de plus de deux mètres par seconde. L’avantage est plus évident en sprint et en saut car, pour les distances plus longues, l’avantage de l’air raréfié est annulé par un taux d’oxygène dans l’air plus faible. Lewis est résolu à réaliser ses records au niveau de la mer et à se passer de « l’air léger » qui poursuit les records « assistés ». En réaction à une question lui demandant pourquoi il ne participe pas à une compétition en altitude, il répond : « Je veux ce record et je compte l’obtenir, mais je ne veux pas voir ce « (H) » [caractérisant les records réalisés en altitude] figurer derrière. ». Lorsqu’il commence à être reconnu au début des années 1980, tous les records existant en saut et en sprint chez les hommes sont obtenus en altitude à Mexico (Jim Hines, Pietro Mennea, Bob Beamon).
En 1981, Lewis est l’homme le plus rapide du monde sur 100 m. Il améliore sa modeste meilleure performance de 1979 (10 s 67) un an plus tard en 10 s 21, performance de classe mondiale. Le 16 mai 1981, il court en 10 s 00 aux Championnats de la conférence Sud-Ouest (Southwest Conference Championships ) à Dallas, réalisant la troisième meilleure performance de tous les temps à l’époque et le meilleur temps au niveau de la mer. Lewis prend pour la première fois la tête du classement mondial à la fois sur 100 m et au saut en longueur. Il remporte également le James E. Sullivan Award, trophée récompensant le meilleur sportif amateur américain. Sa défaite contre Larry Myricks à la longueur aux championnats en salle TAC en février s’avère être la dernière précédant une invincibilité de plus de dix ans.
En 1982, pour la première fois, un athlète semble pouvoir sérieusement s’attaquer au record de Bob Beamon, dont le saut de 8,90 m aux Jeux olympiques de 1968 est perçu comme l’une des performances les plus inouïes de l’histoire de l’athlétisme. Avant Lewis , seuls deux athlètes ont sauté au-delà de 8,53 m : Beamon et Lutz Dombrowski, champion olympique en 1980. En 1982, Lewis franchit cinq fois les 8,53 m en plein air et deux fois en salle, dont une fois à 8,76 m le 24 juillet à Indianapolis. Simultanément, il approche les dix secondes sur 100 m, meilleure performance mondiale de l’année égalant son record au niveau de la mer de 1981. Il réalise cette performance le même week-end que son concours de saut où il réussit deux fois une mesure à 8,61 m. Il établit un nouveau record au niveau de la mer à 8,76 m à Indianapolis.
Lewis consolide sa première place au classement mondial sur 100 m et en saut en longueur et atteint la sixième place au 200 m. Track and Field News le nomme athlète de l’année. Fin 1982, Lewis est une vedette qui n’a encore participé à aucune grande compétition internationale. Il va avoir cette occasion dès l’année suivante.
1983 : le premier championnat du monde, le premier record mondial
En 1983, l’IAAF organise les premiers championnats du monde IAAF. Un nombre record de cent cinquante-quatre pays y participant (davantage qu’aux récents Jeux olympiques marqués par un boycott) font de ces championnats du monde l’un des plus grands événements sportifs de l’année. Ces championnats sont pour Carl Lewis la première occasion d’affronter l’immense pression d’une compétition internationale, similaire à celle qui se manifeste lors des Jeux olympiques.
Durant les championnats, un duel Larry Myricks-Carl Lewis est annoncé et attendu. Myricks a, comme Lewis , sauté au-delà de 8,53 m cette année-là mais il ne se qualifie pas lors des championnats nationaux pour intégrer l’équipe américaine. Lewis devient ainsi relativement facilement champion du monde à Helsinki avec un bond de 8,55 m, 26 cm plus loin que Jason Grimes, médaillé d’argent.
