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EDDY MITCHELL

EDDY MITCHELL
Nom réel
Claude Moine
Né(e) le
3 juillet 1942
Genres
Pop

Eddy Mitchell, nom de scène de Claude Moine, est un chanteur, parolier et acteur français, né le  dans le 9e arrondissement de Paris.

Chanteur du premier groupe de rock français, Les Chaussettes noires, il connaît le succès dès 1961. En 1962, il commence une carrière solo, durant laquelle il alterne rock ‘n’ roll, ballades, country, en s’orientant vers la fin des années 1970 vers un style plus crooner, sans toutefois tourner le dos à la musique rock et country qu’il affectionne.

Le , il donne sur la scène de l’Olympia la dernière représentation de sa tournée, annoncée comme sa dernièreMa dernière séance, clin d’œil à l’un de ses succès mais aussi à l’émission télévisée qu’il a présentée pendant dix-sept ans. Cinq ans et deux nouveaux albums plus tard, il remonte sur scène pour une série de concerts au Palais des sports de Paris.

En 2014 et 2017, il forme avec Johnny Hallyday et Jacques Dutronc le trio Les Vieilles Canailles.

 

Biographie

Enfance et adolescence

Claude Moine, originaire du quartier de Belleville, naît dans le 9e arrondissement de Paris et grandit dans un milieu modeste ; sa mère est employée de banque et son père, Robert Moine, travaille à la Société des transports en commun de la région parisienne.

À onze ans, il découvre le rock ‘n’ roll, genre musical en vogue aux États-Unis, dont le « fer de lance » se nomme Elvis Presley. Si son père ne fait rien pour encourager la nouvelle passion de son fils, il ne s’y oppose pas non plus. Son père n’aime pas la musique mais le cinéma, où il va deux fois chaque après-midi et emmène souvent avec lui son fils après l’école.

Comme lui, Claude se passionne pour le cinéma américain, notamment les western, qu’il aime « sous toutes ses formes » et s’intéresse donc à la bande dessinée, notamment Jijé et son personnage Jerry Spring. Il tentera même de devenir dessinateur et deux de ses dessins sont publiés : l’un dans Coq hardi et le second dans le magazine Risque-Tout.

 

Débuts

Claude Moine exerce plusieurs petits métiers, notamment coursier dans une agence du Crédit lyonnais située à proximité du Golf-Drouot, où il passe régulièrement ses après-midis à écouter des disques américains. À quelques pas de là, le , il chante en amateur pour les employés du Crédit Lyonnais, où il est présenté comme un « artiste fantaisiste » ; c’est sa première prestation scénique.

En 1958, il assiste à un concert de Bill Haley and the Comets, premier contact avec la musique américaine pour le jeune Claude. Mais son idole est Gene Vincent ; le « mauvais garçon » du rock américain est le déclencheur de sa vocation pour la chanson (par la suite, Mitchell a souvent adapté plusieurs de ses chansons et lui a rendu hommage avec le titre Good Bye Gene Vincent – album C’est bien fait). À la fin des années 1950, il commence à se produire dans des bals en interprétant les hits du moment.

C’est alors la formation de son groupe, d’abord brièvement appelé Eddy Dane et les Danners, puis Les Five Rocks que l’on transforme en Les Cinq Rocks. Ils se produisent régulièrement sur scène, en particulier dans le « temple du rock », le Golf-Drouot à Paris.

 

Claude Moine devient Eddy Mitchell

« Pour faire du rock and roll il faut faire américain » pense-t-il ; aussi Claude Moine fait le choix d’Eddy comme prénom de scène, en référence à Eddie Constantine et Moine devient Mitchell, « parce que ça sonne américain ». L’hypothèse est avancée qu’il y aurait « inconsciemment un clin d’œil au nom de son acteur préféré Robert Mitchum ». Maurice Achard soutient que c’est Jean Fernandez qui est l’auteur du pseudonyme.

Il est surnommé « Schmoll » par ses proches, un surnom repris affectueusement par le public. Appréciant les expressions américaines et de grande taille par rapport à ses amis, il avait coutume de les appeler familièrement « Small ». Prononcée avec l’accent français, cette expression donnera naissance au célèbre surnom.

 

Débuts professionnels

Après les débuts prometteurs de son ami Johnny Hallyday, Eddy Mitchell décide de tenter sa chance auprès des maisons de disques. En feuilletant l’annuaire, il tombe sur le premier nom, Barclay, et ce sera le bon.