Sur 100 m, il n’en va pas autrement. Calvin Smith qui a établi un nouveau record du monde en altitude plus tôt dans l’année à 9 s 93 voit Lewis le battre en 10 s 07 tandis que lui court seulement en 10 s 21. Smith prend sa revanche sur le 200 mètres, une discipline sur laquelle Lewis ne se présente pas, bien qu’il ait réalisé un nouveau record des États-Unis sur cette distance deux mois plus tôt, avec un temps de 19 s 75 aux championnats TAC, le 19 juin. Cette performance est alors le deuxième meilleur chrono de tous les temps sur 200 mètres, et un nouveau record du monde au niveau de la mer, seulement trois centièmes de seconde derrière Pietro Mennea qui a réalisé le record du monde en 1979. En tant que finisseur de l’équipe américaine du relais 4 × 100 m, il remporte une troisième médaille d’or en 37 s 86 et établit avec ses coéquipiers un nouveau record du monde, le premier de sa carrière.
Carl Lewis a un objectif durant ces championnats : gagner des médailles d’or. La course aux records du monde est secondaire : « Tu gardes une médaille, mais tu empruntes un record » est un adage de l’athlétisme. Il y a aussi des raisons pratiques de viser les médailles plutôt que les records : dans le climat de compétition qui caractérise les championnats du monde et les Jeux olympiques et avec l’attention plus importante des spectateurs et des médias, il n’est pas recommandé pour un athlète de s’engager pleinement et de risquer ainsi un faux-pas ou une blessure dans la mesure où il n’est pas nécessaire de gagner ces courses pour se qualifier. En outre, un record du monde est réalisé dans des conditions idéales qui ne surviennent pas en toute occasion. Cela explique en partie pourquoi les meilleures performances de l’année de Carl Lewis sur 100 m et en saut en longueur n’ont pas été réalisées pendant les championnats du monde mais lors d’autres compétitions.
Il devient le premier athlète à courir le 100 mètres en moins de dix secondes au niveau de la mer lorsqu’il réussit un chronomètre de 9 s 97 le 14 mai à Modesto. Sa médaille d’or aux championnats du monde et ses temps rapides lui assurent la première place du classement mondial annuel sur 100 mètres malgré le record du monde de Calvin Smith. Le 19 juin pendant les championnats TAC, il établit un nouveau record du monde au niveau de la mer du saut en longueur avec un bond de 8,79 m et obtient la première place du classement dans cette discipline. Il n’est que deuxième du classement sur 200 m malgré son nouveau record du monde au niveau de la mer en 19 s 75. Smith a en effet conquis le titre de champion du monde de la discipline et les titres ont plus de valeur que les temps réalisés dans les critères du classement Track and Field News. Lewis va cependant recevoir l’honneur suprême : il est une nouvelle fois élu « athlète de l’année » par le magazine.
Lewis a démontré son potentiel lors des championnats du monde à Helsinki. Désormais, un événement plus important se présente à l’horizon, les Jeux olympiques, et un objectif plus élevé : égaler les quatre médailles d’or obtenues par Owens aux Jeux de 1936.
1984 : Un but : égaler Jesse Owens
Au début de 1984, Lewis est l’une des plus grandes personnalités sportives mondiales mais il est moins célèbre dans son pays du fait d’une moindre estime de l’athlétisme aux États-Unis. Bien que les États-Unis produisent chaque année l’une des plus fortes équipes d’athlétisme au monde, les stars de l’athlétisme ne parviennent pas à y jouir d’une bonne couverture médiatique avant et pendant les Jeux olympiques. En 1984, non seulement Lewis est connu et reconnu dans le sport mais les Jeux d’été ont lieu pour la première fois depuis un demi-siècle aux États-Unis. Les Jeux de Los Angeles lui apportent la reconnaissance de son pays.
Carl Lewis souhaite devenir riche, célèbre et que les médias s’intéressent à lui. Lui et son manager Joe Douglas, fondateur et manager du Santa Monica Track Club dont Lewis est membre, parlent ouvertement de son souhait d’égaler le record d’Owens de quatre médailles d’or en un événement olympique et de faire de l’argent avec les nombreuses offres qui découleront certainement de cette performance. Il semble que son premier objectif soit plus facile à atteindre que le second, du moins aux États-Unis.
Lewis commence la quête du Graal avec une victoire convaincante sur 100 mètres. Il réalise un temps de 9 s 99 qui laisse son compatriote Sam Graddy second, vingt centièmes derrière lui. Il met aussi un terme à seize ans de disette américaine sur 100 m olympique. Deux jours plus tard, Lewis remporte la deuxième discipline, le saut en longueur, avec un seul essai à 8,54 m (il mord au deuxième essai puis arrête le concours, geste peu apprécié par le stade). Il obtient sa troisième médaille d’or sur 200 mètres avec un nouveau record olympique de 19 s 80, mais sans chercher à battre le record mondial, vu qu’il se redresse avant la ligne, puis glane un quatrième titre olympique en tant que dernier relayeur du 4 × 100 mètres. Il égale le record du monde de 37 s 83 qu’il avait réalisé à Helsinki avec son équipe.
Lewis réalise le but qu’il s’est fixé en égalant la performance de Jesse Owens (quatre médailles d’or) avec une relative facilité. Bien que certaines disciplines soient dévaluées par l’absence des athlètes soviétiques qui boycottent les Jeux, il n’est pas vraisemblable que l’un d’entre eux eût pu menacer Lewis dans ses disciplines. Lewis a cependant aussi espéré pouvoir conclure quelques contrats lucratifs mais il y parvient à peine aux États-Unis. Sans aucune raison et sans qu’un incident n’en puisse être la cause, il s’agit pour Lewis d’un sinistre signe avant-coureur qu’il ne sera pas accueilli à bras ouverts par le public américain.
Lewis termine l’année numéro un du classement mondial du 100 mètres, du 200 mètres et du saut en longueur. Pour la troisième fois, il reçoit le titre d’« athlète de l’année » du magazine Track and Field News.
Parallèlement, Carl Lewis est drafté par les Bulls de Chicago, au dixième tour (la même année que celle où Michael Jordan est drafté en troisième place du premier tour). Il n’intégrera cependant jamais la fameuse NBA. Il succède au sauteur en longueur Bob Beamon (en 1969) et au décathlonien Bruce Jenner (en 1977), qui avant lui, furent sélectionnés à la suite d’un titre olympique en athlétisme.
1985 – 1986 : Ben Johnson se révèle comme un concurrent
Après les Jeux olympiques de Los Angeles, Lewis maintient sa position dominatrice dans le monde de l’athlétisme, en particulier au saut en longueur. Il ne va plus perdre de compétition de saut durant les sept années suivantes. Sur 100 mètres, la suprématie de Lewis est contestée par quelques concurrents. Son record du monde du 100 mètres au niveau de la mer est battu par son compatriote Mel Lattany qui court en 9 s 96 juste avant les Jeux de 1984. Son principal adversaire est cependant Ben Johnson qui a obtenu le bronze derrière Lewis aux Jeux olympiques de 1984. Johnson s’impose sur Lewis une fois en 1985. Lewis est également battu par d’autres athlètes mais il conclut en vainqueur la plupart de ses courses. Il conserve sa première place au classement mondial du 100 mètres, Johnson devenant second.
En 1986, Johnson devance Lewis de manière convaincante aux Goodwill Games à Moscou et établit par la même occasion un nouveau record du monde au niveau de la mer en 9 s 95. À la fin de l’année, Johnson a conquis la place de numéro un et repoussé Lewis , qui perd cette année-là plus de courses qu’il n’en gagne, à la troisième place. Il semble même vulnérable au saut en longueur, une discipline à laquelle il prend part modérément et dont il perd la couronne. Il conclut l’année au deuxième rang, derrière Robert Emmiyan qui a réalisé la meilleure performance mondiale de l’année avec un bond de 8,61 m.