En novembre 1960, les Five Rocks ont rendez-vous aux studios Hoche, où ils sont auditionnés par Jean Fernandez et Henri Marchal, bientôt rejoints par Eddie Barclay. Un contrat de trois ans est signé (par les parents car tous sont mineurs) et le , le groupe est en studio d’enregistrement.

 

Les Chaussettes noires (1961-1963)

En janvier 1961, sort leur premier disque. À leur insu, le groupe Les Five Rocks est débaptisé et renommé Les Chaussettes noires par Eddie Barclay qui a conclu un accord promotionnel avec les chaussettes Stemm.

C’est le début du succès, pour le groupe, qui n’est rien de moins que le premier groupe de rock en France.

Quelque temps après la sortie de leur premier super 45 tours, Les Chaussettes Noires participent au premier festival international de rock organisé au Palais des sports de Paris le . Le 18 juin, toujours au Palais des sports, a lieu le deuxième festival de rock, où cette fois ils sont programmés en vedette. La veille, Eddy Mitchell s’est marié avec Françoise Lavit.

Leur succès demeure sans faille jusqu’à leur séparation.

 

Années de transition (1962-1963)

Le , Eddy Mitchell est appelé sous les drapeaux. Pour ses classes, il est incorporé à Montlhéry dans le Régiment du Train, puis à Paris, où il s’occupe de l’organisation du ciné-club. Eddy militaire précède les autres membres des Chaussettes noires, qui bientôt, sont à leur tour, un à un, incorporés. Durant cette période, les enregistrements continuent tant bien que mal (du fait des permissions qui ne tombent pas toujours au même moment, les sessions studios sont difficiles à organiser). Ainsi, durant l’année, il enregistre avec le groupe une vingtaine de chansons et aussi quatre sous son nom : Mais reviens-moiC’est à nousQuand c’est de l’amourAngel. Ce premier super 45 tours en solo, dans les bacs en novembre, se montre très différent. Mitchell, accompagné par l’Opéra House Orchestra, délaisse un temps le rock ‘n’ roll pour des ballades romantiques.

En 1963, le chanteur enregistre cinq titres avec les Chaussettes et une trentaine sous son nom. S’il revient au rock avec son 2e EP, en revanche la sortie en septembre de son premier album solo Voici Eddy… c’était le soldat Mitchell rompt avec le son brut des Chaussettes noires. Ce même mois, sitôt démobilisé, il part à Londres enregistrer un deuxième album avec le London All Stars de Big Jim Sullivan : Eddy in London est chez les disquaires en décembre.

Militaire, la scène continue aussi, parfois avec les Chaussettes noires, mais également en soliste. Ainsi à Juan-les-Pins, durant l’été 1962, Eddy Mitchell est accompagné par Les Fantômes. En mars 1963, se produisant en banlieue parisienne, il est accompagné entre autres par le bassiste du groupe Les Pirates, Jean Veidly.

Désirant faire « cavalier seul », l’annonce officielle de sa séparation avec les Chaussettes noires a lieu le . À la suite de sa rupture avec le groupe, deux d’entre eux, William Bénaïm et Tony d’Arpa, lui intentent un procès pour rupture de contrat, dont il fait appel. Il gagne en deuxième instance, au terme d’une longue procédure qui trouvera sa fin en 1968.

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Carrière solo (1964-1969)

Avec la publication de ses deux premiers albums en solo, Eddy Mitchell démontre qu’il a musicalement évolué vers d’autres courants musicaux en élargissant son répertoire et son registre vocal et qu’il n’en demeure pas moins rockeur. Si besoin était, en guise de confirmation, le second album porte le sous titre : « Eddy chante 12 R’n’R’ Classics ».

Rockeur certes côté musique, car pour ce qui est du look et de l’attitude, là aussi les changements sont visibles. Il aborde — pochettes de disques à l’appui — des costumes sombres, chemises et cravates. Le jeu de scène se modifie aussi. Rien n’est négligé pour conquérir, aussi, un public adulte : « Je pense toucher un public qui aime la variété en général. Quand je suis passé avec Johnny, les gens m’écoutaient dans un silence religieux alors que pour Johnny, ils réagissent différemment. Ce que fait Johnny, je le faisais, (…), car je le ressentais. Mais je ne ressens plus le besoin de me mettre à genoux sur scène, et si j’essayais, ça ne passerait pas. ».

Il confirme avec la publication de deux nouveaux albums Panorama et Toute la ville en parle… Eddy est formidable. Le premier met Chuck Berry à l’honneur avec cinq adaptations et le second s’achève avec ce qui s’affirmera comme l’un de ses plus grands succès Toujours un coin qui me rappelle. En cette année 1964, pour la seconde fois, il est classé par les lecteurs de Salut les copains en 4e position derrière Hallyday, Claude François et Richard Anthony. Côté scènes, il est parfois accompagné par d’anciens membres des Chaussettes Noires, ou des Fantômes, ou encore des Cyclones avec à la guitare, durant quelques mois, un certain Jacques Dutronc.