1987 : les championnats du monde à Rome
Les championnats du monde d’athlétisme de 1987 organisés à Rome offrent à Lewis une occasion de retrouver la motivation qu’il semble avoir perdue les deux années précédentes.
Ces deuxièmes championnats du monde vont montrer que les bruits sur le déclin de Lewis sont largement exagérés mais vont aussi prouver que Lewis , même au sommet de sa forme, peut être battu. Pour viser sa meilleure spécialité, le saut en longueur, il délaisse le 200 mètres et utilise tous les essais. Il s’agit d’une réaction à la controverse de 1984 ; c’est la conséquence de la participation de Robert Emmiyan, deuxième homme au monde à avoir sauté au-delà de 29 pieds. Emmiyan est parvenu à une distance de 8,86 m, à seulement quatre centimètres du record du monde de Bob Beamon. Emmiyan ne va cependant pas plus loin que 8,56 m ce jour-là alors que Lewis saute quatre fois à 8,60 m et s’adjuge la médaille d’or avec un bond à 8,67 m. Finisseur du relais 4 × 100 m, il réalise avec l’équipe américaine la troisième meilleure performance de l’histoire en 37 s 90.
L’épreuve qui focalise le plus d’attention et qui provoque le plus d’agitation est le 100 mètres. Ben Johnson a à l’époque couru trois fois sous les dix secondes tandis que Lewis n’y est pas parvenu. Carl Lewis semble néanmoins fort durant les tours de qualification du 100 m et court en 10 s 03 avec vent de face, vers un nouveau record des championnats. En finale, Johnson prend cependant l’initiative et passe la ligne en un temps qui étonne amis et adversaires : 9 s 83, nouveau record du monde. Lewis est second malgré ses 9 s 93, égalant l’ancien record du monde.
Tandis que Johnson est au faîte de la gloire que sa victoire lui apporte, Lewis cherche des excuses pour expliquer sa défaite. Il prétend d’abord que Johnson a fait un faux départ puis dit avoir été affaibli par une grippe intestinale et enfin, sans citer de nom, signale : « Beaucoup de noms émergent de nulle part. Je ne pense pas qu’ils fassent cela sans produit dopant. » Il ajoute : « Je pourrais courir en 9 s 80 ou plus rapidement si j’avais des produits dopants à ma disposition. ». Cela annonce le début d’une période durant laquelle Lewis demande à plusieurs reprises que les moyens de favoriser la performance soient bannis du monde de l’athlétisme. Les cyniques remarquent que ce problème est présent dans le sport depuis des années et que cela ne devient un enjeu pour Lewis qu’à compter de sa défaite. En réaction aux accusations, Johnson déclare : « Quand Carl Lewis gagnait tout, je n’ai pas dit de mal de lui. Et lorsqu’un autre homme arrivera et me battra, je ne me plaindrai pas non plus. ».
1988 : les Jeux de Séoul
En 1987, Lewis ne perd pas seulement sa domination sur l’athlétisme, il perd également son père qu’il enterre avec la médaille d’or remportée aux Jeux de 1984 sur 100 m. « Ne t’inquiète pas, dit-il à sa mère, j’en gagnerai encore. ». Lewis rappellera régulièrement que son père a été une source de motivation durant sa saison. « Il est arrivé beaucoup de choses dans ma vie durant l’année écoulée, notamment la mort de mon père. Cela m’a motivé pour tirer le meilleur de moi-même cette saison », déclare-t-il après avoir battu Johnson le 17 août à Zurich.
La victoire sur Johnson juste avant les Jeux olympiques n’est que l’épisode d’une bataille de plusieurs années, une lutte pleine de rancune entre les deux athlètes. Le camp de Johnson l’a défendu contre les accusations de Lewis mais faisait également pression pour le pousser à se dépasser après qu’il eut contracté une blessure au tendon du genou durant la saison en salle. Lorsque Lewis bat Johnson lors de leur première rencontre depuis sa défaite des championnats du monde de Rome, leur duel est à son apogée. Lewis sprinte en 9 s 93, même temps qu’à Rome, et Johnson en 10 s 00, montrant qu’il a bien récupéré de sa blessure, mais la question de savoir s’il serait prêt pour la finale olympique un mois plus tard restait ouverte.
La finale du 100 m des Jeux olympiques de 1988 est l’un des événements sportifs les plus importants de l’année ; les rebondissements et péripéties qui l’émaillent en font pour beaucoup l’un des événements sportifs du siècle. En quart de finale des qualifications, Johnson fut presque éliminé car il prit un départ trop rapide, se relâcha et fut dépassé par deux autres coureurs. Il faisait cependant partie des athlètes les plus rapides et fut de ce fait qualifié en demi-finales. Le lendemain, Lewis et Johnson coururent les demi-finales respectivement en 9 s 93 et 10 s 03 avec vent de face. En finale, Johnson prit le départ le plus rapide et prit vite la tête. Lewis , qui n’était pas réputé pour son départ rapide, était en troisième position aux 30 mètres et dépassa le Canadien Desai Williams après 60 mètres. Dans le final, Lewis ne parvint pas à rattraper Johnson qui se trouvait deux mètres devant et gagna avec un nouveau record du monde de 9 s 79. Lewis , second, signait un nouveau record des États-Unis en 9 s 92. Johnson rappela le vieux proverbe de l’athlétisme selon lequel les médailles prévalent sur les records : « Ils peuvent battre mon record mais ils ne pourront jamais me prendre ma médaille d’or ». Il en alla cependant autrement : trois jours plus tard, Johnson fut contrôlé positif aux stéroïdes, sa médaille d’or lui fut retirée et Lewis fut déclaré vainqueur. En outre, le temps de Lewis devint le nouveau record olympique.
Bien qu’il ne pût rééditer sa performance de 1984 en ce qui concerne le nombre de médailles d’or, il franchit un cap dans sa carrière en gagnant le 100 m : ses 9 s 92 allaient être son premier record du monde en plein air. « Allaient » car, malgré la disqualification de Johnson, son record de monde établi lors des championnats du monde de 1987 resta en place. Après que Johnson eut avoué lors d’une audition sous serment en 1989 utiliser les stéroïdes depuis longtemps, celui-ci perdit son record du monde et Lewis se le vit attribuer pour son temps de 1988. Lewis se vit aussi reconnaître rétroactivement une égalisation du record du monde à 9 s 93 lors de championnats de 1987, un temps qu’il avait également réalisé lorsqu’il avait battu Johnson à Zurich. Au 1er janvier 1990, Lewis était pour la première fois détenteur du record du monde. Il ne le resta cependant pas longtemps puisque, son compatriote Leroy Burrell bat le record du monde du 100 m en 9 s 90 le 14 juin 1991 lors des sélections américaines pour les championnats du monde d’athlétisme 1991. Lewis avait donc perdu sa première place du classement mondial sur 100 m et, tandis qu’il demeurait invaincu en saut en longueur, il semblait que le monde du sprint l’avait dépassé. Lewis répondit lors des championnats du monde suivants en réalisant ses meilleures performances sur 100 m et au saut en longueur.
1991 : les championnats du monde, les meilleures performances de Lewis
Les championnats du monde d’athlétisme 1991 se déroulaient à Tokyo. Sur 100 m, Carl Lewis affrontait les deux précédents numéro un mondiaux : son compatriote Leroy Burrell et le Jamaïcain Raymond Stewart. Dans ce qui allait être le 100 m le plus rapide de l’histoire avec six hommes sous les 10 secondes, Lewis a battu non seulement l’opposition mais également le record du monde en 9 s 86. Bien qu’il ait été détenteur de ce record auparavant, c’était la première fois qu’il passait la ligne d’arrivée avec l’attribut « WR » derrière son nom et la première fois qu’il pouvait apprécier cette performance au moment où il la réalisait. Les larmes aux yeux, il déclara : « La plus belle course de ma vie. La meilleure techniquement et la plus rapide. Et je l’ai faite à trente ans. » Il dispute également le relais 4 × 100 m en tant que finisseur de l’équipe américaine dans un temps de 37 s 50, nouveau record du monde, son troisième de l’année dans cette discipline.
La finale du saut en longueur est considérée comme l’un des meilleurs concours de l’histoire de la discipline. En finale, Lewis doit se mesurer à son rival des deux années précédentes, Mike Powell, médaillé d’argent aux Jeux de Séoul et numéro un de la discipline en 1990. À cet instant, Lewis n’a plus perdu depuis dix ans, avec soixante-cinq victoires consécutives. Une victoire de Powell sur Lewis apparaît impensable bien qu’à plusieurs reprises il ait approché le record du monde (même si c’était lors de sauts mordus). Powell a, comme Larry Myricks et d’autres, sauté à des distances auxquelles Lewis lui-même a rarement sauté, pour pousser ce dernier à sauter encore plus loin lors de l’essai suivant ou du dernier. Lewis entame la compétition de manière exceptionnelle avec un saut à 8,68 m, record des championnats du monde et une distance qui, outre Lewis , n’a été réalisée que par trois athlètes jusqu’alors. Powell, qui saute le premier, commet une faute au premier essai mais est deuxième après le second tour avec un bond de 8,58 m. Myricks participe aussi au concours, mais ne peut menacer les duettistes.
Lewis saute, aidé par le vent, à 8,83 m, une distance avec laquelle il aurait remporté tous les concours de saut en longueur de l’histoire à deux exceptions près, mais qui n’est finalement pas le saut victorieux ni le meilleur saut de Lewis ce jour-là. Powell commet à nouveau une faute, son saut non mesuré est estimé à 8,80 m. Lewis répond de nouveau avec un saut encore plus loin, mais l’anémomètre indique que le vent est trop favorable pour constituer un record homologué, le saut étant toutefois validé pour le concours à 8,91 m. Lewis a sauté un centimètre au-delà du record de Beamon pourtant considéré comme imbattable.
Au cinquième tour, c’est au tour de Powell de répondre. Il effectue cette fois un saut valide avec un vent dans le dos de 0,3 m/s, ce qui reste dans la limite autorisée pour l’homologation d’un record. Le public explose en découvrant la distance, 8,95 m, un nouveau record du monde, cinq centimètres de mieux que le record de Beamon vieux de vingt-trois ans.
Il reste deux essais à Lewis qui n’est plus à la poursuite de Beamon mais de Powell. Il saute à 8,87 m avec un vent de face, un nouveau record personnel en conditions autorisées. Son dernier saut est mesuré à 8,84 m. Malgré l’énorme pression pour battre un record du monde, Lewis est parvenu à effectuer les troisième et cinquième meilleurs sauts de l’histoire, les deuxième et troisième au niveau de la mer. Lewis a réalisé la meilleure série de sauts de l’histoire et dépassé, aidé par un vent trop favorable, la marque du record du monde de Beamon. Il a néanmoins perdu le concours. La lutte est si intense que vingt-cinq ans plus tard le record de Powell est toujours en place, les sauts validés de Lewis sont toujours les troisième et cinquième meilleures performances de tous les temps et les trois sont les meilleures performances au niveau de la mer.
La réaction de Lewis après l’une des meilleures compétitions sportives explique en partie pourquoi il n’est pas vraiment apprécié par beaucoup pour ses performances remarquables. « Il l’a juste fait » dit Lewis sur le saut de Powell. « C’était si serré entre nous et c’était le meilleur saut de sa carrière et peut-être qu’il ne sautera plus jamais aussi loin ». De fait, ce fut le cas pour Powell, mais également pour Lewis .
À propos de ses performances aux championnats du monde de 1991, Lewis dit : « Cela a été le meilleur tournoi de ma vie ». Track and Field News va plus loin en affirmant sur ces championnats qu’« il est difficile de réfuter que Lewis est le meilleur athlète ayant foulé une piste d’athlétisme ».
1992-1996 : les Jeux et au-delà
À l’apogée de sa carrière en 1991, Lewis commence à perdre sa position dominante aussi bien sur 100 m qu’en saut en longueur. Bien qu’il établisse un nouveau record du monde du peu disputé 4 × 200 m avec le Santa Monica Track Club en 1992, il ne parvient pas à se qualifier dans l’équipe olympique américaine sélectionnée pour Barcelone sur 100 m ou 200 m. Handicapé par une infection respiratoire, il ne prend que la 6e place des qualifications du 100 m. Et sur le 200 m, Lewis finit seulement quatrième des qualifications olympiques derrière la star montante Michael Johnson qui bat alors son record personnel en 19 s 79. C’est la première fois qu’ils s’affrontent sur une piste. Lewis se qualifie néanmoins à la longueur, deuxième derrière Powell et gagne sa place au sein du groupe américain pour le relais 4 × 100 m.
Aux Jeux olympiques de Barcelone, Carl Lewis saisit sa chance. Il saute à 8,67 m au premier tour du concours de saut en longueur, un bond grâce auquel il devance Powell qui ne réalise que trois centimètres de moins.
Sur le relais 4 × 100 m, Lewis court à nouveau comme finisseur vers un nouveau record du monde en 37 s 40. Lewis ajoute ainsi encore deux médailles d’or à son impressionnant palmarès olympique, le portant à huit médailles d’or.
Lewis prend part aux championnats du monde d’athlétisme 1993 organisés à Stuttgart où il termine quatrième sur 100 m et ne participe pas au saut en longueur. Il s’empare de sa première médaille sur 200 m durant un championnat du monde. En 19 s 99, il obtient en effet le bronze qui allait être sa dernière médaille mondiale ou olympique en sprint. Des blessures laissant Lewis sur le flanc les années suivantes, il n’effectue son retour que durant la saison 1996.
1996 : les Jeux d’Atlanta
Pour la cinquième fois, Lewis se qualifie dans l’équipe olympique américaine pour le saut en longueur, une performance unique. Bien qu’il ne soit que huitième des qualifications américaines sur 100 m, il est membre de l’équipe olympique américaine en lice pour une place dans l’équipe du relais. Aux Jeux d’Atlanta, des blessures empêchent le détenteur du record du monde Mike Powell et le meilleur sauteur du moment, le Cubain Iván Pedroso, d’obtenir de bons résultats. Lewis , au contraire, est en bonne forme. Sans être au niveau de ses meilleures performances passées, son troisième bond mesuré à 8,50 m lui donne la médaille d’or avec une avance de 21 cm sur le Jamaïcain James Beckford. Lewis devient ainsi l’un des trois athlètes à remporter quatre fois le titre olympique dans une même discipline. Avec cette neuvième médaille d’or, il égale le coureur de fond Paavo Nurmi, athlète le plus souvent médaillé d’or si l’on excepte Ray Ewry, titré dix fois en comprenant les Jeux olympiques intercalés de 1906.
Après sa victoire inattendue en saut en longueur, Lewis peut battre le record de Nurmi avec une victoire en relais 4 × 100 m. Tous les membres de l’équipe américaine sur cette distance peuvent être sélectionnés, même s’ils n’ont encore jamais participé à cette épreuve. Lewis déclare : « S’ils me l’avaient demandé, je l’aurais couru dans la seconde. Mais ils ne m’ont pas demandé de courir. » Durant le talk show américain Larry King Live, il suggère aux téléspectateurs de téléphoner au Comité olympique américain pour donner leur avis sur la situation. Le fait que Lewis n’ait pas participé au camp d’entraînement du relais, passage obligatoire, et qu’il exige d’être engagé en tant que finisseur pose problème. La décision finale est de ne pas intégrer Lewis à l’équipe qui finit deuxième derrière le Canada. C’est la première fois que l’équipe américaine du 4 × 100 m est battue en finale olympique, après une course sans faute. L’équipe canadienne réalise le meilleur temps jamais réalisé en Amérique, mettant en doute l’influence qu’aurait pu avoir Lewis sur le résultat de l’équipe américaine. « Le Canada a été sous-estimé aux États-Unis, malgré la médaille d’argent de Bruny Surin et le nouveau détenteur du record du monde Donovan Bailey », d’après Track and Field News. Mais l’équipe américaine est incontestablement perturbée par la controverse et la question posée sur l’éventuelle influence de la présence de Lewis reste posée.
Carl Lewis se retire de l’athlétisme en 1997. En 1999, il est élu « Sportif du siècle » par le Comité international olympique et « Athlète du siècle » par l’IAAF. Le magazine américain Sports Illustrated le désigne « Olympien du siècle ».
Personnalité
Malgré ses performances impressionnantes sur la piste, le sportif n’est guère idolâtré par le public américain : perçu comme réservé et égoïste, sa prétention et son manque d’humilité l’ont également rendu impopulaire parmi les autres athlètes.
Carl Lewis dit avoir adopté un régime végétalien en 1990 et a, à plusieurs reprises, affirmé que celui-ci était son principal atout dans sa carrière d’athlète. Il contribue régulièrement à des livres et œuvre sur le sujet du végétarisme. Le 16 octobre 2009, il a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de la FAO.
Dopage
En avril 2003, Wade Exum, ancien chef du programme de détection du comité olympique américain (USOC), a remis à deux journaux américains — Sports Illustrated et The Orange County Register — un dossier et des preuves attestant que Carl Lewis a été contrôlé positif à trois reprises à la pseudoéphédrine, à l’éphédrine et à la phénylpropanolamine en 1988, lors des sélections américaines pour les Jeux olympiques.
Quant à l’argument de l’usage par inadvertance, le président de l’Agence mondiale antidopage « ne peut l’admettre : Carl Lewis n’aurait jamais dû l’évoquer ». Plus largement, Dick Pound (qui fut l’avocat de Ben Johnson en 1988) accuse : « Nous sommes donc bien en présence de double standard en matière de lutte antidopage à cette époque : des règles pour les Américains et d’autres règles pour le reste de la planète ». Carl Lewis aurait donc dû vraisemblablement être déclassé (comme Ben Johnson) de son titre du 100 mètres en 1988.
Malgré les soupçons pesant sur lui, Carl Lewis suscite la polémique le 9 août 2012 en insinuant sur la chaîne de télévision américaine NBC, dont il est commentateur, qu’Usain Bolt se dope.
Vie personnelle
Carl Lewis est végétalien. Il a un fils, Bakim Lewis .
En 1987, il sort un album de musique Modern Man qui est un échec. Il en sort cependant un titre, Break it up, qui obtient un succès moyen en 1986, porté par un clip vidéo tourné en Belgique et dans lequel apparaît la présentatrice de la RTBF Paule Herreman, en naïade atypique au bord de la piscine d’un hôtel de luxe, et tourné lors de sa participation au Mémorial Ivo Van Damme, une grande compétition d’athlétisme, à Bruxelles, en Belgique, juste après les Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984. À l’époque, dès l’automne de cette année-là, et durant l’année suivante, le clip est souvent diffusé sur les chaînes de télévision, principalement en Belgique. Le titre apparaît dans certains hit-parades européens, et il est particulièrement bien classé en Belgique.
Discographie : https://www.discogs.com/fr/artist/381535-Carl-Lewis