En 1965, il évolue vers le rhythm and blues et sort l’album Du rock ‘n’ roll au rhythm ‘n’ blues. Découvrant Otis Redding et James Brown, il fera quelques incursions dans la musique soul. Sa carrière connaît alors des hauts et des bas, (qui perdureront jusqu’au milieu de la décennie suivante), malgré d’incontestables succès que sont J’ai oublié de l’oublierAlice (une ballade), ou encore S’il n’en reste qu’un ou Société anonyme (des Rocks), parmi d’autres…

Il figure sur la « photo du siècle » regroupant 46 vedettes françaises du « yéyé » en avril 1966.

En 1968, sort l’album Sept colts pour Schmoll ; avec une pochette illustrée par Jean Giraud, elle propose à l’intérieur une bande dessinée de deux pages où l’on voit Eddy, héros d’un western comique, se venger de celui qui le premier l’affubla du surnom de Schmoll et où apparait un personnage ressemblant à Johnny Hallyday, as de la gâchette qui se tire une balle dans le pied (on notera qu’une telle mésaventure est arrivée à Eddy Mitchell qui, manipulant une arme chargée de sa collection, se logea une balle dans le pied).

 

Les années 1970

Ce début de décennie est difficile pour Eddy Mitchell. Le succès est un peu moins probant, le chanteur se cherche et se perd dans différents styles musicaux, livrant alors une succession d’albums qui connaissent un succès confidentiel : Rock ‘n’ Roll (1971) aux influences très marquées par Creedence Clearwater Revival. Michel Polnareff participe au titre Pneumonie Rock et Boogie Woogie toux ; on note aussi la présence aux percussions de l’ex-Chaussettes Noires Gilbert Bastelica. Zig-zag (1972) confirme l’errance musicale du chanteur ; le disque oscille entre hard rock (Le vaudou), Bossa nova (Stop), rhythm and blues (Cash), pop (La nuit des maudits), Tamla Sound (Le jeu) et la variété (C’est facile), le tout ficelé avec Magma et le groupe Zoo. Cette même année (1972), il enregistre un second album Dieu bénisse le rock’n’roll (1972), bien mal nommé, car de rock ‘n’ roll il est ici peu question, (tout au plus une chanson qui donne son titre à l’album). L’histoire se répète avec l’album Ketchup électrique (1973), (contenant Superstition, une reprise de Stevie Wonder). Pas ou peu de titres marquants en ces années. Lucide sur cette période, il évoque ses « hauts et ses bas » dans la chanson Cash, issue de l’album Zig-zag : « Ma carrière est en dents de scie, des succès, parfois l’oubli, mais je n’ai rien à me reprocher, car j’ai toujours chanté avec sincérité ».

Alors que les rééditions des albums des Chaussettes Noires sont des succès, au point que la maison de disques Barclay lui propose de reformer le groupe, le chanteur anime alors l’émission radio En attendant que ça passe sur France Inter et décline l’offre.

La reconquête du public pour le chanteur passe par un retour au rock ‘n’ roll et pour ce faire, sur une idée de son manager Jean Fernandez, il voyage jusqu’à Nashville, où à partir de 1974, il va régulièrement enregistrer dans la capitale du rock et de la musique country. Le succès revient avec les opus Rocking in Nashville (1974), Made in USA (1975) et surtout Sur la route de Memphis (1976) et La Dernière Séance (1977), qui comprennent nombre d’adaptations de pionniers du rock : Chuck Berry (Bye bye Johnny B. Good), À crédit en stéréoC’est un rockerC’est la vie mon chéri (1974), Une terre promise (1975) / Little Richard Hey Miss Ann (1976) / Gene Vincent C’est un piège (1974) etc. Avec cette série d’albums, le chanteur trouve un second souffle et revient durablement au premier plan, grâce à de nombreux tubes dont Sur la route de Memphis et La dernière séance qui lui valent plusieurs disques d’or. Fort de ce succès qui ne se démentira plus, il persévère et développe un style country rock qui lui vaut de francs succès, comme avec les chansons Il ne rentre pas ce soir (1978) ou Tu peux préparer le café noir (1979).

 

Les années 1980-1990

Eddy Mitchell s’oriente de plus en plus vers le style crooner, livrant ainsi quelques-unes de ses plus grandes chansons : Couleur menthe à l’eau (1980), Pauvre baby doll (1981), Le Cimetière des éléphants (1982), La Peau d’une autre (1987). Il n’abandonne pas pour autant totalement le Rock ‘n’ roll, et y revient plus épisodiquement, avec réussite, en témoignent les succès de Nashville ou Belleville (1984) ou encore Lèche-bottes Blues (1989).

Affiche des concerts d’Eddy Mitchell fin 1993-début 1994 à Paris.

Durant les années 1980 et depuis lors, il se produit régulièrement sur scène à Paris mais aussi en province, a contrario des années 1970 durant lesquelles les tournées du chanteur se firent plus rares. En 1993 et 1994, dans le cadre d’une même tournée, il se produit dans quatre salles différentes à Paris, présentant dans chaque lieu un concept musical différent : Big Band au Casino de Paris (du 14 au 18 décembre 1993), Country-Rock à l’Olympia (du 4 au 9 janvier), au Zénith (8 au 12 février), et enfin le 29 mars 1994 à Bercy qui compile les trois programmes en un tour de chant de cinq heures.

En décembre 1990, son concert en faveur des soldats français en Arabie Saoudite lors de la guerre du Golfe est interdit par les autorités saoudiennes, ce qui inspirera la sculpture de Jean-Yves Lechevallier : Aile entravée (harpe et fils de fer barbelés).

 

Les années 2000

Eddy Mitchell en concert à Lyon, tournée Come Back du .

Le , lors de l’émission Sept à huit sur TF1, Eddy Mitchell annonce : « Ma tournée en 2010-2011 sera la dernière que j’effectuerai ».

En marge de la sortie le  de son nouvel album, Come Back, la cinquième chaîne de télévision diffuse, le , un reportage sur le chanteur. Document d’une heure environ de Xavier Villetard, Mitchell parle essentiellement de sa jeunesse dans le quartier de Belleville et de ses débuts. Cette époque l’a profondément marqué, ses passions d’adulte étant déjà présentes à Belleville : la musique avec la découverte du rock ‘n’ roll et son premier disque, offert par sa mère : Bill Haley dans Rock around the clock ; le cinéma qui le conduira à jouer dans plusieurs films et à animer l’émission La Dernière Séance ; la bande dessinée où il s’est essayé avant de préférer la chanson et dont il possède une belle collection de planches et d’originaux ; les États-Unis où, de Memphis à Los Angeles, il enregistrera nombre de ses albums.

 

Les années 2010

L’ultime tournée d’Eddy Mitchell, intitulée Ma dernière séance, débute en  ; elle compte une centaine de dates à travers la France, la Suisse et la Belgique et fait étape au Palais des sports de Paris en avril 2011. cette dernière tournée s’achève, là où elle a commence, à l’Olympia de Paris en septembre 2011, par trois ultimes représentations. La dernière a lieu le , au terme de laquelle il lance au public qui ne quitte pas la salle après le dernier rappel « Faut rentrer maintenant, c’est fini. Repos. Et vous pouvez fumer ».

Enregistré en mai, à Los Angeles, Héros son nouvel album sort le .

Le , pour les 50 ans de la maison de Radio-France, qu’il a connue à ses débuts, il participe au concert exceptionnel donné pour l’occasion.

En 2014, il partage l’affiche avec Johnny Hallyday dans le film de Claude Lelouch Salaud on t’aime. En novembre de cette même année, il est sur la scène de Bercy avec Jacques Dutronc et Johnny pour le spectacle des Vieilles Canailles.

Le , sort son trente sixième album studio, nommé Big Band. En mars 2016, accompagné par un big band de dix-sept musiciens, il retrouve la scène et son public sur la scène du Palais des sports de Paris pour treize représentations, du 15 mars au 3 avril.

En juin et juillet 2017, Les Vieilles Canailles sont en tournée en France, Belgique et Suisse, pour 17 représentations, dont deux à Bercy. En novembre, sort un nouvel album nommé La Même Tribu, volume 1. Le second volet parait en mai 2018. Avec ces 37e et 38e albums studio, Eddy Mitchell revisite en duos quelques-unes de ses plus grandes chansons.

 

Vie privée

Eddy Mitchell épouse Françoise Lavit le  ; ils ont deux enfants, Eddy, né en 1962, et Marilyn, née en 1965. Le couple se sépare le . Il épouse ensuite Muriel Bailleul le , avec qui il a une fille, Paméla, née en 1982, dont son ami Johnny Hallyday est le parrain.

Eddy Mitchell est, avec Dominique Besnehard, l’un des deux parrains de Laura Smet, fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye.